{"id":500,"date":"2015-09-01T13:43:21","date_gmt":"2015-09-01T11:43:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/?p=500"},"modified":"2017-09-21T23:18:01","modified_gmt":"2017-09-21T21:18:01","slug":"socialisme-ou-barbarieprojet-de-plateforme-internationale-soumis-par-le-bureau-international-du-corep-septembre-2015-fevrier-2017","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/2015\/09\/01\/socialisme-ou-barbarieprojet-de-plateforme-internationale-soumis-par-le-bureau-international-du-corep-septembre-2015-fevrier-2017\/","title":{"rendered":"Socialisme ou barbarie, Projet de plateforme internationale  (septembre 2015\/ f\u00e9vrier 2017)"},"content":{"rendered":"<h1><a name=\"_Toc434858521\"><\/a><a name=\"_Toc434858561\"><\/a><a name=\"_Toc434858522\"><\/a>I.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le capitalisme a fait son temps, le socialisme est n\u00e9cessaire<\/h1>\n<ol>\n<li>L\u2019humanit\u00e9 est en mesure d\u2019envisager un nouveau stade de civilisation, sur la base de l\u2019association libre des producteurs, gr\u00e2ce au d\u00e9veloppement des forces productives permis par les modes de production bas\u00e9s sur le travail contraint et exploit\u00e9. Le capitalisme est, du point de vue historique, l\u2019antichambre du socialisme. C\u2019est un mode de production dans lequel les forces productives sont du capital, le rapport de production est la relation capitaliste d\u2019exploitation, le produit est une marchandise, le surproduit est de la plus-value, le travail du travail salari\u00e9. La force de travail est vendue par la classe exploit\u00e9e, qui est d\u00e9pourvue de moyens de production, \u00e0 la classe exploiteuse qui en tire plus de valeur gr\u00e2ce \u00e0 la diff\u00e9rence entre la valeur des marchandises cr\u00e9\u00e9es et la valeur des moyens mis en \u0153uvre, \u00e0 savoir\u00a0: la valeur des moyens de production utilis\u00e9s (mati\u00e8res premi\u00e8res, machines, outils, locaux, etc.) et la valeur de la force de travail qui leur a \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9.<\/li>\n<\/ol>\n<p><!--more--><\/p>\n<ol>\n<li>Le mode de production capitaliste tend \u00e0 se reproduire \u00e0 une \u00e9chelle \u00e9largie (accumulation du capital, augmentation num\u00e9rique de la classe ouvri\u00e8re, mondialisation), cr\u00e9e l\u2019industrie et bouleverse en permanence les techniques de production (augmentation de la composition technique, gain de productivit\u00e9, \u00e9largissement des besoins, baisse de la valeur unitaire des produits). Un des moyens est l\u2019utilisation de la science et de la technique \u00e0 une \u00e9chelle inconnue dans l\u2019histoire, deux r\u00e9sultats importants sont l\u2019\u00e9conomie du temps de travail et la mise en relation de toutes les communaut\u00e9s humaines autrefois s\u00e9par\u00e9es par la distance et les obstacles g\u00e9ographiques. Ainsi, le capitalisme jette les bases d\u2019un mode de production sup\u00e9rieur, le socialisme-communisme. Le capitalisme mondial est polaris\u00e9 entre deux classes qui ne sont elles-m\u00eames pas homog\u00e8nes\u00a0: la bourgeoisie ou classe capitaliste (propri\u00e9taires des entreprises, dirigeants des entreprises, hauts fonctionnaires charg\u00e9s de l\u2019administration g\u00e9n\u00e9rale du capitalisme) et la classe ouvri\u00e8re ou prol\u00e9tariat (ouvriers, employ\u00e9s, techniciens\u2026 de l\u2019industrie manufacturi\u00e8re, du transport, de l\u2019extraction, de l\u2019agriculture, du commerce, de la finance, qu\u2019ils soient d\u00e9clar\u00e9s ou qu\u2019ils soient \u00ab\u00a0au noir\u00a0\u00bb, ch\u00f4meurs). Mais il comporte d\u2019autres classes et couches sociales\u00a0: jeunesse en cours de formation, petite bourgeoisie traditionnelle de travailleurs qui conservent leurs moyens de production (agriculteurs ind\u00e9pendants, artisans, petits commer\u00e7ants, professions lib\u00e9rales), fonctionnaires (salari\u00e9s civils de l\u2019\u00c9tat, des collectivit\u00e9s territoriales..), cadres (salari\u00e9s interm\u00e9diaires entre les capitalistes ou leur \u00c9tat et les salari\u00e9s ex\u00e9cutants), corps de r\u00e9pression (militaires professionnels, police nationale, police locale, services secrets), lumpen (d\u00e9class\u00e9s qui ont \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9s durablement de la production et vivent de trafics, de la charit\u00e9 ou des allocations sociales). Le ch\u00f4mage et la mis\u00e8re poussent les d\u00e9class\u00e9s dans l\u2019\u00e9conomie marginale et certains \u00e0 devenir des voleurs ou des trafiquants (\u00e0 leur compte ou en tant qu\u2019ex\u00e9cutants du capitalisme ill\u00e9gal, des mafias). Certaines couches sont naturellement proches de la bourgeoisie (cadres sup\u00e9rieurs, avocats d\u2019affaires, \u00e9tudiants issus de familles riches, mercenaires\u2026) et toutes ces classes sont, en g\u00e9n\u00e9ral, domin\u00e9es par la bourgeoisie. N\u00e9anmoins, elles s\u2019opposer parfois \u00e0 la bourgeoisie et peuvent m\u00eame s\u2019allier au prol\u00e9tariat.<\/li>\n<li>Les formations sociales domin\u00e9es par les pr\u00e9c\u00e9dents modes de production, aux forces productives limit\u00e9es, visaient \u00e0 faire produire aux travailleurs exploit\u00e9s des valeurs d\u2019usage. Par cons\u00e9quent, les crises de ces soci\u00e9t\u00e9s \u00e9taient des crises de sous-production engendr\u00e9es par une guerre, une \u00e9pid\u00e9mie, l\u2019\u00e9puisement des ressources&#8230; Le but des exploiteurs, dans les soci\u00e9t\u00e9s capitalistes, est l\u2019accroissement de la valeur, qu\u2019ils per\u00e7oivent comme du profit s\u2019ajoutant \u00e0 la r\u00e9cup\u00e9ration de leur mise en capital. D\u00e8s son apparition, le capitalisme se caract\u00e9rise par des crises d\u2019un nouveau type\u00a0: elles apparaissent comme des crises de surproduction de marchandises qui s\u2019expliquent par la suraccumulation de capital, par le rapport insuffisant entre la plus-value sociale et le capital social. Les limites qui servent de cadre infranchissable \u00e0 la reproduction et \u00e0 l\u2019accumulation du capital reposent sur l\u2019expropriation et l\u2019appauvrissement de la grande masse des producteurs\u00a0; elles entrent donc en contradiction avec les m\u00e9thodes de production que le capital doit employer pour son propre but et qui tendent \u00e0 promouvoir un accroissement illimit\u00e9 de la production. La lutte du capital contre le travail et la lutte des capitalistes entre eux font augmenter, dans le capital avanc\u00e9, la part consacr\u00e9e aux moyens de production (capital constant \/ travail mort) par rapport celle consacr\u00e9e \u00e0 la main-d\u2019\u0153uvre (capital variable \/ travail vivant). Cela engendre une hausse de la composition organique du capital et une tendance \u00e0 la baisse du taux de profit qui se manifeste p\u00e9riodiquement par des interruptions de la reproduction \u00e9largie du capital, par des crises \u00e9conomiques. Les crises \u00e9conomiques permettent \u00e0 l\u2019accumulation du capital de reprendre. En effet, le taux de profit est relev\u00e9 d\u2019une part par l\u2019augmentation de l\u2019exploitation facilit\u00e9e par le ch\u00f4mage et d\u2019autre part par la d\u00e9valorisation et la destruction de capital sous toutes ses formes. Les crises sont des solutions violentes et momentan\u00e9es des contradictions existantes, de violentes \u00e9ruptions qui r\u00e9tablissent pour un instant l\u2019\u00e9quilibre rompu.<\/li>\n<li>Une cons\u00e9quence d\u00e9cisive de l\u2019auto-valorisation du capital, de la course effr\u00e9n\u00e9e au profit est qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019autre limite au capital que ses propres contradictions. Le mode de production capitaliste g\u00e9n\u00e9ralise la marchandise, ce qui invalide toute tentative de limiter la marchandisation en conservant le capitalisme. Le mode de production capitaliste tend \u00e0 s\u2019\u00e9tendre \u00e0 toutes les activit\u00e9s humaines et \u00e0 toute la surface du globe. Il en d\u00e9coule que toute tentative de pr\u00e9server le capitalisme en pr\u00e9tendant l\u2019enfermer dans la nation, m\u00eame plus vaste que les cit\u00e9s et \u00c9tats d\u2019origine, est aussi vaine que r\u00e9actionnaire. Le capitalisme est apparu en Europe au 15<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et il a gagn\u00e9 le monde entier depuis la fin du 19e si\u00e8cle. Il pr\u00e9domine au d\u00e9but du 21<sup>e<\/sup> si\u00e8cle dans toutes les soci\u00e9t\u00e9s, m\u00eame s\u2019il subsiste d\u2019anciens rapports sociaux, qu\u2019il influence, d\u00e9termine et modifie (travail domestique, servage, esclavage\u2026). Bien qu\u2019il surgisse des esquisses de futurs rapports sociaux (coop\u00e9ratives de production, coop\u00e9ratives de distribution, mutuelles, \u00ab\u00a0services publics\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0s\u00e9curit\u00e9 sociale\u00a0\u00bb, gratuit\u00e9 initiale d\u2019Internet\u2026), le capitalisme les soumet, les d\u00e9forme et les refoule. L\u2019extension du capitalisme ne se fait pas de mani\u00e8re homog\u00e8ne\u00a0: le d\u00e9veloppement capitaliste est combin\u00e9, mais fonci\u00e8rement in\u00e9gal. Les premiers pays devenus capitalistes utilisent leur avance \u00e9conomique et militaire pour dominer le reste du monde. Cependant, en dehors du berceau europ\u00e9en, un pays f\u00e9odal parvient \u00e0 pr\u00e9server son ind\u00e9pendance et devient lui-m\u00eame colonisateur (le Japon), une colonie conquiert son ind\u00e9pendance et devient \u00e0 son tour conqu\u00e9rante (les \u00c9tats-Unis)\u2026 La hi\u00e9rarchie des puissances capitalistes se modifie au fil du temps. Mais la plus grande partie des nations du monde reste exploit\u00e9e et opprim\u00e9e par une poign\u00e9e de pays. Il y a toute une gamme de situations, qui vont de la puissance h\u00e9g\u00e9monique \u00e0 la colonie minuscule (comme les \u00eeles Malouines) en passant par les puissances imp\u00e9rialistes secondaires, les petits pays imp\u00e9rialistes, les pays domin\u00e9s qui sont n\u00e9anmoins des puissances r\u00e9gionales, les pays domin\u00e9s qui jouissent d\u2019une rente p\u00e9troli\u00e8re et gazi\u00e8re, les pays peupl\u00e9s mais d\u00e9pourvus d\u2019industrie significative, les micro-\u00c9tats\u2026 Les guerres mondiales sont des conflits g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s qui voient s\u2019affronter les puissances capitalistes pour modifier la r\u00e9partition du monde \u00e0 leur avantage. La 1<sup>re<\/sup> Guerre mondiale a sanctionn\u00e9 le passage de l\u2019h\u00e9g\u00e9monie de la Grande-Bretagne aux \u00c9tats-Unis, la 2<sup>e<\/sup> a marqu\u00e9 l\u2019\u00e9chec du Japon et de l\u2019Allemagne \u00e0 assurer leur domination en Asie et en Europe pour d\u00e9fier les EU.<\/li>\n<li>Quand le capitalisme a atteint ses limites g\u00e9ographiques, quand il a engendr\u00e9 des grands groupes capitalistes de plus en plus li\u00e9s \u00e0 leur \u00c9tat, quand les conflits militaires pour repartager le monde atteignent une dimension mondiale, quand le capitalisme a commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9truire la nature, il est entr\u00e9 en d\u00e9clin historique. Son r\u00f4le progressiste s\u2019estompe et ses traits r\u00e9actionnaires l\u2019emportent. Cette mutation historique s\u2019est op\u00e9r\u00e9e \u00e0 l\u2019aube du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. La d\u00e9cadence du capitalisme n\u2019emp\u00eache pas des phases d\u2019accumulation (qui sont un trait de tout le capitalisme), mais les crises \u00e9conomiques sont plus graves. La d\u00e9cadence du capitalisme n\u2019emp\u00eache pas tout d\u00e9veloppement des forces productives (l\u2019industrialisation de certains pays \u00ab\u00a0\u00e9mergents\u00a0\u00bb, l\u2019incorporation de nouveaux progr\u00e8s scientifiques et techniques, l\u2019apparition de nouveaux produits, la croissance num\u00e9rique du prol\u00e9tariat mondial\u2026). N\u00e9anmoins, le capitalisme manifeste une tendance grandissante \u00e0 s\u00e9cr\u00e9ter des forces destructrices. Le capital freine certains progr\u00e8s techniques, oriente la recherche scientifique vers les armements, l\u2019espionnage et la finance. L\u2019an\u00e9antissement de forces productives prend un tour mena\u00e7ant pour l\u2019humanit\u00e9\u00a0: crises capitalistes, guerres incessantes, gaspillage (publicit\u00e9, biens de luxe, armements\u2026), d\u00e9gradation irr\u00e9versible de l\u2019environnement, mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart d\u00e9finitive de la production d\u2019une partie significative de la population, parasitisme\u2026<\/li>\n<li>Le d\u00e9clin historique n\u2019interrompt pas l\u2019internationalisation de l\u2019\u00e9conomie. N\u00e9anmoins, il n\u2019y a pas de bourgeoisie mondiale unifi\u00e9e. Les organisations inter\u00e9tatiques \u00e0 vocation mondiale (SdN-ONU, BRI, FMI, BM, OMC\u2026) ou r\u00e9gionales (dont l\u2019exemple le plus avanc\u00e9 est l\u2019Union europ\u00e9enne) sont aux mains des bourgeoisies les plus puissantes et elles se r\u00e9v\u00e8lent incapables de surmonter les fronti\u00e8res nationales. Par exemple, face \u00e0 la crise \u00e9conomique mondiale de 2008-2009, chaque \u00c9tat national important a agi pour son capitalisme, pour ses groupes de la finance et de l\u2019automobile. Les rivalit\u00e9s inter-imp\u00e9rialistes et le commun int\u00e9r\u00eat des bourgeoisies imp\u00e9rialistes \u00e0 soumettre le reste du monde entra\u00eenent des guerres incessantes. La bourgeoisie, m\u00eame si elle a mondialis\u00e9 les march\u00e9s, m\u00eame si le grand capital est devenu transnational, ne peut pas d\u00e9passer l\u2019horizon national car elle est fractur\u00e9e structurellement par les \u00c9tats qu\u2019elle a constitu\u00e9s pour exploiter et concurrencer. L\u2019Union europ\u00e9enne est ainsi entr\u00e9e en crise car les bourgeoisies europ\u00e9ennes sont incapables de s\u2019unifier. Par cons\u00e9quent, elle n\u2019a pas d\u2019arm\u00e9e propre permettant de tenir en \u00e9chec la Russie, de rivaliser avec la Chine, de s\u2019affranchir des \u00c9tats-Unis. Les \u00c9tats-Unis restent les seuls capables de tenter d\u2019imposer leur ordre dans tous les continents, m\u00eame si le succ\u00e8s n\u2019est plus garanti depuis la r\u00e9volution cubaine et l\u2019\u00e9chec de leur guerre au Vietnam. En outre, l\u2019imp\u00e9rialisme dominant n\u2019est plus capable d\u2019entra\u00eener les autres puissances imp\u00e9rialistes. L\u2019Allemagne et la France ont refus\u00e9 d\u2019envahir une deuxi\u00e8me fois l\u2019Irak en 2003. En 2015, elles ont tout fait pour \u00e9viter l\u2019affrontement militaire avec la Russie en Ukraine. La Russie s\u2019efforce de maintenir une zone d\u2019influence en contrant militairement l\u2019OTAN et l\u2019UE en G\u00e9orgie, en Moldavie, en Ukraine\u2026 La Chine se fait plus agressive en mer de Chine. Pour s\u2019affirmer, la Russie et la Chine tendent \u00e0 s\u2019appuyer l\u2019une sur l\u2019autre. Elles ont d\u00e9fi\u00e9 les \u00c9tats-Unis et les pays d\u2019Europe occidentale avec succ\u00e8s en Syrie en 2013. La Russie est intervenue directement en Syrie en 2015. Cependant, l\u2019alliance sino-russe est parfois fragilis\u00e9e par les initiatives unilat\u00e9rales du partenaire le plus dynamique, la Chine (Banque asiatique d&rsquo;investissement pour les infrastructures, investissements et projet d\u2019autoroute de la soie au <em>Kazakhstan<\/em><em>\u2026<\/em>).<\/li>\n<li>Un trait marquant de parasitisme et de pourrissement du capitalisme est sa financiarisation croissante. Les crises \u00e9conomiques d\u00e9butent souvent sous la forme de l\u2019\u00e9clatement de bulles sp\u00e9culatives, ce qui fait croire \u00e0 certains \u00e9conomistes bourgeois que les crises ne sont dues qu\u2019\u00e0 la finance. La financiarisation ne se borne pas \u00e0 la sph\u00e8re de la finance et \u00e0 ses acteurs sp\u00e9cialis\u00e9s\u00a0: banques, assurances, soci\u00e9t\u00e9s de cr\u00e9dit, soci\u00e9t\u00e9s d\u2019investissement, bourses, agences de notation\u2026 Elle concerne tout le grand capital. La formation de groupes capitalistes donne un caract\u00e8re financier aussi au capital de la production et du commerce\u00a0: cr\u00e9ation de soci\u00e9t\u00e9s par actions (capital fictif \u00e9changeable sur le march\u00e9 financier), emprunts sous forme d\u2019obligations (autre forme de capital fictif cessible sur le m\u00eame march\u00e9), achat et vente de filiales par les soci\u00e9t\u00e9s-m\u00e8res, protection contre divers risques par la demande de \u00ab\u00a0produits d\u00e9riv\u00e9s\u00a0\u00bb aupr\u00e8s des banques, cr\u00e9ation de banques au sein des groupes, sp\u00e9culation sur le prix des mati\u00e8res premi\u00e8res et le cours des devises, etc. En ce sens, tous les grands groupes sont devenus financiers en m\u00eame temps que transnationaux. Il se r\u00e9v\u00e8le donc de plus en plus utopique de pr\u00e9tendre s\u00e9parer \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle\u00a0\u00bb de la finance, comme le pr\u00e9tendent les rebouteux fascistes ou keyn\u00e9siens. Un autre trait de d\u00e9cadence du capitalisme est l\u2019entrelacement entre les grands groupes transnationaux, les services secrets et les mafias.<\/li>\n<li>Apr\u00e8s les destructions de la 2<sup>e<\/sup> Guerre mondiale, le capitalisme a connu une croissance inattendue, qui a pouss\u00e9 les r\u00e9formistes et les r\u00e9visionnistes du marxisme \u00e0 bricoler des explications qui attribuaient \u00e0 l\u2019\u00c9tat bourgeois la capacit\u00e9 d\u2019\u00e9viter la crise capitaliste\u00a0: keyn\u00e9sianisme (travaillistes, sociaux-d\u00e9mocrates), capitalisme monopoliste d\u2019\u00c9tat (staliniens), \u00e9conomie permanente d\u2019armements (cliffistes), n\u00e9o-capitalisme (pablistes)\u2026 Mais, d\u00e8s les ann\u00e9es 1960, le taux de profit baissait de nouveau. La crise de 1973-1974 a mis fin aux \u00ab\u00a030 glorieuses\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Golden Age\u00a0\u00bb. Les \u00c9tats-Unis ont sabord\u00e9 en 1971 le syst\u00e8me mon\u00e9taire international de parit\u00e9s fixes autour du dollar \u00e9tasunien (lui-m\u00eame gag\u00e9 sur l\u2019or) d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 la conf\u00e9rence internationale de Bretton-Woods en 1944, ce qui a d\u00e9cha\u00een\u00e9 l\u2019inflation et la sp\u00e9culation sur les devises. Apr\u00e8s la crise mondiale de 1973-1974, la contre-offensive de la bourgeoisie mondiale contre sa classe ouvri\u00e8re (au nom du march\u00e9) et contre les \u00c9tats ouvriers (au nom de la d\u00e9mocratie), les reculs de la classe ouvri\u00e8re des pays imp\u00e9rialistes (en particulier la d\u00e9faite des mineurs de Grande-Bretagne en 1985, laiss\u00e9e isol\u00e9e par le Parti travailliste et la conf\u00e9d\u00e9ration TUC), les modifications du management (toyotisme, flux tendus, utilisation de l\u2019informatique pour renforcer l\u2019exploitation\u2026), la restauration du capitalisme dans la majorit\u00e9 des pays \u00e0 propri\u00e9t\u00e9 collective et \u00e0 \u00e9conomie planifi\u00e9e (\u00e0 partir de l\u2019unification capitaliste de l\u2019Allemagne en 1989), ont ouvert une nouvelle p\u00e9riode d\u2019accumulation mondiale. Les r\u00e9visionnistes ont alors d\u00e9couvert que le capitalisme \u00e9tait devenu \u00ab\u00a0n\u00e9o-lib\u00e9ral\u00a0\u00bb (comme si une id\u00e9ologie pouvait rendre compte des transformations du mode de production et comme si le capitalisme pouvait se dispenser de l\u2019\u00c9tat bourgeois), \u00ab\u00a0mondialis\u00e9\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0financiaris\u00e9\u00a0\u00bb (comme si c\u2019\u00e9tait nouveau et comme si c\u2019\u00e9tait r\u00e9versible).<\/li>\n<li>Sans parler des incessantes crises capitalistes nationales et r\u00e9gionales, le retour de la crise mondiale en 2008 a montr\u00e9 aux travailleurs que le capitalisme \u00e9tait bien incapable d\u2019assurer la prosp\u00e9rit\u00e9 et m\u00eame une croissance continue. Les partis ouvriers bourgeois et les bureaucraties syndicales accompagnent d\u00e9sormais les attaques de leur bourgeoisie, en acceptant de n\u00e9gocier des licenciements, des baisses de salaire ou en constituant des gouvernements bourgeois, seuls (Portugal&#8230;) ou le plus souvent avec des partis bourgeois (Gr\u00e8ce, Allemagne, France, Br\u00e9sil\u2026). La crise de 2008-2009 a aussi prouv\u00e9 que le lib\u00e9ralisme proclam\u00e9 des gouvernements n\u2019\u00e9tait qu\u2019une mystification, une couverture id\u00e9ologique de l\u2019offensive politique men\u00e9e contre les acquis sociaux (droit de gr\u00e8ve, droit du travail, protection sociale, services publics, etc.). En un \u00e9clair, Bush fils, Merkel, Aso, Sarkozy, Brown, Medvedev, Berlusconi\u2026 tourn\u00e8rent le dos au \u00ab\u00a0n\u00e9o-lib\u00e9ralisme\u00a0\u00bb\u00a0: les \u00c9tats nationaux, les gouvernements et les banques centrales intervinrent massivement par tous les moyens \u00e0 leur disposition pour sauver leurs groupes de la finance et de l\u2019industrie. L\u2019\u00c9tat bourgeois a donc limit\u00e9 la destruction de capital. M\u00eame la Chine, moins touch\u00e9e que les \u00c9tats-Unis, le Japon et l\u2019Europe par la \u00ab\u00a0Grande r\u00e9cession\u00a0\u00bb, a recouru comme eux aux recettes keyn\u00e9siennes (baisse du taux directeur, d\u00e9ficit public\u2026) qui ont pr\u00e9par\u00e9 les soubresauts suivants\u00a0: crise de la dette publique au sud de l\u2019Europe et dans une moindre mesure aux \u00c9tats-Unis, bulle immobili\u00e8re chinoise, bulle boursi\u00e8re am\u00e9ricaine, crise boursi\u00e8re chinoise. Le prol\u00e9tariat a fait les frais de la crise mondiale de 2008-2009 avec les licenciements massifs et l\u2019augmentation de l\u2019arm\u00e9e de r\u00e9serve du capital. La ch\u00f4mage de masse et les trahisons des bureaucraties syndicales (ainsi que des partis \u00ab\u00a0r\u00e9formistes\u00a0\u00bb comme Syriza en Gr\u00e8ce, le PS en France, le PT au Br\u00e9sil, le PCP et le PS au Chili, etc.) ont permis \u00e0 la bourgeoisie de sauver le capitalisme et de renforcer l\u2019exploitation. Il en r\u00e9sulte l\u2019accroissement des in\u00e9galit\u00e9s. M\u00eame en Chine o\u00f9 les salaires ont nettement augment\u00e9 depuis une d\u00e9cennie, les in\u00e9galit\u00e9s se sont accrues. La paup\u00e9risation absolue frappe certaines classes ouvri\u00e8res comme Gr\u00e8ce, en Argentine, aux \u00c9tats-Unis. L\u2019insuffisante destruction du capital, \u00e0 cause de l\u2019intervention de l\u2019\u00c9tat bourgeois, conf\u00e8re un caract\u00e8re fragile \u00e0 la reprise mondiale qui a d\u00e9but\u00e9 fin 2009. Malgr\u00e9 la phase d\u2019accumulation mondiale, certains pays (Russie, Argentine, Br\u00e9sil, Turquie\u2026) sont entr\u00e9s en crise. La faiblesse de la croissance mondiale nourrit des tendances protectionnistes dans les fractions des bourgeoisies nationales victimes de la concurrence internationale. Les rivalit\u00e9s inter-imp\u00e9rialistes en sont intensifi\u00e9es. Les partis bourgeois traditionnels entrent en crise politique sous la pression de nouveaux partis x\u00e9nophobes, voire fascistes. Tous tentent de faire retomber la responsabilit\u00e9 du ch\u00f4mage de masse et de la paup\u00e9risation de larges couches du prol\u00e9tariat sur l\u2019\u00e9tranger (ouvriers immigr\u00e9s, pays rivaux\u2026).<\/li>\n<li>Il ne faut pas confondre la d\u00e9finition des imp\u00e9rialismes (les caract\u00e9ristiques des pays dominants) avec celle de l\u2019imp\u00e9rialisme (les traits de la p\u00e9riode de d\u00e9clin du mode de production capitaliste). Par exemple, la Russie faisait partie en 1917 des pays imp\u00e9rialistes, malgr\u00e9 son arri\u00e9ration \u00e9conomique et son importation unilat\u00e9rale de capitaux, car elle \u00e9tait dot\u00e9e de groupes capitalistes (des \u00ab\u00a0monopoles\u00a0\u00bb) et colonisait de fait \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ses fronti\u00e8res (une \u00ab\u00a0prison des peuples\u00a0\u00bb). \u00c0 plus forte raison, la Chine contemporaine, qui retient par la force des peuples entiers \u00e0 l\u2019ouest (Tib\u00e9tains et Ou\u00efghours), dont certains groupes ont pris place dans les oligopoles mondiaux, qui exporte du capital (y compris en prenant le contr\u00f4le d\u2019entreprises \u00e9trang\u00e8res), est aujourd\u2019hui imp\u00e9rialiste. La raison est qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas durant la seconde moiti\u00e9 du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, un pays capitaliste domin\u00e9, mais un \u00c9tat ouvrier, aussi d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 f\u00fbt-il. La r\u00e9volution, quoiqu\u2019incompl\u00e8te, a unifi\u00e9 le pays et lui a permis d\u2019\u00e9chapper \u00e0 la domination imp\u00e9rialiste. Apr\u00e8s la restauration du capitalisme d\u00e9cid\u00e9e par la bureaucratie stalino-mao\u00efste en 1992, la Chine a pu rejoindre en quelques d\u00e9cennies le groupe des puissances imp\u00e9rialistes, gr\u00e2ce \u00e0 sa taille (tant g\u00e9ographique que d\u00e9mographique) et au d\u00e9veloppement pr\u00e9alable des forces productives dans le cadre de la planification (infrastructures, industrie, agriculture, \u00e9ducation, sant\u00e9\u2026). Par exemple, son niveau technique initial et la taille du pays ont facilit\u00e9 l\u2019acc\u00e8s aux techniques les plus avanc\u00e9es par l\u2019exigence de transferts de savoirs et de co-entreprises industrielles.<\/li>\n<li>Quoique devenue une puissance imp\u00e9rialiste, la Chine n\u2019est pas en mesure, pas plus que le Japon, l\u2019Allemagne, la Russie ou la France, de pr\u00e9tendre remplacer les \u00c9tats-Unis malgr\u00e9 leur affaiblissement, manifest\u00e9 par la fin du syst\u00e8me mon\u00e9taire international de Bretton-Woods (1971-1973) et la d\u00e9faite au Vietnam (1975). L\u2019affaiblissement am\u00e9ricain nourrit les app\u00e9tits de ses rivaux et l\u2019instabilit\u00e9 mondiale, comme en t\u00e9moignent l\u2019\u00e9clatement de l\u2019Ukraine, la guerre ainsi que la course aux armements en Asie de l\u2019Est et les escarmouches en Mer de Chine, sans que les conditions d\u2019une nouvelle guerre mondiale soient, pour l\u2019instant, r\u00e9unies. Ce d\u00e9lai doit \u00eatre saisi par le prol\u00e9tariat mondial pour d\u00e9barrasser l\u2019humanit\u00e9 du vieux mode de production.<\/li>\n<li>Les conditions objectives du passage du capitalisme \u00e0 la construction du socialisme-communisme \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale sont depuis longtemps r\u00e9unies. La science et la technique, malgr\u00e9 les freins et les d\u00e9formations, progressent. La part de l\u2019industrie s\u2019est amoindrie dans les centres imp\u00e9rialistes. Mais, d\u2019une part, certaines activit\u00e9s class\u00e9es comme des \u00ab\u00a0services\u00a0\u00bb constituent une production capitaliste bien r\u00e9elle\u00a0; d\u2019autre part, les activit\u00e9s de l\u2019extraction, de la fabrication, de la construction, du transport\u2026 ont cr\u00fb et se sont diversifi\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale. L\u2019agriculture, de plus en plus capitaliste, touch\u00e9e par une stagnation de certains rendements agricoles et par l\u2019\u00e9puisement de nombreuses ressources halieutiques, pourrait nourrir facilement l\u2019humanit\u00e9 si elle \u00e9tait d\u00e9barrass\u00e9e du mode de production capitaliste. peut nourrir facilement l\u2019humanit\u00e9. La classe ouvri\u00e8re n\u2019a aucunement disparu dans les vieux pays imp\u00e9rialistes et elle s\u2019est consid\u00e9rablement d\u00e9velopp\u00e9e en Am\u00e9rique latine, en Afrique et surtout en Asie. Par sa place dans les rapports de production, elle a la capacit\u00e9 de transformer les rapports de production et de lib\u00e9rer les forces productives qui \u00e9touffent dans le cadre de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, du profit et de la nation. Le d\u00e9veloppement des sciences, des techniques et des moyens de production permet d\u2019envisager une soci\u00e9t\u00e9 satisfaisant les besoins de la population mondiale, d\u00e9barrass\u00e9e de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, de l\u2019exploitation, des fronti\u00e8res nationales, respectueuse de l\u2019environnement, dont l\u2019\u00e9conomie sera plac\u00e9e sous le contr\u00f4le des producteurs associ\u00e9s.<\/li>\n<\/ol>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><a name=\"_Toc434858523\"><\/a><a name=\"_Toc434858562\"><\/a>II.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La bourgeoisie n\u2019est plus progressiste, la classe ouvri\u00e8re devient la seule classe r\u00e9volutionnaire<\/h2>\n<ol start=\"12\">\n<li>L\u2019\u00e9mergence du capitalisme s\u2019est faite dans la violence \u00e0 grande \u00e9chelle envers le reste du monde\u00a0: parfois par le g\u00e9nocide, toujours par le pillage et l\u2019exploitation forcen\u00e9e. La colonisation de l\u2019Am\u00e9rique, de l\u2019Afrique et de l\u2019Asie, l\u2019esclavagisme moderne fournisseurs de mati\u00e8res premi\u00e8res pour le march\u00e9 capitaliste mondial, se sont accompagn\u00e9s de la mont\u00e9e du racisme. La bourgeoisie jouait cependant un r\u00f4le relativement progressiste du 15<sup>e<\/sup> au 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, en renversant les anciennes classes dominantes, en minant et en disloquant les modes de production ant\u00e9rieurs. Elle s\u2019opposait aux monarchies, \u00e0 l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des droits, \u00e0 la religion d\u2019\u00c9tat, elle faisait confiance \u00e0 la raison et aux sciences. Le patriotisme, de progressiste qu\u2019il \u00e9tait dans la p\u00e9riode ascendante du capitalisme, alors qu\u2019il dressait le peuple derri\u00e8re la bourgeoisie nationale contre la r\u00e9action \u00e9trang\u00e8re (r\u00e9volutions n\u00e9erlandaise du 17<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, am\u00e9ricaine et fran\u00e7aise du 18<sup>e<\/sup>), devient totalement r\u00e9actionnaire dans les pays dominants au 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Le patriotisme d\u2019aujourd\u2019hui, n\u2019y est rien d\u2019autre que du racisme et de la x\u00e9nophobie (\u00ab politique migratoire \u00bb, apartheid, g\u00e9nocide\u2026), y compris dans les pays les plus d\u00e9mocratiques (France, Grande-Bretagne, Allemagne, \u00c9tats-Unis, Japon\u2026). Au cours du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, la bourgeoisie a abandonn\u00e9 le combat progressiste qu\u2019elle menait contre la religion et a r\u00e9gress\u00e9 dans l\u2019obscurantisme (cr\u00e9ationnisme, superstitions, technophobie, d\u00e9croissance\u2026). En outre, elle a financ\u00e9 et arm\u00e9 les pires groupes r\u00e9actionnaires religieux. Les cons\u00e9quences sont catastrophiques : pressions contre les enseignants, attaques de minorit\u00e9 religieuses, esclavage des femmes, agressions et ex\u00e9cutions d\u2019homosexuels, intimidations et assassinats d\u2019artistes, lapidations, mise en cause du droit \u00e0 l\u2019avortement, amputations des d\u00e9linquants issus des classes populaires\u2026 Cela n\u2019exclut pas que des conqu\u00eates d\u00e9mocratiques puissent \u00eatre pr\u00e9serv\u00e9es ou arrach\u00e9es, mais la bourgeoisie contemporaine n\u2019en est plus le vecteur, ce sont plut\u00f4t des concessions qu\u2019elle accorde sous la pression de la classe ouvri\u00e8re, des femmes, des minorit\u00e9s nationales, des homosexuels&#8230;<\/li>\n<li>La lutte pour d\u00e9fendre et \u00e9largir la d\u00e9mocratie retombe sur le prol\u00e9tariat. Mais la lutte pour les libert\u00e9s d\u00e9mocratiques qui lui sont n\u00e9cessaires pour mener son combat de classe, n\u2019est pas s\u00e9par\u00e9e de ses revendications propres, tant \u00e9l\u00e9mentaires que transitoires (c\u2019est-\u00e0-dire qui mettent en cause le capitalisme). Le mot d\u2019ordre d\u00e9mocratique d\u2019Assembl\u00e9e constituante peut \u00eatre utile quand la bourgeoisie refuse les libert\u00e9s d\u00e9mocratiques au peuple (colonisation, fascisme, junte militaire prolong\u00e9e), mais il doit \u00eatre rejet\u00e9 l\u00e0 o\u00f9 les libert\u00e9s d\u00e9mocratiques sont obtenues et les gouvernants sont \u00e9lus (comme en Argentine en 2001, alors que tous les partis ouvriers argentins, y compris le PO et le PTS, l\u2019avanc\u00e8rent) et il doit \u00eatre abandonn\u00e9 d\u00e8s que la bourgeoisie accorde l\u2019Assembl\u00e9e constituante pour \u00e9touffer la r\u00e9volution qui a d\u00e9but\u00e9 (comme en Tunisie et en \u00c9gypte en 2011). Dans ces cas, la lutte pour la d\u00e9mocratie passe par le d\u00e9sarmement des corps de r\u00e9pression et l\u2019\u00e9tablissement de conseils de travailleurs (salari\u00e9s, autres travailleurs des campagnes et des villes, ch\u00f4meurs, travailleurs en formation, conscrits\u2026), bases de l\u2019\u00c9tat ouvrier. Au 21<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, la d\u00e9mocratie n\u2019est concevable que sous la forme de la d\u00e9mocratie ouvri\u00e8re (dictature du prol\u00e9tariat).<\/li>\n<li>Les communistes internationalistes d\u00e9fendent les droits nationaux des minorit\u00e9s nationales qui sont opprim\u00e9es. Le prol\u00e9tariat des nations oppressives doit lutter contre le maintien par la force des nations opprim\u00e9es dans les fronti\u00e8res de ces \u00c9tats ; autrement dit, il doit lutter pour le droit \u00e0 l\u2019autod\u00e9termination. Par exemple, les Kurdes ont le droit fondamental de constituer leur \u00c9tat. Pour unifier les classes ouvri\u00e8res turque, irakienne, syrienne et iranienne, les travailleurs de ces pays doivent reconna\u00eetre le droit des Kurdes \u00e0 se s\u00e9parer et \u00e0 s\u2019unifier. De m\u00eame, les Palestiniens sont en droit de se battre contre la colonisation sioniste de leur territoire. Le nationalisme juif a transform\u00e9 une petite minorit\u00e9 des Juifs du monde en oppresseurs. L\u2019\u00c9tat isra\u00e9lien est b\u00e2ti sur l\u2019expulsion par le terrorisme de la population palestinienne de sa terre par la fraction nationaliste de la bourgeoisie juive. Le mouvement sioniste, qui ne s\u2019\u00e9tait pas oppos\u00e9 frontalement au fascisme et au racisme d\u2019Hitler, est devenue h\u00e9g\u00e9monique apr\u00e8s la 2<sup>e<\/sup> Guerre mondiale \u00e0 cause de l\u2019extermination des Juifs d\u2019Europe par l\u2019imp\u00e9rialisme allemand. La bureaucratie de l\u2019URSS a approuv\u00e9 la fondation d\u2019Isra\u00ebl en 1948. L\u2019imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain, qui avait refus\u00e9 d\u2019ouvrir ses fronti\u00e8res aux r\u00e9fugi\u00e9s juifs, a appuy\u00e9 le projet sioniste et soutient toujours Isra\u00ebl. Isra\u00ebl converge souvent avec l\u2019imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain mais poursuit ses propres buts\u00a0: il s\u2019est dot\u00e9 de l\u2019arme atomique avec la complicit\u00e9 de l\u2019imp\u00e9rialisme fran\u00e7ais, il poursuit la colonisation de J\u00e9rusalem et de la Cisjordanie et il massacre les Palestiniens jusque dans les camps de r\u00e9fugi\u00e9s o\u00f9 ils sont parqu\u00e9s par les pays voisins et, p\u00e9riodiquement, \u00e0 Gaza (2006, 2008-2009, 2012, 2014). Il est scandaleux qu\u2019au nom du trotskysme, la \u00ab\u00a04<sup>e<\/sup> Internationale\u00a0\u00bb pabliste, le CIO grantiste, l\u2019UCI hardyste\u2026 aient adopt\u00e9 la solution de l\u2019ONU\u00a0: la perspective de deux \u00c9tats en Palestine qui ratifie la colonisation sioniste. Les directions nationalistes panarabes ou islamistes des Palestiniens ont mis\u00e9 sur les bourgeoisies de la r\u00e9gion, qui ont toujours sacrifi\u00e9 la cause palestinienne, quand elles n\u2019ont pas massacr\u00e9 elles-m\u00eames la r\u00e9sistance palestinienne (la monarchie jordanienne en 1970, la dictature syrienne en 1976). Le Fatah-OLP a capitul\u00e9 devant Isra\u00ebl en 1989 sous la pression de la bureaucratie de l\u2019URSS. Le prol\u00e9tariat palestinien doit prendre la t\u00eate de la lutte contre la colonisation et pour l\u2019ind\u00e9pendance nationale de la Palestine et l\u2019arracher des mains de la bourgeoisie palestinienne, qu\u2019elle soit Fatah devenu le chien de garde de la bourgeoisie isra\u00e9lienne ou Hamas islamiste r\u00e9duit \u00e0 une pression sur l\u2019\u00c9tat sioniste. Le prol\u00e9tariat isra\u00e9lien ne peut exister comme classe et mener une lutte contre sa bourgeoisie qu\u2019en reconnaissant les droits d\u00e9mocratiques et nationaux des Arabes palestiniens, dont le premier est le droit au retour. Il ne peut rompre avec sa bourgeoisie que s\u2019il a la perspective d\u2019y gagner, en participant \u00e0 la dictature du prol\u00e9tariat. Les mots d\u2019ordre de tout le prol\u00e9tariat sont donc\u00a0: lib\u00e9ration de tous les combattants arabes, unit\u00e9 de la Palestine, \u00e9galit\u00e9 de tous les Palestiniens (juifs et arabes, hommes et femmes), s\u00e9paration de l\u2019\u00c9tat et des religions, droit des travailleurs h\u00e9breux dans ces conditions de vivre en Palestine, gouvernement des travailleurs, expropriation des groupes capitalistes. L\u2019\u00c9tat colonial surarm\u00e9 et ses bantoustans (Gaza, Cisjordanie) doivent laisser place \u00e0 une Palestine socialiste (c\u2019est-\u00e0-dire dirig\u00e9e par les travailleurs), qui ne pourra na\u00eetre que dans le cadre d\u2019une r\u00e9volution permanente de la r\u00e9gion et ne survivre que dans le cadre d\u2019une f\u00e9d\u00e9ration socialiste (c\u2019est-\u00e0-dire en transition vers le socialisme) d\u2019Asie de l\u2019Ouest ou de la M\u00e9diterran\u00e9e.<\/li>\n<li>En effet, les communistes internationalistes ne pr\u00f4nent pas la multiplication de minuscules \u00c9tats vou\u00e9s \u00e0 la domination par les puissances imp\u00e9rialistes. Le mode de production socialiste-communiste supprimera d\u2019ailleurs les fronti\u00e8res. La reconnaissance des droits nationaux est aussi un moyen de contrer les courants nationalistes petits-bourgeois ou bourgeois qui mystifient les ouvriers et cherchent \u00e0 pactiser avec une puissance imp\u00e9rialiste. L\u00e0 o\u00f9 il n\u2019y a plus d\u2019oppression nationale, comme en Ecosse et en Catalogne, les communistes se prononcent contre la s\u00e9paration, sans remettre en cause le droit \u00e0 l\u2019autod\u00e9termination. Le d\u00e9mant\u00e8lement en cours de l\u2019Ukraine n\u2019a rien de progressiste. Certes, il y a des questions nationales en Ukraine\u00a0: la m\u00e9fiance, nourrie par l\u2019histoire, de la masse des Ukrainiens envers la Russie\u00a0; le sentiment d\u2019\u00eatre russe de la majorit\u00e9 de la population du Donbass et encore plus de celle de la Crim\u00e9e\u00a0; la m\u00e9fiance, nourrie par l\u2019histoire, des Tatars envers la Russie. Mais le rattachement de la Crim\u00e9e \u00e0 la Russie par les services secrets et l\u2019arm\u00e9e russe, la s\u00e9cession d\u2019une partie du Donbass avec le soutien de l\u2019\u00c9tat russe, la guerre d\u00e9clench\u00e9e par le gouvernement ukrainien avec l\u2019aide des \u00c9tats-Unis et de bandes fascistes ne r\u00e9sultent pas de mouvements nationaux. La manipulation scandaleuse de sentiments nationaux par les puissances imp\u00e9rialistes aboutit \u00e0 l\u2019\u00e9clatement d\u2019un petit pays, \u00e0 la mont\u00e9e de la x\u00e9nophobie, \u00e0 l\u2019\u00e9touffement de la lutte des classes, comme lors de l\u2019\u00e9clatement de la Yougoslavie. Que l\u2019imp\u00e9rialisme ne serve pas les droits des peuples est d\u00e9montr\u00e9 par toute l\u2019histoire. La puissance dominante laisse le r\u00e9gime islamiste \u00ab\u00a0mod\u00e9r\u00e9\u00a0\u00bb de Turquie massacrer les Kurdes\u00a0; les vieilles bourgeoisies allemande et fran\u00e7aise viennent de pi\u00e9tiner les \u00e9lections en Gr\u00e8ce et d\u2019\u00e9craser son peuple par leurs exigences\u00a0; la nouvelle bourgeoisie russe a conduit deux guerres pour maintenir de force la Tch\u00e9tch\u00e9nie dans son territoire. Aux dangereuses rivalit\u00e9s imp\u00e9rialistes, \u00e0 l\u2019\u00e9miettement aggrav\u00e9 du continent, les communistes opposent la n\u00e9cessit\u00e9 des \u00c9tats-Unis socialistes d\u2019Europe.<\/li>\n<li>La classe ouvri\u00e8re peut et doit rallier certaines classes interm\u00e9diaires pour prendre le pouvoir et l\u2019exercer. Elle est la classe h\u00e9g\u00e9monique de la r\u00e9volution contemporaine car la jeunesse en formation, les classes petites-bourgeoises, le lumpen sont incapables de mener par eux-m\u00eames une r\u00e9volution. Ils oscillent entre les deux classes fondamentales. Le lumpen sert parfois de r\u00e9servoir \u00e0 la contre-r\u00e9volution et au fascisme\u00a0: la plupart des agresseurs nazis d\u2019immigr\u00e9s viennent des d\u00e9class\u00e9s et les fanatiques islamistes qui attaquent les Juifs et les artistes en Europe sont majoritairement d\u2019anciens d\u00e9linquants. Les d\u00e9class\u00e9s, laiss\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames, sans direction prol\u00e9tarienne, ne sont capables que de destructions nihilistes et de pillages dont la violence fascine les bakouninistes et les gauchistes, mais qui n\u2019ouvrent aucune perspective. Le prol\u00e9tariat ne peut faire aucune confiance \u00e0 la petite bourgeoisie citadine qui tente d\u2019en faire une force d\u2019appoint \u00e0 ses projets d\u00e9mocratiques ou nationalistes born\u00e9s, quitte \u00e0 l\u2019abandonner \u00e0 la r\u00e9pression bourgeoise locale ou imp\u00e9rialiste. Par contre les d\u00e9class\u00e9s et les petits bourgeois peuvent \u00eatre attir\u00e9s par une politique volontaire et d\u00e9termin\u00e9e du prol\u00e9tariat. En outre, depuis les ann\u00e9es 1960, la classe ouvri\u00e8re, gr\u00e2ce \u00e0 la massification de l\u2019enseignement secondaire et sup\u00e9rieur, peut attirer les \u00e9tudiants et stimuler leurs luttes (Chine, Allemagne, France, Mexique, Italie, Tch\u00e9coslovaquie, Pologne, Turquie, Espagne\u2026). Au d\u00e9but du 21<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, le mouvement des lyc\u00e9ens au Chili, des \u00e9tudiants en Grande-Bretagne, le mouvement des travailleurs dans le Wisconsin (\u00c9tats-Unis), la mobilisation \u00e0 Istanbul (Turquie), les soul\u00e8vements populaires en Afrique (Tunisie en 2010, \u00c9gypte en 2011, Burkina Faso en 2014\u2026), confirment le potentiel de partenariat entre le prol\u00e9tariat et la jeunesse scolaris\u00e9e. Un autre alli\u00e9 historique du prol\u00e9tariat urbain et rural est la paysannerie pauvre. Elle joue actuellement un r\u00f4le en Chine, au Br\u00e9sil, en Bolivie, au Zimbabwe, etc. mais y reste le plus souvent un jouet de la petite bourgeoisie urbaine ou m\u00eame d\u2019une fraction de la bourgeoisie qui la trahit. M\u00eame quand les paysans m\u00e8nent une lutte de spectaculaire contre l\u2019arm\u00e9e bourgeoise, ils ne peuvent servir de substitut \u00e0 la lutte nationale et internationale de la classe ouvri\u00e8re, au contraire de ce qu\u2019ont pr\u00e9tendu certains staliniens\u00a0: Mao Zedong, H\u00f4 Chi-Minh ou Ernesto Guevara, suivis par les r\u00e9visionnistes du trotskysme (pablistes, healystes\u2026). Cette perspective est impraticable dans les centres du capitalisme mondial, l\u00e0 o\u00f9 il doit \u00eatre abattu consciemment par la classe ouvri\u00e8re. Au mieux, elle a abouti \u00e0 des r\u00e9volutions limit\u00e9es dans des pays arri\u00e9r\u00e9s (Yougoslavie, Chine, Vietnam, Cuba&#8230;) car le prol\u00e9tariat n\u2019y a jamais exerc\u00e9 le pouvoir monopolis\u00e9 par une bureaucratie usurpatrice, privil\u00e9gi\u00e9e et pour finir restaurationniste. D\u2019ailleurs, la r\u00e9volution chinoise n\u2019aurait pu vaincre sans le voisinage et l\u2019aide de l\u2019URSS, la r\u00e9volution cubaine n\u2019aurait pu vaincre sans le soutien logistique du mouvement ouvrier urbain et sans la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale. Depuis un demi-si\u00e8cle, l\u2019exp\u00e9rience castriste (au Za\u00efre, en Bolivie, au Nicaragua, en Colombie\u2026) et les \u00e9checs mao\u00efstes (au P\u00e9rou, en Inde, au N\u00e9pal, aux Philippines\u2026) montrent que la gu\u00e9rilla rurale ou l\u2019encerclement des villes par les campagnes est une impasse strat\u00e9gique. D\u2019ailleurs, la plupart des courants de gu\u00e9rilla se sont reconvertis en partis \u00ab\u00a0r\u00e9formistes\u00a0\u00bb, parfois en politiciens bourgeois.<\/li>\n<li>Le front populaire, le front uni anti-imp\u00e9rialiste et tous les blocs de \u00ab\u00a0la gauche\u00a0\u00bb qui englobent une fraction des capitalistes (cens\u00e9e \u00eatre d\u00e9mocratique ou anti-imp\u00e9rialiste) maintiennent ou restaurent l\u2019h\u00e9g\u00e9monie de la bourgeoisie tout enti\u00e8re sur les exploit\u00e9s et les semi-exploit\u00e9s. C\u2019est encore plus vrai des bavardages sans perspective pratique du Forum social mondial lanc\u00e9 en 2001 par le PT du Br\u00e9sil et l\u2019\u00c9glise catholique, avec le soutien de la bureaucratie cubaine et de la plupart des centristes (SUQI, TSI, L5I, CIO, LIT, UIT, MST, FTQI\u2026). Une alliance ouvri\u00e8re et paysanne, un bloc ouvrier et populaire n\u2019est progressiste que sous l\u2019h\u00e9g\u00e9monie de la classe ouvri\u00e8re, ce qui n\u00e9cessite qu\u2019elle ait son parti, r\u00e9volutionnaire et internationaliste. La classe ouvri\u00e8re, pour vaincre, doit rallier les autres travailleurs (interm\u00e9diaires, en formation), les arracher \u00e0 la domination de la classe capitaliste, dont la taille est r\u00e9duite. Elle doit paralyser les forces de r\u00e9pression. Ce n\u2019est possible que si les conscrits, l\u00e0 o\u00f9 existe le service militaire, sont organis\u00e9s comme travailleurs sous l\u2019uniforme par le parti et le syndicat qui luttent pour leurs droits d\u00e9mocratiques contre l\u2019\u00e9tat-major. Ce n\u2019est possible que si le mouvement ouvrier met en garde contre l\u2019appareil r\u00e9pressif de l\u2019\u00c9tat (alors que les r\u00e9formistes et les centristes disent qu\u2019il faut lui faire confiance) et utilisent chaque occasion pour que les travailleurs et les \u00e9tudiants en lutte se d\u00e9fendent contre lui. Les communistes ne peuvent donc en aucun cas consid\u00e9rer la police comme compos\u00e9e de travailleurs comme les autres (comme le pr\u00e9tendent tous les sociaux-d\u00e9mocrates, la plupart des staliniens et certains centristes), encore moins demander son renforcement (comme LO l\u2019a fait). Les classes interm\u00e9diaires doivent sentir la volont\u00e9 des travailleurs salari\u00e9s de lutter jusqu\u2019au bout contre la minorit\u00e9 capitaliste.<\/li>\n<li>Il faut pour cela un programme, une strat\u00e9gie, un parti. Le prol\u00e9tariat, se d\u00e9fendant lui-m\u00eame contre les capitalistes, prenant la t\u00eate de tous les exploit\u00e9s et opprim\u00e9s, ne peut s\u2019arr\u00eater en chemin. Sous peine de d\u00e9faite, voire de contre-r\u00e9volution, il doit mener la lutte jusqu\u2019\u00e0 la r\u00e9volution sociale (armement du prol\u00e9tariat, destruction de l\u2019\u00c9tat bourgeois, expropriation du grand capital, gouvernement ouvrier\u2026). La dictature du prol\u00e9tariat, c\u2019est-\u00e0-dire le pouvoir des travailleurs, doit \u00e9tendre la r\u00e9volution sous peine d\u2019\u00eatre entrav\u00e9e par l\u2019isolement ou d\u2019\u00eatre \u00e9cras\u00e9e imm\u00e9diatement. En ce sens, la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne est, au contraire des r\u00e9volutions bourgeoises ant\u00e9rieures, prolong\u00e9e, radicale et internationale\u00a0: elle est une \u00ab\u00a0r\u00e9volution en permanence\u00a0\u00bb. La distinction du 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle entre \u00ab\u00a0programme minimum\u00a0\u00bb (pour renforcer le prol\u00e9tariat au sein du capitalisme ascendant) et \u00ab\u00a0programme maximum\u00a0\u00bb (pour prendre le pouvoir quand il serait assez fort) est d\u00e9sormais caduque. La r\u00e9volution prol\u00e9tarienne qui commence dans un \u00c9tat ne peut inaugurer imm\u00e9diatement le nouveau mode de production socialiste-communiste, surtout dans un pays domin\u00e9. N\u00e9anmoins, les communistes la nomment \u00ab\u00a0r\u00e9volution socialiste\u00a0\u00bb parce qu\u2019elle met fin au capitalisme dans une partie du monde par la destruction de l\u2019\u00c9tat bourgeois et l\u2019expropriation des expropriateurs, parce qu\u2019elle ouvre ainsi la transition vers le mode de production socialiste-communiste, la soci\u00e9t\u00e9 des producteurs libres et associ\u00e9s. Pour parvenir au socialisme-communisme, il faut \u00e9tendre la r\u00e9volution au monde entier, d\u00e9velopper les forces productives, confier la gestion de l\u2019\u00e9conomie aux producteurs, d\u00e9gager du temps libre pour cela&#8230;<\/li>\n<li>M\u00eame l\u00e0 o\u00f9 la r\u00e9volution d\u00e9mocratique n\u2019a pas eu lieu, la bourgeoisie \u00abprogressiste\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0nationale\u00a0\u00bb tend, aux moments d\u00e9cisifs, \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer la soumission \u00e0 l\u2019imp\u00e9rialisme et l\u2019alliance avec les pr\u00eatres et les exploiteurs archa\u00efques au risque de r\u00e9volution sociale que comporte in\u00e9vitablement la mobilisation des classes exploit\u00e9es de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste. Le \u00ab\u00a0front uni anti-imp\u00e9rialiste\u00a0\u00bb, bien qu\u2019envisag\u00e9 par l\u2019Internationale communiste lors de son 1<sup>er<\/sup> et 3<sup>e<\/sup> congr\u00e8s pour unir un prol\u00e9tariat faible (dont le parti devait cependant rester ind\u00e9pendant) \u00e0 la bourgeoisie nationale \u00e9mergente est inapplicable, comme l\u2019ont prouv\u00e9 les exp\u00e9riences tragiques de la Turquie et de la Chine d\u00e8s les ann\u00e9es 1920. La strat\u00e9gie de la 2<sup>e<\/sup> Internationale de la r\u00e9volution par \u00e9tapes (une r\u00e9volution d\u00e9mocratique ouvrant la voie au d\u00e9veloppement prolong\u00e9 du capitalisme pour pr\u00e9parer les conditions objectives de la future r\u00e9volution sociale) est d\u00e9pass\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9poque imp\u00e9rialiste, quand l\u2019IC stalinis\u00e9e la r\u00e9active puis l\u2019\u00e9tend aux d\u00e9mocraties bourgeoises sous forme du front populaire. M\u00eame dans les pays domin\u00e9s, la strat\u00e9gie de la r\u00e9volution permanente est la seule qui peut assurer la victoire.<\/li>\n<li>Les anciens bouleversements sociaux \u00e9taient men\u00e9s par des classes qui \u00e9taient elles-m\u00eames exploiteuses. Pour la premi\u00e8re fois, le prol\u00e9tariat ouvre la voie d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 sans classe. Alors que la bourgeoisie luttait pour se renforcer, la mission historique de la classe ouvri\u00e8re est de se dissoudre au cours de la transition du capitalisme au socialisme-communisme. Pour les travailleurs salari\u00e9s, qui sont la majorit\u00e9, son renversement est n\u00e9cessaire pour en finir avec l\u2019exploitation, la pr\u00e9carit\u00e9, la pauvret\u00e9, l\u2019ali\u00e9nation qu\u2019ils subissent. Pour les femmes travailleuses, son renversement est n\u00e9cessaire pour en finir avec la double journ\u00e9e de travail (salari\u00e9 et domestique). Les pr\u00e9jug\u00e9s raciaux, sexuels, s\u2019att\u00e9nuent au cours de la lutte r\u00e9volutionnaire. Durant la dictature du prol\u00e9tariat, lors de la construction du socialisme, quand les travailleurs occuperont tour \u00e0 tour les postes de coordination, recevront tous une compensation correcte pour leur contribution individuelle \u00e0 la production sociale, quand ce travail sera plus \u00e9panouissant, alors la discrimination des emplois et des revenus entre hommes et femmes, noirs et blancs, etc. s\u2019\u00e9vanouira. Le socialisme-communisme mondial assurera la s\u00e9curit\u00e9 mat\u00e9rielle, la fin de la division du travail, le libre d\u00e9veloppement de tous, des relations riches avec les autres humains. Pour la premi\u00e8re fois, les \u00eatres humains contr\u00f4leront consciemment leurs conditions d\u2019existence, alors que dans le capitalisme leurs propres produits devenaient leurs ma\u00eetres. Le nouveau mode de de production, dans sa premi\u00e8re phase, distribuera encore de mani\u00e8re in\u00e9gale les richesses entre les producteurs associ\u00e9s en tenant compte de leur contribution\u00a0; mais, dans sa seconde phase, quand les forces productives se seront encore d\u00e9velopp\u00e9es au point de l\u2019abondance mat\u00e9rielle, chacune et chacun recevra selon ses besoins.<\/li>\n<li>Jusqu\u2019au tournant imp\u00e9rialiste, il \u00e9tait encore possible d\u2019envisager que la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne commen\u00e7\u00e2t pacifiquement, gr\u00e2ce \u00e0 la conjonction de la croissance du salariat et de la faiblesse de l\u2019appareil de l\u2019\u00c9tat bourgeois aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, aux \u00c9tats-Unis\u2026 M\u00eame dans ces pays, il \u00e9tait probable que la minorit\u00e9 capitaliste se r\u00e9volterait contre le pouvoir de la majorit\u00e9 et qu\u2019il faudrait au pouvoir des travailleurs l\u2019\u00e9craser. De toute fa\u00e7on, depuis un si\u00e8cle, les pays capitalistes les plus d\u00e9mocratiques ont vu leur \u00c9tat se renforcer spectaculairement, en particulier son appareil technocratique civil (hauts fonctionnaires, hauts magistrats\u2026) et r\u00e9pressif (justice p\u00e9nale, prisons, police, arm\u00e9e, services secrets\u2026). Cela invalide toutes les dangereuses illusions parlementaristes et pacifistes que r\u00e9pandent les sociaux-d\u00e9mocrates, les staliniens et les centristes (en particulier ceux du CIO, de la TMI et de la QI-EITP lambertiste). La r\u00e9volution passe n\u00e9cessairement par le d\u00e9mant\u00e8lement et par la destruction de l\u2019\u00c9tat bourgeois, ce qui r\u00e9clame une d\u00e9mocratie sup\u00e9rieure \u00e0 la d\u00e9mocratie bourgeoise\u00a0: l\u2019armement du peuple et l\u2019\u00e9mergence de conseils, \u00e0 la fois organes de front unique ouvrier et d\u2019alliance de classes, organes de double pouvoir d\u00e9fiant l\u2019\u00c9tat bourgeois et d\u2019administration de l\u2019\u00c9tat ouvrier, pour la marche au socialisme-communisme (commune de Paris, soviets, arbeiter und soldatenr\u00e4te<em>, <\/em>munk\u00e1s tan\u00e1cs, assembleas populares, cordones, shoras\u2026). La n\u00e9cessaire auto-organisation des masses doit \u00eatre constamment mise en avant dans la propagande, l\u2019agitation, la pratique du parti ouvrier r\u00e9volutionnaire.<\/li>\n<li>Face au danger de r\u00e9volution prol\u00e9tarienne, r\u00e9el ou imaginaire, des fractions de la bourgeoisie ont mis\u00e9 d\u00e8s le 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle sur des chefs militaires (bonapartisme) qui lui enl\u00e8vent momentan\u00e9ment le contr\u00f4le effectif de son propre \u00c9tat. En outre, au d\u00e9but du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, la r\u00e9volution socialiste mondiale ayant commenc\u00e9 en Russie, les bourgeoisies n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 rench\u00e9rir dans l\u2019abdication et la r\u00e9action en recourant \u00e0 des bandes contre-r\u00e9volutionnaires extra-\u00e9tatiques conduites par des aventuriers (fascisme). Le fascisme est la mobilisation des d\u00e9class\u00e9s et des petits-bourgeois fanatis\u00e9s contre le mouvement ouvrier, la d\u00e9mocratie, la culture de l\u2019humanit\u00e9 et les minorit\u00e9s ethniques ou religieuses. Il ne pr\u00e9tend s\u00e9rieusement au pouvoir, toujours avec l\u2019aide de l\u2019appareil r\u00e9pressif de l\u2019\u00c9tat, que lorsqu\u2019une fraction de la bourgeoisie mise sur lui, soit parce qu\u2019elle n\u2019a pas les moyens de la d\u00e9mocratie, soit qu\u2019elle estime que les \u00e9lections, le parlementarisme, le r\u00e9formisme, les fronts populaires ont \u00e9puis\u00e9 leur utilit\u00e9. Le fascisme ne doit pas \u00eatre confondu avec des partis bourgeois x\u00e9nophobes qui partagent avec lui le chauvinisme et le racisme, tout en restant sur le terrain de la d\u00e9mocratie bourgeoise (LdN, UKIP, FN, Tea Party\u2026). Certaines fractions de la bourgeoisie transforment depuis la fin du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle les principales religions (juda\u00efsme, christianisme, islam, bouddhisme, hindouisme\u2026) en fondamentalisme religieux, c\u2019est-\u00e0-dire en courants politiques r\u00e9actionnaires, voire fascistes. L\u2019islamisme a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 d\u2019abord utilis\u00e9 comme force d\u2019appoint par l\u2019imp\u00e9rialisme (Arabie saoudite, Indon\u00e9sie, Iran, Afghanistan\u2026), mais il a \u00e9chapp\u00e9 au contr\u00f4le de ses promoteurs imp\u00e9rialistes en Iran (R\u00e9publique islamique), en Afghanistan (Talibans), en Irak et en Syrie (\u00c9tat islamique-Daech), en Palestine (Hamas), au Nigeria et au Cameroun (Boko Haram)\u2026 Le totalitarisme et la barbarie s\u2019approfondissement \u00e0 chaque nouvelle vague islamiste. Le succ\u00e8s contre-r\u00e9volutionnaire de l\u2019islamisme ne tient pas qu\u2019\u00e0 la propagande et aux subventions par les monarchies islamistes du Golfe jamais mises en cause par l\u2019imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain, fran\u00e7ais ou britannique. Il s\u2019explique aussi par le r\u00f4le qu\u2019a jou\u00e9 la religion dans la r\u00e9sistance populaire au colonialisme, \u00e0 la transformation par le stalinisme des partis communistes r\u00e9gionaux en appendices de la bourgeoisie nationale, \u00e0 l\u2019\u00e9chec ant\u00e9rieur du nationalisme bourgeois panarabe (nass\u00e9risme, Baas, FLN, OLP, Jamahiriya\u2026) et aux concessions cl\u00e9ricales des despotes en fin de course (Moubarak, Khadafi, Ben Ali, Bouteflika\u2026).<\/li>\n<li>Face au fascisme qui menace toutes les conqu\u00eates du prol\u00e9tariat, qui vise toutes les organisations ouvri\u00e8res, les travailleurs doivent unir leurs forces, r\u00e9aliser un front unique de leurs organisations pour \u00e9craser les nervis de la r\u00e9action. Ils ne rejettent aucune aide pour combattre le danger fasciste, mais ils ne peuvent appeler au secours des fractions \u00ab\u00a0d\u00e9mocratiques\u00a0\u00bb ou \u00abr\u00e9publicaines\u00a0\u00bb de la bourgeoisie qui les paralysent sans les prot\u00e9ger, ni l\u2019appareil d\u2019\u00c9tat dont une partie renseigne, prot\u00e8ge, entra\u00eene et arme les troupes de choc fascistes. L\u2019indiff\u00e9rence au danger fasciste et la division des rangs ouvriers aboutissent \u00e0 sa victoire, comme en Italie en 1922 et en Allemagne en 1933\u00a0; de m\u00eame, le front populaire pr\u00e9pare la d\u00e9faite par la d\u00e9sorientation, la division, la d\u00e9moralisation des ouvriers et des paysans pauvres, comme en Espagne en 1937 et au Chili en 1973. Pour vaincre le fascisme, il faut organiser la milice ouvri\u00e8re, la d\u00e9fense des gr\u00e8ves, des manifestations, des locaux, des quartiers populaires, mobiliser les exploit\u00e9s et les opprim\u00e9s, ce qui conduit forc\u00e9ment \u00e0 la mise en cause de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e. Pour extirper d\u00e9finitivement le fascisme, il faut en finir avec le capitalisme.<\/li>\n<li>En cas de conflit entre un pays domin\u00e9 (y compris avec \u00e0 sa t\u00eate un r\u00e9gime bonapartiste ou fasciste) et une ou des puissances imp\u00e9rialistes (y compris les plus d\u00e9mocratiques) ou en cas d\u2019offensive d\u2019une fraction pro-imp\u00e9rialiste de la bourgeoisie locale contre une fraction nationaliste (Venezuela) ou un parti r\u00e9formiste (Chili en 1973, Br\u00e9sil en 2015), le prol\u00e9tariat n\u2019est pas neutre. Mais il conserve son ind\u00e9pendance, rappelle aux masses les limites \u00e9troites des vell\u00e9it\u00e9s anti-imp\u00e9rialisme des bourgeoisies des pays domin\u00e9s, l\u2019avertit de leur capitulation in\u00e9vitable et il leur dispute la direction au sein des opprim\u00e9s. Porter des coups r\u00e9els \u00e0 l\u2019imp\u00e9rialisme mondial, passe par le renversement de sa propre bourgeoisie. En aucun cas, les communistes n\u2019en appellent, sous des pr\u00e9textes humanitaires, \u00e0 l\u2019intervention imp\u00e9rialiste, f\u00fbt-elle men\u00e9e sous le couvert de l\u2019ONU (comme la QI pabliste le fait syst\u00e9matiquement depuis l\u2019\u00e9clatement de la Yougoslavie).<\/li>\n<li>Alors que dans les centres capitalistes, le fascisme est agressivement imp\u00e9rialiste, dans les pays domin\u00e9s, le bonapartisme et le fascisme sont oblig\u00e9s de prendre une coloration anti-imp\u00e9rialiste pour trouver une base de masse. M\u00eame dans les cas o\u00f9 des nationalistes bourgeois bavardent sur le \u00ab\u00a0socialisme\u00a0\u00bb, le prol\u00e9tariat doit conserver son ind\u00e9pendance. Autrement dit, l\u2019adh\u00e9sion des \u00ab\u00a0trotskystes\u00a0\u00bb mor\u00e9nistes argentins au mouvement justicialiste du colonel Per\u00f3n, la soumission des \u00ab\u00a0trotskystes\u00a0\u00bb lambertistes au MNA alg\u00e9rien, la participation des \u00ab\u00a0trotskystes\u00a0\u00bb pablistes au gouvernement alg\u00e9rien de Ben Bella, le soutien des \u00ab\u00a0trotkystes\u00a0\u00bb healystes au r\u00e9gime du colonel libyen Khadafi et au r\u00e9gime irakien de Hussein, l\u2019engagement des \u00ab\u00a0trotskyses\u00a0\u00bb grantistes sud-africains dans l\u2019ANC, le ralliement des \u00ab\u00a0trotskystes\u00a0\u00bb pablistes et lambertistes mexicains au PRD, l\u2019activit\u00e9 des \u00ab\u00a0trotskystes\u00a0\u00bb grantistes grecs dans le PASOK, la fondation par les \u00ab\u00a0trotskystes\u00a0\u00bb cliffistes et grantistes du SSP ind\u00e9pendantiste \u00e9cossais, le militantisme des \u00ab\u00a0trotskystes\u00a0\u00bb cliffistes au MDC zimbabw\u00e9en, l\u2019adh\u00e9sion des \u00ab\u00a0trotskystes\u00a0\u00bb grantistes v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liens au Mouvement bolivarien du colonel Chavez, ne valent pas mieux que le ralliement des staliniens au r\u00e9gime du colonel \u00e9gyptien Nasser ou aux r\u00e9gimes du Baas en Syrie et en Irak. \u00c0 plus forte raison, tout appui \u00e0 la contre-r\u00e9volution cl\u00e9ricale est criminel, comme celui des staliniens, des barnistes et des healystes aux ayatollahs iraniens, des lambertistes au FIS alg\u00e9rien, des staliniens et des pablistes au Hezbollah libanais, des cliffistes aux Fr\u00e8res musulmans \u00e9gyptiens\u2026<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><a name=\"_Toc434858563\"><\/a><a name=\"_Toc434858524\"><\/a>III.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La lutte entre les classes est le v\u00e9ritable moteur de l\u2019histoire, le prol\u00e9tariat ne peut mener la sienne que par l\u2019organisation<\/h2>\n<ol start=\"26\">\n<li>M\u00eame si les partis bourgeois ont une base populaire, voire contr\u00f4lent des syndicats de salari\u00e9s (Argentine, \u00c9tats-Unis, etc.), ils ne sont jamais identifiables \u00e0 des partis cr\u00e9es par la classe ouvri\u00e8re, fussent-ils \u00e0 programme \u00ab\u00a0r\u00e9formiste\u00a0\u00bb (c\u2019est-\u00e0-dire bourgeois), contrairement \u00e0 la confusion entretenue fr\u00e9quemment par les \u00ab\u00a0trotskystes\u00a0\u00bb mor\u00e9nistes, lambertistes, grantistes\u2026 Les blocs avec des repr\u00e9sentants de la bourgeoisie et les partis ouvriers bourgeois se pr\u00e9sentent souvent sous l\u2019\u00e9tiquette confuse de <em>\u00ab\u00a0la gauche\u00a0\u00bb<\/em>. Du point de vue de la classe ouvri\u00e8re, on ne peut d\u00e9finir <em>\u00ab\u00a0la gauche<\/em>\u00bb et <em>\u00ab\u00a0la droite\u00a0\u00bb<\/em> ; n\u00e9anmoins, ce mythe cr\u00e9\u00e9 par la bourgeoisie a une fonction id\u00e9ologique et politique\u00a0: l\u2019opposition entre <em>\u00ab\u00a0la gauche\u00a0\u00bb<\/em> et <em>\u00ab\u00a0la droite\u00a0\u00bb<\/em> cache la lutte entre les classes et vise \u00e0 soumettre politiquement les travailleurs \u00e0 des politiciens et des partis bourgeois. Par cons\u00e9quent, les marxistes ne recourent aux termes \u00ab\u00a0gauche\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0droite\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0centre\u00a0\u00bb que de mani\u00e8re descriptive\u00a0: soit pour indiquer une \u00e9volution, un progr\u00e8s ou une r\u00e9gression\u00a0; soit pour distinguer des tendances, des fractions au sein d\u2019une m\u00eame organisation, les ailes d\u2019un mouvement de classe. Les agences de la bourgeoisie au sein de la classe ouvri\u00e8re (travaillisme, sociale-d\u00e9mocratie d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9e, stalinisme, syndicalisme r\u00e9formiste) et leurs adjoints centristes ont fait de la fausse contradiction entre <em>\u00ab\u00a0la gauche\u00a0\u00bb<\/em> et <em>\u00ab\u00a0la droite\u00a0\u00bb<\/em> un de leurs th\u00e8mes de pr\u00e9dilection. Aux \u00c9tats-Unis, les sociaux-d\u00e9mocrates (DSA) construisent le parti bourgeois \u00ab\u00a0de gauche\u00a0\u00bb, le Parti d\u00e9mocrate\u00a0; le principal d\u00e9bris du stalinisme (CPUSA) appelle \u00e0 voter pour les candidats du PD \u00e0 tous les niveaux\u00a0; \u00e0 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 2016, les pseudo-trotskystes de Socialist Alternative (affili\u00e9e au CIO) soutiennent un autre candidat de \u00ab\u00a0la gauche\u00a0\u00bb, celui du Green Party. En Argentine, des organisations qui se r\u00e9clament de L\u00e9nine et de Trotsky (IS, PO et PTS) ont m\u00eame appel\u00e9 leur bloc \u00e9lectoral de 2011 \u00ab\u00a0Frente de Izquierda\u00a0\u00bb, le m\u00eame nom que le petit front populaire fran\u00e7ais constitu\u00e9 en 2009 en France par le PCF avec des scissions du PS ou du NPA et des d\u00e9bris bourgeois. Comme cette polarisation est versatile et impotente, elle est d\u00e9clin\u00e9e mondialement dans des variantes tout aussi empiriques et d\u00e9cevantes\u00a0: <em>\u00ab\u00a0l\u2019extr\u00eame-droite\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0la droite de la droite\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0la droite dure\u00a0\u00bb,\u00ab\u00a0la droite r\u00e9publicaine\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0le centre\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0la vieille gauche\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0la nouvelle gauche\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0l\u2019extr\u00eame-gauche\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0la gauche lib\u00e9rale\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0la gauche dure\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0la gauche molle\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0la gauche radicale\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0la gauche de gouvernement\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0la gauche extra-parlementaire\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0la gauche de la gauche\u00a0\u00bb<\/em>\u2026 Le NPA, le SEP, la SL\u2026 utilisent un terme involontairement comique\u00a0: <em>\u00ab\u00a0la fausse gauche\u00a0\u00bb<\/em>. <em>Distinguer \u00ab\u00a0la vraie gauche\u00a0\u00bb<\/em> de <em>\u00ab\u00a0la fausse gauche\u00a0\u00bb,<\/em> c\u2019est comme chercher les vrais astrologues et les vrais cartomanciens. La Ligue des communistes affirme d\u00e8s 1848 que la cl\u00e9 de l\u2019histoire est la lutte des classes, la lutte entre les classes.<\/li>\n<li>Le mythe de la polarisation entre \u00ab\u00a0la gauche\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0la droite\u00a0\u00bb se double de l\u2019opposition, tout aussi fallacieuse, entre \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9tatisme\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0le lib\u00e9ralisme\u00a0\u00bb. La p\u00e9riode de d\u00e9cadence du capitalisme a conduit au renforcement de l\u2019\u00c9tat, en particulier depuis la 1<sup>re<\/sup> Guerre mondiale\u00a0: hypertrophie de l\u2019appareil r\u00e9pressif, immixtion dans le rapport d\u2019exploitation et dans la concurrence entre capitaux. Presque tous les \u00c9tats garantissent une monnaie nationale (ou inter\u00e9tatique, dans le cas de l\u2019euro et des francs CFA), tous les \u00c9tat g\u00e8rent partiellement la production et la reproduction de la force de travail (formation, sant\u00e9, transport, politique familiale, urbanisme\u2026), tous construisent des infrastructures non rentables pour un capital donn\u00e9 mais indispensables \u00e0 la production de marchandises et \u00e0 l\u2019expansion du capital (routes, a\u00e9roports, ports, m\u00e9tros, trains\u2026), toutes les puissances mondiale et r\u00e9gionales financent le militarisme, aucun \u00c9tat ne renonce totalement \u00e0 des pratiques protectionnistes, tr\u00e8s nombreux sont ceux qui mettent sur pied des accords \u00e9conomiques r\u00e9gionaux, la plupart des \u00c9tats sont consid\u00e9rablement endett\u00e9s, tous tentent de d\u00e9fendre leurs grands groupes capitalistes par tous les moyens\u2026 L\u2019\u00e9conomiste bourgeois et r\u00e9actionnaire Lord Keynes a livr\u00e9 la justification r\u00e9trospective la plus achev\u00e9e de l\u2019accroissement du r\u00f4le \u00e9conomique de l\u2019\u00c9tat. Depuis la 2<sup>e<\/sup> Guerre mondiale, la plupart des agents de la bourgeoisie au sein du mouvement ouvrier ont adopt\u00e9 le keyn\u00e9sianisme qui s\u2019accommode de la collaboration de classes dans le cadre de la nation. Toutes font passer l\u2019\u00c9tat bourgeois pour bienveillant et progressiste alors que les conqu\u00eates d\u00e9mocratiques et sociales sont un sous-produit fragile de la lutte men\u00e9e par la classe ouvri\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale et locale. Pour cela, les sociaux-patriotes (et leurs adjoints centristes) d\u00e9signent comme adversaires non le mode de production capitaliste et l\u2019\u00c9tat bourgeois, mais les organismes de coop\u00e9ration entre \u00c9tats (UE, FMI, OMC\u2026) et une id\u00e9ologie (le \u00ab\u00a0lib\u00e9ralisme\u00a0\u00bb \u00e9conomique). Au lieu de d\u00e9noncer les ententes des puissances imp\u00e9rialistes contre les pays domin\u00e9s et les trait\u00e9s militaires contre la r\u00e9volution mondiale, ils font diversion en ciblant les accords \u00e9conomiques r\u00e9gionaux (comme l\u2019UE) ou les trait\u00e9s de libre-\u00e9change. Au mieux, cela prend la forme d\u2019exutoires comme le Forum social mondial\u00a0; au pire, cela s\u2019incarne dans des campagnes x\u00e9nophobes (direction de l\u2019AFL-CIO contre les camionneurs mexicains, PdG fran\u00e7ais contre les plombiers polonais\u2026) et des politiques gouvernementales contre les travailleurs \u00e9trangers (tous les partis ouvriers bourgeois en m\u00e8nent quand ils sont au pouvoir). Certes, les communistes ne croient pas aux boniments des \u00e9conomistes n\u00e9o-classiques, des politiciens lib\u00e9raux et libre-\u00e9changistes. La classe ouvri\u00e8re n\u2019a pas \u00e0 choisir entre lib\u00e9ralisme et keyn\u00e9sianisme, entre protectionnisme et libre-\u00e9change, tout aussi illusoires. L\u2019avant-garde communiste combat vigoureusement la division des travailleurs par le nationalisme et l\u2019illusion r\u00e9actionnaire du \u00ab\u00a0capitalisme dans un seul pays\u00a0\u00bb. Elle est depuis toujours hostile au protectionnisme et \u00e0 l\u2019\u00e9tatisme dont les fascistes sont l\u2019aile la plus r\u00e9solue et la plus extr\u00eame. La guerre \u00e9conomique entre puissances imp\u00e9rialistes, qu\u2019elle se dissimule sous le masque lib\u00e9ral ou qu\u2019elle apparaisse ouvertement avec le protectionnisme et le financement public des entreprises, d\u00e9bouche t\u00f4t ou tard sur la guerre tout court, souvent envers les pays domin\u00e9s, parfois entre grandes puissances imp\u00e9rialistes. L\u2019\u00c9tat national est une survivance qui freine le d\u00e9veloppement des forces productives\u00a0; la r\u00e9volution socialiste-communiste y mettra fin. L\u2019union des travailleurs de tous les pays est n\u00e9cessaire pour la mener.<\/li>\n<li>Le rapport capitaliste implique d\u2019un c\u00f4t\u00e9 le capital, de l\u2019autre le travail salari\u00e9. Les deux classes fondamentales sont, dans les soci\u00e9t\u00e9s domin\u00e9es par le mode de production capitaliste, la bourgeoisie et la classe ouvri\u00e8re. Mais leur position est par nature in\u00e9gale. La bourgeoisie est exploiteuse, ce qui lui conf\u00e8re des privil\u00e8ges en mati\u00e8re de satisfaction des besoins, de temps de loisir, d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la culture (ce qui ne fait pas, loin s\u2019en faut, de tous ses membres des gens savants et cultiv\u00e9s). Le capitalisme tend \u00e0 se reproduire spontan\u00e9ment, de mani\u00e8re \u00e9conomique, par reproduction simple et \u00e9largie du capital (et de la force de travail). Sa sup\u00e9riorit\u00e9 \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e9tablie \u00e9conomiquement et id\u00e9ologiquement au sein des soci\u00e9t\u00e9s f\u00e9odales en d\u00e9clin ou des colonies quand elle a men\u00e9 des r\u00e9volutions d\u00e9mocratiques aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, aux \u00c9tats-Unis, en France, en Italie\u2026 Aujourd\u2019hui, sa repr\u00e9sentation politique et la gestion de ses int\u00e9r\u00eats collectifs ne passent que secondairement par les partis politiques, dont la diversit\u00e9 refl\u00e8te les traditions, le fractionnement \u00e9conomique et la complexit\u00e9 des relations aux classes subalternes et aux classes capitalistes du reste du monde. Les principaux outils de domination politique et sociale de la classe capitaliste sont l\u2019\u00c9tat et l\u2019id\u00e9ologie. Au p\u00f4le oppos\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9, les travailleurs salari\u00e9s constituent une classe exploit\u00e9e, mais aussi domin\u00e9e. D\u2019abord, l\u2019ali\u00e9nation, le f\u00e9tichisme et la r\u00e9ification d\u00e9coulent des sp\u00e9cificit\u00e9s du mode de production capitaliste (le besoin de monnaie, la satisfaction des besoins par les marchandises, l\u2019\u00e9galit\u00e9 apparente des \u00e9changeurs sur le \u00ab\u00a0march\u00e9 du travail\u00a0\u00bb, le salaire comme \u00ab\u00a0prix du travail\u00a0\u00bb, l\u2019absence du contr\u00f4le sur la production et sur les produits\u2026). Ensuite, les travailleurs souffrent de manque de temps libre (puisque c\u2019est leur surtravail qui assure la plus-value), de probl\u00e8mes de sant\u00e9 (fatigue, tension psychologique, usure physique, maladies professionnelles, accidents du travail et des trajets), de la pr\u00e9carit\u00e9 (la n\u00e9cessit\u00e9 de vendre sa force de travail pour vivre, le ch\u00f4mage). Pour la majorit\u00e9 des travailleurs, au temps de travail et de transport, s\u2019ajoute du travail domestique qui assure gratuitement la reproduction de la force de travail (comme parents et surtout comme femmes). Des fractions subissent des discriminations comme femme (m\u00e9tiers d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9s, salaire inf\u00e9rieur, harc\u00e8lement sexuel\u2026), jeune, \u00e9tranger, minorit\u00e9 ethnique, minorit\u00e9 religieuse, homosexuel(le), etc. qui, outre l\u2019oppression suppl\u00e9mentaire qui p\u00e8se sur les individus concern\u00e9s, peuvent diviser et affaiblir la classe. Enfin, il faut compter avec l\u2019action d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e de la classe capitaliste\u00a0: d\u2019un c\u00f4t\u00e9, la politique de l\u2019immigration, la coercition sur le lieu de travail (par le petit patron ou l\u2019encadrement hi\u00e9rarchique du moyen et du grand capital), l\u2019intimidation et la r\u00e9pression par l\u2019appareil r\u00e9pressif de l\u2019\u00c9tat, par les bandes fascistes\u00a0; de l\u2019autre, l\u2019inculcation de l\u2019id\u00e9ologie dominante par les m\u00e9dias (t\u00e9l\u00e9vision, presse, r\u00e9seaux sociaux\u2026), les pr\u00eatres, la famille patriarcale, le syst\u00e8me scolaire, l\u2019arm\u00e9e de conscription\u2026 L\u2019id\u00e9ologie dominante rev\u00eat diff\u00e9rents contenus, parfois contradictoires\u00a0: nationalisme, religion, parlementarisme (dont la fausse opposition entre \u00ab\u00a0gauche\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0droite\u00a0\u00bb), \u00e9tatisme, lib\u00e9ralisme, comp\u00e9tition individuelle\u2026<\/li>\n<li>Les combats collectifs, la coop\u00e9ration au travail, la communaut\u00e9 d\u2019existence sur le lieu de travail ou le domicile, les loisirs partag\u00e9s, les humiliations subies, le spectacle du luxe de l\u2019autre p\u00f4le de la soci\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e8rent des contre-tendances\u00a0: solidarit\u00e9 entre travailleurs, r\u00e9volte contre l\u2019ordre existant, haine de classe\u2026 Au contraire de la classe dominante, les travailleurs salari\u00e9s et leurs familles ne sont rien sans les organisations qu\u2019ils \u00e9difient pour assurer leur solidarit\u00e9, d\u00e9velopper leur culture, r\u00e9sister au patron et \u00e0 l\u2019\u00c9tat bourgeois. Le mouvement ouvrier ne se r\u00e9duit pas aux syndicats, contrairement \u00e0 ce que pr\u00e9tendent les anarchistes et les nationalistes bourgeois\u00a0: il regroupe les mutuelles, les coop\u00e9ratives, les associations \u00e0 vocation culturelle ou sportive, les syndicats de salari\u00e9s, les partis d\u2019origine ouvri\u00e8re et, lors des pouss\u00e9es r\u00e9volutionnaires, les milices et les conseils\u2026 Pour que le prol\u00e9tariat puisse accomplir ses t\u00e2ches historiques, alors qu\u2019il est une classe domin\u00e9e et exploit\u00e9e, il doit disposer de son parti, distinct de tous les autres partis, comme l\u2019a montr\u00e9 en pratique d\u00e8s 1838 le chartisme en Grande-Bretagne et comme l\u2019a affirm\u00e9 clairement la r\u00e9solution de 1872 de l\u2019AIT (1<sup>re<\/sup> Internationale). Le parti est la forme la plus consciente de l\u2019auto-organisation des exploit\u00e9s. Sans parti r\u00e9volutionnaire exp\u00e9riment\u00e9 et reconnu intervenant en leur sein, les autres types d\u2019organisation (syndicats, conseils) sont affaiblis et souvent impotents. Les communistes constituent le courant du mouvement ouvrier qui exprime consciemment \u00e0 tout moment les int\u00e9r\u00eats g\u00e9n\u00e9raux des travailleurs, qui d\u00e9fend le programme de la r\u00e9volution et de l\u2019internationalisme.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><a name=\"_Toc434858564\"><\/a><a name=\"_Toc434858525\"><\/a>IV.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La r\u00e9volution prol\u00e9tarienne est mondiale, le parti du prol\u00e9tariat est international<\/h2>\n<ol start=\"30\">\n<li>\u00c0 la diff\u00e9rence des partis politiques de la bourgeoisie qui restent nationaux, m\u00eame quand ils se pr\u00e9tendent le contraire (d\u00e9mocratie chr\u00e9tienne, panarabisme, islamisme&#8230;), le parti ouvrier a une vocation mondiale, m\u00eame si les travailleurs ne sont pas tous internationalistes, ni partisans d\u2019un parti oppos\u00e9 \u00e0 tous les partis bourgeois. L\u2019internationalisme prol\u00e9tarien d\u00e9coule de la situation objective du prol\u00e9tariat (des millions de salari\u00e9s migrent, des travailleurs de multiples nationalit\u00e9s sont exploit\u00e9s par chaque grand groupe capitaliste, les travailleurs en lutte se heurtent \u00e0 l\u2019\u00c9tat bourgeois national) et de ses t\u00e2ches (les luttes revendicatives sont frein\u00e9es par les divisions nationales, il est impossible de construire le socialisme-communisme \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale). La situation d\u2019un pays ne peut pas \u00eatre comprise ind\u00e9pendamment de l\u2019analyse de la situation mondiale. Les communistes d\u00e9fendent le droit pour les travailleurs et les \u00e9tudiants de circuler librement dans le monde entier et de vivre dans le pays de leur choix, contrairement aux bureaucraties ouvri\u00e8res et aux centristes (grantistes, lambertistes, robertsonistes, hardystes\u2026). \u00c0 l\u2019\u00e9poque du capitalisme ascendant, les grands dirigeants r\u00e9volutionnaires ont toujours travaill\u00e9 dans une optique internationale, dans un cadre tant\u00f4t informel (correspondances internationales innombrables, rencontres internationales multiples), tant\u00f4t formel (CCC, LdC, AIT pour Marx et Engels ; IO pour Engels apr\u00e8s la mort de Marx). Le r\u00f4le pr\u00e9dominant de Marx dans l\u2019AIT s\u2019explique par ses talents, mais aussi par la construction ant\u00e9rieure, apr\u00e8s la dissolution de la LdC, d\u2019une fraction communiste internationale. \u00c0 l\u2019\u00e9poque imp\u00e9rialiste, leurs successeurs ont toujours \u00e9t\u00e9 membres d\u2019une organisation internationale\u00a0: IO (2<sup>e<\/sup> Internationale) pour L\u00e9nine, Luxemburg et Trotsky (L\u00e9nine et Luxemburg participant m\u00eame au Bureau socialiste international de l\u2019IO)\u00a0; mouvement de Zimmerwald et IC (3<sup>e<\/sup> Internationale) pour L\u00e9nine et Trotsky\u00a0; OGI-IC et QI (4<sup>e<\/sup> Internationale) pour Trotsky.<\/li>\n<li>La Ligue des communistes fond\u00e9e en 1847 est internationale et ouvertement r\u00e9volutionnaire, mais de petite taille. L\u2019Association internationale des travailleurs fond\u00e9e en 1864 (dite 1<sup>re<\/sup> Internationale) est un front de tout le mouvement ouvrier o\u00f9 le communisme montre sa sup\u00e9riorit\u00e9 et qui a un \u00e9cho de masse en Europe. L\u2019Internationale ouvri\u00e8re fond\u00e9e en 1889 (dite 2<sup>e<\/sup> Internationale) fournit un cadre international, sous h\u00e9g\u00e9monie marxiste, aux partis socialistes d\u2019Europe, d\u2019Am\u00e9rique, d\u2019Asie. L\u2019Internationale s\u2019appuie sur les succ\u00e8s du SPD allemand (500\u00a0000 \u00e9lecteurs d\u00e8s 1877, 2 millions en 1898) et sur son rayonnement th\u00e9orique, auquel contribuent Engels puis Kautsky. En s\u2019appuyant sur l\u2019IO, les travailleurs ont, au sein de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste, cr\u00e9\u00e9 des partis qui les repr\u00e9sentent au parlement, des syndicats de masse qui les d\u00e9fendent sur le lieu d\u2019exploitation, des publications qui les informent et les instruisent (quotidiens, revues\u2026) et des associations de toutes sortes (culturelles, sportives, f\u00e9minines\u2026). L\u2019IO est le centre de gravit\u00e9 du mouvement ouvrier international. Le POSDR russe se constitue d\u2019embl\u00e9e comme section de l\u2019Internationale, pour construire un parti inspir\u00e9 du SPD mais adapt\u00e9 au despotisme tsariste. Son aile r\u00e9volutionnaire (bolchevik) se s\u00e9pare d\u00e9finitivement de son aile opportuniste (menchevik) en 1912. D\u00e8s que la SDKP polonaise appara\u00eet, elle se bat pour pouvoir participer \u00e0 l\u2019Internationale qui comprend d\u00e9j\u00e0 un parti plus important en Pologne, le PSP. Le PS-SFIO est issu de la fusion de tous les groupes socialistes fran\u00e7ais sous l\u2019impulsion de l\u2019Internationale. Le Parti travailliste (LP) britannique demande son affiliation et y est admis malgr\u00e9 son programme bourgeois parce qu\u2019il est cr\u00e9\u00e9 par les syndicats pour s\u2019opposer lors des \u00e9lections au Parti lib\u00e9ral. Ne se tiennent \u00e0 l\u2019\u00e9cart qu\u2019une poign\u00e9e de partis ouvriers (la SDB anarchiste des Pays-Bas, l\u2019ALP raciste d\u2019Australie\u2026)\u00a0; les syndicats anarchistes (les IWW nord-am\u00e9ricains et australien, la CGT fran\u00e7aise, la CNT espagnole\u2026) qui se m\u00e9fient de l\u2019\u00e9lectoralisme\u00a0; les syndicats corporatistes (dont l\u2019AFL am\u00e9ricaine)\u00a0; les syndicats cl\u00e9ricaux (comme la GCG allemande, la CSC-ACV belge, la CISCL italienne). Si l\u2019IO est ouvertement marxiste, certaines sections y sont r\u00e9ticentes ou hostiles (PS-SFIO, PSR de Russie, PSP de Pologne\u2026). Mais cette p\u00e9riode de progr\u00e8s continuels du mouvement ouvrier a aussi son revers, la conqu\u00eate souterraine de ses directions par la bourgeoisie imp\u00e9rialiste. Peu \u00e0 peu, les appareils des organisations de masse des pays imp\u00e9rialistes (constitu\u00e9s de permanents, de journalistes, d\u2019\u00e9lus\u2026), s\u2019appuyant sur l\u2019aristocratie ouvri\u00e8re, se transforment en bureaucraties influenc\u00e9es par leur bourgeoisie et li\u00e9es \u00e0 leur \u00c9tat. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne se r\u00e9fracte par des d\u00e9bats politiques au sein de l\u2019Internationale\u00a0: autour du \u00ab\u00a0r\u00e9visionnisme\u00a0\u00bb r\u00e9formiste et pacifiste de Bernstein (1897), de la participation du \u00ab\u00a0socialiste\u00a0\u00bb fran\u00e7ais Millerand \u00e0 un gouvernement bourgeois (1900), de la question coloniale (1900), de la menace de la guerre (1905, 1907, 1910, 1912). \u00c0 cette occasion, s\u2019esquisse la division du mouvement ouvrier en trois courants distincts\u00a0: l\u2019aile opportuniste et chauvine, l\u2019aile r\u00e9volutionnaire et internationaliste, un centre interm\u00e9diaire qui essaie de concilier les deux.<\/li>\n<li>Avec le d\u00e9clenchement de la 1<sup>re<\/sup> Guerre mondiale en 1914, la 2<sup>e<\/sup> Internationale fait faillite. Le mouvement ouvrier scissionne de mani\u00e8re irr\u00e9versible car les principaux partis ouvriers (SPD, SDAP, PS-SFIO, LP, POB\u2026) et les directions des principaux syndicats se rallient \u00e0 leur propre bourgeoisie pour envoyer les travailleurs masculins des villes et des campagnes s\u2019exterminer mutuellement. La classe ouvri\u00e8re et les autres travailleurs en paient ch\u00e8rement le prix sur le front et \u00e0 l\u2019arri\u00e8re. Avec la guerre, les bureaucraties ne respectent plus la d\u00e9mocratie ouvri\u00e8re qu\u2019elles tol\u00e9raient jusque-l\u00e0. Elles s\u2019appuient sans vergogne sur l\u2019\u00c9tat, les m\u00e9dias bourgeois, les tribunaux militaires, la censure, pour calomnier et b\u00e2illonner leurs opposants dans le mouvement ouvrier\u00a0: les individus, fractions et organisations qui restent fid\u00e8les \u00e0 l\u2019internationalisme, \u00e0 la r\u00e9volution sociale, au prol\u00e9tariat. Face \u00e0 la catastrophe, le premier point d\u2019appui de la classe ouvri\u00e8re europ\u00e9enne et mondiale est qu\u2019une poign\u00e9e de petits partis ouvriers, form\u00e9s dans le cadre de l\u2019internationalisme prol\u00e9tarien et de l\u2019Internationale ouvri\u00e8re, s\u2019opposent d\u00e8s ao\u00fbt 1914 \u00e0 l\u2019union sacr\u00e9e (y compris dans des pays bellig\u00e9rants\u00a0: Serbie, Russie, Pologne, Irlande\u2026). Le second est qu\u2019un de ces partis, le mieux implant\u00e9, le POSDR bolchevik, va prendre la t\u00eate, \u00e0 partir de septembre 1914, de la lutte pour une nouvelle internationale et de nouveaux partis, d\u00e9limit\u00e9s des sociaux-chauvins et des centristes. La fin de la guerre voit l\u2019aile opportuniste consacrer la scission du mouvement ouvrier international\u00a0: lors de la r\u00e9volution permanente qu\u2019engendre la guerre, les opportunistes vont s\u2019employer \u00e0 sauver leur bourgeoisie, quitte \u00e0 participer \u00e0 la contre-r\u00e9volution avec l\u2019\u00e9tat-major de l\u2019arm\u00e9e (gouvernement PKD-PSR-PM et \u00ab\u00a0journ\u00e9es de juillet\u00a0\u00bb 1917 en Russie, gouvernement SPD-USPD et \u00e9crasement de la \u00ab\u00a0r\u00e9volution spartakiste\u00a0\u00bb pr\u00e9matur\u00e9e de janvier 1919 en Allemagne\u2026).<\/li>\n<li>Cependant, la r\u00e9volution est victorieuse en Russie et donne le pouvoir aux soviets gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019insurrection d\u2019Octobre 1917, d\u00e9clench\u00e9e apr\u00e8s que le Parti bolchevik a conquis la majorit\u00e9 dans les soviets. L\u2019impulsion r\u00e9volutionnaire est consid\u00e9rable dans le monde entier, y compris dans les colonies et les semi-colonies peu touch\u00e9es par l\u2019ancienne Internationale ouvri\u00e8re. La r\u00e9volution russe, hongroise et allemande met fin \u00e0 la guerre. La perspective d\u2019une nouvelle internationale se concr\u00e9tise avec le congr\u00e8s de fondation de l\u2019Internationale communiste (3<sup>e<\/sup> Internationale) en 1919. L\u2019IC amalgame, aux internationalistes de l\u2019ancienne internationale marxiste, le meilleur de l\u2019anarcho-syndicalisme, de l\u2019anticolonialisme et du f\u00e9minisme. Elle vise \u00e0 construire des partis ouvriers r\u00e9volutionnaires dans tous les pays, au prix de t\u00e2tonnements et d\u2019erreurs de la direction des sections et de l\u2019internationale elle-m\u00eame : L\u00e9nine croit en 1917 que le passage au socialisme-communisme sera rapide\u00a0; la direction du SB-KPD, malgr\u00e9 les avertissements de Luxemburg, d\u00e9cide en 1919 d\u2019une insurrection pr\u00e9matur\u00e9e sans avoir conquis la majorit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re allemande\u00a0; L\u00e9nine et la direction du Parti communiste (bolchevik) d\u00e9cident l\u2019invasion catastrophique de la Pologne en 1920\u00a0; le Parti communiste d\u2019Italie dirig\u00e9 par Bordiga se m\u00e9prend sur le fascisme qu\u2019il consid\u00e8re comme une ruse d\u00e9mocratique de 1919 \u00e0 1921, le PCdI s\u2019oppose au front unique\u00a0; Zinoviev et Radek font en 1920 des concessions inacceptables \u00e0 l\u2019islamisme au congr\u00e8s des peuples d\u2019Orient, etc. N\u00e9anmoins, pour la premi\u00e8re fois, des partis ouvriers luttent contre le colonialisme europ\u00e9en et japonais, contre l\u2019oppression des Noirs aux \u00c9tats-Unis\u2026 Sous l\u2019impulsion de L\u00e9nine et de Trotsky, l\u2019Internationale communiste tient compte des \u00e9checs de la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne en Europe caus\u00e9s par l\u2019absence de parti communiste ou par son inexp\u00e9rience, de la stabilisation temporaire du capitalisme, de la reconstruction d\u2019une \u00ab\u00a02<sup>e<\/sup> Internationale\u00a0\u00bb et de l\u2019apparition d\u2019une internationale centriste. Contre les gauchistes, la 3<sup>e<\/sup> Internationale exige des partis communistes le travail patient dans les syndicats de masse, la participation aux \u00e9lections bourgeoises, des tactiques de front unique en direction des directions r\u00e9formistes pour les d\u00e9masquer par l\u2019action et pas seulement par la propagande. L\u2019appellation \u00ab r\u00e9formistes\u00a0\u00bb ne veut pas dire que ces partis politiques petits-bourgeois et ces bureaucraties syndicales corrompues font effectivement des r\u00e9formes, comme le pr\u00e9tend le courant lambertiste, mais que ces directions traditionnelles de la classe ouvri\u00e8re trahissent en se camouflant derri\u00e8re l\u2019objectif de r\u00e9formes limit\u00e9es, compatibles avec le capitalisme et gu\u00e8re diff\u00e9rentes de ce que peuvent accorder des partis bourgeois.<\/li>\n<li>Mais, avant que de nouveaux partis de type bolchevik soient forg\u00e9s, l\u2019ancien se transforme en son contraire. L\u2019isolement du pouvoir des soviets et les destructions op\u00e9r\u00e9es par la guerre inter-imp\u00e9rialiste, les interventions \u00e9trang\u00e8res, la guerre civile, le bas niveau \u00e9conomique et culturel de la Russie, de l\u2019Ukraine, de la Bi\u00e9lorussie et du Caucase vident les soviets, conduisent au parti unique de fait, d\u00e9forment l\u2019\u00c9tat ouvrier, constituent une bureaucratie de l\u2019\u00c9tat qui s\u2019\u00e9mancipe du contr\u00f4le du parti r\u00e9volutionnaire. La d\u00e9faite de l\u2019Opposition de gauche du Parti communiste de l\u2019URSS (1924) puis celle de l\u2019Opposition unifi\u00e9e (1927) sont le produit d\u2019une contre-r\u00e9volution politique qui, tout en pr\u00e9servant temporairement certains acquis \u00e9conomiques et sociaux d\u2019Octobre (propri\u00e9t\u00e9 collective des principaux moyens de production, monopole du commerce ext\u00e9rieur\u2026), donne le pouvoir \u00e0 la couche privil\u00e9gi\u00e9e des fonctionnaires de l\u2019\u00c9tat ouvrier. Celle-ci contr\u00f4le d\u00e9sormais le parti qui devient sa couverture, invente l\u2019id\u00e9ologie antimarxiste du \u00ab socialisme dans un seul pays \u00bb, collectivise brutalement l\u2019agriculture (1929) et instaure dans l\u2019\u00c9tat ouvrier d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 un r\u00e9gime totalitaire (1934) qu\u2019il exerce au nom du prol\u00e9tariat. La plupart des anciens dirigeants bolcheviks sont calomni\u00e9s, emprisonn\u00e9s, tortur\u00e9s et assassin\u00e9s.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><a name=\"_Toc434858565\"><\/a><a name=\"_Toc434858526\"><\/a>V.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence bureaucratique de l\u2019URSS a cr\u00e9\u00e9 une crise de direction du prol\u00e9tariat mondial, la restauration du capitalisme en Russie et en Chine l\u2019ont aggrav\u00e9e<\/h2>\n<ol start=\"35\">\n<li>Avec la contre-r\u00e9volution politique des ann\u00e9es 1920 en URSS, la bureaucratisation du mouvement ouvrier international atteint une dimension in\u00e9dite. Aux bureaucraties travaillistes et sociales-d\u00e9mocrates s\u2019ajoutent d\u00e9sormais les bureaucraties staliniennes, coiff\u00e9es par celle de l\u2019URSS \u00e0 la t\u00eate d\u2019un \u00c9tat. Les unes comme les autres sont des organes de la bourgeoisie mondiale au sein des organisations issues du combat de la classe ouvri\u00e8re (syndicats, partis ouvriers, \u00c9tat ouvrier). La bureaucratie de l\u2019URSS parvient \u00e0 contenir la r\u00e9volution \u00e0 l\u2019ouest de l\u2019Europe et \u00e0 l\u2019\u00e9craser \u00e0 l\u2019est. Il ne lui reste plus, pour r\u00e9sister \u00e0 la menace imp\u00e9rialiste am\u00e9ricaine, persistante et multiforme, que la course aux armements qu\u2019elle est vou\u00e9e \u00e0 perdre et qui \u00e9puise l\u2019\u00e9conomie planifi\u00e9e. Ainsi, apr\u00e8s avoir r\u00e9prim\u00e9 la r\u00e9volte ouvri\u00e8re de 1953, elle enferme la population allemande par le mur de Berlin et de RDA. Le comportement de \u00ab\u00a0l\u2019Arm\u00e9e rouge\u00a0\u00bb en Allemagne (1944-1946)\u00a0; l\u2019\u00e9crasement des travailleurs et des jeunes allemands (1953), hongrois (1956), tch\u00e9coslovaques (1968), polonais (1971), chinois (1967-1969, 1989) par les r\u00e9gimes staliniens\u00a0; l\u2019\u00e9vacuation des villes (1975) et la mise en esclavage de la population du Cambodge par le PCK de Pol Pot (1975-1979) renforcent l\u2019id\u00e9ologie dominante, emp\u00eachent la prise du pouvoir par les travailleurs dans les pays o\u00f9 le capital a \u00e9t\u00e9 expropri\u00e9 et ainsi minent d\u00e9finitivement l\u2019\u00c9tat ouvrier. La bureaucratie de l\u2019\u00c9tat ouvrier d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 combat aussi la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne dans le monde capitaliste car celle-ci conduirait \u00e0 la r\u00e9volution politique en URSS, donc \u00e0 sa liquidation violente par les travailleurs de l\u2019URSS.<\/li>\n<li>Apr\u00e8s avoir divis\u00e9 le prol\u00e9tariat allemand face \u00e0 la menace fasciste avec la ligne gauchiste du \u00ab\u00a0social-fascisme \u00bb qui aboutit \u00e0 la d\u00e9faite sans combat du prol\u00e9tariat le plus puissant d\u2019Europe (1933), le stalinisme d\u00e9truit l\u2019Internationale communiste comme organisation r\u00e9volutionnaire. Ses sections sont subordonn\u00e9es \u00e0 la bourgeoisie, d\u2019abord dans les pays domin\u00e9s au nom du \u00ab\u00a0front uni-anti-imp\u00e9rialiste\u00a0\u00bb, ensuite dans les pays imp\u00e9rialistes eux-m\u00eames au nom du \u00ab\u00a0front populaire\u00a0\u00bb. Le stalinisme joue un r\u00f4le d\u00e9cisif contre la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne en Europe (1936), en Espagne (1936-1938), en Italie (1943-1945), en Gr\u00e8ce (1944-1945), en France (1944-1945), au Vietnam (en 1945)\u2026 Apr\u00e8s la mort de Staline, le stalinisme continue \u00e0 emp\u00eacher la r\u00e9volution dans les pays capitalistes, sapant ainsi les \u00c9tats ouvriers\u00a0: en 1968, le PCF sauve De Gaulle et la 5<sup>e<\/sup> R\u00e9publique contre le mouvement de la jeunesse et la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale\u00a0; en 1973, le PCCh aide le PS \u00e0 bloquer la r\u00e9volution chilienne, s\u2019en remet \u00e0 l\u2019arm\u00e9e dirig\u00e9e par Pinochet\u00a0; en 1973, le KKE condamne le soul\u00e8vement de la jeunesse contre la dictature des colonels, en 1989, il participe au gouvernement bourgeois grec dirig\u00e9 par la ND\u00a0; en 1974-75, le PCP, face \u00e0 la r\u00e9volution des soldats et des ouvriers portugais, tente de la subordonner \u00e0 la junte militaire\u00a0; en 1975, le PCE, comme le PSOE, emp\u00eache la r\u00e9volution et soutient la mise en place de la monarchie franquiste\u00a0; depuis 1977, le PCIM g\u00e8re loyalement le Bengale au sein de l\u2019Inde\u00a0; en 1994, le SACP freine les masses noires et rentre au gouvernement bourgeois sud-africain dirig\u00e9 par l\u2019ANC\u00a0; en 2006, le PCUN-M arr\u00eate la gu\u00e9rilla n\u00e9palaise aux portes de Katmandou et entre au gouvernement d\u2019union nationale\u2026<\/li>\n<li>La seule force capable de sauver les acquis \u00e9conomiques et sociaux des \u00c9tats ouvriers d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s, d\u2019ouvrir la voie du socialisme est la classe ouvri\u00e8re. Quand elle se mobilise, la bureaucratie et surtout le parti unique se fracturent et des secteurs peuvent m\u00eame rejoindre le prol\u00e9tariat. Dans les ann\u00e9es 1970 et 1980, faute de r\u00e9volution sociale dans les pays avanc\u00e9s et de r\u00e9volution politique dans les \u00c9tats ouvriers d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s, les travailleurs ne jouent plus de r\u00f4le propre et la bureaucratie stalinienne s\u2019oriente vers la restauration du capitalisme. Les pablistes et les robertsonistes font toujours confiance \u00e0 la bureaucratie\u00a0; les grantistes, les lambertistes et les mor\u00e9nistes avancent, comme les sociaux-d\u00e9mocrates, des mots d\u2019ordre de d\u00e9mocratie bourgeoise (assembl\u00e9e constituante, etc.) au lieu de ceux de la d\u00e9mocratie sovi\u00e9tique, ce qui renforce l\u2019id\u00e9ologie bourgeoise et les forces restaurationnistes (\u00c9glises, fractions de la bureaucratie\u2026). Seule la LOR d\u00e9fend un programme de r\u00e9volution politique en Pologne dans les ann\u00e9es 1980. L\u2019id\u00e9ologie bourgeoise, faute d\u2019alternative communiste internationaliste, est de plus en plus influente \u00e0 cause de l\u2019impasse du socialisme dans un seul pays, de l\u2019inefficacit\u00e9 grandissante de la conduite par la bureaucratie de l\u2019\u00e9conomie complexe, de l\u2019absence de libert\u00e9s d\u00e9mocratiques associ\u00e9e \u00e0 tort au \u00ab\u00a0socialisme\u00a0\u00bb. Devenant de plus en plus l\u2019organe de la bourgeoisie mondiale, la bureaucratie d\u00e9cide dans plusieurs pays de tenter de muer en capitalistes gr\u00e2ce au pillage de la propri\u00e9t\u00e9 collective et, \u00e0 l\u2019autre p\u00f4le, de faire de la force de travail une marchandise livr\u00e9e au capital, national ou \u00e9tranger. Si une fraction de la bureaucratie s\u2019\u00e9tait oppos\u00e9e alors \u00e0 la restauration et avait fait appel aux travailleurs, il e\u00fbt fallu l\u2019appuyer tout en construisant des organes de pouvoir des travailleurs (soviets) et un parti ouvrier r\u00e9volutionnaire. Mais, en RDA et en URSS, il n\u2019y eut rien de tel, m\u00eame si la LCI-QI robertsoniste a tent\u00e9 de persuader la Stasi de se conduire ainsi, puis a magnifi\u00e9 un minable coup d\u2019\u00c9tat d\u2019une fraction du KGB et de l\u2019\u00e9tat-major, men\u00e9 sans appel aux masses, sans volont\u00e9 d\u2019emp\u00eacher le retour du capitalisme et donc condamn\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chec. La r\u00e9unification capitaliste de l\u2019Allemagne en 1989, l\u2019\u00e9clatement de l\u2019URSS en 1991, le r\u00e9tablissement du capitalisme en Chine et en Russie en 1992, ont constitu\u00e9 des d\u00e9faites historiques pour les prol\u00e9tariats concern\u00e9s, mais aussi pour tout le prol\u00e9tariat mondial. De nouvelles bourgeoisies sont n\u00e9es de la conjonction variable d\u2019anciens bureaucrates ayant pill\u00e9 la propri\u00e9t\u00e9 collective, de mafieux enrichis, de capitalistes de la diaspora. Les groupes imp\u00e9rialistes ouest-europ\u00e9ens se sont empar\u00e9s des joyaux de l\u2019industrie des petits pays est-europ\u00e9ens. La bourgeoisie mondiale a acc\u00e9d\u00e9 \u00e0 de nouvelles ressources naturelles, a obtenu de nouveaux d\u00e9bouch\u00e9s, a exploit\u00e9 une main-d\u2019\u0153uvre bien form\u00e9e et souvent d\u00e9pourvue de droits. Elle a triomph\u00e9 id\u00e9ologiquement et politiquement en pensant avoir repouss\u00e9 le spectre du communisme. Les bourgeoisies occidentales ont tent\u00e9 de soumettre plus \u00e9troitement les bourgeoisies des pays domin\u00e9s qui avaient utilis\u00e9 les \u00c9tats ouvriers pour desserrer l\u2019\u00e9treinte imp\u00e9rialiste. De nouvelles puissances imp\u00e9rialistes ont \u00e9merg\u00e9.<\/li>\n<li>Les bureaucraties ouvri\u00e8res n\u2019ont pas disparu pour autant. Il est m\u00eame apparu de nouveaux syndicats depuis la fin du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle (aux \u00c9tats-Unis, en France, en Allemagne\u2026) et de nouveaux partis ouvriers bourgeois\u00a0: PT au Br\u00e9sil (constitu\u00e9 lors d\u2019une p\u00e9riode de lutte de classe par les syndicats mais sous l\u2019influence de l\u2019\u00c9glise catholique, rejoint par tous les centrismes), LP aux \u00c9tats-Unis (\u00e0 partir de quelques syndicats et \u00e0 l\u2019aide de centristes, mort-n\u00e9), PRC en Italie (scission stalinienne, rejointe par les centristes), SLP en Grande-Bretagne (\u00e0 partir d\u2019un syndicat, mort-n\u00e9), DL en Allemagne (fusion d\u2019une scission sociale-d\u00e9mocrate et des staliniens, rejoint par la plupart des centristes), PdG en France (scission socialiste), Syriza en Gr\u00e8ce (fusion de staliniens et de centristes)\u2026 D\u2019une part, aucun parti ouvrier r\u00e9volutionnaire de masse n\u2019a d\u00e9masqu\u00e9 et affaibli le \u00ab\u00a0r\u00e9formisme\u00a0\u00bb car la 4<sup>e<\/sup> Internationale a disparu. D\u2019autre part, la bourgeoisie accepte d\u2019en payer le co\u00fbt pour diviser et contenir la classe ouvri\u00e8re. Se passer des syndicats domestiqu\u00e9s et des partis ouvriers bourgeois n\u00e9cessite, pour la bourgeoisie, soit le contournement ou l\u2019int\u00e9gration des organisations ouvri\u00e8res par le bonapartisme, soit leur destruction par le fascisme. Ces solutions sont elles-m\u00eames risqu\u00e9es.<\/li>\n<li>Le stalinisme s\u2019est effondr\u00e9 comme appareil international reposant sur des bureaucraties \u00e9tatiques (russe et dans une moindre mesure chinoise et cubaine). Son h\u00e9ritage (\u00e9tatisme, socialisme dans un seul pays, subordination \u00e0 une fraction de la bourgeoisie, chauvinisme, violence physique dans le mouvement ouvrier, culte du chef\u2026) p\u00e8se encore lourdement. Les d\u00e9bris du stalinisme poursuivent leur r\u00f4le contre-r\u00e9volutionnaire au sein des syndicats et sous forme de partis\u2026 En Europe centrale et en Allemagne, le stalinisme reconverti a mis en place de nouveaux partis ouvriers bourgeois. Le plus souvent, rien ne diff\u00e9rencie plus les anciens partis staliniens de la sociale-d\u00e9mocratie traditionnelle (n\u00e9e marxiste) qui, elle-m\u00eame ne se diff\u00e9rencie plus depuis un demi-si\u00e8cle des partis travaillistes (jamais marxistes). La plupart des anciens partis staliniens ne se r\u00e9clame plus du socialisme. Une exception est le KKE qui est retourn\u00e9 \u00e0 l\u2019adoration de Staline et reprend en Gr\u00e8ce sa politique sectaire qui a permis la victoire d\u2019Hitler. Parfois, le stalinisme a engendr\u00e9 des partis bourgeois\u00a0: lib\u00e9ral (au sens politique) comme le PD en Italie, nationaliste comme le KPRF en Russie, despotique comme le PCC en Chine\u2026 Comme le r\u00e9formisme traditionnel, les staliniens d\u00e9froqu\u00e9s participent \u00e0 des gouvernements capitalistes avec des partis bourgeois (PCF en France en 1997, PRC en Italie en 2006, PCCh au Chili en 2014\u2026). Les bureaucraties syndicales n\u00e9gocient les attaques contre l\u2019emploi, les salaires, le temps de travail ou les retraites, sabotent les luttes en isolant la lutte dans un \u00e9tablissement, une entreprise, en appelant \u00e0 des \u00ab\u00a0journ\u00e9es d\u2019action\u00a0\u00bb symboliques avec le soutien des partis r\u00e9formistes et des organisations centristes. Souvent les chefs syndicaux d\u00e9tournent le m\u00e9contentement contre l\u2019\u00e9tranger (l\u2019OMC, la Commission europ\u00e9enne, les travailleurs immigr\u00e9s\u2026). . Dans ces conditions, la classe ouvri\u00e8re nourrit moins d\u2019illusions \u00e0 l\u2019\u00e9gard des r\u00e9formistes de toute origine qu\u2019au 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, m\u00eame si elle continue \u00e0 voter pour eux et \u00e0 adh\u00e9rer aux syndicats. En l\u2019absence de parti ouvrier r\u00e9volutionnaire, le r\u00e9formisme rena\u00eet de ses cendres quand il a \u00e9t\u00e9 \u00e9loign\u00e9 un temps du pouvoir ou en utilisant de nouvelles \u00e9tiquettes pour duper \u00e0 nouveau les attentes de la classe ouvri\u00e8re et de la jeunesse (Die Linke, Syriza\u2026). La crise de direction n\u2019est pas r\u00e9solue.<\/li>\n<li>Personne ne peut affirmer que la r\u00e9volution mondiale l\u2019aurait emport\u00e9 si l\u2019internationale bolchevik-l\u00e9niniste (4<sup>e<\/sup> Internationale), cr\u00e9\u00e9e en 1938 pour r\u00e9soudre la crise de direction engendr\u00e9e par le passage \u00e0 la contre-r\u00e9volution de la 2<sup>e<\/sup> et de la 3<sup>e<\/sup> Internationales, y \u00e9tait parvenue, avait r\u00e9ussi \u00e0 construire des partis de masse. Ce qui est certain est que sa destruction a pes\u00e9 lourd dans la poursuite des trahisons de la sociale-d\u00e9mocratie et du stalinisme, dans la survie des bureaucraties parasitaires dans les \u00c9tats ouvriers, dans l\u2019h\u00e9g\u00e9monie du nationalisme bourgeois dans les pays domin\u00e9s, dans la domination par les d\u00e9mocrates bourgeois et les clerg\u00e9s de la derni\u00e8re vague de r\u00e9volt\u00e9s populaires en Europe de l\u2019Est, dans la facilit\u00e9 de la restauration capitaliste. Le fil rouge de la continuit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 rompu.<\/li>\n<li>En 1939, un minuscule groupe anim\u00e9 par Barta d\u00e9serte la section fran\u00e7aise, le POI, et la 4<sup>e<\/sup> Internationale sans aucune divergence politique. Au sein de la section am\u00e9ricaine, le SWP, la premi\u00e8re vague r\u00e9visionniste et liquidatrice de Burnham et Shachtman, qui refuse en 1939-40 de d\u00e9fendre l\u2019URSS et remet en cause sa nature d\u2019\u00c9tat ouvrier, a \u00e9t\u00e9 combattue th\u00e9oriquement et politiquement par une fraction men\u00e9e par L\u00e9on Trotsky et James Cannon. La 4<sup>e<\/sup> Internationale est victime durant la guerre de la r\u00e9pression conjointe des d\u00e9mocraties imp\u00e9rialistes, des r\u00e9gimes fascistes et de la bureaucratie stalinienne. La guerre s\u00e9pare les sections qui connaissent des d\u00e9viations opportunistes (France, \u00c9tats-Unis\u2026) ou sectaires (Gr\u00e8ce\u2026). Mais elles sont encore limit\u00e9es ou corrig\u00e9es. Le Secr\u00e9tariat international d\u00e9plac\u00e9 \u00e0 New York et le Secr\u00e9tariat europ\u00e9en constitu\u00e9 dans la clandestinit\u00e9 \u00e0 Paris convergent malgr\u00e9 l\u2019absence de relations. La conf\u00e9rence de 1946, orient\u00e9e par la section am\u00e9ricaine (SWP dirig\u00e9 par Cannon) et par le nouveau secr\u00e9tariat international (Pablo, Frank, Mandel\u2026), s\u2019efforce de maintenir le cap fix\u00e9 par Trotsky. Cependant, le congr\u00e8s de 1948 persiste \u00e0 croire qu\u2019il y a toujours une crise \u00e9conomique et que la situation reste r\u00e9volutionnaire. Il \u00e9carte les avertissements de la majorit\u00e9 de la section britannique (RCP dirig\u00e9 par Haston), appuy\u00e9e par la d\u00e9l\u00e9gation d\u2019un groupe argentin (POR dirig\u00e9 par Moreno). Le d\u00e9sarroi face au d\u00e9but d\u2019une nouvelle p\u00e9riode d\u2019accumulation et \u00e0 l\u2019apparent triomphe du stalinisme qui renverse le capitalisme en Europe de l\u2019Est et en Extr\u00eame-Orient le conduit \u00e0 des d\u00e9viations d\u2019orientation plus graves. De 1948 \u00e0 1951, le SI, avec l\u2019appui du SWP, capitule devant le stalinisme (d\u2019abord version Tito, puis version Mao) et le nationalisme bourgeois en Am\u00e9rique latine. Pour la direction, les processus objectifs accomplissent les t\u00e2ches de la r\u00e9volution, il suffit de faire pression sur ceux qui sont \u00e0 la t\u00eate du mouvement pour qu\u2019ils aillent le plus loin possible. Le programme est d\u2019ailleurs r\u00e9vis\u00e9 au congr\u00e8s de 1951 pour revenir \u00e0 deux strat\u00e9gies r\u00e9volues\u00a0: la r\u00e9forme de l\u2019URSS dont est charg\u00e9e une fraction de la bureaucratie, le front uni anti-imp\u00e9rialiste avec la bourgeoisie nationale.<\/li>\n<li>Mais une organisation communiste ne se laisse pas d\u00e9truire facilement. Il est alors possible de sauver la QI par une lutte acharn\u00e9e en son sein men\u00e9e par une fraction centralis\u00e9e et d\u00e9termin\u00e9e. La majorit\u00e9 de la section fran\u00e7aise (PCI dirig\u00e9 par Bleibtreu) et celle de la section suisse (MAS dirig\u00e9 par Buchbinder) contestent la capitulation devant le stalinisme d\u00e8s 1951. Le PCI se fait exclure en 1952 par le SI, la majorit\u00e9 de la section am\u00e9ricaine (sous l\u2019impulsion de Cannon) et celle de la section britannique (Club dirig\u00e9e alors par Healy) rompent avec le SI en 1953. Une fraction internationale est proclam\u00e9e par le Club, le MAS, le PCI et le SWP en novembre 1953\u00a0: le Comit\u00e9 International de la 4<sup>e<\/sup> Internationale, rejoint ult\u00e9rieurement par la section chinoise en exil, le PCR, dirig\u00e9 par Peng, et le POR argentin dirig\u00e9 par Moreno. Mais le CIQI ne revient pas sur l\u2019adoption du front unique anti-imp\u00e9rialiste qui restaure la strat\u00e9gie de la r\u00e9volution par \u00e9tapes et ouvre la voie \u00e0 tous les opportunismes envers les nationalistes des pays domin\u00e9s\u00a0; il revendique explicitement le f\u00e9d\u00e9ralisme qui permet \u00e0 chaque section qui en est membre de sombrer dans le m\u00eame opportunisme que le SIQI pabliste. Ainsi, le POR s\u2019adapte au nationalisme argentin, le Club au travaillisme britannique, le SWP \u00e0 l\u2019aile pro-imp\u00e9rialiste du stalinisme am\u00e9ricain, le PCI au nationalisme alg\u00e9rien\u2026 Le CIQI est moribond. Il est achev\u00e9 en 1963 par la scission du SWP (dirig\u00e9 par Hansen) et du PO argentin (dirig\u00e9 par Moreno). Le SWP et PO convergent dans le castrisme et le gu\u00e9rill\u00e9risme avec le SIQI (de Mandel et Maitan)\u00a0: ils forment ensemble le SUQI.<\/li>\n<li>Dans la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les organisations qui apparaissent comme la continuit\u00e9 de la 4<sup>e<\/sup> Internationale, surtout le SIQI\/SUQI et dans une moindre mesure le CIQI, continuent \u00e0 attirer des partis et des fractions d\u2019autre origine politique\u00a0: LCRJ \/ Japon en 1957, LRSH \/ Hongrie en 1961, Matzpen\u00a0\/\u00a0Isra\u00ebl en 1962, Grupo Comunismo \/ Espagne et People\u2019s Democracy \/ Irlande en 1968, Socialist Club\u00a0\/\u00a0Nouvelle Z\u00e9lande en 1969, ETA-VI \/ Espagne en 1970\u2026 N\u00e9anmoins, la tendance \u00e0 la liquidation inh\u00e9rente au SUQI de Mandel-Hansen-Moreno engendre de multiples fractures autour de trois p\u00f4les\u00a0: les JCR-LC-LCR-NPA \/ France qui s\u2019alignent sur le stalinisme et toutes les modes de la petite bourgeoisie, le PRT-PST-MAS \/ Argentine qui s\u2019aligne sur le nationalisme petit-bourgeois et bourgeois des pays domin\u00e9s, le SWP \/ \u00c9tats-Unis qui s\u2019aligne sur la bureaucratie cubaine et renie ouvertement Trotsky, etc. La paralysie du CIQI \u00ab\u00a0orthodoxe\u00a0\u00bb d\u00e8s 1953 puis le d\u00e9part du SWP et du SLATO en 1963 aboutissent \u00e0 un \u00e9clatement d\u2019opportunismes \u00e9quivalents autour de la SLL-WRP healyste de Grande-Bretagne qui oscille entre l\u2019adaptation au travaillisme et au nationalisme panarabe, de l\u2019OCI-PCI-PT-POI lambertiste de France qui s\u2019adapte \u00e0 la sociale-d\u00e9mocratie europ\u00e9enne et au syndicalisme de guerre froide, de la SL robertsoniste des \u00c9tats-Unis qui s\u2019adapte au stalinisme au moment o\u00f9 il s\u2019effondre, du POR loriste de Bolivie qui s\u2019adapte au nationalisme de son propre pays\u2026 La destruction politique de la 4<sup>e<\/sup> Internationale donne une chance de survie \u00e0 des scissions ant\u00e9rieures qui auraient \u00e9t\u00e9 anecdotiques\u00a0: VO-LO de Hardy en France qui conserve les d\u00e9fauts de la secte auto-dissoute de Barta tout en s\u2019adaptant au stalinisme\u00a0; IS-SWP de Cliff en Grande-Bretagne qui a son origine dans le refus de d\u00e9fendre la r\u00e9volution chinoise en pleine Guerre de Cor\u00e9e, mais s\u2019adapte \u00e0 tout ce qui mobilise la petite-bourgeoisie les d\u00e9cennies suivantes\u00a0; Militant de Grant en Grande-Bretagne qui s\u2019adapte au travaillisme dans son pays et au nationalisme bourgeois des pays domin\u00e9s\u2026<\/li>\n<li>Faute de 4<sup>e<\/sup> Internationale, la vague r\u00e9volutionnaire des ann\u00e9es 1960-1970 profite \u00e0 certains des usurpateurs du trotskysme\u00a0: le SWP dirige le mouvement contre la guerre du Vietnam aux \u00c9tats-Unis, la LC pr\u00e9sente avec succ\u00e8s Krivine \u00e0 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 1969 en France, la LCR et le WRP publient un quotidien respectivement en France et en Grande-Bretagne, l\u2019OCI prend la t\u00eate du syndicat \u00e9tudiant fran\u00e7ais UNEF, le PST attire 14\u00a0000 membres en Argentine, Militant contr\u00f4le les jeunesses du Parti travailliste et la mairie de Liverpool qui d\u00e9fie Thatcher, le SWP dirige le mouvement contre la guerre d\u2019Irak en Grande-Bretagne\u2026 La mont\u00e9e r\u00e9volutionnaire pousse aussi les r\u00e9visionnistes \u00e0 radicaliser leur langage et leurs r\u00e9f\u00e9rences\u00a0: dans les ann\u00e9es 1970, la LC-LCR et l\u2019OCI en France, la SLL et les IS-SWP en Grande-Bretagne, PO et le PST en Argentine\u2026 se disputent L\u00e9nine et Trotsky. Dans leur sillage, la SL choisit pour activit\u00e9 principale de pol\u00e9miquer avec le centrisme, un milieu alors assez vaste et dynamique. Avec le reflux des ann\u00e9es 1980-1990, les sectes se scl\u00e9rosent\u00a0: la LCI-QI robertsoniste abandonne son activit\u00e9 syndicale, la QI healyste-northiste nie tout caract\u00e8re ouvrier aux organisations de masse de la classe ouvri\u00e8re (syndicats, partis \u00ab\u00a0r\u00e9formistes\u00a0\u00bb). Les principaux courants centristes se vautrent dans la confusion \u00ab\u00a0\u00e9cologiste\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0antimondialiste\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0indign\u00e9e\u00a0\u00bb (la QI pabliste, la TMI et le CIO grantistes, la TSI cliffiste\u2026) voire devant la r\u00e9action islamiste (la QI lambertiste, la TSI cliffiste, LIT et FTCI mor\u00e9nistes\u2026). La plupart des liquidateurs de la 4<sup>e<\/sup> Internationale lancent des \u00ab\u00a0partis larges\u00a0\u00bb qui renient le bolchevisme et la r\u00e9volution socialiste (QI lambertiste, CIO et TMI grantistes, Movimiento mor\u00e9niste\u2026) ou joignent des fronts populaires (comme le SWP avec Respect en Grande-Bretagne en 2004, LO lors des \u00e9lections municipales fran\u00e7aises de 2008\u2026). Certains vont jusqu\u2019\u00e0 soutenir des candidats bourgeois (la LCR en France en 2002, SA aux \u00c9tats-Unis en 2008\u2026). D\u2019autres se prononcent contre la libre circulation des travailleurs (SL, SPEW\u2026). Le r\u00e9gime de la plupart de ces organisations est autoritaire et st\u00e9rilisant. Healy et Lambert recourent m\u00eame \u00e0 la calomnie et \u00e0 la violence physique contre leurs opposants. L\u2019absence de d\u00e9mocratie interne se paie par la purge castriste du SWP am\u00e9ricain, les scandales et l\u2019\u00e9clatement du WRP britannique, les scissions \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition de LO et du POI fran\u00e7ais, du SWP britannique\u2026 Le drapeau de la 4<sup>e<\/sup> Internationale est d\u00e9sormais plus que d\u00e9chir\u00e9, plus que souill\u00e9.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><a name=\"_Toc434858566\"><\/a><a name=\"_Toc434858527\"><\/a>VI.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Pour l\u2019internationale ouvri\u00e8re r\u00e9volutionnaire, pour des partis qui pr\u00e9parent la r\u00e9volution socialiste<\/h2>\n<ol start=\"45\">\n<li>Que les deux internationales de masse pr\u00e9c\u00e9dentes (IO, IC) aient succomb\u00e9 \u00e0 une bureaucratie contre-r\u00e9volutionnaire et que la QI qui devait construire une nouvelle internationale de masse ait \u00e9chou\u00e9 pour laisser la place \u00e0 des centrismes et \u00e0 des sectes ne signifie pas que les programmes de l\u2019IC et de la QI soient d\u00e9pass\u00e9s et que leur t\u00e2che a \u00e9t\u00e9 vaine. Le communisme est la tendance du mouvement r\u00e9el du prol\u00e9tariat mondial. La th\u00e9orie et le programme communistes s\u2019incarnent dans la persistance d\u2019organisations communistes, leur collaboration internationale et leur intervention dans la lutte des classes.<\/li>\n<li>Les principes essentiels de la Ligue des communistes (1847-1852) restent valables. \u00a0: la lutte entre les classes sociales est d\u00e9terminante, la classe ouvri\u00e8re n\u2019a pas de patrie, elle doit lutter pour les libert\u00e9s d\u00e9mocratiques, \u00e0 terme elle doit prendre le pouvoir. La classe ouvri\u00e8re doit se doter de son propre programme et de son propre parti, elle ne peut faire aucune confiance aux partis bourgeois ni aux partis petits-bourgeois, elle doit pr\u00e9senter ses propres candidats aux \u00e9lections et s\u2019armer. Contrairement aux r\u00e9formistes et aux centristes qui se justifient parfois avec des morceaux choisis du Manifeste publi\u00e9 en 1848, les communistes savent qu\u2019il est pr\u00e9cis\u00e9 et corrig\u00e9 \u00e0 la lumi\u00e8re de l\u2019exp\u00e9rience des r\u00e9volutions de 1848 par l\u2019Adresse de 1850. L\u2019AIT (1864-1876) a affirm\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019internationalisme, des gr\u00e8ves et des syndicats, de la lutte contre l\u2019esclavage et l\u2019oppression nationale, de la lutte politique, de la destruction de l\u2019appareil d\u2019\u00c9tat, du pouvoir des travailleurs. Contrairement aux confusionnistes et opportunistes, les communistes internationalistes n\u2019oublient pas les le\u00e7ons de la lutte contre les arri\u00e9r\u00e9s proudhoniens ou les aventuristes bakouniniens, et surtout de l\u2019exp\u00e9rience de la Commune de Paris (Adresse de 1871). L\u2019IO (1889-1914) a montr\u00e9 que les \u00e9lections devaient \u00eatre utilis\u00e9es, que des syndicats de masse pouvaient limiter l\u2019exploitation, que des partis de masse pouvaient pr\u00e9parer la r\u00e9volution, que la guerre devait \u00eatre combattue et qu\u2019il fallait \u00e9carter la participation des partis ouvriers aux gouvernements bourgeois. Les communistes revendiquent pour h\u00e9ritage non l\u2019opportunisme (Jaur\u00e8s, Bernstein, Van Kol\u2026) qui semblait minoritaire dans l\u2019IO, ni m\u00eame le centre conciliateur qui couvrait en fait la pratique opportuniste des partis et des syndicats d\u2019un voile orthodoxe (Bebel, Kautsky, Plekhanov\u2026), mais l\u2019aile internationaliste qui la combattait frontalement, en particulier la SDKP de Pologne et le POSDR bolchevik de Russie.<\/li>\n<li>La Gauche du mouvement de Zimmerwald (1915-1919) a affirm\u00e9 que le capitalisme \u00e9tait entr\u00e9 dans sa phase de d\u00e9clin, l\u2019imp\u00e9rialisme, ce qui mettait \u00e0 l\u2019ordre du jour la r\u00e9volution socialiste\u00a0; que le repartage du monde entra\u00eenait des guerres entre les grandes puissances, que le seul moyen d\u2019emp\u00eacher la guerre \u00e9tait la r\u00e9volution socialiste mais que si le conflit militaire survenait malgr\u00e9 tout, le prol\u00e9tariat devait l&rsquo;utiliser pour prendre le pouvoir\u00a0; qu\u2019il fallait une nouvelle internationale et des nouveaux partis, d\u00e9limit\u00e9s des sociaux-imp\u00e9rialistes et des pacifistes. L\u2019IC (1919-1922) a pr\u00e9cis\u00e9 en outre qu\u2019il fallait d\u00e9truire l\u2019\u00c9tat bourgeois par une insurrection, prendre le pouvoir avec des conseils qui r\u00e9alisent la d\u00e9mocratie pour les masses. Les partis de l\u2019IC doivent unifier tous les communistes de leur pays et \u00eatre disciplin\u00e9s, \u00eatre pr\u00eats \u00e0 passer \u00e0 la clandestinit\u00e9, allier la classe ouvri\u00e8re avec les autres couches exploit\u00e9es, reconna\u00eetre les droits des minorit\u00e9s nationales et des peuples opprim\u00e9s (en particulier des colonies), participer aux \u00e9lections dans la phase pr\u00e9paratoire de la r\u00e9volution, travailler dans les organisations de masse de la classe ouvri\u00e8re (en particulier les syndicats), proposer l\u2019unit\u00e9 de combat contre la bourgeoisie aux autres organisations de masse de la classe ouvri\u00e8re (front unique ouvrier). Les compl\u00e9ments apport\u00e9s par les conf\u00e9rences de l\u2019Opposition de gauche internationale (1930-1933) et par les trois premi\u00e8res conf\u00e9rences de la 4<sup>e<\/sup> Internationale (1936-1940) restent valables\u00a0: le probl\u00e8me essentiel de la r\u00e9volution mondiale vient de la crise de direction de la classe ouvri\u00e8re, l\u2019Internationale communiste et ses partis \u00e9tant d\u00e9finitivement pass\u00e9s du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019ordre bourgeois, les partis staliniens sont devenus les \u00e9toiles jumelles des partis sociaux-d\u00e9mocrates\u00a0; il faut g\u00e9n\u00e9raliser la strat\u00e9gie de la r\u00e9volution permanente\u00a0; le front populaire, \u00e0 savoir l\u2019alliance avec la bourgeoisie, pr\u00e9pare le fascisme\u00a0; l\u2019URSS restait un \u00c9tat ouvrier, malgr\u00e9 sa d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence, qu\u2019il fallait d\u00e9fendre contre l\u2019imp\u00e9rialisme et contre son agent, la bureaucratie, en la renversant par une r\u00e9volution politique\u00a0; les revendications d\u00e9mocratiques s\u00e9rieuses restent valables, elles n\u2019ont de sens, comme la participation aux \u00e9lections, la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale et les revendications transitoires, que vers la prise du pouvoir par la classe ouvri\u00e8re et ses alli\u00e9s. Le programme de la 4<sup>e<\/sup> Internationale ne se borne pas au Programme de 1938, les communistes se fondent tout autant sur le Manifeste de 1940.<\/li>\n<li>Aucun processus objectif, m\u00eame le plus favorable, ne dispense de la construction consciente du parti mondial de la r\u00e9volution. Depuis plus de 100 ans, il n&rsquo;y plus de parti commun possible entre les internationalistes et les chauvins, ce qui invalide les tentatives des lambertistes de refaire la 1<sup>e<\/sup> Internationale ou l\u2019intention des n\u00e9o-kautskystes (avou\u00e9s comme le CPGB ou dissimul\u00e9es comme le CIO et la TMI, la QI pabliste\u2026) de refaire la 2<sup>e<\/sup> Les pr\u00e9tentions \u00e0 construire un parti large avec les anarchistes, les sociaux-d\u00e9mocrates \u00ab\u00a0antilib\u00e9raux\u00a0\u00bb, les staliniens d\u00e9froqu\u00e9s ou les \u00e9cologistes, ne sont que le camouflage du passage au r\u00e9formisme et au social-patriotisme. La destruction de l\u2019internationale bolchevik-l\u00e9niniste voici plus de 50 ans, la disparition de centre mondial bolchevik-l\u00e9niniste, la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence des sections qui avaient tent\u00e9 de se d\u00e9fendre et de la d\u00e9fendre, le discr\u00e9dit jet\u00e9 depuis sur le \u00ab\u00a0trotskysme\u00a0\u00bb interdisent de \u00ab\u00a0r\u00e9unifier\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0r\u00e9organiser\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0reconstruire\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0refonder\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0recr\u00e9er\u00a0\u00bb la 4<sup>e<\/sup> Internationale.<\/li>\n<li>La crise de direction du mouvement ouvrier ne sera r\u00e9solue que par la victoire de la r\u00e9volution prol\u00e9tarienne mondiale, elle-m\u00eame conditionn\u00e9e par la construction de l\u2019internationale ouvri\u00e8re r\u00e9volutionnaire. Avant tout, les communistes internationalistes restent fid\u00e8les \u00e0 la strat\u00e9gie de l\u2019armement du peuple et de la cr\u00e9ation de formes sovi\u00e9tiques. La strat\u00e9gie de l\u2019unit\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re, celle de l\u2019alliance avec les autres travailleurs et les futurs travailleurs se d\u00e9clinent dans des tactiques pour conqu\u00e9rir la confiance des travailleurs d\u2019avant-garde et d\u00e9truire l\u2019autorit\u00e9 sur les masses de la bourgeoisie, du r\u00e9formisme et du centrisme : travail dans les syndicats de masse tels qu\u2019ils sont, bataille pour l\u2019ind\u00e9pendance de toutes les organisations ouvri\u00e8res envers les classes dominantes et l\u2019\u00c9tat bourgeois, front unique de toutes les organisations ouvri\u00e8res de masse contre les attaques \u00e9conomiques et politiques de la bourgeoisie, entrisme (en d\u00e9fendant tout le programme), candidatures r\u00e9volutionnaires quand c\u2019est possible contre tous les partis bourgeois (\u00e0 d\u00e9faut, consigne de vote pour les candidats des partis r\u00e9formistes de masse quand ils font face \u00e0 des candidats des partis de la classe dominante). Ils d\u00e9fendent ce qui reste de l\u2019\u00e9conomie collectivis\u00e9e \u00e0 Cuba et en Cor\u00e9e du Nord contre l\u2019imp\u00e9rialisme, t\u00e2che qui ne peut \u00eatre confi\u00e9e \u00e0 la bureaucratie locale, \u00e0 la famille Castro, \u00e0 la dynastie Kim. Les communistes combattent tous les courants islamistes en Asie et en Afrique de mani\u00e8re nette et d\u00e9termin\u00e9e dans une perspective de r\u00e9volution permanente : droit de gr\u00e8ve, organisation ind\u00e9pendante des travailleurs, la\u00efcit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat, interdiction de la polygamie, \u00e9galit\u00e9 des hommes et des femmes, mixit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole, libert\u00e9 scientifique, artistique et culturelle, libert\u00e9 sexuelle\u2026 De tels mots d\u2019ordre valent aussi dans nombre d\u2019autres pays, y compris les plus d\u00e9mocratiques, face aux bigots et aux fascistes. Des centaines de milliers de travailleurs et de militants cherchent chaque ann\u00e9e \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 la mis\u00e8re, \u00e0 l\u2019oppression et \u00e0 la r\u00e9pression qu\u2019ils subissent dans leurs pays. Les communistes revendiquent inconditionnellement la libert\u00e9 de circulation et d\u2019installation pour les travailleurs et les \u00e9tudiants et les m\u00eames droits pour tous les travailleurs d\u2019un pays, pr\u00f4nent l\u2019autod\u00e9fense contre les pers\u00e9cutions polici\u00e8res et les attaques racistes, etc. L\u2019oppression des femmes n\u2019a pas disparu, bien que l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les sexes ait progress\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale gr\u00e2ce aux progr\u00e8s de la contraception, \u00e0 l\u2019extension aux filles de l\u2019\u00e9ducation, le droit au divorce, \u00e0 l\u2019incorporation massive des femmes dans le prol\u00e9tariat et au combat des femmes elles-m\u00eames. Les femmes sont particuli\u00e8rement victimes des restaurations capitalistes et de la r\u00e9action islamiste. Les organisations communistes doivent mobiliser le potentiel r\u00e9volutionnaire des femmes travailleuses, unir les rangs de la classe ouvri\u00e8re, combattre les violences masculines, revendiquer l\u2019\u00e9galit\u00e9 sur tous les plans, le droit \u00e0 la contraception et \u00e0 l\u2019avortement, des garderies gratuites et de qualit\u00e9, etc. Ils doivent assurer en leur sein les meilleures conditions pour recruter et former des cadres communistes parmi les femmes. La d\u00e9fense de l\u2019environnement de l\u2019humanit\u00e9 fait partie des revendications transitoires car elle exige le renversement du capitalisme, le d\u00e9veloppement de la science et de la technique au profit des plus pauvres, la planification rationnelle par les producteurs eux-m\u00eames.<\/li>\n<li><a name=\"_Toc366881577\"><\/a> Les communistes internationalistes misent sur les dizaines de milliers de militantes et de militants qui, dans le monde, veulent renverser la bourgeoisie, affronter ses bandes arm\u00e9es, retrouver la voie de la r\u00e9volution d\u2019Octobre. Sans des ruptures dans les organisations ouvri\u00e8res traditionnelles, le nationalisme petit-bourgeois et le centrisme, il n\u2019y aura pas de nouvelle internationale communiste ni de partis ouvriers r\u00e9volutionnaires. La construction de ceux-ci ne sera pas un processus spontan\u00e9, mais le r\u00e9sultat d\u2019une lutte acharn\u00e9e et prolong\u00e9e du noyau communiste international dans la lutte des classes. Dans l\u2019\u00e9tat actuel de confusion et de dispersion, il s\u2019agit, avec patience, de rassembler, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale et dans chaque pays, les \u00e9l\u00e9ments communistes internationalistes, qu\u2019ils proviennent du pr\u00e9tendu \u00ab\u00a0trotskysme\u00a0\u00bb, d\u2019autres courants du mouvement ouvrier (y compris du stalinisme) ou du nationalisme des opprim\u00e9s. Le fait que certaines organisations opportunistes se r\u00e9clament encore du l\u00e9ninisme et du trotskysme les plonge dans des contradictions particuli\u00e8res et facilite le travail des bolcheviks pour d\u00e9masquer, liquider le centrisme et y gagner des forces (organisations, fractions, individus) pour l\u2019internationale ouvri\u00e8re r\u00e9volutionnaire. Les questions de tactique nationale (ce qu\u2019il faut faire dans un syndicat, la consigne de vote s\u2019il n\u2019y a pas la possibilit\u00e9 de pr\u00e9senter une candidate r\u00e9volutionnaire, etc.) ne peuvent \u00eatre correctement abord\u00e9es et r\u00e9solues que sur la base d\u2019un programme international. L\u2019organisation internationale qui organise le combat pour l\u2019internationale est centralis\u00e9e et d\u00e9mocratique. Elle s\u2019efforce, par le d\u00e9bat et par l\u2019action, de s\u00e9parer dans le mouvement ouvrier ce qui est r\u00e9volutionnaire de l\u2019opportunisme et du sectarisme. Ses sections font de m\u00eame dans chaque pays. Si c\u2019est n\u00e9cessaire, le groupe communiste internationaliste local entre dans un parti ouvrier de masse ou dans une organisation ouvri\u00e8re qui \u00e9volue vers la r\u00e9volution. Les communistes doivent faire leur maximum pour que l\u2019ambiance de leurs organisations soit libre, que les travailleurs s\u2019y forment et deviennent des intellectuels, que les intellectuels professionnels soient sous le contr\u00f4le de la base. De m\u00eame, les communistes combattent dans tout le mouvement ouvrier pour la d\u00e9mocratie ouvri\u00e8re, dont ils n\u2019ont rien \u00e0 redouter. Sur ces bases, les organisations communistes travaillent ensemble \u00e0 la construction de l\u2019internationale ouvri\u00e8re r\u00e9volutionnaire qui permettra la victoire d\u00e9finitive de la r\u00e9volution socialiste, lib\u00e9rant l\u2019humanit\u00e9 de l\u2019exploitation, ouvrant la voie au socialisme-communisme, \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019abondance qui permettra l\u2019\u00e9panouissement de tous.<\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le capitalisme a fait son temps, le socialisme est n\u00e9cessaire L\u2019humanit\u00e9 est en mesure d\u2019envisager un nouveau stade de civilisation, sur la base de l\u2019association libre des producteurs, gr\u00e2ce&#8230; <a href=\"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/2015\/09\/01\/socialisme-ou-barbarieprojet-de-plateforme-internationale-soumis-par-le-bureau-international-du-corep-septembre-2015-fevrier-2017\/\">Read more &raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-500","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/500","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=500"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/500\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":513,"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/500\/revisions\/513"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=500"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=500"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=500"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}