{"id":1357,"date":"2026-09-04T12:00:14","date_gmt":"2026-09-04T10:00:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/?p=1357"},"modified":"2026-09-13T22:44:36","modified_gmt":"2026-09-13T20:44:36","slug":"bolivie-la-direction-de-la-cob-sauve-le-gouvernement-de-paz","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/2026\/09\/04\/bolivie-la-direction-de-la-cob-sauve-le-gouvernement-de-paz\/","title":{"rendered":"Bolivie : la direction de la COB sauve le gouvernement de Paz"},"content":{"rendered":"<div id='corps_texte'>\nLe 19 juin, apr\u00e8s 50 jours de gr\u00e8ves, de manifestations, de blocages de routes et d\u2019affrontements avec la police officielle et des bandes fascistes, le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la Centrale ouvri\u00e8re bolivienne (COB) Argollo signe un accord \u00ab<em> de pacification et de redressement du pays <\/em>\u00bb avec le gouvernement Paz (du bloc PDC-Unidad). <\/p>\n<p><quote class=\"citations\">Les mesures de pression sont lev\u00e9es au niveau national, avec l\u2019engagement du gouvernement \u00e0 remplir tout ce qui a \u00e9t\u00e9 souscrit\u2026 Pour que le sang ne soit pas vers\u00e9, nous ne voulons pas que cela atteigne l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence. (Mario Argollo, pr\u00e9sident de la COB, <em>Vision360, <\/em>19 juin 2026)<\/quote><\/p>\n<figure>\n <img decoding=\"async\" class=\"images\" style=\"max-width:100%;\" src=\"\/images\/6aa5b57204f3c.jpg\" \/><figcaption><center>El Alto, 3 juin<\/center><\/figcaption><\/figure>\n<p>Alors que les masses du pays voulaient chasser le chef de l\u2019\u00c9tat, celui-ci reste en place et obtient la lev\u00e9e des blocages. <\/p>\n<h3>Pays domin\u00e9 et bourgeoisie rabougrie<\/h3>\n<figure>\n <img decoding=\"async\" class=\"images\" style=\"max-width:100%;\" src=\"\/images\/6aa5b5720645c.jpg\" \/><figcaption><center><em>Questions internationales<\/em> n\u00b0 112, mars 2022<\/center><\/figcaption><\/figure>\n<p>Enclav\u00e9 en Am\u00e9rique du sud, la Bolivie est un \u00c9tat de12,5 millions d\u2019habitants, partag\u00e9 entre, \u00e0 l\u2019ouest, un haut plateau au climat temp\u00e9r\u00e9 situ\u00e9 entre deux chaines de montagnes et, \u00e0 l\u2019est, une plaine alluviale au climat tropical.<\/p>\n<p>La langue principale est l\u2019espagnol mais une partie significative de la population parle aymara ou quechua, en particulier parmi les mineurs et les paysans travailleurs. L\u2019\u00e9conomie d\u00e9pendait largement au 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle de l\u2019exportation de l\u2019\u00e9tain, aujourd\u2019hui du gaz, du lithium et de la coca.<\/p>\n<p>La survaleur r\u00e9sultant de l\u2019exploitation de la classe ouvri\u00e8re est largement transf\u00e9r\u00e9e aux groupes capitalistes \u00e9trangers l\u00e9gaux et mafieux. Sur place, l\u2019accumulation du capital est r\u00e9duite, si bien que la bourgeoisie a une l\u00e9gitimit\u00e9 fragile. Elle se d\u00e9chire en permanence sur le degr\u00e9 de d\u00e9pendance aux puissances imp\u00e9rialistes, sur le choix de la puissance \u00e0 privil\u00e9gier ainsi que sur la m\u00e9thode \u00e0 employer face aux luttes r\u00e9currentes des masses, ouvriers, paysans, \u00e9tudiants, travailleurs du secteur informel, minorit\u00e9s nationales. Cette classe dominante rabougrie oscille entre l\u2019acceptation du r\u00f4le de valet du maitre yanqui, la tentation de jouer la carte imp\u00e9rialiste chinoise et le verbe nationaliste. Une telle option assure un soutien populaire et le contr\u00f4le des syndicats de salari\u00e9s et des organisations de paysans. Mais les partis nationalistes, quand ils acc\u00e8dent au pouvoir, se soumettent, d\u00e9\u00e7oivent leur base ouvri\u00e8re et paysanne, ce qui pousse \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019un nouveau parti \u00ab<em> populiste <\/em>\u00bb : \tParti r\u00e9publicain authentique (PNG), Mouvement nationaliste r\u00e9volutionnaire (MNR), Mouvement de la gauche r\u00e9volutionnaire (MIR), Mouvement vers le socialisme (MAS)\u2026 <\/p>\n<p>Les phases \u00ab<em> d\u00e9mocratiques <\/em>\u00bb alternent avec des juntes militaires (1964-1982) encore plus violentes \u00e0 l\u2019\u00e9gard des masses que les gouvernements civils.<\/p>\n<h3>Gr\u00e2ce \u00e0 la 4<sup>e<\/sup> Internationale, le syndicat des mineurs adopte les th\u00e8ses de Pulacayo en 1946<\/h3>\n<p>La le\u00e7on de la terrible d\u00e9faite de la r\u00e9volution chinoise de 1925-1927 est que, \u00e0 l\u2019analyse du capitalisme comme mode de production d\u00e9pass\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale (sa phase imp\u00e9rialiste), correspond une strat\u00e9gie de r\u00e9volution permanente. La 4<sup>e<\/sup> Internationale r\u00e9cuse explicitement toute subordination du prol\u00e9tariat \u00e0 une quelconque aile de la bourgeoisie, m\u00eame dans les pays domin\u00e9s.<\/p>\n<p><quote class=\"citations\">La bourgeoisie nationale des pays arri\u00e9r\u00e9s est incapable de r\u00e9organiser la soci\u00e9t\u00e9 sur des bases nationales, d\u00e9mocratiques\u2026 Cependant, les mots d\u2019ordre d\u00e9mocratiques et transitoires sont toujours aussi valables\u2026 Il ne faut pas laisser la lutte d\u00e9mocratique aux mains de la bourgeoisie nationale, mais il faut qu\u2019elle s\u2019exprime, dans une situation de masse, par la cr\u00e9ation de conseils ouvriers, de paysans et de soldats\u2026 Dans cette lutte, la ligne de conduite du parti des travailleurs doit \u00eatre de pr\u00e9server sa propre ind\u00e9pendance et l\u2019ind\u00e9pendance de la classe ouvri\u00e8re. (\u00ab<em> Le monde colonial et la seconde guerre mondiale <\/em>\u00bb, mai 1940, <em>Les Congr\u00e8s de la 4<sup>e<\/sup> Internationale,<\/em> La Br\u00e8che, t. 1, p. 419-420)<\/quote><\/p>\n<p>En Bolivie, les mineurs constituent le c\u0153ur de la classe ouvri\u00e8re, renforc\u00e9 par les besoins en \u00e9tain de l\u2019arm\u00e9e imp\u00e9rialiste am\u00e9ricaine durant le 2<sup>e<\/sup> guerre mondiale. La f\u00e9d\u00e9ration syndicale des mineurs (FSTMB) nait en 1944 sous la direction de Lechin (MNR). Elle adopte en 1946, sous l\u2019impulsion de Guillermo Lora et d\u2019un noyau du Parti ouvrier r\u00e9volutionnaire (POR), un programme r\u00e9volutionnaire \u00e0 son congr\u00e8s de Pulacayo. Les <em>Th\u00e8ses de Pulacayo<\/em> s\u2019opposent au front populaire, \u00e0 la soumission du prol\u00e9tariat \u00e0 un quelconque secteur de la bourgeoisie, m\u00eame celui qui adopte un temps une rh\u00e9torique antiimp\u00e9rialiste pour tromper ouvriers, paysans et \u00e9tudiants. <\/p>\n<p><quote class=\"citations\">Le mode de production capitaliste est qualitativement dominant\u2026 Toutes les t\u00e2ches que la bourgeoisie n\u2019a pas accomplies constituent des objectifs d\u00e9mocratiques bourgeois qui doivent \u00eatre r\u00e9alis\u00e9s\u2026 L\u2019\u00c9tat est un puissant instrument aux mains de la classe dominante\u2026 Soutenir que la r\u00e9volution d\u00e9mocratique-bourgeoise, en tant que telle, sera r\u00e9alis\u00e9e par des secteurs \u00ab<em> progressistes <\/em>\u00bb de la bourgeoisie et que le futur \u00c9tat sera celui d\u2019un gouvernement d\u2019union et d\u2019entente nationale, manifeste une ferme intention d\u2019\u00e9trangler le mouvement r\u00e9volutionnaire. (\u00ab<em> Th\u00e8ses de Pulacayo <\/em>\u00bb, novembre 1946, dans Lora, <em>Bolivie : de la naissance du POR \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e populaire<\/em>, EDI, p. 4-7)<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/groupemarxiste.info\/theses-centrales-de-la-federation-syndicale-des-travailleurs-des-mines-de-bolivie-theses-de-pulacayo\/\">https:\/\/groupemarxiste.info\/theses-centrales-de-la-federation-syndicale-des-travailleurs-des-mines-de-bolivie-theses-de-pulacayo\/<\/a><\/p>\n<p>Mais ce programme ne mentionne pas l\u2019\u00e9quivalent bolivien du GMD chinois, le MNR qui acc\u00e8de la premi\u00e8re fois au gouvernement en 1943 gr\u00e2ce au coup d\u2019\u00c9tat du major Villaroel, ni la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un parti de type bolchevik. Le POR reste mal d\u00e9limit\u00e9 du MNR. <\/p>\n<p>En 1946, la fraction pro-yanquie de la bourgeoisie reprend le pouvoir et r\u00e9prime jusqu\u2019en 1952. Les d\u00e9put\u00e9s du POR \u00e9lus en janvier 1947 si\u00e8gent avec ceux de la FSTB (toujours dirig\u00e9e par le MNR) au sein du \u00ab<em> Bloc minier parlementaire <\/em>\u00bb. Confront\u00e9 \u00e0 une r\u00e9pression s\u00e9v\u00e8re du gouvernement, le POR propose en 1949 au Partido de la Izquierda Revolucionaria (PIR, le parti stalinien d\u2019o\u00f9 sortira en 1950 le PCB) et au MNR un \u00ab<em> front uni antiimp\u00e9rialiste <\/em>\u00bb. <\/p>\n<h3>En 1951, la direction de la 4<sup>e<\/sup> Internationale retombe dans le \u00ab<em> front uni antiimp\u00e9rialiste <\/em>\u00bb<\/h3>\n<p>En 1948-1949, les dirigeants de la 4<sup>e<\/sup> Internationale (Pablo, Mandel, Frank, Maitan\u2026) s\u2019adaptent au stalinisme qui est \u00e0 son apog\u00e9e et qui est \u00e0 la t\u00eate des r\u00e9volutions yougoslave, vietnamienne et chinoise. <\/p>\n<p>En 1951, dans leur \u00ab<em> congr\u00e8s mondial <\/em>\u00bb (auquel participe Hugo Gonzalez pour le POR), ils remettent en selle le front uni antiimp\u00e9rialiste (FUAI) de Zinoviev et Radek adopt\u00e9 en 1922 par l\u2019Internationale communiste. \u00c0 cause de la trag\u00e9die de la r\u00e9volution chinoise, le FUAI avait disparu de tous les textes programmatiques de la 4<sup>e<\/sup> Internationale.<\/p>\n<p>Le secr\u00e9tariat international r\u00e9visionniste (SIQI) s\u2019oppose de fait aux th\u00e8ses de Pulacayo. Il jette le POR dans les bras du parti bourgeois au verbe nationaliste et antiimp\u00e9rialiste, pr\u00e9sent\u00e9 opportun\u00e9ment comme \u00ab<em> petit-bourgeois <\/em>\u00bb, le Movimiento Nacionalista Revolucionario (MNR).<\/p>\n<p><quote class=\"citations\">En Bolivie, nos forces r\u00e9organis\u00e9es ne doivent pas s\u2019isoler des masses et de leurs mouvements \u00e0 direction petite-bourgeoise MNR. (\u00ab<em> La lutte contre la guerre imp\u00e9rialiste <\/em>\u00bb, aout 1951, Les Congr\u00e8s de la 4e Internationale, t. 4, p. 185)<\/quote><\/p>\n<p><quote class=\"citations\">En cas de mobilisation des masses sous l\u2019impulsion ou l\u2019influence pr\u00e9pond\u00e9rante du MNR, notre section doit soutenir de toutes ses forces le mouvement, ne pas s\u2019abstenir mais au contraire y intervenir \u00e9nergiquement en vue de le pousser aussi loin que possible, y compris jusqu\u2019\u00e0 la prise du pouvoir par le MNR, sur la base du programme progressif du front unique anti-imp\u00e9rialiste. Par contre, si au cours de ces mobilisations des masses, notre section s\u2019av\u00e8re partager avec le MNR, l\u2019influence sur les masses r\u00e9volutionnaires, elle poussera en avant le mot d\u2019ordre d\u2019un gouvernement ouvrier et paysan commun des deux partis. (\u00ab<em> R\u00e9solution sur l\u2019Am\u00e9rique latine <\/em>\u00bb, aout 1951, <em>Les Congr\u00e8s de la 4<sup>e<\/sup> Internationale<\/em>, t. 4, p. 291)<\/quote><\/p>\n<p>En 1952, le POR envoie Guillermo Lora \u00e0 Paris pour collaborer avec la direction internationale (le SIQI pabliste).<\/p>\n<p>Depuis la r\u00e9vision du programme formalis\u00e9e en 1951, le pr\u00e9tendu mouvement trotskyste (pablistes, mor\u00e9nistes, grantistes, cliffistes, lambertistes, healystes, loristes\u2026) efface la fronti\u00e8re entre le mouvement ouvrier et la bourgeoisie des pays domin\u00e9s, fait de la strat\u00e9gie de la r\u00e9volution permanente un processus objectif qui ne n\u00e9cessite pas de parti de type bolchevik, transforme les militants r\u00e9volutionnaires en simple groupe de pression dans les pays domin\u00e9s sur le nationalisme bourgeois (islamisme inclus) et partout sur les bureaucraties des syndicats. Il nourrit toutes sortes d\u2019illusions sur les \u00e9lections et les assembl\u00e9es constituantes, les fronts populaires avec les partis bourgeois, les g\u00e9n\u00e9raux et les colonels \u00ab<em> socialistes <\/em>\u00bb et m\u00eame les fanatiques religieux. Leur programme est soigneusement amput\u00e9 de l\u2019autod\u00e9fense, de la milice ouvri\u00e8re et de l\u2019insurrection qui ont fait la gloire du mouvement ouvrier de Bolivie de la seconde moiti\u00e9 du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n<h3>Lors de la r\u00e9volution de 1952, le POR se prononce pour un gouvernement MNR-COB<\/h3>\n<p>Alors que la population est majoritairement paysanne et ouvri\u00e8re (d\u2019origine am\u00e9rindienne), le pouvoir politique est exerc\u00e9 par les partis ou les g\u00e9n\u00e9raux de \u00ab<em> la rosca <\/em>\u00bb, la bourgeoisie des \u00ab<em> barons de l\u2019\u00e9tain <\/em>\u00bb et les grands propri\u00e9taires fonciers (d\u2019origine coloniale europ\u00e9enne). Les femmes et les analphab\u00e8tes n\u2019ont pas le droit de vote.<\/p>\n<p>Le 9 avril 1952, une fraction de l\u2019arm\u00e9e li\u00e9e au MNR tente un coup d\u2019\u00c9tat contre le gouvernement pro-yanqui qui r\u00e9prime les masses laborieuses. Les mineurs et les paysans travailleurs s\u2019engouffrent dans la br\u00e8che et constituent, sous la direction du POR, des milices arm\u00e9es qui balayent l\u2019arm\u00e9e l\u00e9gale. <\/p>\n<figure>\n <img decoding=\"async\" class=\"images\" style=\"max-width:100%;\" src=\"\/images\/6aa5b57207bbe.jpg\" \/><br \/>\n<\/figure>\n<p>Avec l\u2019ouverture de la r\u00e9volution bolivienne, la COB est fond\u00e9e le 17 avril 1952, largement gr\u00e2ce au POR. Mais celui-ci appelle \u00e0 un gouvernement MNR, donc d\u2019un parti bourgeois. Dans les syndicats, rien ne distingue le POR de la fraction dirig\u00e9e par Juan Lechin du parti bourgeois.<\/p>\n<p>Faute d\u2019organes de type sovi\u00e9tique postulant au pouvoir, Paz Estenssoro (MNR) prend les r\u00eanes de l\u2019\u00c9tat capitaliste avec le soutien du POR. <\/p>\n<p><quote class=\"citations\">Malgr\u00e9 l\u2019ill\u00e9galit\u00e9, un appel fut lanc\u00e9 \u00e0 tous les partis de masses, entre autres au MNR, pour organiser un front commun de lutte contre l\u2019imp\u00e9rialisme\u2026 Dans de telles circonstances le POR d\u00e9fend le gouvernement de toutes ses forces au moyen de la mobilisation des masses.(Guillermo Lora, \u00ab<em> Entrevue <\/em>\u00bb, <em>La V\u00e9rit\u00e9<\/em> n\u00b0 294, 17 avril 1952)<\/quote><\/p>\n<p>Le bonaparte est pris entre, d\u2019une part, la pression des masses paysannes et ouvri\u00e8res mobilis\u00e9es et d\u2019autre part les exigences de l\u2019imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain et d\u2019une fraction de la bourgeoisie locale compos\u00e9e des grands propri\u00e9taires fonciers et des secteurs d\u00e9pendants du capital \u00e9tranger. Cette fraction s\u2019exprime par des partis hostiles au MNR comme la Falange Socialista Boliviana (Phalange, FSB) et la majorit\u00e9 de l\u2019\u00e9tat-major de l\u2019arm\u00e9e. L\u2019ambassade et les services secrets des \u00c9tats-Unis nouent des liens \u00e9troits avec eux.<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, le gouvernement MNR d\u00e9sarme les milices ouvri\u00e8res et r\u00e9organise l\u2019arm\u00e9e bourgeoise (il en sortira, entre autres, les g\u00e9n\u00e9raux massacreurs d\u2019ouvriers Barrientos et Banzer). Il tente d\u2019int\u00e9grer \u00e0 l\u2019\u00c9tat bourgeois le syndicalisme au nom d\u2019un \u00ab<em> cogouvernement <\/em>\u00bb entre le MNR et la COB. Il institue en juillet 1952 le suffrage universel. <\/p>\n<p>Il nationalise contre indemnit\u00e9s en octobre 1952 trois entreprises mini\u00e8res. Leurs actifs sont rassembl\u00e9s au sein d\u2019une entreprise publique, la Corporaci\u00f3n Minera Boliviana (Comibol). Ne poss\u00e9dant pas de fonderies propres, elle doit livrer l\u2019\u00e9tain \u00e0 la fonderie appartenant \u00e0 la Williams Harvey Smelter de Liverpool, propri\u00e9t\u00e9 du groupe Pati\u00f1o, et \u00e0 la fonderie de Texas City contr\u00f4l\u00e9e par l\u2019\u00c9tat am\u00e9ricain. Les si\u00e8ges au sein de la Comibol sont r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s grassement (et souvent en dollars). Leur attribution devient un des principaux moyens de corruption de l\u2019appareil syndical de la FSTMB et de la COB.<\/p>\n<figure>\n <img decoding=\"async\" class=\"images\" style=\"max-width:100%;\" src=\"\/images\/6aa5b572087e7.jpg\" \/><figcaption><center>Catavi, 31 octobre 1952, le ministre des mines et du p\u00e9trole Lechin signe le d\u00e9cret de nationalisation de trois mines<\/center><\/figcaption><\/figure>\n<p>En aout 1953, Paz Estenssoro d\u00e9cide une r\u00e9forme agraire limit\u00e9e pour constituer dans les campagnes une classe de petits propri\u00e9taires. Cette couche servira d\u2019appui au g\u00e9n\u00e9ral Banzer en 1971 et au MAS en 2005 contre la classe ouvri\u00e8re. Le vice-pr\u00e9sident assure le gouvernement am\u00e9ricain que le gouvernement est anticommuniste et qu\u2019il garde le contr\u00f4le sur \u00ab<em> l\u2019extr\u00eame-gauche <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Les masses ne peuvent pas distinguer le MNR et le POR. Celui-ci soutient Lechin et demande qu\u2019il y ait davantage de ministres \u00ab<em> ouvriers <\/em>\u00bb de son genre dans le gouvernement bourgeois qui renforce l\u2019arm\u00e9e et d\u00e9nonce r\u00e9guli\u00e8rement le trotskysme. Le POR fait croire que le gouvernement populiste peut, ainsi, muter en un gouvernement ouvrier et paysan. En Argentine, Moreno (un cam\u00e9l\u00e9on politique qui sera, tour \u00e0 tour, trotskyste antip\u00e9roniste, mao\u00efste, p\u00e9roniste \u00ab<em> ouvrier <\/em>\u00bb, castriste antigu\u00e9variste, social-d\u00e9mocrate, \u00ab<em> trotskyste <\/em>\u00bb antimand\u00e9liste, \u00ab<em> trotskyste <\/em>\u00bb antilambertiste et, pour finir, mor\u00e9niste\u2026) pousse le mot d\u2019ordre jusqu\u2019\u00e0 demander que la direction (MNR) de la COB gouverne.<\/p>\n<p><quote class=\"citations\">Nahuel Moreno a toujours affirm\u00e9 qu\u2019il appelait \u00e0 \u00ab<em> tout le pouvoir \u00e0 la COB <\/em>\u00bb, contrairement \u00e0 la politique du POR d\u2019adaptation \u00e0 la gauche du MNR. Mais le slogan de Moreno n\u2019\u00e9tait qu\u2019une variante des r\u00e9solutions front-populistes du 3<sup>e<\/sup> congr\u00e8s et de la position de \u00ab<em> gouvernement du MNR de gauche <\/em>\u00bb. En mai, son journal a pr\u00e9sent\u00e9 la \u00ab<em> demande que les ministres ouvriers \u00e9lus et contr\u00f4l\u00e9s par la FSTB et la COB soient int\u00e9gr\u00e9s au gouvernement de Paz Estenssoro <\/em>\u00bb. (Jos\u00e9 Villa, <em>La R\u00e9volution de 1952<\/em>, Poder Obrero, automne 1992)<\/quote><\/p>\n<p>En 1953, la 4<sup>e<\/sup> Internationale se scinde en deux (SIQI prostalinien et CIQI \u00ab<em> orthodoxe <\/em>\u00bb) sans qu\u2019aucune fraction ne remette en cause le front uni avec la bourgeoisie nationale (FUAI). En Argentine, le GOR de Nahuel Moreno (qui a vot\u00e9 toutes les r\u00e9solutions opportunistes lors du congr\u00e8s international de 1951) applique le front uni antiimp\u00e9rialiste en rejoignant le mouvement nationaliste bourgeois (PJ) du colonel Per\u00f3n. En 1954, Lora et Gonzalez participent au \u00ab<em> 4<sup>e<\/sup> congr\u00e8s mondial <\/em>\u00bb du SIQI \u00e0 Paris. Mais le POR scissionne lui-m\u00eame peu apr\u00e8s. Aucun des deux POR des ann\u00e9es 1960-1970 ne rompt avec le FUAI et les illusions criminelles dans la bourgeoisie nationale.<\/p>\n<p>Une fraction majoritaire dirig\u00e9e par M\u00f6ller et Lora rejoint le MNR. Au dernier moment, Lora ne suit pas les liquidateurs et entreprend de mettre sur pied un POR-Masas totalement \u00e0 sa botte qui tente de se greffer \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale sur le CIQI, puis, apr\u00e8s 1971, avec PO d\u2019Argentine, sur le CORQI lambertiste. Ensuite, il construit, sans PO, son propre regroupement international CERCI\/CLRQI qui est r\u00e9duit \u00e0 quelques groupes d\u2019Am\u00e9rique latine. Lora mourra en 2009.<\/p>\n<p>Une fraction minoritaire avec Gonzales reste fid\u00e8le au SIQI puis au SUQI procastriste qui nait en 1963 de la fusion du SIQI avec une partie du CIQI (SWP \u00e9tatsunien, SLATO de Moreno). <\/p>\n<p><quote class=\"citations\">La perspective fondamentale, la seule r\u00e9aliste pour l\u2019Am\u00e9rique latine, est celle d\u2019une lutte arm\u00e9e susceptible de durer de longues ann\u00e9es. L\u2019axe principal sera pour toute une p\u00e9riode la gu\u00e9rilla rurale&#8230; (\u00ab<em> R\u00e9solution du 9<sup>e<\/sup> congr\u00e8s mondial sur l\u2019Am\u00e9rique latine <\/em>\u00bb, Quatri\u00e8me Internationale n\u00b0 37, mai 1969, p. 61-62)<\/quote><\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, le POR-Combate adopte la strat\u00e9gie de la gu\u00e9rilla rurale, ce qui conduit la plupart de ses membres \u00e0 rejoindre directement l\u2019ELN castriste. Le POR-Combate disparaitra quand Gonzales se ralliera \u00e0 Morales au d\u00e9but du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Gonzales mourra en 2010.<\/p>\n<h3>En 1971, le POR-Masas s\u2019aligne avec les staliniens sur une junte militaire<\/h3>\n<p>En 1955, Paz Estenssoro adopte un \u00ab<em> plan de politique \u00e9conomique <\/em>\u00bb qui ouvre le pays aux capitalistes \u00e9trangers. \u00c0 cause de la constitution de l\u2019\u00e9poque, il ne peut se pr\u00e9senter \u00e0 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de juin 1956. Il est remplac\u00e9 par l\u2019ancien vice-pr\u00e9sident Siles Zuazo (84 % des votes). Confront\u00e9 \u00e0 l\u2019inflation et \u00e0 la r\u00e9cession, le gouvernement MNR n\u00e9gocie avec le FMI et impose un plan d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 (\u00ab<em> plan de stabilisation mon\u00e9taire <\/em>\u00bb) qui bloque les salaires et supprime des subventions aux produits de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9. Le MNR commence \u00e0 perdre l\u2019appui des masses populaires qu\u2019il avait r\u00e9ussi \u00e0 duper en 1952 avec l\u2019aide du PIR, du PCB et du POR pabliste. <\/p>\n<figure>\n <img decoding=\"async\" class=\"images\" style=\"max-width:100%;\" src=\"\/images\/6aa5b57209d9a.jpg\" \/><figcaption><center>Catavi, 1959, Paz Estenssoro port\u00e9 par des mineurs en armes<\/center><\/figcaption><\/figure>\n<p>En 1960, Paz Estenssoro est \u00e9lu pr\u00e9sident avec 76 % des voix. Le vice-pr\u00e9sident est Lechin (MNR). En 1964, Paz exclut Lechin avant de se faire r\u00e9\u00e9lire avec comme vice-pr\u00e9sident le g\u00e9n\u00e9ral Ren\u00e9 Barrientos. Lechin fonde avec une aile du MNR (et le renfort de de transfuges du POR) un nouveau parti nationaliste bourgeois, le PRIN. Le gouvernement MNR r\u00e9prime violemment la gr\u00e8ve de trois jours appel\u00e9e par Lechin et la direction de la COB. Les g\u00e9n\u00e9raux Barrientos, Ovando et Banzer renversent le pr\u00e9sident \u00e9lu avec la complicit\u00e9 de la CIA. Lechin approuve le coup d\u2019\u00c9tat militaire. <\/p>\n<p>La junte proclame un \u00ab<em> pacte entre les militaires et les paysans <\/em>\u00bb en corrompant des caciques indig\u00e8nes. Elle cr\u00e9e la premi\u00e8re usine d\u2019\u00e9tain (le minerai \u00e9tait jusqu\u2019alors fondu \u00e0 l\u2019\u00e9tranger). L\u2019ex-MNR Barrientos (qui parle quechua) se fait \u00e9lire avec plus de 66 % des voix en 1966 avec le soutien du PIR et du PRA (une scission du MNR). Barrientos exile Lechin, r\u00e9prime de mani\u00e8re sanglante les ouvriers en juin 1967 (massacre de San Juan) et assassine de nombreux militants du PCB et des POR. Avec l\u2019aide du gouvernement \u00e9tasunien de Johnson (Parti d\u00e9mocrate), le chef de l\u2019arm\u00e9e Ovando capture et assassine en octobre Che Guevara dont la gu\u00e9rilla (ELN soutenue par le POR-Combate) n\u2019a pas trouv\u00e9 d\u2019appui chez les paysans ni b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l\u2019aide promise par le PCB. <\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident Barrientos meurt dans un accident en avril 1969. En septembre, le g\u00e9n\u00e9ral Ovando renverse le gouvernement l\u00e9gal et suspend la r\u00e9pression anti-ouvri\u00e8re. Il annonce la nationalisation contre indemnit\u00e9s du groupe p\u00e9trolier \u00e9tasunien Gulf Oil (aujourd\u2019hui Chevron). La direction PRIN de la COB sort alors de la clandestinit\u00e9 et appelle \u00ab<em> les officiers, les pr\u00eatres, les professions lib\u00e9rales, les paysans et les ouvriers <\/em>\u00bb \u00e0 former un \u00ab<em> front uni antiimp\u00e9rialiste <\/em>\u00bb . En janvier 1970, le chef de l\u2019\u00e9tat-major Juan Jos\u00e9 Torres explique que, faute de bourgeoisie ou de prol\u00e9tariat assez fort, il revient \u00e0 l\u2019arm\u00e9e de d\u00e9fendre le pays contre l\u2019imp\u00e9rialisme. <\/p>\n<p>Dans les syndicats, le POR-Masas fait un bloc avec le parti stalinien PCB. En avril 1970, le 4<sup>e<\/sup> congr\u00e8s de la COB, sous la pression conjointe du PCB et du POR-Masas adopte officiellement la \u00ab<em> r\u00e9volution par \u00e9tapes <\/em>\u00bb du stalinisme mondial, assorti de quelques phrase radicales (\u00ab<em> Th\u00e8ses politiques <\/em>\u00bb, avril 1970, dans Guillermo Lora, <em>De la naissance du POR \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e populaire<\/em>, EDI, p. 167-168). La deuxi\u00e8me \u00e9tape, la r\u00e9volution socialiste, est renvoy\u00e9e au futur, l\u2019actualit\u00e9 relevant de l\u2019\u00e9tape de la \u00ab<em> r\u00e9volution populaire antiimp\u00e9rialiste <\/em>\u00bb men\u00e9e au moyen d\u2019un \u00ab<em> front populaire antiimp\u00e9rialiste <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Pour sa part, le POR-Combate d\u00e9nonce cette concession et appelle les mineurs \u00e0 s\u2019armer comme en 1952. Cependant, contradictoirement, il appelle les ouvriers et les \u00e9tudiants \u00e0 quitter leur milieu pour aller mener la gu\u00e9rilla dans les campagnes. En septembre 1970, l\u2019arm\u00e9e \u00e9crase la seconde tentative de gu\u00e9rilla de l\u2019ELN castriste. <\/p>\n<p>En octobre 1970, le g\u00e9n\u00e9ral Miranda appuy\u00e9 par la Phalange (FSB) renverse Ovando. La COB d\u00e9clenche la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale contre le putsch. Le PCB, le PCB-ML, le PS et le POR-Masas appellent avec le PRIN et une faction du MNR \u00e0 un \u00ab<em> gouvernement populaire antiimp\u00e9rialiste <\/em>\u00bb et constituent un front populaire, le Comando Politico (Commandement politique). Le g\u00e9n\u00e9ral Torres chasse le g\u00e9n\u00e9ral Miranda. Il se r\u00e9jouit d\u2019avoir maintenu \u00ab<em> l\u2019unit\u00e9 des forces arm\u00e9es <\/em>\u00bb (sic). Il nomme chef d\u2019\u00e9tat-major le g\u00e9n\u00e9ral Reque, qui dirigeait les op\u00e9rations contre la gu\u00e9rilla, et laisse \u00e0 la t\u00eate de l\u2019acad\u00e9mie militaire Banzer, form\u00e9 par l\u2019arm\u00e9e am\u00e9ricaine. <\/p>\n<p>Le Commandement politique soutient la junte. Le POR-Combate d\u00e9nonce les illusions envers l\u2019arm\u00e9e bourgeoise\u2026 mais leur oppose la gu\u00e9rilla. En janvier 1971, le g\u00e9n\u00e9ral Banzer tente de renverser le g\u00e9n\u00e9ral Torres. Des mineurs s\u2019arment. Banzer est laiss\u00e9 en libert\u00e9 et Torres refuse de donner des armes aux travailleurs et aux \u00e9tudiants qui se joignent \u00e0 eux. Il leur enjoint de faire confiance \u00e0 l\u2019arm\u00e9e. <\/p>\n<p>La direction nationaliste bourgeoise PRIN de la COB convoque une \u00ab<em> Asemblea Popular <\/em>\u00bb (Assembl\u00e9e populaire) dont les membres ne sont pas \u00e9lus mais d\u00e9sign\u00e9s par les appareils qu\u2019elle trie. Pourtant, le POR-Masas travestit l\u2019Assembl\u00e9e populaire en un \u00ab<em> front antiimp\u00e9rialiste aux caract\u00e9ristiques sovi\u00e9tiques <\/em>\u00bb (c\u2019est-\u00e0-dire identique aux conseils d\u2019ouvriers, de soldats et de paysans de la R\u00e9volution russe), \u00ab<em> un organe de pouvoir des masses et de la classe ouvri\u00e8re <\/em>\u00bb qui \u00ab<em> surveille les activit\u00e9s du gouvernement <\/em>\u00bb.<\/em> Mais si l\u2019Assembl\u00e9e populaire \u00e9tait un organe sovi\u00e9tique, elle serait \u00e9lue par les masses en lutte. Si c\u2019\u00e9tait un \u00ab<em> organe de pouvoir des masses <\/em>\u00bb, elle n\u2019aurait pas \u00e0 \u00ab<em> surveiller <\/em>\u00bb un gouvernement bourgeois, mais \u00e0 le remplacer. Le POR-Masas s\u2019oppose \u00e0 la pr\u00e9sence du POR-Combate dans l\u2019Assembl\u00e9e populaire, alors qu\u2019un soviet est un parlement ouvrier, un lieu de confrontation d\u00e9mocratique des diff\u00e9rents partis reconnus par les masses en lutte.<\/p>\n<p>Selon Lora, ce serait une \u00ab<em> folie <\/em>\u00bb que d\u2019appeler \u00e0 un gouvernement ouvrier. En fait, \u00e0 cause de l\u2019impuissance et de l\u2019imb\u00e9cilit\u00e9 des chefs r\u00e9formistes et des bavards bourgeois d\u00e9mocratiques, l\u2019Assembl\u00e9e populaire sert \u00e0 distraire les masses qui restent sans armes et sans organes d\u2019auto-organisation. Elle se r\u00e9unit le 21 juin 1971 puis le 2 juillet dans les locaux du parlement avec la permission de la junte sous la pr\u00e9sidence de Lechin, sans jamais agir, ni se faire \u00e9lire. On y discute surtout de renforcer la pr\u00e9sence de bureaucrates syndicaux dans la Comibol, aux postes grassement r\u00e9tribu\u00e9s, une illusion r\u00e9formiste partag\u00e9e par le POR-Masas. <\/p>\n<p><quote class=\"citations\">Le coup d\u2019\u00c9tat fasciste fut pr\u00e9cipit\u00e9 pour \u00e9viter que ne s\u2019amplifie la lutte pour le contr\u00f4le de la Comibol par les ouvriers. (Guillermo Lora, \u00ab<em> De l\u2019assembl\u00e9e populaire au coup d\u2019Etat fasciste <\/em<\u00bb, avril 1972, Bolivie : de la naissance du POR \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e populaire, EDI, p. 227)<\/quote><\/p>\n<p>La derni\u00e8re d\u00e9cision de l\u2019Assembl\u00e9e populaire est de suspendre ses d\u00e9lib\u00e9rations durant deux mois, jusqu\u2019au 7 septembre. Le g\u00e9n\u00e9ral Banzer, lui, n\u2019attend pas. En aout 1971, avec l\u2019appui du gouvernement \u00e9tasunien de Nixon (Parti r\u00e9publicain), de la FSB et du MNR (toujours dirig\u00e9 par l\u2019ancien pr\u00e9sident de 1952, Paz Estenssoro), un secteur de l\u2019arm\u00e9e se lance \u00e0 l\u2019assaut du gouvernement et, surtout, des bastions ouvriers. Lechin affirme aux masses que le putsch ne s\u2019\u00e9tendra pas, car l\u2019arm\u00e9e restera fid\u00e8le \u00e0 Torres. Des mineurs et des \u00e9tudiants r\u00e9clament des armes mais Torres les leur refuse. <\/p>\n<p>Les militants des deux POR dirigent courageusement la contre-attaque mais cela ne suffit pas. Jusqu\u2019au bout, le POR-Masas place ses espoirs dans un g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019arm\u00e9e bourgeoise, un bonaparte.<\/p>\n<p><quote class=\"citations\">En octobre 1970, tout le monde pensait \u2013y compris nous marxistes\u2013 que les armes seraient donn\u00e9es par l\u2019\u00e9quipe militaire au pouvoir. (Guillermo Lora, \u00ab<em> La contrer\u00e9volution d\u2019aout 1971 <\/em>\u00bb, <em>La Correspondance internationale<\/em>, mars 1972, p. 5)<\/quote><\/p>\n<p>Des chefs qui font confiance aux g\u00e9n\u00e9raux de l\u2019arm\u00e9e bourgeoise ne sont pas des marxistes. Au lieu de corriger leurs erreurs \u00e0 la lumi\u00e8re des \u00e9v\u00e8nements de 1952 et 1971, Lora et Gonzales conduisent le POR-Masas et le POR-Combate dans un nouveau front populaire, le Front r\u00e9volutionnaire antiimp\u00e9rialiste (FRA), aux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019ELN, du PCB, du PS et de repr\u00e9sentants de la bourgeoisie (le g\u00e9n\u00e9ral Torres, le PRIN et le MIR). <\/p>\n<figure>\n <img decoding=\"async\" class=\"images\" style=\"max-width:100%;\" src=\"\/images\/6aa5b5720b924.jpg\" \/><br \/>\n<\/figure>\n<p>Le POR-Masas pr\u00e9sente le front populaire FRA avec des formulations communistes ( \u00ab<em> sous direction politiqu\u00e9 du prol\u00e9tariat <\/em>\u00bb ) m\u00e9lang\u00e9es avec des formulations opportunistes du type PCB ( \u00ab<em> l\u2019unit\u00e9 de tous les Boliviens contre le fascisme <\/em>\u00bb )<\/p>\n<p>En 1978, le PCB-ML mao\u00efste fonde le FRI avec le PRIN et le POR-Combate. Le FRI d\u00e9g\u00e9n\u00e8rera en un parti bourgeois qui s\u2019alliera au MNR.<\/p>\n<p>La terreur contrer\u00e9volutionnaire va durer en Bolivie jusqu\u2019en 1982. Dans tout le sous-continent, les services secrets de la Bolivie, du Chili, de l\u2019Argentine, du Br\u00e9sil, du Paraguay et de l\u2019Uruguay, avec la CIA des \u00c9tats-Unis, collaborent pour assassiner les militants ouvriers (\u00ab<em> op\u00e9ration Condor <\/em>\u00bb).<\/p>\n<figure>\n <img decoding=\"async\" class=\"images\" style=\"max-width:100%;\" src=\"\/images\/6aa5b5720c3b5.jpg\" \/><figcaption><center>Les g\u00e9n\u00e9raux Pinochet et Banzer, 1975 \/ photo AJ Cisco<\/center><\/figcaption><\/figure>\n<h3>En 2005-2019, le MAS d\u00e9montre, une fois de plus, l\u2019impuissance et la fourberie de la bourgeoisie nationale<\/h3>\n<p>Le vice-pr\u00e9sident Quiroga qui remplace Banzer livre les gisements de gaz qui viennent d\u2019\u00eatre d\u00e9couverts aux groupes capitalistes \u00e9tasuniens. Cela provoque en 2003 des mouvements populaires qui sont sous le contr\u00f4le d\u2019un nouveau parti nationaliste bourgeois ancr\u00e9 dans la paysannerie, le Movimiento al Socialismo (Mouvement vers le socialisme, MAS).<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/2005\/06\/10\/pour-la-revolution-socialiste-en-bolivie-tout-le-pouvoir-a-lassemblee-populaire-nationale-indienne-gouvernement-ouvrier-et-paysan-emanant-de-lassemblee-populaire\/\">https :\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/2005\/06\/10\/pour-la-revolution-socialiste-en-bolivie-tout-le-pouvoir-a-lassemblee-populaire-nationale-indienne-gouvernement-ouvrier-et-paysan-emanant-de-lassemblee-populaire\/<\/a><\/p>\n<figure>\n <img decoding=\"async\" class=\"images\" style=\"max-width:100%;\" src=\"\/images\/6aa5b5720c8f5.jpg\" \/><br \/>\n <img decoding=\"async\" class=\"images\" style=\"max-width:100%;\" src=\"\/images\/6aa5b5720cac0.jpg\" \/><br \/>\n<\/figure>\n<p>L\u2019Am\u00e9rique latine connait de 2003 \u00e0 2012 un d\u00e9veloppement \u00e9conomique tir\u00e9 par la demande chinoise. Cela b\u00e9n\u00e9ficie au PJ d\u2019Argentine (h\u00e9ritier du PT-PJ du colonel Per\u00f3n) et au PSUV du Venezuela (fond\u00e9 par le colonel Chavez) qui obtiennent ainsi les moyens d\u2019assurer pour un temps la paix sociale. En Bolivie, lors des \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales 2005, Evo Morales (MAS) l\u2019emporte sur Quiroga. C\u2019est le premier pr\u00e9sident indig\u00e8ne. La rente du gaz permet de financer une redistribution des revenus sans toucher r\u00e9ellement \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e. Les ressources tir\u00e9es des exportations vers le Br\u00e9sil, l\u2019Argentine, l\u2019Inde et la Chine abondent les finances publiques tandis que l\u2019essor du commerce et de l\u2019\u00e9conomie informelle reconfigure les villes. <\/p>\n<p>Morales convoque une assembl\u00e9e constituante qui pr\u00e9pare en 2005 un projet de constitution soumis \u00e0 r\u00e9f\u00e9rendum en 2009. Le bonaparte tente d\u2019\u00e9largir la base sociale de l\u2019\u00c9tat bourgeois en l\u00e9galisant la culture traditionnelle de la coca, en faisant des concessions aux cultes am\u00e9rindiens et aux chefs tribaux, en autorisant de petites entreprises mini\u00e8res pr\u00e9sent\u00e9es comme des \u00ab<em> coop\u00e9ratives <\/em>\u00bb d\u00e9barrass\u00e9es de tout syndicat et lib\u00e9r\u00e9es des contraintes \u00e9cologiques. En 2008, Morales promet d\u2019exploiter le lithium (20 % des r\u00e9serves mondiales) de mani\u00e8re nationale. Cependant, la soci\u00e9t\u00e9 publique Yacimientos de Litio Bolivianos (YLB) \u00e9choue. <\/p>\n<figure>\n <img decoding=\"async\" class=\"images\" style=\"max-width:100%;\" src=\"\/images\/6aa5b5720cdc2.jpg\" \/><br \/>\n <figcatpion><center><em>Questions internationales<\/em> n\u00b0 112, 2022<\/center><\/figcaption><\/figure>\n<p>Lors de la crise capitaliste mondiale de 2009, la baisse du prix des mati\u00e8res premi\u00e8res et de la demande capitaliste mondiale, l\u2019effondrement cons\u00e9cutif des recettes fiscales, la rar\u00e9faction des devises \u00e9trang\u00e8res affaiblissent le nationalisme bourgeois en Am\u00e9rique latine. En mai 2013, le gouvernement de Morales et Garc\u00eda Linera r\u00e9prime les travailleurs salari\u00e9s en gr\u00e8ve \u00e0 l\u2019appel de la COB. Le MAS convoque une contremanifestation \u00ab<em> en d\u00e9fense de la d\u00e9mocratie <\/em>\u00bb, en s\u2019appuyant sur les organisations de paysans et des associations de quartier qu\u2019il contr\u00f4le. <\/p>\n<p>En 2014, Morales est r\u00e9\u00e9lu pr\u00e9sident au premier tour avec encore 61 % des voix. En 2016, il perd de peu le r\u00e9f\u00e9rendum sur la r\u00e9forme de la constitution. Le but est de lui permettre d\u2019\u00eatre de nouveau candidat \u00e0 la pr\u00e9sidentielle. La LOR appelle \u00e0 s\u2019abstenir ; le POR appelle \u00e0 voter non, se retrouvant de fait avec les partis bourgeois pro-am\u00e9ricains (MDS, PDC, Unidad, MNR, etc.)<\/p>\n<p>En 2019, il n\u2019obtient que 47 % des voix au premier tour. Il est destitu\u00e9 par un coup d\u2019\u00c9tat avec l\u2019appui de la direction de la COB. Le gouvernement de Jeanine \u00c1\u00f1ez r\u00e9prime. Le MAS se fracture. <\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/2020\/01\/02\/coup-detat-pro-imperialiste-en-bolivie-au-nom-de-la-bible\/\">https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/2020\/01\/02\/coup-detat-pro-imperialiste-en-bolivie-au-nom-de-la-bible\/<\/a><\/p>\n<p>\u00c9lu comme candidat du MAS en 2020, le pr\u00e9sident Arce conclut en 2024 plusieurs contrats avec le groupe chinois Hong Kong CBC pour deux usines de carbonate de lithium et avec la soci\u00e9t\u00e9 russe Uranium One Group, filiale de Rosatom, pour une troisi\u00e8me. Les \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales de 2025 mettent un terme au virage vers l\u2019imp\u00e9rialisme chinois et remettent la Bolivie dans l\u2019orbite \u00e9tasunienne.<\/p>\n<h3>Le mor\u00e9nisme \u00e0 la remorque du nationalisme bourgeois<\/h3>\n<p>Le MST (ex-PST) mor\u00e9niste (d\u2019abord affili\u00e9 \u00e0 la LITQI\/LITCI, aujourd\u2019hui \u00e0 la LIS) rejoint le MAS, malgr\u00e9 l\u2019adjuration de Trotsky de n\u2019en rien faire. <\/p>\n<p><quote class=\"citations\">Que notre organisation ne participe pas \u00e0 l\u2019APRA du P\u00e9rou, au Guomindang de Chine ou au PRM du Mexique. (L\u00e9on Trotsky, \u00ab<em> Discussion sur l\u2019Am\u00e9rique latine <\/em>\u00bb, 4 novembre 1938, <em>\u0152uvres<\/em>, t. 19, ILT, p. 133)<\/quote><\/p>\n<p>Le principal dirigeant du MST, Pablo Sol\u00f3n Romero, est r\u00e9compens\u00e9 : il est nomm\u00e9 par Morales ambassadeur \u00e0 l\u2019ONU. <\/p>\n<p>Le groupe mor\u00e9niste concurrent LOR (affili\u00e9e au regroupement FTQI\/FTCI, aujourd\u2019hui CRPQI\/CRPICI) pr\u00e9sente le parti nationaliste bourgeois comme un parti \u00ab<em> r\u00e9formiste <\/em>\u00bb. La LOR veut faire revivre l\u2019Assembl\u00e9e populaire de 1971. <\/p>\n<p><quote class=\"citations\">Exiger de la COB, ainsi que la FMSTB la convocation d\u2019une Assembl\u00e9e populaire. (<em>Lucha Obrera, <\/em>30 janvier 2003)<\/quote><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/ceip.org.ar\/La-cuestion-de-la-Asamblea-Constituyente-revolucionaria\">https:\/\/ceip.org.ar\/La-cuestion-de-la-Asamblea-Constituyente-revolucionaria<\/a><\/p>\n<p>Son inspirateur, le PTS, a appel\u00e9 \u00e0 une assembl\u00e9e constituante en 2001 en Argentine, un \u00c9tat o\u00f9 fonctionne la \u00ab<em> d\u00e9mocratie <\/em>\u00bb bourgeoise. De m\u00eame, la LOR r\u00e9clame en Bolivie une assembl\u00e9e constituante. <\/p>\n<p><quote class=\"citations\">Pour nationaliser le gaz, avec une assembl\u00e9e constituante r\u00e9volutionnaire. Que la COB, la CSUTCB, la FEJUVE et le COR d\u2019El Alto, la FSTMB et les autres organisations en lutte appellent \u00e0 une Assembl\u00e9e populaire, tout de suite ! (LOR, <em>Palabra Obrera<\/em>, juin 2005)<\/quote><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/lorci.org\/spip.php?article62\">https:\/\/lorci.org\/spip.php?article62<\/a><\/p>\n<p>Pour faire radical, les mor\u00e9nistes ajoutent \u00ab<em> r\u00e9volutionnaire <\/em>\u00bb \u00e0 leur mot d\u2019ordre, un adjectif dont le programme de la 4<sup>e<\/sup> Internationale se passait en 1938 pour l\u2019Inde (colonis\u00e9e alors par la Grande-Bretagne) ou la Chine (\u00e9clat\u00e9e et domin\u00e9e alors par les grandes puissances imp\u00e9rialistes). La ruse du groupe centriste ne change rien : une assembl\u00e9e nationale ou constituante, quelle que soit son \u00e9tiquette, n\u2019a rien de progressiste dans des pays o\u00f9 il y a des \u00e9lections, le suffrage universel et le pluripartisme. C\u2019est un mot d\u2019ordre d\u00e9pass\u00e9, un n\u0153ud coulant au cou du prol\u00e9tariat comme le prouvent la Tunisie, le Chili et la Bolivie du d\u00e9but du 21<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. <\/p>\n<p>Pourtant, la LOR soutient le repl\u00e2trage bonapartiste de l\u2019\u00c9tat bourgeois.<\/p>\n<p><quote class=\"citations\">De nombreux travailleurs de la ville et de la campagne font confiance au MAS. C\u2019est pourquoi nous sommes pr\u00eats \u00e0 d\u00e9fendre en commun les droits politiques et les aspirations d\u00e9mocratiques l\u00e9gitimes des travailleurs \u2013comme la demande d\u2019une assembl\u00e9e constituante libre et souveraine\u2013 contre toute tentative de les restreindre ou de les contourner davantage. (LOR, 5 octobre 2005)<\/quote><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/estrategiainternacional.org\/Conspiradores-contra-el-pueblo-trabajador?lang=es\">https:\/\/estrategiainternacional.org\/Conspiradores-contra-el-pueblo-trabajador?lang=es<\/a><\/p>\n<p>En guise de programme, la LOR adopte un r\u00e9formisme camoufl\u00e9 en \u00ab<em> anticapitalisme <\/em>\u00bb et en \u00ab<em> addition des luttes <\/em>\u00bb, qui \u00ab<em> oublie <\/em>\u00bb la lutte contre les bureaucraties syndicales, les directions nationalistes bourgeoises et les partis r\u00e9formistes, qui \u00ab<em> oublie <\/em>\u00bb l\u2019armement des travailleurs, l\u2019insurrection et la dictature du prol\u00e9tariat.<\/p>\n<p><quote class=\"citations\">Il faut se pr\u00e9parer \u00e0 l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 de grands bouleversements sociaux aliment\u00e9s par la crise capitaliste mondiale, en organisant les forces conscientes de la lutte anticapitaliste\u2026 en appelant \u00e0 l\u2019unit\u00e9 tous les mouvements sociaux des opprim\u00e9s, populaires, \u00e9cologistes et f\u00e9ministes, afin qu\u2019ils s\u2019unissent autour d\u2019une cause commune pour en finir avec ce syst\u00e8me d\u00e9cadent aux c\u00f4t\u00e9s de la classe ouvri\u00e8re dans tous les pays. (<em>Palabra Obrera, <\/em>juin 2013)<\/quote><\/p>\n<p>Le POR loriste met en cause la LOR, de mani\u00e8re chauvine, comme issue de l\u2019\u00e9tranger. La secte loriste soutient le mouvement des policiers noyaut\u00e9 par l\u2019aile de la bourgeoisie pro-\u00e9tatsunienne contre le gouvernement populiste, comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une composante de la classe ouvri\u00e8re.<\/p>\n<p><quote class=\"citations\">Policiers, n\u2019attendez pas la fin du d\u00e9lai d\u2019un mois. Commencez d\u00e8s maintenant ! (<em>Masas <\/em>n\u00b0 2310, 17 mai 2013, p. 6)<\/quote><\/p>\n<h3>La duperie des \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales de 2025<\/h3>\n<p>En aout 2025, au premier tour de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle, les candidats des trois principaux partis bourgeois pro-imp\u00e9rialistes (PDC, Libre, Unidad) cumulent 78 % des suffrages exprim\u00e9s.<\/p>\n<p>Durant la campagne, face \u00e0 Jorge Quiroga (du bloc Alianza Libre, dont fait partie le MNR), le PDC et Paz ne sont pas avares de la d\u00e9magogie habituelle des candidats bourgeois en campagne \u00e9lectorale. Paz capte l\u2019\u00e9lectorat d\u00e9\u00e7u par Morales et le MAS, discr\u00e9dit\u00e9 et fractionn\u00e9. Le PDC, un parti moins structur\u00e9 que ses rivaux, promet de mettre fin au narcotrafic et \u00e0 la corruption, de maintenir les acquis sociaux et de procurer un \u00ab<em> capitalisme pour tous <\/em>\u00bb. Le candidat \u00e0 la vice-pr\u00e9sidence est le capitaine Edmand Lara, devenu populaire pour avoir d\u00e9nonc\u00e9 la corruption de la police. <\/p>\n<p>En octobre 2025, le duo est \u00e9lu au second tour, le candidat d\u2019un autre parti bourgeois, Unidad [Unit\u00e9], arriv\u00e9 en 3<sup>e<\/sup> position, se d\u00e9sistant pour Paz. <\/p>\n<figure>\n <img decoding=\"async\" class=\"images\" style=\"max-width:100%;\" src=\"\/images\/6aa5b5720e424.jpg\" \/><figcaption><center>\u00c9lections g\u00e9n\u00e9rales (pr\u00e9sidence, Chambre des d\u00e9put\u00e9s, S\u00e9nat) 17 aout et 19 octobre 2025 \/ <em>Wikip\u00e9dia<\/em>, 2026<\/center><\/figcaption><\/figure>\n<p>Une fois au pouvoir, Paz rassure aussit\u00f4t la classe dominante. Au forum patronal <em>La Bolivie pour le monde, le monde pour la Bolivie<\/em>, il garantit qu\u2019il poursuivra l\u2019extractivisme (exporter le lithium et le gaz) et que l\u2019\u00c9tat all\u00e8gera les r\u00e8gles juridiques et les d\u00e9penses sociales. Sans majorit\u00e9 absolue au parlement, il s\u2019appuie sur un bloc PDC-Unidad. Le vice-pr\u00e9sident Lara s\u2019y oppose.<\/p>\n<p>Avec la permission de Paz, la DEA et la CIA \u00e9tatsuniennes font leur retour dans la r\u00e9gion natale de Morales, le Chapare, d\u2019o\u00f9 elles avaient \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9es en 2008-2009. L\u2019abolition des subventions au carburant, par le d\u00e9cret 5503 du 17 d\u00e9cembre 2025, provoque une hausse de 86 % du prix de l\u2019essence et de 160 % du gazole. Mineurs, enseignants, travailleurs des transports, travailleurs du secteur public, paysans et Am\u00e9rindiens participent \u00e0 des manifestations, des gr\u00e8ves et des barrages routiers\u2026<\/p>\n<p>Mais la classe ouvri\u00e8re ne prend pas la t\u00eate des classes semi-exploit\u00e9es, comme en 1952 et en 1971. Elle ne d\u00e9clenche pas la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale, ne g\u00e9n\u00e8re pas de soviets \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale, ne s\u2019arme presque pas.<\/p>\n<h3>Les bureaucrates n\u00e9gocient avec le gouvernement que les masses veulent chasser<\/h3>\n<p>La gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale promise lors de \u00ab<em> l\u2019assembl\u00e9e ouverte <\/em>\u00bb du 1<sup>er<\/sup> mai par la direction de la COB n\u2019est jamais mise en \u0153uvre. Le texte en 16 points publi\u00e9 le lendemain par la bureaucratie conf\u00e9d\u00e9rale n\u2019en parle plus. <\/p>\n<p>Sans \u00eatre g\u00ean\u00e9s par un parti r\u00e9volutionnaire ni par l\u2019auto-organisation (qui est limit\u00e9e \u00e0 certains quartiers d\u2019El Alto), les chefs de la COB peuvent appeler \u00e0 une journ\u00e9e d\u2019action limit\u00e9e \u00e0 un jour le 4 mai. Les bureaucraties syndicales (COB\u2026), les organisations paysannes (CSUTCB\u2026) et une bonne partie des comit\u00e9s de quartier (FEJUVE) \u00e9parpillent la combattivit\u00e9 dans des manifestations s\u00e9par\u00e9es, des blocages de route sans autod\u00e9fense organis\u00e9e, des gr\u00e8ves de 24 h d\u00e9cr\u00e9t\u00e9es \u00e0 des dates diff\u00e9rentes : les routiers et les h\u00f4pitaux publics le 6 mai, les enseignants du primaire le 11 mai, les mineurs de entreprises publiques le 11 mai, ceux des entreprises priv\u00e9es le 14 mai\u2026 Certaines gr\u00e8ves sont reconduites, mais elles restent \u00e9clat\u00e9es et la base ne parvient pas \u00e0 imposer la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale jusqu\u2019\u00e0 satisfaction. <\/p>\n<p>Les barrages routiers sont une forme de lutte typique de la petite bourgeoisie. Les travailleurs ind\u00e9pendants ne peuvent pas collectivement arr\u00eater le travail contre le patron, puisqu\u2019ils sont \u00e0 la fois l\u2019entrepreneur et la main-d\u2019\u0153uvre (avec de la famille, souvent). Le gouvernement tente de retourner la p\u00e9nurie dont sont surtout victimes les Am\u00e9rindiens des zones recul\u00e9es et les habitants d\u2019El Alto, le gigantesque faubourg populaire qui surplombe la capitale. Appuy\u00e9 par les grands m\u00e9dias, il essaie aussi de discr\u00e9diter le soul\u00e8vement en l\u2019associant \u00e0 Morales et au trafic de drogue. Il y parvient en partie : des mineurs de la mine d\u2019\u00e9tain de Huanuni, mis au ch\u00f4mage technique, exigent le 18 mai de la COB qu\u2019elle appelle \u00e0 lever les barrages.<\/p>\n<p>Le 10 mai, la COB signe un pacte front populiste avec le mouvement indig\u00e9niste Ponchos Rojos et avec le s\u00e9nateur Condori du parti bourgeois Unidad. Il n\u2019y est \u00e9videmment pas question de gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale, mais il est affirm\u00e9 que la COB ne signera rien tant que Paz sera pr\u00e9sident. Une aile de la bureaucratie (les instances de Santa Cruz, Cochabamba, Tarija\u2026) trouve que c\u2019est trop exiger.<\/p>\n<p>Le gouvernement PDC-Unidad ne perd pas son temps.<\/p>\n<ul>\n<li>Le 5 mai, le gouvernement passe un pacte avec les patrons du transport de La Paz (o\u00f9 il y a peu de transports publics) et de Santa Cruz.<\/li>\n<li>Le 6 mai, le gouvernement consent \u00e0 r\u00e9duire le prix du carburant pour les taxis.<\/li>\n<li>Le 6 mai, la direction nationale de la principale organisation paysanne, la CSUTCB, apr\u00e8s la \u00ab<em> marche indig\u00e8ne <\/em>\u00bb du 4, passe un accord avec le pr\u00e9sident qui s\u2019engage \u00e0 revoir le texte de la loi 1720. <\/li>\n<li>Le 14 mai, des avantages suppl\u00e9mentaires sont accord\u00e9s \u00e0 la police pour garantir son z\u00e8le contre les masses en lutte. Ce jour-l\u00e0, elle disperse la manifestation ouvri\u00e8re de la place Murillo \u00e0 La Paz. \u00c0 partir de l\u00e0, c\u2019est la paysannerie indig\u00e8ne et les travailleurs du secteur informel d\u2019El Alto (la gigantesque banlieue populaire qui surplombe la capitale) qui continuent \u00e0 s\u2019opposer en masse au gouvernement Paz. <\/li>\n<li>Le 15 mai, l\u2019appareil de la F\u00e9d\u00e9ration nationale des coop\u00e9ratives mini\u00e8res (Fencomin qui regroupe des petites entreprises qui sont dispens\u00e9es d\u2019imp\u00f4t, interdisent la syndicalisation, souillent l\u2019environnement), conclut un accord avec le ministre de l\u2019\u00e9conomie. Les arri\u00e9r\u00e9s de cotisations des coop\u00e9ratives d\u2019extraction de l\u2019or envers la s\u00e9cu (CNS) s\u2019\u00e9levant \u00e0 95 millions de bolivianos (environ 7 millions d\u2019euros, 8 millions de dollars) sont annul\u00e9es. La Fencomin cesse de manifester.<\/li>\n<li>Le 16 mai, la direction d\u2019El Alto de la COB passe un compromis avec le gouvernement et ne se joint pas au mouvement national.<\/li>\n<li>Le 16 mai, la direction de la CTEUB, la f\u00e9d\u00e9ration de l\u2019enseignement de la COB, signe avec le ministre de l\u2019enseignement pour une prime annuelle de 2 400 bolivianos (208 dollars, 180 euros). <\/li>\n<li>Le 12 juin, la direction de la CGTFB, qui regroupe les syndicats de l\u2019industrie manufacturi\u00e8re de la COB, signe un accord avec Paz.<\/li>\n<\/ul>\n<figure>\n <img decoding=\"async\" class=\"images\" style=\"max-width:100%;\" src=\"\/images\/6aa5b5720f2d9.jpg\" \/><figcaption><center>12 juin, Accord entre Paz et Quispe (CGTFB) \/ <em>La Patria<\/em><\/center><\/figcaption><\/figure>\n<ul>\n<li>Le 17 juin, les chefs du syndicat le plus important de la COB, celui de la mine publique d\u2019\u00e9tain de Huanuni, signent un accord pour une prime de 5 000 bolivianos (434 dollars, 370 euros). Le pr\u00e9sident s\u2019engage \u00e0 ne pas privatiser cette entreprise et le repr\u00e9sentant des mineurs se justifie ainsi :<\/li>\n<\/ul>\n<p><quote class=\"citations\">Aujourd\u2019hui plus que jamais, nous devons \u0153uvrer \u00e0 la pacification du pays, renforcer la coordination entre les diff\u00e9rents secteurs et r\u00e9pondre aux besoins d\u2019approvisionnement de la population. (Omar Choque, 18 juin)<\/quote><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/eju.tv\/2026\/06\/presidente-paz-y-mineros-de-huanuni-acuerdan-fortalecer-la-mineria-estatal-y-la-generacion-de-empleo\/\">https:\/\/eju.tv\/2026\/06\/presidente-paz-y-mineros-de-huanuni-acuerdan-fortalecer-la-mineria-estatal-y-la-generacion-de-empleo\/<\/a><\/p>\n<ul>\n<li>Le 18 juin, ceux du syndicat des mineurs de Colquiri signent un accord du m\u00eame genre.<\/li>\n<li>Le 19 juin, la direction nationale de la COB signe avec le pr\u00e9sident.<\/li>\n<\/ul>\n<figure>\n <img decoding=\"async\" class=\"images\" style=\"max-width:100%;\" src=\"\/images\/6aa5b5720f83c.jpg\" \/><figcaption><center>19 juin, Paz et Argollo \/ <em>El Post<\/em><\/center><\/figcaption><\/figure>\n<p>Le 19, il reste la moiti\u00e9 de la centaine de barrages routiers. Le 20 juin, le gouvernement s\u2019empresse de d\u00e9cr\u00e9ter l\u2019\u00e9tat d\u2019exception. Le 23 juin, l\u2019arm\u00e9e et la police dispersent les derniers barrages. Le 5 juillet, Vicente Salazar, dirigeant de l\u2019organisation paysanne Tupac Katari, est arr\u00eat\u00e9. <\/p>\n<p>L\u2019ancien pr\u00e9sent Morales (MAS) que Paz accuse d\u2019avoir foment\u00e9 les troubles, d\u00e9clare qu\u2019il n\u2019a jamais voulu de barrages routiers et demande de nouvelles \u00e9lections dans les 90 jours. <\/p>\n<p>La bureaucratie syndicale est mal r\u00e9compens\u00e9e. Le 13 juillet, le d\u00e9cret supr\u00eame 5654 supprime le pr\u00e9l\u00e8vement automatique des cotisations syndicales sur le salaire, instaur\u00e9 par le d\u00e9cret-loi 07204 de 1965 pour financer et corrompre l\u2019appareil syndical.<\/p>\n<p>Le 29 juillet, le FMI pr\u00eate l\u2019\u00e9quivalent de 1,9 milliard de dollars \u00e0 la Bolivie.<\/p>\n<p>Durant 53 jours, la classe ouvri\u00e8re, les travailleurs et les paysans pauvres ont d\u00e9fi\u00e9 l\u2019\u00c9tat bourgeois sans disposer d\u2019un parti r\u00e9volutionnaire. Quelle fut l\u2019activit\u00e9 des organisations se r\u00e9clamant de L\u00e9nine et de Trotsky durant cette p\u00e9riode cruciale ?<\/p>\n<h3>Le centrisme capitule devant les bureaucraties syndicales<\/h3>\n<p>\u00c0 plusieurs reprises, une avant-garde s\u2019est appuy\u00e9e sur l\u2019exp\u00e9rience locale et internationale de la classe ouvri\u00e8re pour tenter d\u2019\u00e9manciper la classe ouvri\u00e8re bolivienne du nationalisme bourgeois : un groupe du POR li\u00e9 aux mineurs en 1946, la Fraction l\u00e9niniste du POR en 1954, la LSR en 1970, Poder Obrero en 1985. Ces noyaux ont d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 ou disparu, victimes de la r\u00e9pression f\u00e9roce et surtout de la disparition de tout centre communiste international.<\/p>\n<p>Par contre, dans le mouvement ouvrier actuel, aucune organisation n\u2019a tir\u00e9 les le\u00e7ons de la r\u00e9vision du programme par la direction de la 4<sup>e<\/sup> Internationale en 1951, de l\u2019incapacit\u00e9 du POR \u00e0 se d\u00e9limiter de la bourgeoisie nationale en 1952. Aucune organisation n\u2019a tir\u00e9 les le\u00e7ons de la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence des deux organisations issues du POR alors qu\u2019elles ont capitul\u00e9 devant l\u2019appareil pourri de la COB et ont rejoint un front populaire. Pire, l\u2019influence grandissante du quasi-r\u00e9formisme du courant mor\u00e9niste argentin aboutit \u00e0 effacer l\u2019aspect r\u00e9volutionnaire que conservait la politique du POR en 1952 : l\u2019autod\u00e9fense des masses, la milice ouvri\u00e8re et paysanne, l\u2019insurrection ouvri\u00e8re et paysanne.<\/p>\n<p>Actuellement, trois organisations, le Parti ouvrier r\u00e9volutionnaire (POR loriste), la Ligue ouvri\u00e8re r\u00e9volutionnaire pour la 4<sup>e<\/sup> Internationale (LOR mor\u00e9niste) li\u00e9e au PTS argentin et le Mouvement socialiste des travailleuses et travailleurs (MST mor\u00e9niste) li\u00e9 au MST argentin font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 feue la 4<sup>e<\/sup> Internationale (1933-1951). Mais elles n\u2019ont aucune intention de fusionner pour constituer un parti d\u00e9mocratique sur la base de son programme. Au contraire, elles se disputent d\u2019autant plus furieusement qu\u2019elles partagent la m\u00eame r\u00e9vision du programme, le m\u00eame opportunisme envers le nationalisme bourgeois, la m\u00eame adaptation aux bureaucraties syndicales. <\/p>\n<p>En juin 2026, selon les chefs du PTS argentin qui guident la LOR, la direction de la COB ne trahit pas, elle joue la montre.<\/p>\n<p><quote class=\"citations\">La direction de la COB semble h\u00e9siter \u00e0 mettre en \u0153uvre les moyens n\u00e9cessaires pour organiser la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale et adopte une strat\u00e9gie d\u2019usure. (Mat\u00edas Maiello &#038; Josefina Mart\u00ednez, <em>Les Le\u00e7ons strat\u00e9giques de la r\u00e9bellion bolivienne et la crise organique en Am\u00e9rique latine, <\/em>9 juin 2026)<\/quote><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.revolutionpermanente.fr\/Les-lecons-strategiques-de-la-rebellion-bolivienne-et-la-crise-organique-en-Amerique-latine\">https:\/\/www.revolutionpermanente.fr\/Les-lecons-strategiques-de-la-rebellion-bolivienne-et-la-crise-organique-en-Amerique-latine<\/a><\/p>\n<p>Mais d\u00e9cr\u00e9ter des \u00ab<em> journ\u00e9es d\u2019action <\/em>\u00bb et n\u00e9gocier avec le gouvernement Paz n\u2019ont rien \u00e0 voir avec une \u00ab<em> strat\u00e9gie d\u2019usure <\/em>\u00bb du gouvernement. Il s\u2019agit de man\u0153uvres, bien connues dans le monde entier, pour user la combattivit\u00e9 des travailleurs, pour saboter la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale et \u00e9carter tout risque de paralysie du capitalisme national, tout risque de r\u00e9volution sociale. <\/p>\n<p>Avec de tels professeurs, il n\u2019est pas \u00e9tonnant que la LOR s\u2019en remette \u00e0 la direction syndicale. <\/p>\n<p><quote class=\"citations\">Il faut que la direction de la COB mette enfin en \u0153uvre la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e le 1<sup>er<\/sup> mai dernier et joue son r\u00f4le de direction et de coordinatrice de la lutte qu\u2019elle fuit sans cesse jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. (LOR, 12 juin 2026)<\/quote><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.revolutionpermanente.fr\/Bolivie-Mario-Argollo-de-la-COB-refuse-d-appeler-a-la-demission-de-Paz-et-temporise\">https:\/\/www.revolutionpermanente.fr\/Bolivie-Mario-Argollo-de-la-COB-refuse-d-appeler-a-la-demission-de-Paz-et-temporise<\/a><\/p>\n<p>Le POR loriste invoque toujours son bloc politique avec les staliniens dans la COB de 1970-1971, son bloc avec un secteur de l\u2019arm\u00e9e bourgeoise durant l\u2019Assembl\u00e9e populaire de 1971 (<em>Masas<\/em> n\u00b0 2886, 17 juin, p. 4), son front populaire en exil (FRA) avec les staliniens, le PRIN et le g\u00e9n\u00e9ral Torres. Il a toujours pour ligne le \u00ab<em> front r\u00e9volutionnaire antiimp\u00e9rialiste <\/em>\u00bb,<\/em> le \u00ab<em> front unitaire de la nation opprim\u00e9e pour lib\u00e9rer le pays de l\u2019imp\u00e9rialisme <\/em>\u00bb (<em>Masas <\/em>n\u00b0 2885, 10 juin, p. 8) qui pr\u00e9pare la trahison suivante des partis nationalistes et des g\u00e9n\u00e9raux populistes. <\/p>\n<p>Le POR sert parfois de b\u00e9quille \u00ab<em> radicale <\/em>\u00bb \u00e0 la direction de la COB. Largement int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 l\u2019appareil syndical dans l\u2019enseignement, il soutient la journ\u00e9e d\u2019action du 11 mai qui s\u2019oppose \u00e0 la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale contre le gouvernement.<\/p>\n<p><quote class=\"citations\">Le dirigeant syndical des enseignants de La Paz, Jos\u00e9 Luis \u00c1lvarez, a confirm\u00e9 que la gr\u00e8ve de 24 heures est maintenue pour ce lundi 11 mai au niveau national. (<em>Unitel<\/em>, 10 mai 2026)<\/quote><\/p>\n<p>\u00c0 la veille de la trahison de la direction de la COB du 19 juin, le POR se fait toujours des illusions sur la bureaucratie qui a trahi en 1952 et en 1971. Il la donne m\u00eame en exemple \u00e0 suivre quand il reproche \u00e0 la direction locale de Cochabamba de \u00ab<em> s\u2019\u00e9loigner de la position de la COB <\/em>\u00bb (<em>Masas<\/em> n\u00b0 2886, 17 juin, p. 8).<\/p>\n<p>Le MST affili\u00e9 \u00e0 la LIS est encore plus opportuniste. Il pr\u00e9tend absurdement que la conf\u00e9d\u00e9ration bureaucratis\u00e9e serait un soviet, un organe de double pouvoir, ce qui est \u00e0 la fois une apologie de la COB et une insulte \u00e0 la Commune de Paris de 1871, aux soviets russes de 1905 et 1917, aux conseils d\u2019ouvriers et de soldats allemands de 1918, etc.<\/p>\n<p><quote class=\"citations\">La COB n\u2019est plus un simple syndicat, mais devient un organe de double pouvoir\u2026 Il est du devoir de ses dirigeants actuels de mener le double pouvoir \u00e0 la victoire. Cela signifie le gouvernement de la COB et des organisations paysannes et populaires en lutte. L\u2019alliance concr\u00e8te qui s\u2019est form\u00e9e \u00e0 la t\u00eate de la COB doit gouverner. (MST, 20 mai 2026)<\/quote><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.mstbolivia.org\/bolivia-todo-el-poder-a-la-cob-y-organizaciones-campesinas-y-populares-en-lucha.html\">https:\/\/www.mstbolivia.org\/bolivia-todo-el-poder-a-la-cob-y-organizaciones-campesinas-y-populares-en-lucha.html<\/a><\/p>\n<p>Contrairement aux loristes du POR, les mor\u00e9nistes de la LOR et du MST escamotent la question de l\u2019autod\u00e9fense et de l\u2019armement. <\/p>\n<h3>Un parti unifi\u00e9 et d\u00e9mocratique pour appliquer les th\u00e8ses de Pulacayo et armer les travailleurs !<\/h3>\n<p>L\u2019armement des masses en lutte et la cr\u00e9ation de soviets (des comit\u00e9s populaires \u00e0 la base, coordonn\u00e9s et centralis\u00e9s r\u00e9gionalement et nationalement au moyen de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s \u00e9lus et r\u00e9vocables) sont les seuls moyens de d\u00e9border la direction de la COB et de faire tomber Paz, de constituer un gouvernement ouvrier et paysan et non un repl\u00e2trage au profit d\u2019un autre repr\u00e9sentant de la bourgeoisie.<\/p>\n<p><quote class=\"citations\">Tant qu\u2019existera le capitalisme, le mouvement ouvrier sera menac\u00e9 en permanence par la r\u00e9pression&#8230; Pour repousser les bandes fascistes et les briseurs de gr\u00e8ve, formons des piquets de gr\u00e8ve ouvriers dument arm\u00e9s\u2026 Ce qui est fondamental c\u2019est de montrer aux travailleurs de base qu\u2019ils doivent s\u2019armer contre la bourgeoisie, elle-m\u00eame arm\u00e9e jusqu\u2019aux dents. (\u00ab<em> Th\u00e8ses de Pulacayo <\/em>\u00bb<em>, <\/em>novembre 1946, dans Lora, <em>Bolivie : de la naissance du POR \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e populaire<\/em>, EDI, p. 17)<\/quote><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/groupemarxiste.info\/theses-centrales-de-la-federation-syndicale-des-travailleurs-des-mines-de-bolivie-theses-de-pulacayo\/\">https:\/\/groupemarxiste.info\/theses-centrales-de-la-federation-syndicale-des-travailleurs-des-mines-de-bolivie-theses-de-pulacayo\/<\/a><\/p>\n<figure>\n <img decoding=\"async\" class=\"images\" style=\"max-width:100%;\" src=\"\/images\/6aa5b5721149a.jpg\" \/><figcaption><center>Vinto, 8 juin, la police tire des gaz lacrymog\u00e8nes \/ photo Dico Soliz<\/center><\/figcaption><\/figure>\n<p>Le prol\u00e9tariat bolivien m\u00e9rite mieux que la multiplication de sectes concurrentes sans d\u00e9mocratie interne, tout aussi opportunistes les unes que les autres. Pour renverser le capitalisme, il faut un seul parti bolchevik, d\u00e9mocratique et internationaliste, bas\u00e9 sur les programmes de l\u2019Internationale communiste et de la 4<sup>e<\/sup> Internationale. Pour emp\u00eacher les trahisons et chasser les bureaucraties corrompues li\u00e9es aux exploiteurs, il faut une seule tendance syndicale lutte de classe dans la COB et ses syndicats, les comit\u00e9s de quartier, les organisations de paysans travailleurs, de travailleuses, d\u2019\u00e9tudiants\u2026<\/p>\n<p>Ainsi, triompheront les th\u00e8ses de Pulacayo de 1946 :<\/p>\n<ul>\n<li>Dehors, l\u2019arm\u00e9e am\u00e9ricaine, la CIA et la DEA ! Annulation de la dette au FMI et au capital bancaire \u00e9tranger !<\/li>\n<li>Rupture des organisations ouvri\u00e8res, paysannes, indig\u00e8nes et \u00e9tudiantes avec le gouvernement capitaliste et toute la bourgeoisie pr\u00e9tendument d\u00e9mocratique ou antiimp\u00e9rialiste ! <\/li>\n<li>D\u00e9mocratie dans les syndicats, les organisations paysannes, \u00e9tudiantes, f\u00e9minines et am\u00e9rindiennes ! Ind\u00e9pendance vis-\u00e0-vis de l\u2019\u00c9tat bourgeois, quel que soit le gouvernement temporairement \u00e0 sa t\u00eate ! R\u00e9mun\u00e9ration des permanents au niveau moyen des salaires des travailleurs de leur secteur !<\/li>\n<li>Assembl\u00e9es ouvertes des usines, mines, transports, districts, lyc\u00e9es, universit\u00e9s et communaut\u00e9s paysannes ! \u00c9lections de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s r\u00e9vocables dans des soviets locaux et dans un soviet national !<\/li>\n<li>Contr\u00f4le ouvrier du commerce, des banques, des entreprises de transport, des mines et de toute l\u2019industrie ! Nationalisation sans indemnit\u00e9s ni rachat des latifundias et des grandes entreprises !<\/li>\n<li>Organisation par le mouvement ouvrier de comit\u00e9s de soldats pour la fraternisation avec les masses en lutte ! Dissolution des forces de r\u00e9pression ! Milices ouvri\u00e8res et paysannes ! Insurrection arm\u00e9e !<\/li>\n<li>Gouvernement ouvrier et paysan ! F\u00e9d\u00e9ration socialiste d\u2019Am\u00e9rique latine !<\/li>\n<\/ul>\n<p><center>4 septembre 2026<\/center><\/p>\n<p><center>Collectif r\u00e9volution permanente (Autriche, Espagne, France, Turquie)<\/center>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 19 juin, apr\u00e8s 50 jours de gr\u00e8ves, de manifestations, de blocages de routes et d\u2019affrontements avec la police officielle et des bandes fascistes, le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la Centrale&#8230; <a href=\"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/2026\/09\/04\/bolivie-la-direction-de-la-cob-sauve-le-gouvernement-de-paz\/\">Read more &raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-1357","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1357","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1357"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1357\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1383,"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1357\/revisions\/1383"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1357"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1357"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revolucionpermanente.com\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1357"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}