{"id":382,"date":"2008-06-21T12:00:40","date_gmt":"2008-06-21T12:00:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/?p=382"},"modified":"2017-05-04T12:10:51","modified_gmt":"2017-05-04T10:10:51","slug":"theses-sur-la-chine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/2008\/06\/21\/theses-sur-la-chine\/","title":{"rendered":"Th\u00e8ses sur la Chine"},"content":{"rendered":"<h3>1921-1927\u00a0: La direction de l\u2019IC provoque l\u2019\u00e9chec de la 2e r\u00e9volution chinoise en soumettant le parti ouvrier \u00e0 la bourgeoisie nationale<\/h3>\n<p><b>1.<\/b>\u00a0 Au 19e si\u00e8cle, la Chine est confront\u00e9e d\u2019une part aux r\u00e9voltes paysannes et d\u2019autre part \u00e0 l\u2019immixtion de pays plus avanc\u00e9s, d\u00e9j\u00e0 capitalistes. L\u2019\u00e9conomie est archa\u00efque et la dynastie Qing d\u2019origine mandchoue, malgr\u00e9 ses tentatives, se r\u00e9v\u00e8le incapable de faire face \u00e0 la pression de l\u2019\u00e9tranger, au premier chef la Grande-Bretagne, mais aussi Russie, Portugal, Japon, France, Allemagne\u2026<!--more--> Lors des \u00ab\u00a0guerres de l\u2019opium\u00a0\u00bb d\u00e9nonc\u00e9es par Marx et par Engels, l\u2019Angleterre, d\u2019abord seule (1843-1842), puis associ\u00e9e \u00e0 la France (1858-1860), impose l\u2019ouverture unilat\u00e9rale au commerce international. En 1894-1895, le Japon m\u00e8ne une guerre victorieuse contre la Chine qui lui permet de prendre pied en Mandchourie, de conqu\u00e9rir la Cor\u00e9e et Formose (Taiwan). En 1900, un mouvement x\u00e9nophobe et technophobe parti des campagnes, la \u00ab\u00a0r\u00e9volte des boxeurs\u00a0\u00bb, est abandonn\u00e9 par l\u2019empire et \u00e9cras\u00e9 par l\u2019intervention conjointe de tous les bandits imp\u00e9rialistes. Les \u00ab\u00a0trait\u00e9s in\u00e9gaux\u00a0\u00bb ratifient l\u2019ouverture aux marchandises \u00e9trang\u00e8res, la tutelle \u00e9trang\u00e8re sur des \u00ab\u00a0concessions\u00a0\u00bb \u00e0 Shanghai, Canton, etc. et la colonisation ouverte de Macao, de Hong-Kong, de l\u2019Indochine, de Taiwan, de la Birmanie.<\/p>\n<p><b>2.<\/b>\u00a0 En 1911, \u00e9clate la premi\u00e8re r\u00e9volution chinoise, salu\u00e9e par L\u00e9nine. Un soul\u00e8vement renverse la dynastie discr\u00e9dit\u00e9e et impotente. La bourgeoisie \u00e9mergente en prend la t\u00eate Shanghai et dans le Yangzi. La pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique est remise \u00e0 Sun Ihsien, le fondateur d\u2019un parti nationaliste, la Ligue jur\u00e9e (Guomindang). Mais il \u00e9choue \u00e0 fonder une R\u00e9publique unie. Le d\u00e9pe\u00e7age de la Chine se poursuit\u00a0: outre les concessions et les colonies, les provinces sont livr\u00e9es aux \u00ab\u00a0seigneurs de guerre\u00a0\u00bb issus de l\u2019\u00e9tat-major de l\u2019arm\u00e9e imp\u00e9riale et li\u00e9es \u00e0 telle ou telle puissance \u00e9trang\u00e8re. La th\u00e9ocratie bouddhiste du Tibet en profite pour prendre son ind\u00e9pendance. <\/p>\n<p><b>3.<\/b>\u00a0 Sous l\u2019impact de la r\u00e9volution russe, un groupe d\u2019avant-garde autour de Chen Duxiu cr\u00e9e en 1921 un parti communiste, section de l\u2019Internationale communiste. Le PCC s\u2019implante dans la classe ouvri\u00e8re et commence \u00e0 diriger des gr\u00e8ves, participe souvent \u00e0 la direction des syndicats ouvriers naissants. Le Parti communiste chinois se tient alors dans le cadre des th\u00e8ses de l\u2019Internationale communiste\u00a0: ind\u00e9pendance du parti ouvrier et alliance avec le mouvement national r\u00e9volutionnaire, pour prendre la t\u00eate des masses opprim\u00e9es et en particulier des paysans.<\/p>\n<p><b>4.<\/b>\u00a0 Mais la r\u00e9volution russe reste isol\u00e9e. L\u00e9nine mort et Trotsky \u00e9cart\u00e9, les bureaucrates de l\u2019URSS men\u00e9s par Staline entendent d\u00e9sormais profiter tranquillement des privil\u00e8ges que leur conf\u00e8re l\u2019administration du pays. Les partis communistes sont subordonn\u00e9s partout apr\u00e8s 1923 \u00e0 la recherche d\u2019alliances par l\u2019URSS. Dans cette perspective, Zinoviev, Staline et Boukharine obligent le Parti communiste chinois \u00e0 rejoindre le Guomindang, l\u2019expression politique de la bourgeoisie chinoise \u00e9mergente. Selon l\u2019IC en voie de stalinisation, un \u00ab\u00a0bloc des quatre classes\u00a0\u00bb nationales doit regrouper la classe ouvri\u00e8re, la paysannerie, la petite bourgeoisie urbaine et la bourgeoisie. L\u2019incarnation de cette alliance de classes est cens\u00e9e \u00eatre le Guomindang. <\/p>\n<p><b>5.<\/b>\u00a0 \u00c0 partir de 1922, les gr\u00e8ves se multiplient dans les grandes villes. Elles se heurtent aux autorit\u00e9s britanniques et japonaises, car la plupart des usines appartiennent \u00e0 des capitalistes \u00e9trangers. Les \u00e9tudiants se jettent dans la lutte anti-imp\u00e9rialiste. Les paysans sont pr\u00eats \u00e0 saisir les terres des grands propri\u00e9taires et usuriers. Tous les traits d\u2019une situation r\u00e9volutionnaire se r\u00e9unissent, avec le prol\u00e9tariat en fer de lance de la lutte anti-imp\u00e9rialiste et l\u2019apparition de soviets. <\/p>\n<p><b>6.<\/b>\u00a0 Les capitalistes chinois et les propri\u00e9taires fonciers s\u2019inqui\u00e8tent de cette effervescence des exploit\u00e9s des villes et des campagnes. Le g\u00e9n\u00e9ral Jiang Jieshi, le principal chef militaire du Guomindang, m\u00e8ne le 20 mars 1926 un coup d\u2019\u00c9tat \u00e0 Canton qui lui permet de prendre la t\u00eate du Guomindang. Sa premi\u00e8re mesure est d\u2019interdire toute propagande communiste. Chen et la direction du PCC veulent rompre avec le Guomindang. Pourtant, au m\u00eame moment, le Guomindang est admis sur proposition de Staline et de Boukharine comme membre de l\u2019Internationale communiste. Sur consigne de l\u2019IC, le Parti communiste freine les masses ouvri\u00e8res et paysannes et r\u00e9affirme se confiance au Guomindang. \u00c0 l\u2019approche de l\u2019arm\u00e9e nationaliste, les ouvriers de Shanghai s\u2019insurgent en f\u00e9vrier 1927. Au prix de durs affrontements, ils se rendent ma\u00eetres de la ville. L\u2019arm\u00e9e nationaliste bourgeoise, sous la conduite de Jiang Jieshi, se retourne contre le prol\u00e9tariat sans m\u00e9fiance le 12 avril 1927. Au moins 5\u00a0000 travailleurs sont assassin\u00e9s avec la complicit\u00e9 du grand banditisme (les triades) de Shanghai et des puissances imp\u00e9rialistes.<\/p>\n<p><b>7.<\/b>\u00a0\u00a0La terreur blanche r\u00e8gne. La panique que la d\u00e9faite de sa strat\u00e9gie soul\u00e8ve conduit Staline \u00e0 minimiser la d\u00e9faite. Puis il d\u00e9clare, \u00e0 contretemps, la Chine m\u00fbre pour la r\u00e9volution et d\u00e9clenche, pour se couvrir, des soul\u00e8vements dans les campagnes (la \u00ab\u00a0Moisson d\u2019automne\u00a0\u00bb) et une insurrection minoritaire dans l\u2019autre m\u00e9tropole du pays (la \u00ab\u00a0Commune de Canton\u00a0\u00bb), qui aboutissent \u00e0 de nouveaux massacres de plusieurs milliers de travailleurs. Les militants du PCC qui remettent en cause la ligne de l\u2019IC, dont Chen Duxiu et Peng Shuzhi, ont exclus pour \u00ab\u00a0trotskysme\u00a0\u00bb. En effet, pour l\u2019Opposition de gauche de l\u2019IC et la 4e Internationale, \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9tapisme\u00a0\u00bb et du \u00ab\u00a0front uni(que) anti-imp\u00e9rialiste\u00a0\u00bb sont caducs. La r\u00e9volution en Chine et dans les autres pays domin\u00e9s doit \u00eatre permanente\u00a0: dirig\u00e9e par le prol\u00e9tariat, arrachant la jeunesse et la paysannerie \u00e0 la domination de la bourgeoisie nationale, sa victoire ne saurait s\u2019arr\u00eater aux t\u00e2ches d\u00e9mocratiques.<\/p>\n<h3>1927-1949\u00a0: le PCC, parti stalinien \u00e0 base paysanne, continue \u00e0 tendre la main \u00e0 la bourgeoisie<\/h3>\n<p><b>8.<\/b>\u00a0\u00a0Mao Zedong, un dirigeant du PCC qui a particip\u00e9 avec z\u00e8le au Guomindang et qui a particip\u00e9 \u00e0 la \u00ab\u00a0Moisson d\u2019automne\u00a0\u00bb, cherche refuge dans les campagnes en cr\u00e9ant une \u00ab\u00a0Arm\u00e9e de lib\u00e9ration du peuple\u00a0\u00bb. Le PCC suit les tournants de la bureaucratie du Kremlin. En 1929, ses troupes, dont celle de Mao, se lancent pr\u00e9matur\u00e9ment \u00e0 l\u2019assaut de grandes villes, dans le cadre de la \u00ab\u00a03e p\u00e9riode\u00a0\u00bb, gauchiste, de l\u2019IC. En 1936, quand un g\u00e9n\u00e9ral du Guomindang m\u00e9content arr\u00eate Jiang Jieshi, Mao le fait lib\u00e9rer, dans le cadre du tournant de l\u2019IC vers les \u00ab\u00a0fronts populaires\u00a0\u00bb. En 1937, quand le Japon envahit la Chine, le PCC propose de nouveau le \u00ab\u00a0front unique anti-imp\u00e9rialiste\u00a0\u00bb \u00e0 la bourgeoisie nationale et \u00e0 son Guomindang. Le PCC, par cons\u00e9quent, freine le mouvement paysan, ce qui facilite la conqu\u00eate japonaise qui d\u00e9montre sa barbarie \u00e0 Nankin. Malgr\u00e9 les concessions du PCC, le Guomindang est plus soucieux de lutter contre lui que contre l\u2019envahisseur. L\u2019APL, qui prot\u00e8ge les paysans et qui s\u2019oppose plus r\u00e9solument que le Guomindang au Japon, \u00e9largit progressivement son soutien populaire et sa base g\u00e9ographique au d\u00e9triment du Guomindang. <\/p>\n<p><b>9.<\/b>\u00a0 Les arm\u00e9es de gu\u00e9rilla et le Parti communiste chinois sont, durant toute cette p\u00e9riode, des organisations staliniennes particuli\u00e8res, passablement diff\u00e9rentes des partis \u00ab\u00a0communistes\u00a0\u00bb d\u2019Europe ou d\u2019Am\u00e9rique. La base du PCC n\u2019est pas ouvri\u00e8re, mais paysanne. Sa hi\u00e9rarchie politico-militaire fonctionne d\u00e9j\u00e0 comme un appareil d\u2019\u00c9tat dans les territoires qu\u2019ils contr\u00f4lent. Dans les \u00ab\u00a0zones rouges\u00a0\u00bb, Mao et sa clique vont purger r\u00e9guli\u00e8rement l\u2019APL et le PCC de leurs adversaires en recourant aux calomnies, mais aussi aux arrestations, tortures, simulacres de proc\u00e8s et ex\u00e9cutions que permet la d\u00e9tention d\u2019un pouvoir politique. C\u2019est le cas en particulier \u00e0 Futian en 1930 et \u00e0 Yan\u2019an en 1942. En 1938, Mao s\u2019assure le contr\u00f4le du PCC avec l\u2019approbation du Kremlin et jouit d\u00e8s lors d\u2019un v\u00e9ritable culte dans les territoires contr\u00f4l\u00e9s par l\u2019APL, un trait typique du stalinisme.<\/p>\n<p><b>10.<\/b>\u00a0 Apr\u00e8s la d\u00e9faite du Japon, en 1946, Jiang Jieshi se retourne ouvertement contre le PCC, avec l\u2019aide des \u00c9tats-Unis. Pour r\u00e9sister aux arm\u00e9es nationalistes, pour avoir le soutien des paysans pauvres, le PCC et l\u2019APL sont contraints de s\u2019en prendre dans une certaine mesure aux propri\u00e9taires fonciers. Bien que le partage des terres qu\u2019ils d\u00e9cident soit tr\u00e8s partiel, les paysans pauvres se reconnaissent dans l\u2019APL, drap\u00e9e de l\u2019autorit\u00e9 de la r\u00e9volution russe et de la victoire de l\u2019URSS dans la guerre. Entre 1946 et 1948, l\u2019arm\u00e9e de lib\u00e9ration du PCC est rejointe par 1,6 millions de recrues. En 1949, l\u2019\u00c9tat contr\u00f4l\u00e9 par Jiang Jieshi s\u2019effondre. Malgr\u00e9 la r\u00e9ticence de Staline, les arm\u00e9es paysannes \u00e0 direction stalinienne s\u2019emparent une par une des grandes villes, tout en appelant les ouvriers et les employ\u00e9s \u00e0 continuer le travail. En 1949, Mao proclame la R\u00e9publique populaire de Chine. Jiang se r\u00e9fugie \u00e0 Formose (Taiwan). Mao sort pour la premi\u00e8re fois de Chine, pour se rendre \u00e0 Moscou.<\/p>\n<p><b>11.<\/b>\u00a0 Le soul\u00e8vement de la Garde nationale et la proclamation de la Commue de Paris en 1871, l\u2019insurrection organis\u00e9e par le Parti bolchevik et la remise du pouvoir aux soviets en 1917 suffisaient \u00e0 fonder un \u00c9tat ouvrier, alors qu\u2019il n\u2019y avait pas encore expropriation du capital, sans parler d\u2019un plan pour l\u2019\u00e9conomie. Mais l\u2019avanc\u00e9e de l\u2019Arm\u00e9e de l\u2019URSS en Europe centrale en 1944-45, la prise du pouvoir en 1944 par Tito en Yougoslavie et par Hoxha en Albanie, la prise du pouvoir par Mao en 1949, la prise du pouvoir par Castro en 1959, ne permettaient pas de conclure \u00e0 la fondation d\u2019un \u00c9tat ouvrier, car il ne s\u2019agissait pas de directions prol\u00e9tariennes et internationalistes. Dans un premier temps, Mao tente de pr\u00e9server l\u2019alliance avec la bourgeoisie, en installant un gouvernement de coalition, en limitant les nationalisations et en r\u00e9primant les militants r\u00e9volutionnaires, en particulier ceux du Parti communiste r\u00e9volutionnaire (section chinoise de la 4e Internationale).<\/p>\n<h3>1950-1992\u00a0: les vicissitudes d\u2019un \u00c9tat ouvrier aux mains d\u2019une bureaucratie stalinienne<\/h3>\n<p><b>12.<\/b>\u00a0 Dans des circonstances exceptionnelles, des partis petits-bourgeois, y compris les staliniens peuvent aller plus loin qu\u2019ils ne l\u2019avaient pr\u00e9vu dans la rupture avec la bourgeoisie. La 4e Internationale l\u2019envisageait \u00e0 sa fondation et le d\u00e9but de la 2e Guerre mondiale l\u2019avait confirm\u00e9, selon Trotsky. La d\u00e9faite du Guomindang donne une violente impulsion aux r\u00e9volutions cor\u00e9enne et indochinoise. Mais l\u2019imp\u00e9rialisme n\u2019a pas dit son dernier mot. Les \u00c9tats-Unis d\u00e9cr\u00e8tent le blocus de la Chine. Le Guomindang menace la r\u00e9volution \u00e0 partir de Taiwan. L\u2019arm\u00e9e am\u00e9ricaine, au nom de l\u2019ONU, refoule en 1950 l\u2019arm\u00e9e de la Cor\u00e9e du nord jusqu\u2019aux fronti\u00e8res de la Chine, sans qu\u2019il soit s\u00fbr qu\u2019elle s\u2019y arr\u00eate. Le PCC envoie l\u2019APL, sous forme de \u00ab\u00a0volontaires\u00a0\u00bb chinois, affronter en Cor\u00e9e les troupes des \u00c9tats-Unis. Les capitalistes chinois et les d\u00e9bris du Guomindang, que Mao tentait de m\u00e9nager et d\u2019int\u00e9grer, sabotent la guerre. De 1950 \u00e0 1955, le PCC exproprie les propri\u00e9taires fonciers et les capitalistes, jette en prison ou pousse au suicide les anciens membres du Guomindang. La plupart des propri\u00e9taires fonciers sont ex\u00e9cut\u00e9s par les paysans pauvres. La plupart des capitalistes qui \u00e9taient rest\u00e9s apr\u00e8s 1949 se r\u00e9fugient \u00e0 Hongkong ou \u00e0 Taiwan. <\/p>\n<p><b>13.<\/b>\u00a0 Sur la base de l\u2019appropriation collective des principaux moyens de production, du monopole du commerce ext\u00e9rieur et du premier plan quinquennal (1953-1958), les rapports sociaux de production ne sont plus capitalistes. L\u2019\u00e9conomie ne repose plus sur la production de marchandises permettant de r\u00e9aliser la plus-value issue de l\u2019exploitation, par les d\u00e9tenteurs priv\u00e9s des moyens de production, d\u2019une main-d\u2019\u0153uvre vendant elle-m\u00eame sa force de travail. La Chine ne devient pas \u00e0 proprement parler socialiste, ce qui est impossible \u00e0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019un seul pays, a fortiori arri\u00e9r\u00e9. Mais elle a jet\u00e9 les premi\u00e8res bases du socialisme, elle constitue une formation sociale interm\u00e9diaire, un \u00ab\u00a0\u00c9tat ouvrier\u00a0\u00bb. L\u2019industrie extractive, l\u2019industrie manufacturi\u00e8re, l\u2019industrie du b\u00e2timent et des travaux publics, les transports des biens, etc. sont d\u00e9sormais organis\u00e9s \u00e0 l\u2019avance, suivant un plan autorisant un d\u00e9veloppement des forces productives de type non capitaliste. La Chine est pour la premi\u00e8re fois unifi\u00e9e depuis l\u2019affaissement de l\u2019empire (mis \u00e0 part Taiwan, prot\u00e9g\u00e9 par les \u00c9tats-Unis) et elle acquiert une base industrielle, \u00e9duque les enfants, \u00e9mancipe les femmes. La troisi\u00e8me r\u00e9volution chinoise procure aux ouvriers, aux paysans, aux jeunes, aux femmes, des acquis consid\u00e9rables, dont la garantie de l\u2019emploi dans les campagnes et dans les villes. <\/p>\n<p><b>14.<\/b>\u00a0 Le PCC n\u2019est pour autant pas un parti centriste, encore moins r\u00e9volutionnaire, comme l\u2019affirme la direction de la 4e Internationale qui, apr\u00e8s avoir courtis\u00e9 Tito, renie ses propres camarades du PCR. Pablo, Mandel, Frank et Maitan consid\u00e8rent que le PCC n\u2019est plus stalinien et applique la \u00ab\u00a0r\u00e9volution permanente\u00a0\u00bb. En 1951, un congr\u00e8s mondial ent\u00e9rine la r\u00e9vision du programme de la 4e Internationale. Cela donne les mains libres au secr\u00e9tariat international pabliste pour la liquider, en transformant les organisations trotskystes en auxiliaires du stalinisme et du nationalisme, qui sont d\u00e9sormais investis de la mission de mener la r\u00e9volution dans les pays capitalistes et de r\u00e9former les \u00c9tats ouvriers. La 4e Internationale ne s\u2019en remettra pas. En fait, tout en accomplissant une \u0153uvre progressiste en collectivisant les principaux moyens de production, les partis staliniens ne m\u00e8nent aucunement la r\u00e9volution socialiste mondiale. Ils ne peuvent se substituer \u00e0 des partis ouvriers r\u00e9volutionnaires bas\u00e9s sur le marxisme. La bureaucratie russe, la bureaucratie yougoslave, la bureaucratie chinoise et, plus tard, la bureaucratie cubaine partagent la pr\u00e9tention de r\u00e9aliser le socialisme dans un seul pays tout en opprimant la classe ouvri\u00e8re, ce qui sert \u00e0 la bourgeoise mondiale \u00e0 discr\u00e9diter le socialisme aux yeux de nombreux travailleurs. De mani\u00e8re compl\u00e9mentaire, les bureaucraties utilisent le prestige qu\u2019elles ont gagn\u00e9 par leur r\u00e9sistance \u00e0 l\u2019imp\u00e9rialisme et par l\u2019expropriation pour pr\u00eacher la collaboration de classes et la \u00ab\u00a0r\u00e9volution par \u00e9tapes\u00a0\u00bb, pour emp\u00eacher la r\u00e9volution socialiste. <\/p>\n<p><b>15.<\/b>\u00a0 La suppression du capitalisme en Chine et la cristallisation simultan\u00e9e d\u2019une nouvelle bureaucratie qui la contr\u00f4le ne peuvent \u00eatre appr\u00e9hend\u00e9e qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale et non en se situant \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du pays. Seule la succession de la crise capitaliste mondiale, le conflit inter-imp\u00e9rialiste et la vague r\u00e9volutionnaire qui a suivi ont prolong\u00e9 le r\u00e8gne de Staline et de la bureaucratie privil\u00e9gi\u00e9e et usurpatrice qu\u2019il incarnait. Confront\u00e9 au Guomindang et au Japon, le PCC n\u2019\u00e9tait pas un parti paysan (car la paysannerie est incapable de tout r\u00f4le propre significatif), ni bourgeois de type jacobin (le temps de tels partis est r\u00e9volu), mais bien un parti stalinien, adoss\u00e9 \u00e0 la bureaucratie de l\u2019URSS. Quoique nationaliste, le PCC n\u2019est pas, \u00e0 cette \u00e9poque, un parti bourgeois, comme si la bourgeoisie \u00e9tait capable de telles transformations sociales \u00e0 l\u2019\u00e9poque de son d\u00e9clin. Ce que fait ce parti, durant la guerre civile puis au pouvoir, d\u00e9coule de l\u2019existence de l\u2019\u00c9tat ouvrier d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 voisin, qui comporte encore un h\u00e9ritage de la r\u00e9volution russe. \u00c0 partir de 1950, le PCC devient l\u2019outil politique d\u2019une bureaucratie privil\u00e9gi\u00e9e qui, sur le mod\u00e8le de l\u2019URSS, pille la nouvelle Chine, usurpe le pouvoir des producteurs, impose un r\u00e9gime policier, ex\u00e9cute ou emprisonne les trotskystes. Avec avidit\u00e9, les anciens chefs de guerre se partagent les postes du nouvel \u00c9tat et proclament avoir r\u00e9alis\u00e9 le socialisme. Il en r\u00e9sulte l\u2019identit\u00e9 de nature avec l\u2019URS\u00a0: l\u2019\u00c9tat ouvrier chinois est, d\u2019embl\u00e9e, bureaucratique. Le PCC mod\u00e8le ouvertement la Chine sur l\u2019\u00c9tat ouvrier d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 issu de la contre-r\u00e9volution stalinienne, avec l\u2019aide de conseillers venus d\u2019URSS. Toutes les bureaucraties \u00e9tatiques de ce type oscillent entre le prol\u00e9tariat mondial et la bourgeoisie mondiale. Cependant, elles ne constituent pas la classe exploiteuse d\u2019un nouveau mode de production\u00a0: elles n\u2019ont pas de place, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019histoire. Soit le prol\u00e9tariat renverse la caste usurpatrice et \u00e9tend la r\u00e9volution socialiste, soit la bourgeoisie mondiale r\u00e9tablit le capitalisme en renversant la bureaucratie \u00e9tatique ou en s\u2019appuyant sur elle.<\/p>\n<p><b>16.<\/b>\u00a0 La transition au socialisme exige l\u2019extension de la r\u00e9volution mondiale, que la bureaucratie en place entrave par sa collaboration avec la bourgeoisie des pays capitalistes et sa contribution au maintien de l\u2019ordre mondial. La bureaucratie chinoise, pour se concilier l\u2019imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain, fait capituler le Parti communiste indon\u00e9sien devant la bourgeoisie nationale. Le boucher Suharto, avec l\u2019aide de la CIA et des islamistes, \u00e9crase la classe ouvri\u00e8re ainsi d\u00e9sarm\u00e9e en 1965, massacrant par centaines de milliers les militants communistes, les syndicalistes et les Chinois. Cette d\u00e9faite ouvre la voie \u00e0 l\u2019intervention am\u00e9ricaine en Indochine. En Indon\u00e9sie, la dictature militaire de Suharto va survivre jusqu\u2019en 1997. En 1972, \u00e0 l\u2019apog\u00e9e de l\u2019agression imp\u00e9rialiste contre le Vietnam, Mao Zedong et Zhou Enlai re\u00e7oivent le pr\u00e9sident am\u00e9ricain Nixon \u00e0 P\u00e9kin. En 1973, Mao et Zhou refusent de condamner le coup d\u2019\u00c9tat de Pinochet et reconna\u00eet la dictature militaire au Chili.<\/p>\n<p><b>17.<\/b>\u00a0 La transition au socialisme exige la libre activit\u00e9 des prol\u00e9taires, l\u2019\u00e9l\u00e9vation de leur niveau culturel, la formation la plus compl\u00e8te possible de leurs enfants, le contr\u00f4le des travailleurs des villes et des campagnes sur le plan. De 1950 \u00e0 1992, la bureaucratie de la Cit\u00e9 interdite inflige au prol\u00e9tariat et au peuple une s\u00e9rie de zigzags. Elle oscille entre d\u2019une part les concessions aux m\u00e9canismes de march\u00e9 et l\u2019ouverture au capital \u00e9tranger\u00a0; d\u2019autre part, l\u2019autarcie impossible et l\u2019encadrement totalitaire de la population. Cela conduit \u00e0 des d\u00e9chirements p\u00e9riodiques en son sein. <\/p>\n<p><b>18.<\/b>\u00a0 En 1953, le premier plan quinquennal est calqu\u00e9 sur ceux de l\u2019URSS, en particulier il donne la priorit\u00e9 \u00e0 l\u2019industrie lourde, des \u00e9tudiants sont envoy\u00e9s en masse en URSS. En 1953, la bureaucratie chinoise condamne le soul\u00e8vement des ouvriers en Allemagne de l\u2019Est. En 1956, elle critique son mentor d\u2019URSS pour \u00eatre trop indulgent \u00e0 l\u2019\u00e9gard du mouvement des masses en Pologne et en Hongrie. Le PCC lib\u00e9ralise la vie intellectuelle en 1957\u00a0; Mao invite m\u00eame \u00e0 la critique (les \u00ab\u00a0Cent fleurs\u00a0\u00bb). Comme les \u00e9tudiants et les intellectuels en profitent pour mettre en cause la bureaucratie, le PCC, sous la houlette de Mao et de Deng Xiaoping, les r\u00e9prime violemment et massivement avec la \u00ab\u00a0campagne antidroiti\u00e8re\u00a0\u00bb (sic). L\u2019APL \u00e9crase le soul\u00e8vement \u00e0 direction cl\u00e9ricale du Tibet en 1959 et, alors seulement, le PCC abolit le servage, puis redistribue les terres en 1961. <\/p>\n<p><b>19.<\/b>\u00a0 Hostile \u00e0 la \u00ab\u00a0d\u00e9stalinisation\u00a0\u00bb et aux r\u00e9formes de Khrouchtchev, qui lui semblent ouvrir la porte aux dangers de la r\u00e9volution antibureaucratique ou de la contre-r\u00e9volution capitaliste, Mao lance en 1958 le \u00ab\u00a0Grand bond en avant\u00a0\u00bb. Celui-ci comprend des grands travaux et l\u2019\u00e9dification d\u2019une industrie locale, mais fixe aussi des objectifs d\u00e9mesur\u00e9s. Pire, il collectivise de mani\u00e8re aussi pr\u00e9matur\u00e9e que forc\u00e9e les campagnes. Les paysans sont regroup\u00e9s en \u00ab\u00a0communes populaires\u00a0\u00bb, devant \u00eatre autosuffisantes, de 5\u00a0000 familles encadr\u00e9es de mani\u00e8re autoritaire. Les r\u00e9coltes sont si catastrophiques qu\u2019elles entra\u00eenent la famine en 1960. L\u2019industrie nationale est priv\u00e9e de mati\u00e8res premi\u00e8res et de d\u00e9bouch\u00e9s. Elle souffre en outre du retrait criminel des 1\u00a0300 experts de l\u2019URSS en 1960 qui aggrave les effets du blocus organis\u00e9 par les \u00c9tats-Unis. La direction du PCC \u00e9carte en 1961 Mao. Liu Shaoqi et Deng Xiaoping reviennent aux m\u00e9thodes alors en cours en URSS\u00a0: la planification centralis\u00e9e, la formation scientifique et technique, l\u2019autorit\u00e9 des directeurs des entreprises, la restitution des lopins individuels aux paysans, des concessions en mati\u00e8re de salaires\u2026 <\/p>\n<p><b>20.<\/b> Reste que Mao a gard\u00e9 un prestige que ses adversaires n\u2019osent pas remettre en cause et qu\u2019il conserve l\u2019atout de la police secr\u00e8te par l\u2019interm\u00e9diaire du fid\u00e8le tortionnaire Kang Sheng. En 1966, il prend le contr\u00f4le de l\u2019arm\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 Lin Biao qui y impose le \u00ab\u00a0petit livre rouge\u00a0\u00bb et le culte de la \u00ab\u00a0pens\u00e9e Mao Zedong\u00a0\u00bb. Ainsi assur\u00e9, Mao d\u00e9clenche la \u00ab\u00a0Grande r\u00e9volution culturelle prol\u00e9tarienne chinoise\u00a0\u00bb (GRCPC) qui lance les \u00ab\u00a0gardes rouges\u00a0\u00bb contre la fraction de Liu Shaoqi. Ces gardes rouges n\u2019ont rien \u00e0 voir avec les ouvriers en armes de la r\u00e9volution russe\u00a0; sous ce vocable ronflant, les \u00e9tudiants sont encourag\u00e9s \u00e0 s\u2019en prendre aux bureaucrates privil\u00e9gi\u00e9s, rebaptis\u00e9s \u00ab\u00a0bourgeois\u00a0\u00bb pour la circonstance, et ne s\u2019en privent pas. La r\u00e9volte des jeunes est ainsi canalis\u00e9e contre les adversaires de Mao. Le seul livre ayant cours est le recueil de citations du g\u00e9nie infaillible. L\u2019idol\u00e2trie du \u00ab\u00a0grand timonier\u00a0\u00bb, l\u2019ignorance crasse du marxisme, la d\u00e9nonciation de la cr\u00e9ation artistique, le m\u00e9pris de la science et la x\u00e9nophobie imb\u00e9cile caract\u00e9risent ce mouvement de d\u00e9class\u00e9s. Les affrontements se multiplient, car les adversaires de Mao ripostent par la cr\u00e9ation de leurs propres \u00ab\u00a0gardes rouges\u00a0\u00bb. Les bandes mao\u00efstes mettent \u00e0 sac les monast\u00e8res de Lhassa en 1967, ce qui nourrit le sentiment national des Tib\u00e9tains. Des v\u00e9t\u00e9rans de la guerre civile sont humili\u00e9s et tortur\u00e9s. <\/p>\n<p><b>21.<\/b>\u00a0 Voyant la bureaucratie divis\u00e9e et paralys\u00e9e, les travailleurs tentent de saisir l\u2019occasion d\u2019imposer leur propre voix en 1967 (\u00ab\u00a0commune de Shanghai\u00a0\u00bb), ce qui est imm\u00e9diatement condamn\u00e9 par Mao. D\u00e8s lors, l\u2019arm\u00e9e et la police secr\u00e8te r\u00e9instaurent l\u2019ordre\u00a0: les \u00ab\u00a0gardes rouges\u00a0\u00bb sont dissouts et r\u00e9prim\u00e9s, les plus radicaux sont ex\u00e9cut\u00e9s ou emprisonn\u00e9s, les plus nombreux sont envoy\u00e9s par millions se faire\u00ab\u00a0r\u00e9\u00e9duquer\u00a0\u00bb (dans les campagnes\u00a0!) par les tartuffes qui ont brim\u00e9 leur sexualit\u00e9 et qui les ont priv\u00e9s de formation. Mao sort apparemment victorieux du conflit intrabureaucratique, puisque Liu Shaoqi est exclu en 1968 et meurt, en prison, en 1969. En r\u00e9alit\u00e9, la bureaucratie s\u2019est ressoud\u00e9e autour de Zhou Enlai sur un la base d\u2019un compromis. En 1971, la Chine commence \u00e0 \u00e9changer secr\u00e8tement des renseignements militaires sur l\u2019URSS avec les \u00c9tats-Unis\u00a0; Nixon est re\u00e7u officiellement \u00e0 P\u00e9kin en 1972, au plus fort des bombardements sur le Vietnam, ce qui va permettre la lev\u00e9e du blocus am\u00e9ricain. Au plan interne, Lin Biao est \u00e9limin\u00e9 en 1971 et Deng Xiaoping r\u00e9appara\u00eet en 1973.<\/p>\n<p><b>22.<\/b>\u00a0 Mao meurt en 1976. Aussit\u00f4t, Hua Guofeng, le nouveau Premier Ministre, fait arr\u00eater la \u00ab\u00a0bande des quatre\u00a0\u00bb, ce qui reste des dirigeants qui avaient lanc\u00e9 la GRCPC. Fin 1978, Deng prend le contr\u00f4le du PCC en s\u2019appuyant sur les pr\u00e9occupations de la bureaucratie devant l\u2019impasse \u00e9conomique de l\u2019autarcie et du volontarisme, ainsi que sur l\u2019aspiration des masses au desserrement du totalitarisme mao\u00efste et au calme. La Chine envahit en 1979 le Vietnam, vainqueur des \u00c9tats-Unis en 1975, mais doit reculer. Deng r\u00e9affirme en 1979 le monopole du parti unique, tout en tol\u00e9rant une vie intellectuelle, artistique et scientifique qui avait disparu sous la \u00ab\u00a0r\u00e9volution culturelle\u00a0\u00bb. Le mod\u00e8le du PCC n\u2019est plus l\u2019URSS \u00e0 bout de souffle, mais plut\u00f4t Singapour, Taiwan ou la Cor\u00e9e du sud, des pays capitalistes qui combinent r\u00e9gimes politiques autoritaires, inscription dans la \u00ab\u00a0mondialisation\u00a0\u00bb et intervention de l\u2019Etat dans l\u2019\u00e9conomie. De la m\u00eame mani\u00e8re que, pr\u00e9c\u00e9demment, la bureaucratie yougoslave, la bureaucratie russe, la bureaucratie hongroise, la bureaucratie chinoise introduit des \u00e9l\u00e9ments de march\u00e9 pour stimuler l\u2019activit\u00e9 et recourt aux groupes capitalistes \u00e9trangers pour acc\u00e9der aux techniques modernes. En 1978, Deng et Chen Yun prennent deux initiatives en ce sens\u00a0: d\u00e9mant\u00e8lement de la collectivisation des campagnes, ouverture de quatre \u00ab\u00a0zones \u00e9conomiques sp\u00e9ciales\u00a0\u00bb ouvertes aux entreprises \u00e9trang\u00e8res dans le sud-est. <\/p>\n<p><b>23.<\/b>\u00a0 En 1980, la RPC adh\u00e8re au FMI et \u00e0 la Banque mondiale. En 1984-85, Deng, Zhao Ziyang et Hu Yaobang d\u00e9veloppent l\u2019industrie des biens de consommation, approfondissent les r\u00e9formes de march\u00e9 et d\u2019ouverture au capital \u00e9tranger. 14 villes c\u00f4ti\u00e8res, dont Canton, Wenzhou et Shanghai, sont autoris\u00e9es \u00e0 cr\u00e9er leur propre zone de d\u00e9veloppement \u00e9conomique et technique ouverte aux investissements \u00e9trangers. Le PCC cr\u00e9e un double syst\u00e8me de prix, supprime la planification imp\u00e9rative, accorde l\u2019autonomie aux entreprises, assouplit le commerce ext\u00e9rieur, dissout les communes populaires\u2026 Beaucoup de ces mesures s\u2019apparentent \u00e0 la \u00ab\u00a0nouvelle politique \u00e9conomique\u00a0\u00bb pr\u00e9conis\u00e9e par L\u00e9nine en 1921. Mais il y a une diff\u00e9rence de taille\u00a0: si la NEP \u00e9tait riche aussi en dangers restaurationnistes, le pouvoir restait d\u00e9tenu en Russie \u00e0 l\u2019\u00e9poque par la classe ouvri\u00e8re, par l\u2019interm\u00e9diaire de son avant-garde internationaliste\u00a0; par contre, le pouvoir en Chine est celui d\u2019une petite bourgeoisie nationaliste. En 1987, le 13e congr\u00e8s du PCC baptise sa politique \u00ab\u00a0nouveau syst\u00e8me de l&rsquo;\u00e9conomie de march\u00e9 planifi\u00e9e\u00a0\u00bb (sic). Les chefs de la bureaucratie pensent sans doute contr\u00f4ler le processus, mais il va les emporter plus loin qu\u2019ils avaient pr\u00e9vu car les temps ont chang\u00e9\u00a0: l\u2019URSS va bient\u00f4t s\u2019\u00e9crouler et, faute de r\u00e9volution antibureaucratique, la vague de mondialisation capitaliste en cours va engloutir ce qui reste de la r\u00e9volution de 1950-1955\u2026 <\/p>\n<h3>1989-1992\u00a0: La bureaucratie \u00e9crase le mouvement des masses et restaure le capitalisme<\/h3>\n<p><b>24.<\/b>\u00a0 Malgr\u00e9 d\u2019innombrables combats et sacrifices des travailleurs et des opprim\u00e9s dans tous les continents, la vague r\u00e9volutionnaire mondiale des ann\u00e9es 1960-1970 n\u2019a pas d\u00e9bouch\u00e9, ni sur le renversement d\u2019une bourgeoisie (sauf celle du Vietnam du Sud), ni sur l\u2019\u00e9viction des bureaucraties privil\u00e9gi\u00e9es et parasitaires des pays o\u00f9 le capitalisme avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment expropri\u00e9. Les bureaucraties au pouvoir dans les \u00c9tats ouvriers d\u00e9form\u00e9s (en particulier URSS, Chine et Cuba), les bureaucraties des organisations ouvri\u00e8res des pays capitalistes (li\u00e9es aux pr\u00e9c\u00e9dentes ou r\u00e9formistes traditionnelles), les organisations nationalistes bourgeoises et petites-bourgeoises sont parvenues \u00e0 contenir la r\u00e9volution (Irlande, France, Italie, Portugal, Nicaragua, Pologne\u2026), voire \u00e0 l\u2019\u00e9craser (Tch\u00e9coslovaquie, Pologne, Bolivie, Palestine, Chili, Liban, Iran, Chine\u2026).<\/p>\n<p><b>25.<\/b>\u00a0 Au cours m\u00eame de la vague r\u00e9volutionnaire, le capitalisme a pourtant manifest\u00e9 une fragilit\u00e9 que ses thurif\u00e9raires r\u00e9formistes et r\u00e9visionnistes estimaient d\u00e9finitivement surmont\u00e9e par l\u2019h\u00e9g\u00e9monie am\u00e9ricaine et la coop\u00e9ration capitaliste internationale, le fordisme et la production de masse, les interventions \u00e9tatiques et les politiques \u00e9conomiques keyn\u00e9siennes. Le taux de profit baissait, les \u00c9tats-Unis connaissaient un d\u00e9ficit commercial in\u00e9dit, le syst\u00e8me mon\u00e9taire international se disloquait, etc. Pour finir, une crise \u00e9conomique mondiale ouverte \u00e9clata en 1973, faisant ressurgir l\u2019inflation et le ch\u00f4mage de masse jusque dans les centres imp\u00e9rialistes. La crise \u00e9conomique imposait \u00e0 la bourgeoisie mondiale une contre-offensive, qui fut permise par la trahison des directions des masses. Dans chaque soci\u00e9t\u00e9 capitaliste, la bourgeoisie a entrepris de liquider les acquis ant\u00e9rieurs en s\u2019appuyant sur les partis r\u00e9formistes et les directions syndicales corrompues\u00a0; \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale, l\u2019imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain a augment\u00e9 la pression \u00e9conomique, diplomatique et militaire contre l\u2019URSS, la Chine, Cuba et la Cor\u00e9e du nord.<\/p>\n<p><b>26.<\/b>\u00a0 Durant la crise capitaliste des ann\u00e9es 1930, l\u2019URSS, avec les premiers plans quinquennaux, \u00e9chappait \u00e0 la crise mondiale. Par contre, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, une crise \u00e9conomique affecte aussi l\u2019URSS et l\u2019Europe centrale. Au m\u00eame moment, la croissance de la Chine et du Vietnam est d\u00e9pass\u00e9e par celle des \u00ab\u00a0tigres\u00a0\u00bb asiatiques voisins (Cor\u00e9e du Sud, Taiwan, Hongkong, Singapour). Le pr\u00e9tendu socialisme dans un seul pays est partout dans l\u2019impasse, \u00e0 cause du caract\u00e8re autoritaire et irrationnel de la direction de l\u2019\u00e9conomie par la minorit\u00e9 bureaucratique et des limites de l\u2019autarcie, car les forces productives ne peuvent se d\u00e9velopper qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale.<\/p>\n<p><b>27.<\/b> En Chine, la lib\u00e9ralisation de l\u2019agriculture et la cr\u00e9ation des \u00ab\u00a0zones \u00e9conomiques sp\u00e9ciales\u00a0\u00bb permettent de renouer avec la croissance. Cependant, les \u00e9carts de revenus se creusent, tant dans les campagnes que les villes, le m\u00e9contentement grandit devant la corruption et l\u2019inflation. Ceci se r\u00e9fracte dans la bureaucratie et dans son parti. Zhao Ziyang est \u00e9cart\u00e9 en 1988 au profit de Li Peng qui g\u00e8le les r\u00e9formes et r\u00e9tablit le contr\u00f4le des prix. De 1988 \u00e0 1991, le pouvoir r\u00e9affirme le r\u00f4le prioritaire et directeur du secteur d\u2019\u00c9tat. Mais l\u2019irruption des masses sur la sc\u00e8ne publique, d\u2019abord \u00e9tudiantes puis ouvri\u00e8res, va d\u00e9cha\u00eener en 1989 la panique de la bureaucratie tout enti\u00e8re qui s\u2019\u00e9meut en outre de ce qui s\u2019amorce en Europe centrale. Deng Xiaoping va faire r\u00e9primer de mani\u00e8re sanglante par l\u2019APL les \u00e9tudiants et surtout les ouvriers de P\u00e9kin qui avaient prot\u00e9g\u00e9 les premiers et commenc\u00e9 \u00e0 constituer leurs propres organisations (un millier de morts et des milliers de bless\u00e9s). Vingt ans apr\u00e8s, il y a encore 130 d\u00e9tenus dans les ge\u00f4les du PCC pour avoir occup\u00e9 la place Tien An Men.<\/p>\n<p><b>28.<\/b>\u00a0 La transition au socialisme ne pouvait avoir lieu que par la r\u00e9volution politique, c\u2019est-\u00e0-dire le renversement de la caste des nouveaux mandarins et de ses forces r\u00e9pressives, l\u2019instauration de la d\u00e9mocratie sovi\u00e9tique, la d\u00e9fense de l\u2019\u00c9tat ouvrier par la pr\u00e9paration de la r\u00e9volution mondiale, en particulier par l\u2019extension de la r\u00e9volution politique en URSS et de la r\u00e9volution sociale en Asie. Dans les ann\u00e9es 1930, la perspective de la r\u00e9volution antibureaucratique en URSS s\u2019appuyait sur la tradition \u2013encore pr\u00e9sente dans la conscience des masses- des soviets et du Parti bolchevik. La troisi\u00e8me r\u00e9volution chinoise ne comporta rien de tel, si bien que, quand une fraction d\u00e9cisive de la bureaucratie entreprit consciemment de restaurer le capital en 1991-92, plus aucune g\u00e9n\u00e9ration n\u2019avait connu de conseils ouvriers ni de parti r\u00e9volutionnaire. Les intellectuels, les paysans, les jeunes ne cherchaient pas \u00e0 d\u00e9fendre le socialisme, qui avait pour eux le visage de l\u2019oppression et de la pauvret\u00e9. <\/p>\n<p><b>29.<\/b>\u00a0 Pour une alternative au capitalisme, il a manqu\u00e9 un parti de type bolchevik-l\u00e9niniste, c\u2019est-\u00e0-dire un regroupement, m\u00eame petit au d\u00e9part, de l\u2019avant-garde ouvri\u00e8re capable de rassembler les travailleurs des villes, les paysans, les jeunes en formation, de les unir contre la bureaucratie mao\u00efste, de leur donner une direction, de les lier au prol\u00e9tariat mondial par une internationale ouvri\u00e8re r\u00e9volutionnaire. La mainmise de l\u2019IC stalinis\u00e9e sur le PCC, la r\u00e9pression du Guomindang et du PCC devenu stalinien contre la Ligue communiste dans les ann\u00e9es 1930, l\u2019acharnement du pouvoir contre le Parti communiste r\u00e9volutionnaire \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1940 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 1950, la destruction de la 4e Internationale sous la pression du stalinisme ont emp\u00each\u00e9 son \u00e9mergence. Toute tentative par les masses de diriger leurs affaires s\u2019est heurt\u00e9e \u00e0 la r\u00e9pression de l\u2019APL et du PCC, lors de la chute de Jiang Jieshi (1949), des Cent fleurs (1957), de la Commune de Shanghai (1967) et du soul\u00e8vement de Tiananmen (1989). <\/p>\n<p><b>30.<\/b> En 1989, un march\u00e9 du travail est partiellement r\u00e9tabli, alors que les travailleurs \u00e9taient tous autrefois affect\u00e9s administrativement. Les gains de productivit\u00e9 dans l\u2019agriculture lib\u00e8rent une main-d\u2019\u0153uvre qui se d\u00e9place pour vendre sa force de travail dans le secteur informel des m\u00e9tropoles ou dans les usines des zones \u00e9conomiques sp\u00e9ciales de la c\u00f4te (ZES). Des filiales de groupes \u00e9trangers et des capitalistes locaux y exploitent ces prol\u00e9taires. Le capitalisme r\u00e9appara\u00eet en RPC comme relation entre la force de travail et le capital. En outre, la lib\u00e9ralisation de l\u2019agriculture, l\u2019autonomie des entreprises, le trafic sur les deux syst\u00e8mes de prix, la libert\u00e9 d\u2019exportation des zones \u00e9conomiques sp\u00e9ciales ont permis une accumulation de capital-argent par de nombreux \u00e9l\u00e9ments de la bureaucratie\u00a0: chefs de l\u2019arm\u00e9e, dirigeants d\u2019entreprises, hauts fonctionnaires, responsables nationaux du parti, dirigeants des provinces, dirigeants des villes\u2026 Nombre d\u2019entre eux, surtout \u00e0 l\u2019est, ont tiss\u00e9 des liens avec les capitalistes hans de Hong Kong et de Taiwan via les ZES ou en pla\u00e7ant leur argent \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. En 1990, une Bourse s\u2019ouvre \u00e0 Shanghai et une autre en 1991 \u00e0 Shenzhen. La fraction qui tente de pr\u00e9server l\u2019ancien syst\u00e8me est mise en minorit\u00e9 en novembre 1991. L\u2019effondrement de l\u2019URSS \u00e0 la suite des r\u00e9formes politiques et \u00e9conomiques de Gorbatchev et la d\u00e9cision d\u2019Eltsine de r\u00e9tablir le capitalisme en Russie confortent les anciens bureaucrates devenus capitalistes ou qui aspirent \u00e0 le devenir. Deng Xiaoping, Jiang Zemin, Li Peng et Zhu Rongji expriment les aspirations de la classe capitaliste en gestation \u00e0 restaurer totalement le capitalisme et \u00e0 transformer la Chine en une puissance imp\u00e9rialiste.<\/p>\n<p><b>31.<\/b>\u00a0 En janvier 1992, lors d\u2019un d\u00e9placement dans les ZES, Deng, malgr\u00e9 son \u00e2ge, donne le coup d\u2019envoi officiel \u00e0 leur g\u00e9n\u00e9ralisation. \u00c0 l\u2019automne, le 14e congr\u00e8s du PCC s\u2019assigne un nouveau but\u00a0: \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9conomie socialiste de march\u00e9\u00a0\u00bb (sic). \u00c0 partir de 1992, les prix sont progressivement lib\u00e9r\u00e9s ainsi que les \u00e9changes ext\u00e9rieurs. En 1993, pour la premi\u00e8re fois, une soci\u00e9t\u00e9 de la RPC est cot\u00e9e \u00e0 la Bourse de Hongkong. La m\u00eame ann\u00e9e, le pouvoir ent\u00e9rine la diversit\u00e9 des formes de propri\u00e9t\u00e9 et permet la cr\u00e9ation de soci\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es (SARL et SA). En 1994, il r\u00e9forme le syst\u00e8me bancaire, la fiscalit\u00e9, le change. En 1997, l\u2019\u00c9tat se d\u00e9sengage de la plus grande partie de l\u2019industrie, si bien que, en 10 ans, 50 millions de travailleurs sont licenci\u00e9s des entreprises \u00e9tatiques et perdent toute protection sociale. L\u2019\u00e9tat-major de l\u2019APL contr\u00f4le de grands groupes industriels, sur le mod\u00e8le de l\u2019arm\u00e9e capitaliste turque. En 1997, Hongkong est r\u00e9troc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la Chine\u00a0; en 1999, c\u2019est au tour de Macao. Les deux deviennent des \u00ab\u00a0r\u00e9gions administratives sp\u00e9ciales\u00a0\u00bb dans lesquelles \u00ab\u00a0le syst\u00e8me capitaliste demeurera sans changement pendant 50 ans\u00a0\u00bb. La Bourse de Hongkong est, depuis, le principal point d\u2019entr\u00e9e des capitaux \u00e9trangers en Chine. En outre, le rattachement de Hongkong et de Macao a ouvert la RPC au crime organis\u00e9 (les \u00ab\u00a0triades\u00a0\u00bb), d\u2019autant que le gouvernement restaurationniste t\u00e9moigne de mansu\u00e9tude \u00e0 son \u00e9gard. En 1999, le r\u00e9gime reconna\u00eet officiellement le r\u00f4le des entreprises priv\u00e9es. En d\u00e9cembre 2001, la Chine entre \u00e0 l\u2019Organisation mondiale du commerce. Le 16e congr\u00e8s du PCC ouvre officiellement en 2002 le parti aux \u00ab\u00a0entrepreneurs\u00a0\u00bb. \u00c0 partir de 2002, les groupes \u00e9trangers peuvent investir dans les banques et les assurances. En 2004, la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e est d\u00e9clar\u00e9e inviolable. \u00c0 cette date, les entreprises publiques n\u2019occupent plus que 32\u00a0% de la main-d\u2019\u0153uvre industrielle contre 80\u00a0% en 1978. L\u2019interdiction faite aux entreprises priv\u00e9es d\u2019intervenir dans certains secteurs (infrastructures, services publics, services financiers) est lev\u00e9e en 2005. En 2007, la Chine compte au moins 66 milliardaires en dollars\u00a0; en 2007, elle est au 5e rang mondial du nombre de millionnaires en dollars (apr\u00e8s les \u00c9tats-Unis, le Japon, l\u2019Allemagne, devant la France et la Grande-Bretagne). Le PCC rencontre en 2005 le Guomindang\u00a0; en 2008, les deux partis se retrouvent \u00e0 nouveau. Fin d\u00e9cembre 2007, la Bourse de Shanghai occupe le 2e rang mondial en termes de capitalisation, assez loin derri\u00e8re New York (15\u00a0650 milliards de dollars) mais devant Tokyo (4\u00a0330 milliards). Celle de Hongkong sert \u00e0 la privatisation des industries rentables et des banques.<\/p>\n<h3>Pour une r\u00e9volution prol\u00e9tarienne qui conqui\u00e8re les libert\u00e9s et chasse la nouvelle bourgeoisie<\/h3>\n<p><b>32.<\/b>\u00a0 Une contre-r\u00e9volution sociale est men\u00e9e de mani\u00e8re consciente en 1992, pr\u00e9par\u00e9e par l\u2019\u00e9viction politique du prol\u00e9tariat de 1949, les r\u00e9pressions de 1957, de 1967 et de 1989. Le PCC abandonne toute pr\u00e9tention \u00e9galitaire et a pour r\u00f4le d\u2019\u00e9craser la r\u00e9sistance \u00e0 la liquidation de la propri\u00e9t\u00e9 collective et de la protection sociale qui en d\u00e9coulait (\u00ab\u00a0le bol de riz en fer\u00a0\u00bb), \u00e0 la mise en place de rapports de production capitalistes et de leur expression juridique, la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e des moyens de production. L\u2019\u00c9tat qui est aux mains d\u2019un parti unique domin\u00e9 par des capitalistes, qui mise sur le nationalisme pour assurer la coh\u00e9sion sociale, qui a liquid\u00e9 la propri\u00e9t\u00e9 collective et qui cr\u00e9e l\u2019environnement \u00e9conomique et juridique n\u00e9cessaire au capitalisme est un \u00c9tat bourgeois. La transformation de la RPC en \u00ab\u00a0atelier du monde\u00a0\u00bb, la domination du march\u00e9 (donc de la loi de la valeur), la r\u00e9apparition d\u2019une classe ouvri\u00e8re exploit\u00e9e (incluant des enfants, des ouvriers agricoles) et du ch\u00f4mage (probablement 10\u00a0% de la population active), la reconstitution d\u2019une bourgeoisie exploiteuse (compos\u00e9e d\u2019ex-bureaucrates, de maffieux et de capitalistes chinois de l\u2019\u00e9tranger), l\u2019aggravation des in\u00e9galit\u00e9s (les 10\u00a0% les plus riches accaparent 45\u00a0% des richesses\u00a0; les 10\u00a0% les plus pauvres n\u2019en obtiennent que 1,5\u00a0%) attestent de la r\u00e9gression capitaliste. <\/p>\n<p><b>33.<\/b>\u00a0 La restauration du capitalisme dans le pays le plus peupl\u00e9 du monde est une d\u00e9faite pour la classe ouvri\u00e8re mondiale, qui s\u2019ajoute \u00e0 celle en Russie et qui en proc\u00e8de largement. Le r\u00e9tablissement de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e des moyens de production, de la marchandisation de la force de travail et du r\u00e8gne du profit en Russie, en Europe centrale et en Chine a aliment\u00e9, subjectivement, la d\u00e9moralisation et le scepticisme de la classe ouvri\u00e8re des centres imp\u00e9rialistes, en outre en butte \u00e0 ses propres reculs et d\u00e9faites. Il a contribu\u00e9, objectivement, au redressement du taux de profit, en faisant baisser la composition organique du capital total et en augmentant le taux d\u2019exploitation moyen. Cette restauration fut un moyen pour le capitalisme de surmonter la crise dite \u00ab\u00a0asiatique\u00a0\u00bb de 1997-1998, crise qui a acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 l\u2019int\u00e9gration de la Chine au march\u00e9 mondial par l\u2019accueil des capitaux venus des pays en crise en Asie du sud-est. Le revers est que le syst\u00e8me bancaire d\u00e9tient d\u2019\u00e9normes cr\u00e9ances sur les \u00c9tats-Unis, qu\u2019une r\u00e9cession de la RPC aurait des cons\u00e9quences n\u00e9gatives pour l\u2019\u00e9conomie capitaliste mondiale, au premier chef l\u2019Asie de l\u2019est et l\u2019Oc\u00e9anie, que les importations de Chine ne jouent plus leur r\u00f4le d\u00e9sinflationniste mondial, etc.<\/p>\n<p><b>34.<\/b>\u00a0 Lors de sa r\u00e9insertion dans la division internationale du travail, la Chine a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la taille et du niveau d\u2019\u00e9ducation de sa population, de ses infrastructures et de son industrialisation cons\u00e9cutives \u00e0 la r\u00e9volution, de la proximit\u00e9 de la diaspora capitaliste han et de la co\u00efncidence de son ouverture avec le mouvement d\u2019internationalisation des grands groupes capitalistes. Elle est devenue le premier producteur du monde de camions, de jouets, de t\u00e9l\u00e9phones mobiles, de t\u00e9l\u00e9viseurs, d\u2019appareils \u00e9lectrom\u00e9nagers, le troisi\u00e8me fabricant de mat\u00e9riel \u00e9lectronique. Ses exportations de biens la placent au troisi\u00e8me rang mondial, derri\u00e8re l\u2019Allemagne et les \u00c9tats-Unis. Si elle reste le premier exportateur de textile, leur composition \u00e9volue\u00a0: les deux premiers postes sont le mat\u00e9riel informatique (15\u00a0% de la valeur des exportations) et le mat\u00e9riel de t\u00e9l\u00e9communication (8\u00a0%). Le PIB de la Chine d\u00e9passe celui de l&rsquo;Allemagne, derri\u00e8re les \u00c9tats-Unis et le Japon. Le PIB par t\u00eate est pass\u00e9 de 386 dollars en 1990 \u00e0 2\u00a0228 dollars en 2005. La consommation finale a augment\u00e9 durant la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dente \u00e0 un rythme de +\u00a08\u00a0%par an. C\u2019est le r\u00e9sultat d\u2019une croissance soutenue depuis un quart de si\u00e8cle \u00e0 raison d\u2019environ 8\u00a0% par an, qui atteindrait +\u00a011\u00a0% en 2008. <\/p>\n<p><b>35.<\/b>\u00a0 Pour l\u2019instant, avec plus de 20\u00a0% de la population mondiale (1,3 milliard d\u2019habitants), la RPC ne contribue qu\u2019\u00e0 moins de 6\u00a0% de la production mondiale, soit 1\/5e de la production des pays de l\u2019Union europ\u00e9enne (qui cr\u00e9ent presque 30\u00a0% du PIB mondial), alors que les \u00c9tats-Unis, avec seulement 5\u00a0% de la population mondiale, fournissent plus de 25\u00a0% de la production mondiale. Son revenu par habitant la classe au 129e rang mondial en 2006, nettement derri\u00e8re l\u2019Iran et le Br\u00e9sil. Presque la moiti\u00e9 de la population est encore rurale. La r\u00e9apparition du travail des enfants et la d\u00e9t\u00e9rioration du sort de millions de filles et de femmes (infanticides, mariages forc\u00e9s, prostitution\u2026) la ram\u00e8nent aux pays arri\u00e9r\u00e9s. La croissance reste d\u00e9pendante des \u00e9changes ext\u00e9rieurs, car une partie significative de la population restant pauvre, la consommation finale est limit\u00e9e. Or, les exportations risquent de p\u00e2tir de la r\u00e9cession am\u00e9ricaine (d\u2019autant que le yuan tend \u00e0 s\u2019appr\u00e9cier par rapport au dollar am\u00e9ricain, mais aussi \u00e0 l\u2019euro), alors que les importations augmentent (la Chine est le 3e importateur du monde)\u00a0: en particulier, l\u2019industrie est de plus en plus utilisatrice de composants import\u00e9s. Les salaires augmentent, ce qui r\u00e9duit l\u2019avantage de la Chine. Parmi les autres fragilit\u00e9s de l\u2019\u00e9conomie chinoise, figurent la p\u00e9nurie d\u2019\u00e9nergie, la d\u00e9pendance grandissante envers l\u2019\u00e9tranger pour nombre de mati\u00e8res premi\u00e8res et le p\u00e9trole, l\u2019inflation qui est officiellement de +\u00a06\u00a0% (mais de +\u00a018\u00a0% pour les produits alimentaires)\u00a0; la pollution, le manque d\u2019eau potable, la diminution des terres cultivables et la d\u00e9t\u00e9rioration inou\u00efe de l\u2019environnement\u2026<\/p>\n<p><b>36.<\/b>\u00a0 La nouvelle bourgeoisie essaie de se constituer en imp\u00e9rialisme, mais la place est d\u00e9j\u00e0 occup\u00e9e par l\u2019imp\u00e9rialisme dominant (\u00c9tats-Unis) et par ses rivaux, les imp\u00e9rialismes secondaires (Japon, Allemagne, France, Grande-Bretagne\u2026). Son propre militarisme est d\u2019envergure r\u00e9duite. Par exemple, l\u2019arm\u00e9e chinoise ne d\u00e9tient ni base \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, ni porte-avions. Certes, l\u2019APL participe \u00e0 la force de l\u2019ONU au Liban, mais le bataillon chinois (182 soldats du g\u00e9nie) est occup\u00e9 \u00e0 d\u00e9miner. En Afrique, l\u2019arm\u00e9e chinoise a particip\u00e9 \u00e0 plusieurs op\u00e9rations de maintien de la paix (C\u00f4te d\u2019Ivoire, \u00c9rythr\u00e9e, RDC, Sahara occidental, Lib\u00e9ria, Darfour) mais avec seulement quelques dizaines de militaires \u00e0 chaque fois. Si la Chine a sign\u00e9 des accords de partenariat militaire avec des pays africains, c\u2019est avec ceux qui lui fournissent du p\u00e9trole et du gaz\u00a0: Alg\u00e9rie, \u00c9gypte, Nigeria, Soudan\u00a0; mais elle n\u2019est pas leur principal client (mis \u00e0 part le Soudan) et l\u2019arm\u00e9e chinoise n\u2019a aucune base militaire permanente en Afrique, au contraire des imp\u00e9rialismes fran\u00e7ais et am\u00e9ricain. La Chine est encore loin d\u2019\u00e9muler les groupes capitalistes des pays imp\u00e9rialistes en mati\u00e8re d\u2019exploitation de travailleurs \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Au contraire, la croissance \u00e9conomique est largement due \u00e0 l\u2019importation de capital \u00e9tranger venu exploiter une main-d\u2019\u0153uvre abondante, peu co\u00fbteuse et d\u00e9pourvue de droits et aussi trouver des nouveaux d\u00e9bouch\u00e9s. Officiellement, 24 millions de salari\u00e9s travaillent pour des filiales de groupes \u00e9trangers. La Chine est le deuxi\u00e8me pays d&rsquo;accueil des \u00ab\u00a0investissements directs \u00e0 l\u2019\u00e9tranger\u00a0\u00bb entrants, apr\u00e8s les \u00c9tats-Unis, avec 12\u00a0% du stock mondial. Quant \u00e0 ses propres investissements \u00e0 l\u2019\u00e9tranger (IDE sortants), ils restent limit\u00e9s\u00a0: au total, le stock des investissements chinois \u00e0 l\u2019\u00e9tranger repr\u00e9sente moins de 110 milliards de dollars, soit \u00e0 peine 18 mois de flux d\u2019investissement \u00e9tranger en Chine. Pour l\u2019instant, ces participations de la Chine repr\u00e9sentent moins la volont\u00e9 d\u2019augmenter les profits \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale que des tentatives de s\u2019assurer des mati\u00e8res premi\u00e8res (terrain sur lequel elle se heurte \u00e0 des rivaux redoutables\u00a0: \u00c9tats-Unis, Japon, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Espagne, Br\u00e9sil\u2026) et de se procurer des techniques avanc\u00e9es que le pays ne ma\u00eetrise pas, malgr\u00e9 un effort sensible en recherche. L\u2019unit\u00e9 nationale est fragile, non seulement \u00e0 cause de la s\u00e9paration de Taiwan et des particularismes nationaux (cinquante-cinq ethnies non hans totalisent plus de 100 millions de personnes), mais aussi parce que l\u2019ouest a moins b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la croissance et que chaque province, voire chaque ville, joue sa partition au d\u00e9triment des autres.<br \/>\n<b>37.<\/b> En aucun cas, des communistes ne sauraient demander aux grandes puissances imp\u00e9rialistes qui occupent l\u2019Afghanistan ou l\u2019Irak qu\u2019elles fassent pression sur l\u2019\u00c9tat chinois ou prennent de mesures de r\u00e9torsion \u00e0 son \u00e9gard. Partout o\u00f9 des ouvriers chinois \u00e9migrent, ils doivent \u00eatre int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 la classe ouvri\u00e8re nationale et \u00e0 ses luttes\u00a0; partout o\u00f9 les \u00e9tudiants chinois \u00e9tudient, ils doivent \u00eatre accueillis fraternellement par la jeunesse locale. Aux \u00c9tats-Unis, en Europe de l\u2019Ouest et au Japon, le devoir du prol\u00e9tariat est de s\u2019opposer aux campagnes antichinoises, surtout quand elles sont r\u00e9percut\u00e9es par les directions des syndicats et par les partis r\u00e9formistes, que leur pr\u00e9texte soit le Tibet, les droits de l\u2019homme, le taux de change, la concurrence de la main-d\u2019\u0153uvre, les d\u00e9localisations, la dangerosit\u00e9 des jouets ou des aliments, l\u2019inflation mondiale, la pollution, l\u2019espionnage\u2026 Par contre, leur solidarit\u00e9 doit se manifester envers les luttes des travailleuses et des travailleurs de la Chine contre les capitalistes han aussi bien qu\u2019\u00e9trangers, contre l\u2019\u00c9tat bourgeois et le parti unique.<\/p>\n<p><b>38.<\/b>\u00a0 Car il revient au prol\u00e9tariat chinois de limiter son exploitation et d\u2019interdire celle de ses enfants, de prendre la t\u00eate de la population pour arracher les libert\u00e9s politiques et pr\u00e9server l\u2019environnement\u00a0; c\u2019est aux masses de Chine de renverser au cours de cette lutte le PCC et l\u2019\u00c9tat bourgeois et d\u2019instaurer une d\u00e9mocratie bas\u00e9e sur leurs conseils. D\u2019ores et d\u00e9j\u00e0, dans les campagnes, les paysans pauvres luttent contre l\u2019usure pratiqu\u00e9e par les paysans riches, la multiplication des imp\u00f4ts et la confiscation des terres. Les femmes r\u00e9sistent aux mauvais traitements et les homosexuels aux pers\u00e9cutions. La majeure partie de la jeunesse supporte difficilement la limitation des droits politiques et le co\u00fbt croissant des \u00e9tudes. Les travailleurs en retraite ont, au mieux, des pensions r\u00e9duites. La population pauvre est r\u00e9volt\u00e9e par l\u2019inflation, la corruption du PCC et par la pollution de l\u2019environnement. Les travailleurs veulent, pour eux et leur famille, acc\u00e9der au logement, aux soins, \u00e0 l\u2019enseignement. Dans les entreprises publiques, les ouvriers luttent contre les licenciements et leurs cons\u00e9quences. Dans les entreprises priv\u00e9es, les ouvriers, les techniciens, les employ\u00e9s combattent pour limiter le temps de travail, pour diminuer les risques de maladie professionnelle et d\u2019accidents du travail (rien que dans les mines de charbon, il y a des milliers de morts par an), pour augmenter les salaires, pour avoir une retraite, pour s\u2019organiser librement en dehors du parti des capitalistes et de son \u00ab\u00a0syndicat\u00a0\u00bb vendu aux patrons. En 2005, les autorit\u00e9s ont recens\u00e9 87\u00a0000 \u00ab\u00a0troubles sociaux de masse\u00a0\u00bb. Les manifestations et les gr\u00e8ves sont confront\u00e9es \u00e0 la r\u00e9pression, qui est particuli\u00e8rement vive quand les travailleurs cr\u00e9ent des organisations ind\u00e9pendantes.<\/p>\n<p><b>39.<\/b>\u00a0 La classe ouvri\u00e8re de RPC est la plus importante du monde (environ 380 millions de personnes) et elle a des ramifications, via l\u2019immigration, au sein des classes ouvri\u00e8res de nombreux autres pays. Par son nombre, par sa concentration et par sa place comme cr\u00e9atrice de la plus grande part des richesses et comme adversaire de la bourgeoisie, elle a la capacit\u00e9 de maintenir l\u2019unit\u00e9 du pays en reconnaissant les droits (y compris de se s\u00e9parer) des minorit\u00e9s nationales (en particulier des Tib\u00e9tains et des Ou\u00efgours), en \u00e9tablissant une planification qui profite \u00e0 toutes les r\u00e9gions. Elle peut mettre fin aux chauvinismes dans la r\u00e9gion en ouvrant la perspective d\u2019une coop\u00e9ration r\u00e9gionale \u00e0 travers des \u00c9tats-Unis socialistes d\u2019Asie de l\u2019Est. Elle a la capacit\u00e9 d\u2019imposer son contr\u00f4le sur les entreprises, de supprimer l\u2019exploitation de la majorit\u00e9 par la minorit\u00e9 bourgeoise et le capital \u00e9tranger, de mettre fin \u00e0 l\u2019usure et \u00e0 l\u2019exploitation dans les campagnes, d\u2019\u00e9manciper les femmes, de liquider le grand banditisme, de donner un avenir et un id\u00e9al \u00e0 toute la jeunesse. <\/p>\n<p><b>40.<\/b> En prenant le pouvoir, la classe ouvri\u00e8re r\u00e9sorbera au passage les probl\u00e8mes d\u00e9mocratiques qui n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 r\u00e9solus (libert\u00e9 de presse, de r\u00e9union, d\u2019organisation, droit de s\u00e9paration des minorit\u00e9s\u2026) ou qui se reposent (\u00e9galit\u00e9 des femmes, droit \u00e0 la terre\u2026), tout en commen\u00e7ant la transition au socialisme sur une base humaine et technique bien plus propice que la Chine d\u2019apr\u00e8s la guerre mondiale et la guerre civile (collectivisation des principaux moyens de production et d\u2019\u00e9change, auto-organisation, planification d\u00e9mocratique\u2026). Pour mener cette r\u00e9volution socialiste, pour s\u2019\u00e9manciper elle-m\u00eame et prendre la t\u00eate de tous les opprim\u00e9s, pour instaurer le pouvoir des travailleurs, il lui faut \u00e9difier ses propres organisations, ind\u00e9pendantes du parti des capitalistes et dress\u00e9e contre le capital\u00a0: syndicats, comit\u00e9s, piquets de gr\u00e8ve et milices d\u2019autod\u00e9fense et, par-dessus tout, son propre parti, renouant avec la fondation de la section chinoise de l\u2019Internationale communiste, la lutte de l\u2019Opposition de gauche chinoise pour redresser le parti communiste, la tentative de la section chinoise de la Quatri\u00e8me internationale de cr\u00e9er un parti prol\u00e9tarien.<\/p>\n<p><center>21 juin 2008<br \/>\n<b>Collectif r\u00e9volution permanente<\/b><\/center><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1921-1927\u00a0: La direction de l\u2019IC provoque l\u2019\u00e9chec de la 2e r\u00e9volution chinoise en soumettant le parti ouvrier \u00e0 la bourgeoisie nationale 1.\u00a0 Au 19e si\u00e8cle, la Chine est confront\u00e9e d\u2019une&#8230; <a href=\"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/2008\/06\/21\/theses-sur-la-chine\/\">Read more &raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-382","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/382","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=382"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/382\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":390,"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/382\/revisions\/390"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=382"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=382"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=382"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}