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	<title>Résolution &#8211; Collectif révolution permanente</title>
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	<title>Résolution &#8211; Collectif révolution permanente</title>
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	<item>
		<title>Turquie : libération immédiate de Kadir Çınar !</title>
		<link>https://www.revolucionpermanente.com/francais/2018/05/03/turquie-liberation-immediate-de-kadir-cinar/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 May 2018 21:11:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Résolution]]></category>
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					<description><![CDATA[Le gouvernement islamiste d’Erdoğan a procédé à 84 arrestations à la veille du 1er mai dans plusieurs villes de Turquie. Parmi les victimes de la répression, nos camarades de Patronsuz... <a href="https://www.revolucionpermanente.com/francais/2018/05/03/turquie-liberation-immediate-de-kadir-cinar/">Read more &#187;</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le gouvernement islamiste d’Erdoğan a procédé à 84 arrestations à la veille du 1er mai dans plusieurs villes de Turquie.</p>
<p style="text-align: justify;">Parmi les victimes de la répression, nos camarades de Patronsuz Dünya nous signalent que figure Kadir Çınar, arrêté à son domicile dans la nuit du 29 avril à Bursa.</p>
<p style="text-align: justify;">Kadir est un travailleur (cuisinier), un militant syndical ( il était représentant syndical de Dev Turizm İş), un révolutionnaire et un internationaliste.</p>
<p style="text-align: justify;">Les policiers l’ont accusé de se référer à Trotsky et d’avoir diffusé ses idées sur les réseaux sociaux. Le tribunal l’a placé en détention le 2 mai. Il est en isolement et son dossier est secret.</p>
<p style="text-align: justify;">Libération de Kadir Çınar, de tous les prisonniers du mouvement ouvrier et du mouvement kurde, sans aucune sanction ni inculpation !</p>
<p><span id="more-559"></span></p>
<p align="center">3 mai 2018</p>
<p align="center"><b>Collectif révolution permanente</b></p>
<p>Protestez auprès de l’ambassade de Turquie de votre pays :</p>
<p align="center">16 av Lamballe      75016 Paris<br />
ambassade.paris@mfa.gov.tr</p>
<p>et faites-le nous savoir à :</p>
<p align="center">freekadir@tutanota.com</p>
<p align="center">Case postale 34, Lombachweg 33    3000 Berne 15<br />
botschaft.bern@mfa.gov.tr</p>
<p align="center">Rue Montoyer 4     1000 Bruxelles<br />
embassy.brussels@mfa.gov.tr</p>
<p align="center">197 Wurtemburg St      Ottawa, ON K1N 8L9<br />
embassy.ottawa@mfa.gov.tr/</p>
<p><img decoding="async" src="http://groupemarxiste.info/images/2018-05-01-Affiche-PD-Kadir.png" class="images"/></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Contre la guerre, pour les droits des peuples opprimés, pour le socialisme : la révolution prolétarienne mondiale !</title>
		<link>https://www.revolucionpermanente.com/francais/2018/05/01/contre-la-guerre-pour-les-droits-des-peuples-opprimes-pour-le-socialisme-la-revolution-proletarienne-mondiale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 May 2018 21:09:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Résolution]]></category>
		<category><![CDATA[1er mai 2018]]></category>
		<category><![CDATA[Collectif révolution permanente]]></category>
		<category><![CDATA[Corée]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Nicaragua]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
		<category><![CDATA[UE]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 1er mai 2018 survient dans un contexte de rivalités entre puissances impérialistes et multiples guerres locales. La rivalité entre les « vieux » impérialismes des États-Unis, d’Europe de l’Ouest, du Japon... <a href="https://www.revolucionpermanente.com/francais/2018/05/01/contre-la-guerre-pour-les-droits-des-peuples-opprimes-pour-le-socialisme-la-revolution-proletarienne-mondiale/">Read more &#187;</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 1<sup>er</sup> mai 2018 survient dans un contexte de rivalités entre puissances impérialistes et multiples guerres locales. La rivalité entre les « vieux » impérialismes des États-Unis, d’Europe de l’Ouest, du Japon avec les impérialismes émergents en Chine et en Russie s’est nettement accentuée. Des puissances régionales (Israël, Arabie saoudite, Turquie, Iran) se disputent le Proche-Orient. La Syrie, l’Irak, la Corée, la mer de Chine, l’Ukraine, l’Afghanistan… sont le théâtre de manoeuvres et de confrontations militaires.</p>
<p>Même la reprise économique du capitalisme mondial, inégalement partagée, n’a pas calmé les tensions entre les différentes fractions de la bourgeoisie, ni les attaques contre les producteurs. L’emploi mondial augmente, mais pas assez pour faire face à la croissance démographique. Pour l’impérialisme mondial, une partie grandissante de l’humanité est superflue. En outre, l’environnement de l’espèce humaine est mis en danger par la survie du capitalisme : accélération du réchauffement climatique, perte de diversité biologique, raréfaction des forêts et de l’eau pure, etc.</p>
<p>Toutes les puissances impérialistes veulent non seulement défendre leurs superprofits contre leurs rivaux mais aussi les accroître. Leurs États cherchent à le faire en s’attaquant aux acquis de leur classe ouvrière, en nouant et renouant des alliances, en reprenant la course aux armements, en intervenant économiquement, politiquement, diplomatiquement, militairement dans le reste du monde.</p>
<p>L’OMC n’arrive plus à propulser des accords mondiaux. Les échanges de marchandises ont cessé de s’intensifier (ils augmentent désormais au même rythme que la production mondiale). Parce que les États-Unis restent la première puissance mondiale, mais sont menacés par l’émergence de la Chine, le président Trump parle ouvertement de guerres commerciales qu’il veut mener et gagner. Le protectionnisme, qui n’avait jamais disparu, revient en force. La Grande-Bretagne se retire de l’Union européenne.</p>
<p>La réaction politique sur toute la ligne est le propre de l’impérialisme. (Lénine, L’Impérialisme et la scission du socialisme, décembre 1916)</p>
<p>Israël ne s’est jamais soucié de l’autorisation de l’ONU pour tuer des Palestiniens ou pour faire la guerre à ses voisins. Mais les États-Unis qui ont fondé l’ONU au lendemain de la 2<sup>e</sup> Guerre mondiale la contournent de plus en plus souvent pour mener leurs agressions militaires, car la Chine et la Russie ont un droit de veto au Conseil de sécurité. Ainsi, l’armée américaine, aidée de la France et de la Grande-Bretagne, en invoquant une nouvelle attaque chimique, a bombardé la Syrie le 14 avril. Comme si les crimes de guerre de ces trois puissances n’étaient pas pires que ceux du boucher Assad.</p>
<p>Les émigrants des pays pauvres et des pays en guerre sont plus refoulés et persécutés que jamais. Des référendums se décident sur cette question (Brexit), des candidats et des partis gagnent des élections en désignant les migrants comme des boucs émissaires (États-Unis, Autriche, Italie, Hongrie…). Des murs ont surgi ou sont renforcés aux frontières des États-Unis, d’Israël, de l’Espagne, de la Grèce, de la Bulgarie, de la Hongrie, de la Norvège, de la Chine, de la Grande-Bretagne, du Pakistan, du Bostwana…</p>
<p>La Turquie, toujours membre de l’OTAN, en fait une dictature islamiste, a mené en janvier une invasion militaire en Syrie pour empêcher la création d’un État kurde à sa frontière et démontrer ses prétentions de pouvoir régional. Il a reçu pour cela l’appui de djihadistes syriens, l’autorisation de la Russie et des États-Unis, alors que les chefs du PKK-YPD avaient mis les combattants kurdes au service de l’armée américaine. Ayant vaincu à Afrin le 18 mars, Erdoğan étend sa sale guerre en envoyant les troupes turques envahir le nord de l’Irak, avec la complicité non seulement de Washington mais aussi du gouvernement de Barzani (PDK) de la zone autonome kurde en Irak.</p>
<p>En même temps, le gouvernement colonialiste israélien a carte blanche pour une nouvelle vague de répression brutale contre la population palestinienne. Le nouvel homme fort de l’Arabie saoudite, le prince Ben Salmane, justifie au même moment l’existence de l’État d’apartheid, alors que son pays continue à alimenter l’antisémitisme et le salafisme à travers le monde, à financer les mouvements islamo fascistes.</p>
<p>La restauration du capitalisme par les bureaucraties stalinienne en Russie et en Chine n’a pas seulement introduit de nouvelles puissances impérialistes, elle a aussi changé l’équilibre entre les classes, au détriment des travailleurs. En Europe de l’Est, en Chine, au Vietnam, les acquis en termes d’emploi, de santé, d’enseignement… apportés par l’expropriation du capital ont brutalement disparu. La perspective du socialisme a reculé dans les masses exploitées et opprimées. Les bureaucrates au pouvoir à Cuba et en Corée du Nord ont commencé à se convertir en capitalistes.</p>
<p>Contrairement à ce qu’ont prétendu les idéologues et les politiciens de la bourgeoisie impérialiste, cela n’a pas conduit au triomphe de la « démocratie représentative ».</p>
<p>Les régimes autoritaires ont survécu et les démocraties traditionnelles rognent les libertés démocratiques et espionnent leur population au nom de la « lutte contre le terrorisme ». Trump a été élu avec moins de voix que Clinton. Aux États-Unis, les Noirs restent la cible des flics blancs. Le rôle des services secrets et de l’état-major est plus grand que jamais aux États-Unis. La présidente PT du Brésil élue au suffrage universel a été destituée en août au nom de la « lutte contre la corruption » pour lui substituer un président MDB bien plus corrompu. Le nationalisme bourgeois du Venezuela qui a maintenu le capitalisme s’appuie de plus en plus sur l’armée pour résister à la fraction pro-impérialiste. Dans l&rsquo;État espagnol, le gouvernement Rajoy PP et la monarchie franquiste ont criminalisé la lutte sociale et réduit radicalement toutes les libertés démocratiques, remplissant les tribunaux et les prisons des travailleurs et des jeunes, à travers la réforme du Code pénal et la loi Mordaza, également utilisées pour réprimer et empêcher le peuple catalan de choisir démocratiquement son destin par un référendum en octobre 2017.</p>
<p>Même dans les pays les plus avancés, la religion et le créationnisme sont promus par des fractions des classes dominantes. Les homosexuels restent persécutés dans la majorité des États. Les droits des femmes eux-mêmes sont remis en cause, en particulier le droit d’avorter aux États-Unis, en Pologne, en Hongrie.</p>
<p>De nouveau, partout dans le monde, des bandes fascistes terrorisent les migrants, les grévistes, les paysans pauvres, les minorités religieuses ou nationales (Yézidis, Roms, Rohingyas…).</p>
<p>Pourtant, les travailleurs, les femmes, les minorités opprimées, les jeunes en formation résistent de toutes les manières : pétitions, grèves, manifestations, lutte armée… en Syrie, en Turquie, en Chine, en Iran, au Brésil, en Espagne, aux États-Unis, en France… La classe ouvrière nicaraguayenne, au prix de dizaines de morts, a contraint le gouvernement à retirer son projet contre la sécurité sociale et des retraites. Les luttes de classe ne cessent pas, mais le prolétariat et les opprimés du monde manquent des organisations nécessaires à transformer l’aspiration et l’engagement des masses en avancées et en victoires décisives.</p>
<p>En effet, les organisations qui contrôlent actuellement le mouvement ouvrier se révèlent incapables de faire face à la remontée de la réaction, de lutter contre les interventions impérialistes, de prendre la tête des luttes pour affaiblir et renverser le capitalisme mondial. Les bureaucraties syndicales acceptent de négocier toutes les attaques. Les partis ex-staliniens, sociaux-démocrates et travaillistes gouvernent pour le capitalisme, attaquent les acquis (ou s’apprêtent à le faire). Les DSA sont toujours dans un des deux grands partis bourgeois des États-Unis, le Parti démocrate dont les candidats (Obama, Clinton) sont toujours soutenus par le PCUS. Le SPD vient de sauver Merkel en Allemagne. La Syriza grecque a capitulé devant les exigences de Berlin et de Paris. La SD danoise s’allie avec le DF fascisant et embrassent sa xénophobie. La SMER slovaque gouverne avec le SNS raciste. Le LP de Nouvelle-Zélande gouverne avec le parti xénophobe NZF. Les vieux et les nouveaux partis « réformistes » qui sont dans l’opposition, comme le Parti travailliste de Grande-Bretagne, Die Linke d’Allemagne, La France insoumise, Podemos de l’État espagnol… ne se réclament même pas du socialisme.</p>
<p>Dans cette situation, il est plus important que jamais de reconstruire l’internationale ouvrière (et dans chaque pays un parti ouvrier révolutionnaire) sur la base du programme communiste. Partout, l’avant-garde doit se rassembler pour opposer l’internationalisme prolétarien au nationalisme étroit qui est prêché pour dresser les travailleurs les uns contre les autres. L’internationalisme défend le droit des nations opprimées à l’autodétermination, sans nécessairement propager une séparation. Les travailleurs avancés doivent lutter contre toute restriction des acquis politiques et sociaux, comme le meilleur terrain pour la lutte pour une véritable démocratie, à savoir le pouvoir de conseils ouvriers. Sur la base de la solidarité de classe du prolétariat, ils s’opposent à la division entre nationaux et étrangers, entre travailleurs intellectuels et manuels, entre hommes et femmes, entre jeunes et vieux, entre religions différentes.</p>
<p>Il faut prévenir le danger d’une guerre mondiale destructrice, arrêter la destruction de l’environnement causée par le profit, renverser la bourgeoisie, démanteler l’État bourgeois, prendre le pouvoir, remettre les moyens de production dans les mains des ceux qui créent avec leur travail la richesse de la société, marcher vers le socialisme, faire disparaître les frontières, les classes et l’État.</p>
<p>1<sup>er</sup> mai 2018</p>
<p style="text-align: center;"><strong>CoReP / Allemagne, Autriche, Canada, France</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.revolucionpermanente.com/">http://www.revolucionpermanente.com/</a></p>
<p style="text-align: center;"><strong>IKC / État espagnol</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.ikcirklo.org/">http://www.ikcirklo.org/</a></p>
<p style="text-align: center;"><strong>PD / Turquie</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.patronsuzdunya.com/">http://www.patronsuzdunya.com/</a></p>
<p style="text-align: center;"><strong>TML / Brésil</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://tmarxistaleninista.blogspot.fr/">http://tmarxistaleninista.blogspot.fr/</a></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Trump, Netanyahou, bas les pattes devant Jérusalem !</title>
		<link>https://www.revolucionpermanente.com/francais/2017/12/22/trump-netanyahou-bas-les-pattes-devant-jerusalem/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Dec 2017 09:27:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Résolution]]></category>
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					<description><![CDATA[Où mènent les accords d’Oslo Après avoir dénoncé le 17 juillet l’accord avec l’Iran, le président américain Trump a annoncé le 6 décembre qu’il allait transférer l’ambassade des États-Unis de... <a href="https://www.revolucionpermanente.com/francais/2017/12/22/trump-netanyahou-bas-les-pattes-devant-jerusalem/">Read more &#187;</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2>Où mènent les accords d’Oslo</h2>
<p>Après avoir dénoncé le 17 juillet l’accord avec l’Iran, le président américain Trump a annoncé le 6 décembre qu’il allait transférer l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem. Autrement dit, la principale puissance du monde a reconnu officiellement Jérusalem comme la capitale d’Israël.</p>
<p>Le Premier ministre israélien Netanyahou a salué un « jour historique ». Israël a conquis totalement Jérusalem en 1967. Depuis, méthodiquement, l’État sioniste persécute et chasse la population arabe de la partie est de la ville, tout en favorisant la colonisation hébreue qu’il poursuit aussi en Cisjordanie.</p>
<p><span id="more-542"></span></p>
<p>Face à la décision des États-Unis, les autres puissances impérialistes (Chine, Russie, Allemagne, Japon, France, Grande-Bretagne…) ont exprimé leur mécontentement. Le secrétaire général de l’ONU a condamné la décision de Trump, comme contraire à la « solution de deux États ». L’assemblée générale l’a suivi le 21 décembre. Mais l’ONU a entériné la conquête violente d’une partie de la Palestine en 1947 en reconnaissant Israël. Jamais les nombreuses résolutions antérieures condamnant Israël n’ont eu de conséquence pratique ; jamais le Conseil de sécurité de l’ONU n’a pris de sanction contre les États-Unis ni contre Israël.</p>
<p>Cette décision n’est pas une simple excentricité. Trump a satisfait le Parti républicain et il a appliqué ce qu’avaient proposé auparavant Obama et le Parti démocrate. Il tente de consolider les positions de sa bourgeoisie et de l’État américain dans une région où celui-ci a considérablement reculé. Les véritables cibles de Trump et du Parti républicain sont l’Iran et la Russie ; les Palestiniens sont des victimes collatérales. En reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël, la « démocratie » américaine approuve l’épuration ethnique qui est en cours dans cette ville.</p>
<p>L’Autorité palestinienne a appelé à un « jour de rage ». Le Fatah qui la dirige est un parti nationaliste palestinien bourgeois usé jusqu’à la corde. Son fondateur Arafat a conclu en 1993, avec l’État américain et l’État israélien, les accords d’Oslo. Ce traité reconnait Israël et sa mainmise sur une partie de la Palestine. En échange, il promet un État palestinien.</p>
<p>La solution « des deux États » a été approuvée par l’ONU. En fait, il y a d’un côté un véritable État, surarmé, doté de l’arme nucléaire, appuyé par les États-Unis. De l’autre, il y a un gigantesque camp de rétention pour Arabes, sans armée, sous dépendance économique d’Israël, sous perfusion de l’Union européenne et des monarchies du Golfe. La Cisjordanie et Jérusalem sont séparées de la bande de Gaza. La Cisjordanie est elle-même quadrillée par des colonies sionistes et par l’armée israélienne. La police du Fatah est l’auxiliaire de l’armée coloniale et des services secrets israéliens.</p>
<p>Le Hamas a prédit que la décision de Trump « ouvrait les portes de l’enfer pour les intérêts américains dans la région ». Le Hamas est un parti bourgeois clérical fondé par les Frères musulmans. Il prétend que la Palestine doit être musulmane, alors qu’y ont toujours vécu des Juifs israélites, des Arabes et des Arméniens chrétiens. Ce parti réactionnaire a pu prendre le contrôle de la bande de Gaza en 2007 à cause de la trahison de la cause nationale par le Fatah.</p>
<p>Si le Hamas était capable de faire reculer l’impérialisme américain, cela se saurait depuis longtemps. En fait, il est même incapable d’empêcher l’État israélien (avec l’aide de l’État égyptien) de transformer la vie des Gazaouis en enfer. En particulier, l’armée israélienne est intervenue militairement dans la bande de Gaza en 2008, 2012 et 2014, en massacrant sa population et en détruisant ses infrastructures.</p>
<p>Le Fatah et le Hamas ont en commun d’être dirigés par des bourgeois, de s’opposer à la lutte du prolétariat palestinien, de dépendre d’États bourgeois voisins et d’être incapables de s’adresser aux travailleurs d’Israël (arabes ou juifs). D’ailleurs, ils se sont rapprochés ces derniers mois sous la pression du général Al-Sissi, le président de l’Égypte qui réprime toute opposition politique.</p>
<h2>Pour le front unique ouvrier contre la poursuite de la colonisation et l’oppression sioniste</h2>
<p>Les monarchies du Golfe et de Jordanie ont protesté contre la décision de Trump, ainsi que les républiques islamistes d’Iran et de Turquie. Mais les Palestiniens ne peuvent pas se fier aux États bourgeois de la région.</p>
<p>La monarchie a écrasé la résistance palestinienne en Jordanie en 1970-1971. Les chrétiens-fascistes du Liban ont liquidé en 1982 des milliers de réfugiés palestiniens avec l’aide de l’armée israélienne. Le régime du Baas syrien a frappé militairement la résistance palestinienne en 1983. Les gouvernements égyptien et syrien ont réprimé le mouvement révolutionnaire de 2011 dont la victoire pouvait ouvrir une perspective aux Palestiniens. La plupart des États voisins surexploitent les réfugiés ou travailleurs immigrés palestiniens et les discriminent. L’Arabie saoudite vient de renforcer ses liens avec les États-Unis et Israël ; elle intervient militairement au Yémen et son blocus cause des ravages dans la population civile ; elle menace ouvertement l’Iran. L’Iran et la Turquie oppriment leurs minorités nationales, dont les Kurdes. La Turquie est toujours membre de l’OTAN dirigée par les États-Unis. La Turquie et les monarchies du Golfe ont aidé les islamo-fascistes qui ont opprimé en Syrie et en Irak les femmes, qui ont exterminé les militants ouvriers, les minorités religieuses, les minorités nationales. L’Égypte reçoit des armes et de l’argent des États-Unis, elle bloque la bande de Gaza.</p>
<p>Des milliers d’arabes palestiniens ont protesté à Jérusalem et à Gaza. Le 15 décembre, l’armée israélienne a blessé 160 d’entre elles et en a tué 4. Des centaines de milliers de personnes, en particulier dans les pays arabes ou musulmans, ont manifesté contre la décision du gouvernement étasunien. Mais la colonisation de la Palestine, l’oppression des Palestiniens, les menaces contre l’Iran, les interventions militaires en Syrie et en Irak des impérialistes américain, russe, britannique, français… doivent devenir l’affaire de tout le mouvement ouvrier mondial.</p>
<p>La meilleure aide aux Palestiniens est la lutte pour renverser les gouvernements qui soutiennent l’État sioniste. Dans le monde entier, au premier chef aux États&#8211;Unis et en Israël, toutes les organisations qui se réclament des travailleurs doivent exiger :</p>
<ul>
<li>Fin de la colonisation en cours de Jérusalem Est et de la Cisjordanie !</li>
<li>Levée du blocus de Gaza par Israël et l’Égypte !</li>
<li>Destruction du mur de l’apartheid !</li>
<li>Libération de tous les prisonniers palestiniens !</li>
<li>Droit au retour des réfugiés et de leurs descendants !</li>
<li>Aucune arme, aucune aide militaire à Israël !</li>
<li>Aucune menace militaire envers l’Iran !</li>
</ul>
<h2>Pour la destruction du dernier État colonial</h2>
<p>La classe ouvrière mondiale est, sur cette question comme les autres, paralysée par la politique de ses directions. Les partis travaillistes ou sociaux-démocrates, les partis issus du stalinisme, plusieurs organisations centristes (SPEW, SAlt, LO, NPA&#8230;) soutiennent la solution « des deux États » de l’ONU.</p>
<p><em>Nous ne considérons pas que la disparition de l’État d’Israël soit nécessaire ou souhaitable. Nous pensons même que son existence pourrait être bénéfique à toute la population arabe et juive du Moyen-Orient. (Lutte de classe, juillet 1967) ; Un pouvoir des travailleurs en France soutiendrait l’établissement de l’État palestinien dans les frontières de 1967.</em> (Arthaud, candidate de LO à l’élection présidentielle, 2 avril 2012)</p>
<p>Cela revient à entériner la colonisation violente d’une partie de la Palestine et la création de bantoustans sous la botte d’Israël. Des directions de partis réformistes expulsent même des militants qui les gênent en les accusant d’antisémitisme : par exemple, Tony Greenstein a été exclu du Parti travailliste britannique, Gérard Filoche du Parti socialiste français…</p>
<p>Partout, l’État israélien et le mouvement sioniste tentent d’assimiler les antisionistes à des racistes anti-juifs. Le président français Macron a repris cette calomnie. L’État autrichien, qui n’a jamais épuré vraiment les nazis et qui a aujourd’hui à sa tête un gouvernement qui comprend un parti fascisant, a même poursuivi comme « antisémites » des militants qui défendent les droits des Palestiniens.</p>
<p><em>L&rsquo;antisémitisme est la haine pour les Juifs comme  Juifs. L&rsquo;anti-sionisme est l&rsquo;opposition à Israël comme un pouvoir (une puissance) colonial et comme un Etat juif exclusif.</em> (Avi Shlaim, professeur à Oxford)</p>
<p>Certes, on trouve des antisionistes qui sont antisémites, mais il y a aussi beaucoup de pro-sionistes qui sont antisémites, dans la lignée de Lord Arthur Balfour ou Lord Winston Churchill. Les gouvernements pro-sionistes des États-Unis et de l’Union européenne entretiennent des liens étroits avec les monarchies absolues et islamistes qui diffusent dans le monde entier le <em>Protocole des sages de Sion, </em>un faux antisémite fabriqué en 1901 par la police tsariste et cité abondamment par Hitler.</p>
<p>Les communistes internationalistes qui depuis 170 ans combattent le racisme et le colonialisme n’ont aucune leçon à recevoir de Macron, Trump et Netanyahou. Le mouvement sioniste lui-même s’est souvent accommodé de l’antisémitisme au début du XX<sup>e</sup> siècle car ces deux courants réactionnaires partageaient l’idée que les Juifs étaient inassimilables dans les pays où ils vivaient. Face au pire antisémitisme de l’histoire, le nationalisme bourgeois juif ne s’est guère opposé au 3<sup>e</sup> Reich et certains de ses dirigeants ont même collaboré avec les nazis. C’est après la 2<sup>e</sup> Guerre mondiale que l’Holocauste a servi de prétexte à la bourgeoisie sioniste pour coloniser la Palestine. Les réseaux terroristes sionistes ont exterminé des villages entiers, chassé des centaines de milliers de personnes&#8230; Le Parti travailliste israélien et le syndicat sioniste ont alors réclamé l’exclusion des Arabes de l’emploi. L’État bourgeois hébreu discrimine ses citoyens en fonction de leur ethnie et il poursuit l’épuration raciale.</p>
<p>Ainsi, le nationalisme bourgeois juif a transformé une toute petite minorité des Juifs du monde en oppresseurs. La conséquence a été la persécution et l’émigration forcée des Juifs installés depuis deux millénaires en Afrique du Nord et au Proche-Orient qui n’étaient pas des colons mais qui ont servi de boucs émissaires aux régimes nationalistes bourgeois arabes. Le sionisme a aussi facilité l’antisémitisme nauséabond des islamistes partout dans le monde.</p>
<p>Israël a été fondé avec l’aide des puissances impérialistes occidentales (qui ont recyclé les anciens nazis) et la complicité de la bureaucratie de l’URSS. Il a mené des guerres contre tous ses voisins. Il a bénéficié de l’aide de l’impérialisme français pour se doter de l’arme nucléaire. Il a collaboré avec le régime d’apartheid d’Afrique du Sud, avec la contre-révolution en Amérique latine, etc.</p>
<p>La fin de l’oppression nationale dont sont victimes les Arabes palestiniens passe par la destruction de l’État d’Israël, raciste, belliciste et colonialiste, instrument de l’impérialisme occidental en Asie de l’ouest. Contre toutes les bourgeoisies (américaine, hébreue, arabe, turque, perse…), la mobilisation des travailleurs à Jérusalem, en Cisjordanie, à Gaza, en Israël, en Jordanie, en Turquie, en Égypte, en Tunisie… permettra d’instaurer une Palestine laïque et multiethnique sur tout le territoire de la Palestine, dans laquelle pourront vivre ensemble Arabes et Juifs, musulmans, israélites, chrétiens et athées. Jérusalem, avec ses traditions multiculturelles serait probablement la capitale de cet État des travailleurs. Une telle Palestine ne serait viable que par l’extension de la révolution, l’abolition des frontières héritées de la colonisation et l’instauration de la fédération socialiste du Levant.</p>
<p>À la fin du XX<sup>e</sup> siècle, des organisations révolutionnaires ont défendu courageusement une perspective de ce type en Israël (ex-Matzpen) ou dans les camps palestiniens (ex-FDPLP). À l’opposé, la bourgeoisie palestinienne, qu’elle soit panarabe (Fatah) ou islamiste (Hamas), ne peut libérer la Palestine parce qu’elle a toujours préféré la collaboration avec les États bourgeois voisins à la mobilisation des travailleurs des villes et des campagnes qui aurait débouché sur la mise en cause de la propriété privée. La bourgeoisie nationale, en prêchant l’unité trompeuse de tous les Arabes ou de tous les musulmans, s’est révélée incapable de s’adresser à la classe ouvrière de toute la région.</p>
<p>La classe ouvrière, ralliant les paysans et les étudiants, est la force sociale qui est capable de liquider la colonisation sioniste et la domination impérialiste, d’émanciper les jeunes et les femmes, de donner la terre aux paysans, la formation à la jeunesse, l’emploi à tous et d’assurer le développement économique.</p>
<p style="text-align: center;">22 décembre 2017</p>
<p style="text-align: center;">Collectif révolution permanente</p>
<p style="text-align: center;">Patronsuz Dünya / Turquie</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Pour l’unité des organisations ouvrières contre toute intervention militaire en Syrie</title>
		<link>https://www.revolucionpermanente.com/francais/2013/09/09/pour-lunite-des-organisations-ouvrieres-contre-toute-intervention-militaire-en-syrie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Sep 2013 12:00:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Résolution]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 13 mars 2011, la police syrienne arrêtait, emprisonnait et torturait 15 écoliers qui avaient tagué sur un mur les slogans de la révolution égyptienne. Débutaient alors des manifestations de... <a href="https://www.revolucionpermanente.com/francais/2013/09/09/pour-lunite-des-organisations-ouvrieres-contre-toute-intervention-militaire-en-syrie/">Read more &#187;</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 13 mars 2011, la police syrienne arrêtait, emprisonnait et torturait 15 écoliers qui avaient tagué sur un mur les slogans de la révolution égyptienne. Débutaient alors des manifestations de plus en plus massives contre le régime, malgré la répression meurtrière, qui s’inscrivaient clairement dans le processus révolutionnaire qui avait commencé d’embraser l’Afrique du nord et le Proche-Orient, en Iran, Tunisie, Libye, Egypte, Bahreïn&#8230; Si la classe ouvrière avait eu un parti ouvrier révolutionnaire, elle aurait pu renverser Assad en s’appuyant sur les autres exploités, sur la jeunesse, sur les minorités kurde et palestinienne, sur les conscrits.<br />
Le parti nationaliste Baas s’est emparé du pouvoir en Syrie par un coup d’Etat en 1963, au nom du panarabisme et du socialisme. En fait de panarabisme, en 1976, l’armée syrienne participait au Liban au massacre des Palestiniens. En fait de socialisme, c’est un régime capitaliste dictatorial où les activités et les organisations ouvrières indépendantes de l’État sont interdites. En outre, depuis le début des années 2000, des vagues de privatisations industrielles et foncières ont gravement entamé le niveau de vie des masses.<br />
Cela n’a pas empêché le Parti communiste syrien, fidèle à la ligne stalinienne d’appui aux bourgeoisies nationales au nom de l’anti-impérialisme et de la révolution par étapes, d’apporter son soutien à ce régime, empêchant ainsi la constitution d’une opposition ouvrière organisée et laissant ainsi le terrain de l’opposition au régime aux Frères musulmans.<br />
Faute de direction prolétarienne, le puissant mouvement des masses contre le régime commencé en mars 2011 est tombé sous la coupe des politiciens bourgeois opposés à Assad et en particulier des mouvements islamistes. L’Armée syrienne libre, elle-même cléricale, est concurrencée par des mouvements islamistes soutenus par le Qatar et l’Arabie Saoudite qui visent plus les alaouites, les chrétiens, les druzes, les Kurdes, que la dictature du Baas, ce qui rejette une partie de la population dans les bras d’Assad et prolonge les jours du régime. Dans ces conditions, l’affrontement entre la dictature et les masses est devenu une guerre entre fractions de la bourgeoisie, chacune liée à des impérialismes opposés, dont le peuple syrien est la victime. Plus de 2 millions de personnes ont dû se réfugier en Turquie, Jordanie, Liban et Irak.<br />
Alors que l’impérialisme russe, l’impérialisme chinois et le régime islamique iranien arment et défendent le dictateur sanglant Assad, que les gardiens iraniens et les milices du Hezbollah interviennent pour le sauver, les impérialismes français et américain se disposent pour une intervention militaire directe en se saisissant de l’utilisation d’arme chimique contre la population civile. La France, dont l’armée utilisa le napalm au Maroc et en Algérie ; les États-Unis, dont l’armée utilisa la bombe atomique contre le Japon, le napalm contre le Vietnam, le Cambodge et l’Irak, sont mal placées pour donner des leçons de morale.<br />
L’intervention de ces armées n’assurerait ni la vie des civils, ni la démocratisation du pays. Sa menace vise à mettre au pas tous les pays dominés, contrôler cette région du monde, affaiblir les positions et sources d’approvisionnement énergétiques russes et chinoises, renforcer l’État d’Israël qui poursuit la colonisation de Jérusalem et de la Cisjordanie, menacer l’Iran.<br />
Cependant, le parlement britannique vient de refuser l’engagement militaire, le gouvernement allemand entend rester à l’écart, le gouvernement impérialiste français dirigé par le PS qui s’était avancé prématurément, se trouve déstabilisé par l’hostilité de l’UMP et par les atermoiements de l’administration impérialiste américaine du Parti démocrate.<br />
En toile de fond, il y a l’opposition des populations de ces pays, qui se souviennent en particulier des manipulations éhontées des impérialismes anglais et américain pour justifier la seconde intervention en Irak, et la crainte des gouvernements de précipiter une crise régionale.<br />
La tâche des communistes internationalistes est, tout en se prononçant sans ambiguïté pour le renversement par les travailleurs syriens du dictateur Assad par les moyens de la lutte des classes, de combattre, en particulier dans les pays impérialistes concernés, pour le front unique des organisations ouvrières contre toute intervention impérialiste.<br />
Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! Impérialistes américains et français, bas les pattes devant la Syrie ! Empêchement par tous les moyens ouvriers de l’intervention !<br />
À bas le régime du Baas et Assad ! Non à la réaction islamiste ! Soldats conscrits et miliciens de base, désertez les troupes des oppresseurs ! Libertés démocratiques et droits de salariés ! Confiscation des groupes capitalistes et de la grande propriété foncière ! Respect des minorités religieuses et nationales ! Laïcité ! Émancipation des femmes ! Pour un gouvernement des ouvriers et des paysans !<br />
<center><br />
9 septembre 2013<br />
<b>Bureau international du Collectif révolution permanente</b></center></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le mouvement ouvrier doit défendre Manning, Snowden, Assange !</title>
		<link>https://www.revolucionpermanente.com/francais/2013/08/24/le-mouvement-ouvrier-doit-defendre-manning-snowden-assange/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Aug 2013 12:00:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Résolution]]></category>
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					<description><![CDATA[35 ans de prison pour Bradley Manning, un avertissement à tous les ennemis du capitalisme impérialiste Le 21 août 2014, un tribunal militaire américain a condamné le soldat Bradley Manning... <a href="https://www.revolucionpermanente.com/francais/2013/08/24/le-mouvement-ouvrier-doit-defendre-manning-snowden-assange/">Read more &#187;</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h3>35 ans de prison pour Bradley Manning, un avertissement à tous les ennemis du capitalisme impérialiste</h3>
<p>Le 21 août 2014, un tribunal militaire américain a condamné le soldat Bradley Manning pour « espionnage, trahison de secrets, fraude informatique et vol » à une peine de prison de 35 ans. Le « crime » de cet analyste des informations militaires fut de rendre publiques des informations sur la nature criminelle de l&rsquo;action militaire américaine contre l&rsquo;Irak au nom de la « guerre contre le terrorisme » et sur les violations des droits de l&rsquo;homme par les agents du gouvernement américain sur toute la planète. Initialement, le gouvernement des capitalistes américains et leur état-major entendait condamner Manning à mort sous l&rsquo;accusation « d’aide à l&rsquo;ennemi ». Mais les accusations étaient si absurdes et ont suscité tant d&rsquo;indignation publique, de même que les conditions inhumaines de détention auxquelles il a été soumis, que même le juge militaire, la colonelle Denise Lind, a été contrainte d’en tenir compte.</p>
<p>Le 14 août, un Manning tremblant, presque en larmes, visiblement cassé, a présenté une auto-accusation humiliante devant le tribunal militaire de Fort Meade, tribunal antidémocratique et à huis clos, qui porte clairement les marques de la mise en scène d&rsquo;un procès-spectacle.</p>
<p><em>Je regrette que mes actions aient blessé des gens, qu&rsquo;elles aient blessé les États-Unis. Je comprenais ce que je faisais et les décisions que j&rsquo;ai prises&#8230; Je regrette les conséquences de mes agissements. Quand je reconsidère mes décisions, je me demande comment j&rsquo;ai bien pu penser que je pouvais changer le monde mieux que les autorités compétentes, alors que je n&rsquo;étais qu&rsquo;un analyste débutant ? Je sais que je peux et veux m&rsquo;améliorer. J&rsquo;espère que vous me donnerez l&rsquo;opportunité de le prouver, non en paroles, mais en pratique, si je peux retrouver une place efficace dans la société.</em></p>
<p>Auparavant, Manning a passé trois ans en isolement carcéral, ses geôliers lui ont fait subir des journées d&rsquo;interrogatoires, l&rsquo;ont privé de sommeil, l&rsquo;ont dénudé, l&rsquo;ont dépouillé de ses lunettes, avec la claire intention de briser sa volonté.</p>
<p>La prétendue déclaration du Manning est en fait une mise en garde du gouvernement de la puissance impérialiste la plus forte à tous les opposants au système d&rsquo;exploitation. 35 ans de prison pour le jeune  Manning, qui ne pouvait plus supporter devant sa conscience d&rsquo;être spectateur des crimes de son gouvernement impérialiste, 3 ans de prison pour les tortionnaires d&rsquo;Abou Ghraib (comme Lynndie England) : le message de la justice de classe capitaliste est clair : sans l’assentiment de l&rsquo;impérialisme, rien ne doit changer ; celui ou celle qui se dresse contre lui sera écrasé ; ceux qui torturent et assassinent au compte de l&rsquo;impérialisme sont seulement punis pour la forme, pour éviter que le cynisme de la classe dominante éclate de façon trop évidente.</p>
<p>La traque d&rsquo;Edward Snowden, qui a levé le voile sur une partie des activités de la DSA (qui espionne sur ordre d’Obama des dizaines de millions d’Américains), et l&rsquo;intimidation des États qui étaient disposés à lui accorder le droit d&rsquo;asile, le refus d&rsquo;autorisation de survol pour l&rsquo;avion du président bolivien Evo Morales par les gouvernements du Portugal, d’Espagne, de France et d&rsquo;Italie ; le siège de Julian Assange à l&rsquo;ambassade équatorienne à Londres depuis un an et les menaces policières et judiciaires de l&rsquo;État britannique contre le Guardian, le journal qui a publié les révélations de Snowden, le harcèlement du journaliste brésilien Miranda, compagnon d »un journaliste du Guardian, à l&rsquo;aéroport Heathrow de Londres, les menaces de mort de plus en plus ouvertes dans les grands médias américains contre les « traîtres », tout ces faits montrent que les gouvernements impérialistes, en particulier celui des États-Unis, crachent sur leurs « valeurs démocratiques » et que l&rsquo;État policier est pour eux une option de plus en plus tentante pour exercer le pouvoir.</p>
<p>Entre eux, les « services de renseignement » se font les coups les plus tordus, mais ils ont toujours su s’entendre contre ceux qui combattent pour la liberté et l’égalité. </p>
<h3>La dégradation de la démocratie aux mains de la bourgeoisie impérialiste</h3>
<p>La bourgeoisie naissante, au temps où elle était rebelle, quand elle affrontait le féodalisme, la monarchie absolue et la religion d’État, proclamaient des valeurs universelles : la liberté et l’égalité. Pour s’imposer, elle n’hésitait pas à recourir à la violence, voire à la terreur. Il en fut ainsi lors des révolutions des Pays-Bas et de Grande-Bretagne au 17e siècle, aux États-Unis et en France au 18e siècle. Même à cette époque, quand elle était révolutionnaire, elle tendait à estomper l’universalisme au profit du patriotisme ; elle limitait les libertés et l’égalité par le respect de l’esclavage, du patriarcat et, par-dessus tout, de la propriété privée ; elle réprimait sauvagement les travailleurs et les peuples opprimés en lutte pour l’égalité et la liberté. Dans deux de ces pays, la bourgeoisie est allée jusqu’à restaurer la monarchie, qui est incompatible avec la démocratie et l’égalité.</p>
<p>Depuis le 19e siècle et l’apparition d’une nouvelle classe révolutionnaire, le prolétariat, qui la menace, la bourgeoisie renie sa propre histoire, exacerbe le chauvinisme, recourt à la religion, renforce son appareil répressif (armée, polices, justice, prisons, services secrets…).</p>
<p><em>La force publique se renforce à mesure que les contradictions de classe s’accentuent à l’intérieur de l’État et que les États limitrophes deviennent plus grands et plus peuplés…</em> (Engels, L’Origine de la famille, de la propriété privée et de l’État, 1891)</p>
<p>Dans les États-Unis qui se parent de la démocratie depuis le 18e siècle, la bourgeoisie et son État ont profité des attentats de 2001 (conçu par un ancien agent de la CIA) pour laisser tomber le masque de la légalité. Avec la « loi pour unir et renforcer l&rsquo;Amérique en fournissant les outils appropriés pour déceler et contrer le terrorisme » (USA Patriot Act), l&rsquo;administration Bush a créé un dispositif juridique qui autorise les arrestations arbitraires, la mise au secret des suspects, le mouchardage sans contrôle, bref les instruments d&rsquo;un État fort, d&rsquo;un État militaro-policier. La prison de Guantánamo, une enclave coloniale sur le territoire de Cuba, séquestre, en violation du droit international, 170 prisonniers depuis 12 ans. Il est établi que la CIA a fait arrêter et torturer à l’étranger. En outre, par décision du président démocrate Obama, les services secrets américains peuvent exécuter légalement dans le monde entier des ennemis des « États-Unis », y compris des citoyens américains. </p>
<p>En Grande-Bretagne, le pays qui affiche les plus longues traditions démocratiques, l’État espionne pour son compte et héberge aussi des installations d’espionnage américaines. Le gouvernement du travailliste Tony Blair a développé en 2001 et 2005 les « lois de prévention du terrorisme » (Prevention of Terrorism Acts), adoptées en 1974 pour suspendre les droits fondamentaux au nom de la lutte contre les indépendantistes irlandais et contre ceux qui s’opposaient en Grande-Bretagne à l&rsquo;occupation militaire en Irlande du Nord. </p>
<p>En France, le pays de la révolution bourgeoise la plus profonde, ce n’est que par des moyens inférieurs que les services secrets se distinguent de leurs collègues et rivaux américains. L’armée a utilisé systématiquement la torture contre les combattants vietnamiens et algériens, avant de l’enseigner aux armées bourgeoisies d’Amérique latine. Les unités spéciales de la gendarmerie et de la police contre le terrorisme ont déjà servi à exécuter des militants kanaks (GIGN, sur ordre du socialiste Mitterrand) et à réprimer des grévistes (GIGN contre des postiers, GIPN contre des marins).</p>
<p>En Allemagne, où la fin de l’absolutisme a été le sous-produit de la révolution prolétarienne de 1918-19, le gouvernement a réactivé la législation spéciale des années 1976-77. La police a visiblement protégé un groupe nazi qui assassinait depuis des années des Turcs.</p>
<p>La persécution des immigrés musulmans -ou passant pour tels- a été aggravée par tous les gouvernements. Au nom de la « lutte contre le terrorisme », les gouvernements impérialistes ont soutenu longtemps les dictatures de Moubarak, Ben Ali, Kadhafi, Saddam Hussein Al-Assad père et fils et soutiennent les monarchies absolues du Golfe. Au nom de la « lutte contre le terrorisme », l’impérialisme chinois réprime au Xinjiang, l’impérialisme russe a écrasé la Tchétchénie, les impérialismes occidentaux sont intervenus en Irak, en Libye, au Mali. </p>
<p><em>Un peuple qui en opprime un autre ne saurait s&rsquo;émanciper, Le pouvoir qui sert à écraser l&rsquo;autre peuple se tourne toujours contre lui-même.</em> (Engels, Une proclamation polonaise, 17 juin 1874)</p>
<p>Dans tous les pays impérialistes, des mesures spéciales visent les citoyens musulmans. La tendance à restreindre les libertés démocratiques accompagne le déclin historique de la bourgeoisie. </p>
<h3>La défense des lanceurs d’alerte et des libertés démocratiques est une responsabilité du mouvement ouvrier</h3>
<p>Ni Edward Snowden, ni Bradley Manning, ni Julian Assange ne sont des militants du mouvement ouvrier, et encore moins des révolutionnaires. Pour les communistes internationalistes, leurs révélations n&rsquo;étaient pas vraiment une surprise &#8211; sans connaître tous les détails, nous avons toujours insisté sur le caractère répressif de l&rsquo;État capitaliste, mis en garde contre les illusions dans la légalité bourgeoise et dénoncé les machinations des services secrets et des polices politiques. Cette clairvoyance est le résultat de la théorie marxiste de l&rsquo;État.</p>
<p><em>L&rsquo;histoire du XIXe siècle et du XXe siècle nous a montré, même avant la guerre, ce qu&rsquo;était la fameuse démocratie pure sous le régime capitaliste. Les marxistes ont toujours répété que plus la démocratie était développée, plus elle était pure, plus aussi devait être vive, acharnée et impitoyable la lutte des classes, et plus apparaissait purement le joug du capital et la dictature de la bourgeoisie. L&rsquo;affaire Dreyfus de la France républicaine, les violences sanglantes des détachements soudoyés et armés par les capitalistes contre les grévistes dans la république libre et démocratique d&rsquo;Amérique, ces faits et des milliers d&rsquo;autres semblables découvrent cette vérité qu&rsquo;essaye en vain de cacher la bourgeoisie, que c&rsquo;est précisément dans les républiques les plus démocratiques que règnent en réalité la terreur et la dictature de la bourgeoisie, terreur et dictature qui apparaissent ouvertement chaque fois qu&rsquo;il semble aux exploiteurs que le pouvoir du capital commence à être ébranlé.</em> (1er congrès de l&rsquo;IC, Thèses sur la démocratie bourgeoise et la dictature prolétarienne, 4 mars 1919)</p>
<p>Quelles que soient les convictions politiques ou philosophiques de Manning, Snowden et Assange, le mouvement ouvrier doit exprimer sa solidarité avec tous ceux qui dévoilent les pressions, les manipulations, l&rsquo;espionnage, les meurtres des États impérialistes, ainsi qu&rsquo;avec les journalistes qui publient ces révélations sur les machinations de l&rsquo;appareil d&rsquo;État bourgeois.</p>
<p>Un des premiers actes du Conseil révolutionnaire des commissaires du peuple (Sovnarkom) en Russie en 1917 a été l&rsquo;abolition de la diplomatie secrète et la divulgation de tous les documents du tsarisme, y compris les documents de l&rsquo;Okhrana, la police politique. La censure, la suppression de l&rsquo;information critique, la chasse aux anti-impérialistes visent toujours, dans le système capitaliste, le mouvement ouvrier, et spécialement l »avant-garde révolutionnaire, même si elle est officiellement dirigée contre les éléments « déloyaux » des forces armées ou de des services secrets.</p>
<p>Manning, Snowden et Assange sont haïs par tous les gouvernements impérialistes parce qu&rsquo;ils ont présenté devant le grand public et donc les masses laborieuses des preuves irréfutables qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, comme toujours, les impérialistes espionnent et ont des mains sanglantes.</p>
<p>Contrairement à la petite bourgeoisie libérale, les travailleurs ne doivent pas avoir l’illusion que les lanceurs d&rsquo;alerte comme Manning, Assange Snowden&#8230; peuvent rendre l’appareil militaire et d’espionnage plus transparent et démocratique. Malgré les affabulations des crétins réformistes qui présentent l’État comme neutre, les travailleurs ne doivent accorder aucune confiance à l’armée bourgeoise, à la police bourgeoise, à la justice bourgeoise, aux services secrets bourgeois. </p>
<p>Le prolétariat, en alliance avec les autres classes exploitées, doit briser l&rsquo;appareil d&rsquo;État bourgeois et doit le remplacer par son armement et ses propres instrument de pouvoir démocratique &#8211; la dictature du prolétariat,</p>
<p><em>La Commune de Paris ne fut pas une révolution pour transférer le pouvoir de l&rsquo;État d&rsquo;une fraction de la classe dirigeante à une &lsquo;autre, mais une révolution pour briser cet horrible appareil de classe lui-même.</em> (Marx, Premier essai de rédaction de La guerre civile en France, avril 1871)</p>
<p>Pour tous les travailleurs, les persécutions et les condamnations des lanceurs d&rsquo;alerte, les restrictions aux libertés démocratiques sont autant de menaces et de dangers. Par conséquent, nous demandons que toutes les organisations de masse des travailleurs du monde entier exigent :</p>
<ul>
<li>La libération immédiate de Bradley Manning, la cessation de la persécution des lanceurs d&rsquo;alerte,</li>
<li>La restitution de Guantanamo à Cuba, la fermeture de toutes les bases américaines, britanniques, françaises et russes à l’étranger, </li>
<li>L’arrêt immédiat de la persécution contre les militants et sympathisants de mouvements de libération nationale, de défense des travailleurs immigrés et des organisations ouvrières,</li>
<li>La dissolution de tous les services de renseignement, l’examen et la publication de leurs fichiers et documents par des comités des organisations ouvrières, qui détruiront leur équipement d&rsquo;espionnage, la confiscation de leurs fonds pour indemniser leurs victimes et leurs familles. </li>
</ul>
<p><center>24 août 2013<br />
<b><br />
Bureau international du Collectif révolution permanente</b></center></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Égypte Dehors la junte militaire ! Pour un parti ouvrier indépendant de toutes les  fractions de la bourgeoisie !</title>
		<link>https://www.revolucionpermanente.com/francais/2013/08/22/egypte-dehors-la-junte-militaire-pour-un-parti-ouvrier-independant-de-toutes-les-fractions-de-la-bourgeoisie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Aug 2013 12:00:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Résolution]]></category>
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					<description><![CDATA[L’affrontement de deux fractions de la bourgeoisie plonge le pays dans le chaos Les généraux ont déclenché un coup d’État le 3 juillet, avec le soutien des « foulouls »... <a href="https://www.revolucionpermanente.com/francais/2013/08/22/egypte-dehors-la-junte-militaire-pour-un-parti-ouvrier-independant-de-toutes-les-fractions-de-la-bourgeoisie/">Read more &#187;</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h3>L’affrontement de deux fractions de la bourgeoisie plonge le pays dans le chaos</h3>
<p>Les généraux ont déclenché un coup d’État le 3 juillet, avec le soutien des « foulouls » post-nasséristes (tous les partis issus du-PND de Moubarak), des prétendus « démocrates » ou « libéraux » (« Wafd », PLE…), des néo-nasséristes (CP…) et des ex-staliniens (PCE). </p>
<p><i>Les forces armées égyptiennes en se ralliant à la volonté du peuple, ont repris à leur compte les exigences du peuple et annoncé la feuille de route pour faire tomber le régime des Frères et de leurs alliés des forces de la droite religieuse… C’était la première fois que les forces armées égyptiennes agissaient contre la volonté américaine depuis plus de 40 ans. C’était aussi la première fois que le peuple égyptien de toutes les obédiences, les forces politiques et les institutions est uni pour corriger la trajectoire de la révolution et commencer à élaborer une constitution civile et démocratique pour le pays, pour sortir de la dépendance et de la servilité… Nous considérons que la révolution du peuple égyptien du 30 Juin constitue une correction de la trajectoire de la révolution du 25 Janvier et une extension de toutes les phases de la révolution<br />
nationale démocratique qui a commencé avec la Révolution Orabi en 1881 et s’est poursuivie à travers les révolutions de 1919 et de 1952&#8230;</i> (Parti communiste égyptien, La Révolution du 30 juin, 3 août 2013)</p>
<p>Depuis 80 ans, la « révolution nationale démocratique » serait à l’ordre du jour, reléguant la révolution socialiste à un avenir lointain. La révolution par étapes sert à légitimer le « front uni antiimpérialiste » avec les partis bourgeois et « les forces armées ». Selon les réformistes, l’armée ne serait pas bourgeoise, ne serait pas l’axe de l’État bourgeois, mais serait en rupture avec l’impérialisme américain, elle serait passée au service du « peuple », toutes classes confondues, comme au bon temps où le colonel Nasser exécutait les ouvriers grévistes et interdisait le PCE. </p>
<p><i>Il faut commencer par la milice ouvrière, pour nous acheminer d’un pas ferme et souple, en observant la graduation nécessaire, vers l’instauration de la milice populaire, vers la substitution de l’armement général du peuple à l’armée et à la police. </i>(Vladimir Lénine, Catastrophe imminente et promesses démesurées, 29 mai 1917)</p>
<p>Pour les opportunistes, il faudrait que le prolétariat se soumette à une fraction de la classe dominante, pour certains aux islamistes (comme le Parti communiste libanais aujourd’hui ou le Parti Toudeh en Iran en 1979), pour d’autres aux militaires qui se présentent comme les « sauveurs suprêmes » de la nation. C’était déjà criminel avec le général Mustafa Kemal, le général Tchang Kaï-Chek, le général De Gaulle, le colonel Nasser, le colonel Perón, le colonel Chavez… Cette affabulation<br />
devient grotesque avec le général Al-Sissi !</p>
<p><i>L’indépendance d’un État arriéré sera inévitablement à moitié fictive et son régime politique, sous l’influence des contradictions de classe internationales et de la pression extérieure, tombera inévitablement dans une dictature contre le peuple…</i> (Léon Trotsky, La Guerre impérialiste et la révolution prolétarienne mondiale, 23 mai 1940)</p>
<p>Les révisionnistes du « trotskysme » répètent en fait les trahisons du stalinisme. Les Socialistes révolutionnaires (liés au SWP britannique et à l’ISO américaine, valorisés par le NPA français) ont minimisé le coup d’État militaire, en en faisant le couronnement de ce qu’ils appellent, comme le PCE, la « seconde révolution ». </p>
<p><i>Ce qui est arrivé en Égypte constitue l’apogée de la démocratie, une révolution de millions de gens pour renverser directement un dirigeant. En ce qui concerne l’éviction de Morsi par les militaires, elle n’a été rien d’autre qu’une conclusion logique, dès lors que l’institution militaire a compris que les masses avaient déjà résolu la question dans les rues et dans sur les places d’Egypte. </i>(Socialistes révolutionnaires, Résolution, 30 juin 2013)</p>
<p>Qui plus est, les centristes ont demandé à la junte de nommer un bon gouvernement et au futur gouvernement désigné par la junte de mener une bonne politique. </p>
<p><i>Quel que soit le prochain Premier ministre, il doit venir des rangs de la Révolution de Janvier. Nous exigeons que les priorités du gouvernement à venir soient des mesures immédiates pour réaliser la justice sociale au bénéfice des millions de pauvres et des salariés à plus bas revenus… </i>(Socialistes révolutionnaires, Résolution, 6 juillet 2013)</p>
<p>En réalité, le Conseil des forces armées et son gouvernement de façade ont suspendu les libertés démocratiques le 4 août. Ils ont arrêté le président élu, réprimé la grève des ouvriers de la sidérurgie à Suez, renforcé le blocus de Gaza, écrasé de manière sanglante la riposte des Frères musulmans et libéré Moubarak.</p>
<p>Depuis le coup, les milices fascistes des Frères musulmans et du « Hebz al-Nour » (Parti de la lumière, salafiste) ont multiplié les attaques contre les chrétiens coptes, une cible habituelle des réactionnaires, qu’ils soient glabres ou barbus, en uniforme ou en robe.</p>
<h3>Les islamistes et les généraux sont deux faces de la réaction</h3>
<p>Morsi est soutenu par la Turquie et le Qatar, alors que l’état-major jouit de l’appui politique et financier de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. Aucun de ces gouvernements, spécialement les monarchies policières, misogynes et cléricales du Golfe, ne constitue un garant des libertés démocratiques et du progrès social. </p>
<p>Aucune leçon de démocratie ne peut venir non plus des gouvernements des États-Unis, de l’Allemagne, de la France et de la Grande-Bretagne qui n’avaient pas ménagé leur soutien à Moubarak ou à Ben Ali auparavant et qui se sont ralliés aux partis islamistes pour gouverner la Libye, la Tunisie et l’Égypte. Les gouvernements américains avaient déjà soutenu les Frères musulmans de 1952 à 1991. Grâce à leur soutien populaire, les FM paraissent en 2012 un barrage crédible contre la<br />
révolution sociale qui s’esquissa en février 2011. Quelque soient les partis à sa tête, chaque État bourgeois « démocratique » défend les intérêts de sa bourgeoisie, pactise avec l’État colonial sioniste et tente de maintenir l’ordre impérialiste en Afrique du Nord et en Asie de l’Ouest. </p>
<p><i>C’est le morcellement de la bourgeoisie en un grand nombre de secteurs, de fractions et de factions qui a si souvent trompé le peuple. On renverse une section et l’on croit avoir renversé toute la bourgeoisie, mais on a simplement mis au pouvoir un autre secteur.</i> (Friedrich Engels, Lettre à Laura Lafargue, 8 octobre 1889)</p>
<p>Fin janvier 2011, l’armée relaie la police débordée par la puissance des manifestations et le début de grèves massives. En concertation avec les services secrets américains, le Conseil suprême des forces armées lâche Moubarak pour prendre le pouvoir le 11 février. S’ensuit une période d’interdiction des grèves, de répression, de torture de centaines de personnes, de persécutions des chrétiens. En juin 2012, le CSFA dissout l’Assemblée élue en 2012 avec une majorité de députés cléricaux (45 % des voix pour les Frères musulmans, 25 % pour Al Nour). Pour l’élection présidentielle, la junte écarte sous un prétexte la candidature du capitaliste Khairat al-Chater, présenté par les FM. Finalement, le candidat de la junte, Ahmed Chafik, premier ministre d&rsquo;Hosni Moubarak et ancien général, est battu par Mors au second tour. Après des tractations avec les FM, l’armée leur transmet le pouvoir mais conserve ses entreprises et ses subventions de l’État américain.</p>
<p>En 2011, les Frères musulmans s’étaient ralliés au mouvement contre Moubarak initié par la jeunesse. Les cléricaux prétendent : « l’islam est la solution ». Mais l’islamisme, en pratique, n’est autre que le capitalisme avec de l’obscurantisme et de la répression. Morsi maintient le traité avec Israël. En octobre 2012, les bandes islamistes attaquent les manifestants de la place Tahrir mais les jeunes révolutionnaires parviennent à les chasser. Le gouvernement Morsi tente d’interdire les<br />
syndicats indépendants. En novembre 2012, le président Morsi s’attribue les pleins pouvoirs. En décembre 2012, l’Assemblé constituante renforce le rôle de l’islam (la charia était déjà une référence de la précédente constitution). Le gouvernement fait ratifier à la hâte le projet de constitution. Tant lors du coup institutionnel qu’avant le référendum, les bandes islamistes tentent d’intimider les opposants. Des dizaines de jeunes femmes qui manifestent sont isolées et violées par des bandes mal identifiées. Ce qui est bien établi est que les milices islamistes séquestrent et torturent des dizaines d’opposants. Le capitalisme égyptien s’enfonce dans la dépression qui a débuté sous la junte, ce qui entraîne la dépréciation de la livre, l’inflation galopante, la montée du chômage… La popularité du gouvernement s’effrite, alors les grèves se multiplient puis que des millions de manifestants exigent sa démission en juin 2013. C’est l’armée qui le renverse en le taxant de « terroriste » pour légitimer le putsch. </p>
<p>Les révolutions du 18e siècle ont souvent pris la forme d’une assemblée constituante qui ont diminué l’arbitraire et augmenté les droits des masses. Malgré leur caractère bourgeois, leur radicalité a donné un exemple historique à la future classe révolutionnaire, le prolétariat, en particulier par l’armement de la population. </p>
<p><i>Il importe que chaque homme du peuple bon pour le service soit doté d’une arme et qu’il conserve celle-ci à son domicile. Ce n’est pas principalement pour des raisons d’économie que nous réclamons l’armée populaire au lieu de l’armée permanente, ce n’est pas pour échapper à des sacrifices financiers, mais pour dépouiller du mauvais usage qui en est fait l’arme du militarisme qui aujourd’hui est employée à l’occasion contre l’« ennemi intérieur », à savoir contre la montée de la classe ouvrière et contre ses luttes de masses.</i> (Rosa Luxemburg, L’Armée nouvelle de Jean Jaurès, juin 1911)</p>
<p>Mais une assemblée convoquée par la junte (ou par les Frères musulmans) ne peut être que contrerévolutionnaire. Les réunions constituantes aux mains des militaires en 2011 ou des islamistes en 2012 se sont révélé des simulacres de démocratie. Aucune constitution émanant de l’état-major ou les islamistes ne peut être vraiment démocratique. Lors de l’élection présidentielle de 2012, la junte a sélectionné les candidats, comme les ayatollahs pour celle de l’Iran en 2013 ; un an après, l’étatmajor a renversé le président élu.</p>
<p><i>Un démocrate ne doit-il pas, s’il veut parler de nouvelles élections, reconnaître et souligner le principe de la démocratie, c’est-à-dire le droit pour la population de révoquer à tout moment à tout moment ses élus, ses mandataires, ses représentants quels qu’ils soient ?</i> (Vladimir Lénine, Encore un reniement de la démocratie, 31 mai 1917)</p>
<p>Ni les galonnés, ni les bigots ne peuvent garantir les libertés, instaurer la laïcité, assurer l’indépendance nationale, émanciper les femmes, confier la terre aux paysans, développer l’économie, secourir réellement les Palestiniens…</p>
<h3>La collaboration de classes au sein de Tamarrod a préparé le coup d’État</h3>
<p>Le terrain politique du coup d’État a été préparé par la constitution d’une alliance de collaboration de classes nommée « Tamarrod » (Rébellion), patronnée par un certain nombre de capitalistes (Naguib Sawiris, Mamdouh Hamza…), des hauts magistrats hérités de Moubarak, des grands medias capitalistes et les services secrets du ministre de la Défense de Morsi, le général Al-Sissi. </p>
<p>Tamarrod unifie alors tous les partis bourgeois opposés aux Frère musulmans, des dignitaires de Moubarak (« foulouls » du PND) aux fanatiques musulmans (salafistes d’Al Nour). Tragiquement, l’ensemble des organisations politiques ouvrières (Parti communiste égyptien, Socialistes révolutionnaires, Mouvement du 6 avril, Parti socialiste d’alliance populaire, Parti socialiste égyptien) a cautionné, par leur participation enthousiaste, le bloc dirigé par la bourgeoisie.</p>
<p><i>Les socialistes se sont impliqués à fond dans Tamarrod. Nous avons trouvé un accueil enthousiaste pour signer la pétition dans les quartiers ouvriers. (Samuel Naguib, Entrevue, juin 2013, cité dans International Socialism Journal n° 139)</p>
<p>De fait la géniale campagne Tamarrod a su mobiliser toutes les variétés de rejet populaire de la loi domination des Frères musulmans à travers une campagne de signatures à laquelle ont répondu plus de 22 millions de personnes signataires en moins de deux mois. Elles ont été recueillies par toutes les organisations, les classes et les catégories du peuple égyptien, même au sein des institutions de l’État et des organismes dans tous les gouvernorats d’Égypte.</i> (Parti communiste égyptien, La Révolution du 30 juin, 3 août 2013)</p>
<p>En réalité, la perspective de Tamarrod est entièrement bourgeoise, sans même la moindre concession aux revendications pressantes des salariés : une « élection présidentielle anticipée » et, en attendant, une « présidence par intérim » confiée au président de la Haute cour constitutionnelle (désigné par Moubarak) et un pouvoir exécutif remis à « un Premier ministre consensuel » chargé du sauvetage de l’économie, de la restauration de la sécurité et de la rédaction de la nouvelle Constitution.</p>
<p>Quelques heures avant le coup d’État, Mahmoud Badr et Mohamed Abdelaziz, les rédacteurs de la pétition Tamarrod, rencontrent le général Al-Sissi, le chef de la junte militaire.</p>
<p>Il n’y a plus de parti ouvrier de masse depuis la liquidation du Parti communiste égyptien par la ueaucrtie de l’URSS dans le nationalisme bourgeois, au nom du front uni anti-impérialiste et de la révolution par étapes. Les syndicats indépendants sont divisés artificiellement en deux confédérations et leurs appareils sont en collaboration grandissante avec les bureaucraties syndicales corrompues d’Amérique du Nord et d’Europe de l’Ouest. Les organisations politiques qui se réclament aujourd’hui de la lutte des classes et du socialisme se comportent en auxiliaires de la classe dominante, des exploiteurs. Le PCE et PSE (une organisation qui participait à la conférence méditerranéenne organisée par le NPA en mai 2011 à Marseille) soutiennent au premier tour de l’élection présidentielle de 2012 la candidature du Karama (Parti de la dignité, néo-nassérien). </p>
<p><i>Les forces du camp révolutionnaire auraient dû faire de Hamdeen Sabbahi leur candidat unique.</i> (Mamdouh Habaschi, Après les présidentielles, 25 juin 2012, Inprecor n° 585)</p>
<p>Les SR se sont formés dans le cadre de la Tendance socialiste internationale et revendique, à ce titre et comme le PCE, le « front uni anti-impérialiste ». Historiquement, ce courant révisionniste est né de la capitulation de Cliff devant son impérialisme quand celui-ci a participé à l’agression américaine contre la révolution chinoise en 1950. Dans les années 1990, il s’adapte à la montée de l’islamisme. </p>
<p><i>Là où les islamistes sont dans l’opposition, notre règle de conduite doit être : avec les islamistes parfois, avec l’État jamais.</i> (Chris Harman, Le prophète et le prolétariat, 1994, in Islamisme et révolution, p. 77)</p>
<p>En 1994, le SWP britannique monte un front populaire avec des capitalistes musulmans (Respect). En 2012, les SR égyptiens soutiennent la candidature des Frères musulmans au second tour de l’élection présidentielle.</p>
<p><i>La victoire de Morsi, le candidat des Frères Musulmans, constitue un important acquis qui repousse la contre-révolution ainsi que ce coup d’État. A l’étape présente, cela constitue une réelle victoire des masses égyptiennes et une réelle victoire de la révolution égyptienne. </i>(Sameh Naguib, Message à la conférence de Chicago de l’ISO, 28 juin-1er juillet 2012)</p>
<p>En novembre 2012, le PCE, les SR, le M6A, le PSE, le PSAP rejoignent le « Front du salut national » formé par les partis bourgeois dits laïques dont les « foulouls » qui tiennent toujours l’armée et la justice (et qui avaient envoyé la police et leurs milices, les baltaguiyas, contre les manifestants antiMoubarak). Comme toujours, le programme du front populaire (la perspective d’un« gouvernement d&rsquo;union nationale ») ne peut être que bourgeois. Le FSN se coule naturellement en mai 2013 dans la collaboration de classes de Tamarrod.</p>
<p>Les attentes des courants petit-bourgeois envers tel ou tel secteur de la grande bourgeoisie sont à chaque fois démenties par la lutte des classes, au détriment du peuple. </p>
<p><i>La méthode bolchevik consiste à se désolidariser absolument de la bourgeoisie, en politique comme dans l’organisation, à la démasquer impitoyablement dès les premiers pas de la révolution, à détruire toutes les illusions petite-bourgeoises sur l’unité de front avec la bourgeoisie, à combattre sans relâche pour enlever à la bourgeoisie la direction des masses, à expulser sans pitié du Parti communiste tous ceux qui sèment de vaines espérances dans la bourgeoisie.</i> (Léon Trotsky, La Révolution chinoise et les thèses de Staline, 17 mai 1927)</p>
<p>Tant qu’elles n’ont pas leur propre parti, opposé à toutes les fractions de la bourgeoisie, la classe ouvrière et la jeunesse resteront, malgré leur courage, désorientées, incapables de tracer une perspective propre.</p>
<h3>La révolution sociale est la solution</h3>
<p>Aucune fraction de la bourgeoisie ne peut résoudre les problèmes du pays car leur solution passe par l’affrontement avec la bourgeoisie impérialiste, requiert l’action des travailleurs des villes et des campagnes qui, une fois mobilisés, s’en prendront à la propriété privée des moyens de production défendue tant par l’armée que les clergés musulman ou chrétien.</p>
<p>Le nationalisme panarabe professé par le colonel Nasser en 1952 et soutenu par le Pari communiste égyptien, qui avait alors la confiance d’une partie significative de la classe ouvrière, a été une faillite,historique. Après les succès initiaux (renversement de la monarchie, nationalisation du canal de Suez, échec de l’intervention militaire de la Grande-Bretagne, de la France et d’Israël, début de réforme agraire…), les projets d’unification arabe ont échoué, Israël a vaincu à deux reprises l’armée égyptienne, le pays ne s’est pas vraiment industrialisé. </p>
<p>L’échec du nassérisme a poussé l’armée à abandonner les phrases « socialistes » et anti-impérialistes. Le régime a retourné ses alliances, de l’URSS aux États-Unis. Pour récupérer le Sinaï, les généraux ont reconnu Israël. Ils se sont vendus à l’impérialisme américain pour 1,3 milliard de dollars par an. Puis ils ont privatisé pour tenter, en vain, de redynamiser le capitalisme national. </p>
<p>Le résultat est que l’armée est hypertrophiée et suréquipée, mais la plupart des fellahs travaillent dans des conditions archaïques, si bien que l’Égypte est le premier importateur de blé du monde. Plus de 30 % de la population est analphabète. L’administration est corrompue. La police, l’armée et les bandes islamistes arrêtent, détiennent, torturent et exécutent les opposants. Les femmes ont des droits civils réduits en matière de divorce et d’héritage, plus de 50 % des filles sont victimes de mutilations génitales avec la bénédiction des prêtres musulmans et chrétiens. Il est toujours interdit<br />
de fonder un parti basé sur la lutte des classes.</p>
<p>L’échec du nassérisme, entraînant celui du stalinisme qui s’était prosterné devant lui et s’était dissout dans le parti unique, a nourri la réaction islamiste. Le recours à l’idéologie religieuse précapitaliste, malgré son archaïsme, séduit nombre de capitalistes qui y voient le secret du respect de la propriété privée. Les Frères musulmans peuvent s’appuyer sur le dense réseau de mosquées, renforcé par Sadate et par Moubarak. Ils apparaissent aux paysans, aux petits bourgeois des villes et aux déclassés moins soumis à l’étranger et capables de suppléer les carences sociales, sanitaires et scolaires de l’État par leurs œuvres de charité.</p>
<p>Seule la classe ouvrière peut sortir le pays et la région de l’impasse. Mais l’approfondissement de la révolution n’est pas un processus inévitable, comme le prouve l’élection de Morsi ou le coup d’État. Pour vaincre la réaction, il faut bâtir un parti ouvrier qui ne prêtent aucune confiance aux différentes cliques des exploiteurs, un parti internationaliste et insurrectionnel du type du Parti bolchevik de 1917. </p>
<p><i>Dans la lutte contre le pouvoir collectif des classes possédantes, le prolétariat ne peut agir comme classe qu’en se constituant lui-même en parti politique distinct, opposé à tous les anciens partis formés par les classes possédantes… La conquête du pouvoir politique devient le grand devoir du prolétariat. </i>(Karl Marx, Résolution sur les statuts de l’AIT, septembre 1872)</p>
<p>Alors, les travailleurs salariés, les chômeurs, les paysans pauvres, la majorité des travailleurs indépendants des villes, une grande part des étudiants, les conscrits… pourront s’unir contre leurs exploiteurs et leurs oppresseurs, imposer un gouvernement ouvrier et paysan reposant sur les conseils ouvriers et populaires, désarmer les mercenaires du capital et étendre la révolution sociale aux pays voisins et à l’Europe du Sud afin d’en assurer la victoire, pour la satisfaction des besoins élémentaires des masses.</p>
<ul>
<li> Rupture de toutes les organisations ouvrières avec la junte, les partis cléricaux, les partis libéraux, les partis bourgeois plus ou moins laïques ! Front unique ouvrier contre la junte !</li>
<li> Dehors, la junte militaire ! Rétablissement des libertés démocratiques ! Libération immédiate de tous les militants ouvriers ! Respect du droit de grève ! Levée de l’interdiction des partis révolutionnaires !</li>
<li> Ni junte militaire, ni président ayant tous les pouvoirs ! Assemblée constituante souveraine basée sur des élections sous contrôle du peuple et composée de députés révocables et payés au niveau des travailleurs salariés ! </li>
<li> Bas les pattes devant les minorités religieuses, nationales et sexuelles ! Séparation complète de l’État et de la religion !</li>
<li> Égalité juridique entre les femmes et les hommes ! Interdiction de la polygamie et de l’excision ! Éducation sexuelle de la jeunesse et moyens contraceptifs gratuits ! </li>
<li> Gouvernement ouvrier et paysan ! Comités dans les entreprises, les administrations, les quartiers populaires, les universités pour discuter de la situation et des tâches, pour désigner le gouvernement et le contrôler, pour contrer sans pitié la contre-révolution ! </li>
<li> Licenciement de la police professionnelle ! Droits démocratiques des conscrits ! Élection des officiers ! Armement des travailleurs des villes et des campagnes ! Désarmement de la police, de l’armée, des baltaguiyas et des milices islamistes ! </li>
<li> Contrôle ouvrier et populaire sur la production et la répartition ! Expropriation des propriétaires fonciers et des grands capitalistes !</li>
<li> Ouverture de la frontière avec Gaza ! États-Unis socialistes d’Afrique du Nord et du Proche Orient ! Fédération socialiste de la Méditerranée !</li>
</ul>
<p><center><br />
22 août 2013<br />
Bureau international du Collectif révolution permanente</center></p>
<h3>Lexique des partis</h3>
<p><b>Al-Nour (La Lumière)</b>. Parti bourgeois clérical fondé en 2011 qui concurrence les FM sur leur droite. Soutenus par l’Arabie saoudite.</p>
<p><b>Courant populaire (CP)</b>. Petit parti bourgeois nationaliste néo-nassérien. Son candidat Hamdîn Sabbahi. Candidat a obtenu 20,7 % des voix au premier tour de la présidentielle de 2012. </p>
<p><b>Frères musulmans (FM)</b>. Vieux parti bourgeois clérical lié aux « Officiers libres », mais qui rompt avec Nasser en 1954. Seul parti de masse aujourd’hui. Ses ressources financières viennent des exploiteurs (capitalistes, propriétaires fonciers) et du Qatar. La fraternité dispose d’un réseau de charité, dont 23 hôpitaux. Sous l’étiquette PLJ, son candidat Morsi a obtenu 24,8 % des voix au premier tour de l’élection présidentielle de 2012 et 51,73 % au second tour.</p>
<p><b>Front du salut national (FSN)</b>. Coalition de 2012 des partis bourgeois hostiles aux islamistes (CP, PLE, Wafd, PdlC, PDSE…), rejointe par toutes les petites organisations ouvrières (PSE, SR, PCE…).</p>
<p><b>Mouvement du 6 avril (M6A)</b>. Mouvement de jeunes fondé en 2008. Actif dans le soulèvement de la place Tahrir en 2011.</p>
<p><b>Parti des Égyptiens libres (PLE)</b>. Parti bourgeois libéral fondé par Naguib Sawiris, milliardaire copte à la tête de l&rsquo;Empire Mobinil (télécoms).</p>
<p><b>Parti communiste d’Égypte</b>. Né de l’adhésion du Parti socialiste égyptien à l’Internationale communiste en1922. Il anime alors la CGT. Tous les deux sont réprimés en 1924 et disparaissent. </p>
<p><b>Parti communiste égyptien (PCE)</b>. À la fin des années 1930, sur la base du tournant des « fronts populaires » de l’IC, émergent un certain nombre d’organisations staliniennes : Mouvement égyptien de libération nationale, Iskra, Démocratie populaire, Avant-garde populaire de libération… Ils sont réprimés, avec les syndicalistes et les étudiants de 1946 à 1948. Les deux premiers fusionnent en 1947 dans le Mouvement démocratique de libération nationale (MDLN) dirigé par Curiel. Les groupes staliniens participent aux manifestations, grèves et guérillas contre l’occupation britannique du canal de Suez. En 1952, le MDLN se rallie au coup d’État des « Officiers libres » qui renverse la monarchie, mais l’URSS soutient toujours le Wafd. Nasser interdit les syndicats et les partis en 1953. Entre 1955 et 1957, les groupes staliniens s’unifient pour former le PCE. Nasser se tourne vers l’URSS et libère en 1956 les militants du PCE qui étaient incarcérés. En 1959, il réprime de nouveau le PCE. En 1961, le colonel Nasser fonde un parti unique, l’Union socialiste arabe, dans la quelle se dissout le PCE en 1964. En 1970, le PCE se réorganise, il est réprimé en 1981 par le général Sadate. </p>
<p><b>Parti national démocratique (PND)</b>. Parti bourgeois qui remplace en 1978 l&rsquo;Union socialiste arabe. Membre de l’Internationale socialiste. Officiellement dissous à la chute de Moubarak, le PND a engendré plusieurs partis bourgeois. Les anciens membres de ce parti sont appelés les foulouls (les « résidus » du régime du général Moubarak). Ils peuplent l’armée, la haute administration et la magistrature. Ahmed Chafiq, général à la retraite, ancien président d&rsquo;Egypt Air et ancien premier ministre de Moubarak s&rsquo;est présenté à l&rsquo;élection présidentielle de mai 2012 et a obtenu 23,66 % au premier tour et 48,27 % au second. </p>
<p><b>Parti socialiste d&rsquo;Égypte (PSE)</b>. Regroupement d’anciens staliniens et de centristes fondé en 2011. Semble actif dans les syndicats indépendants.</p>
<p><b>Socialistes révolutionnaires (SR)</b>. Organisation centriste fondée en 1995 dans la mouvance de la TSI révisionniste, le courant cliffiste qui a analysé l’URSS comme capitaliste et qui a été exclu de la section britannique de la 4e Internationale en 1950 pour son refus de soutenir la Chine lors de la guerre de Corée. Ce courant a manifesté son opportunisme envers l’islamisme lors de la révolution iraniennes en 1979 et de la guerre d’Afghanistan de 1979 à 1989. Pour couvrir leur opportunisme, la direction de la TSI a ressuscité le front uni anti-impérialiste du 4e congrès de l’IC, comme Pablo et Healy auparavant pour justifier leur capitulation devant nationalisme bourgeois panarabe. L’islamisme pourrait être progressiste. Le SWP britannique a créé la coalition Respect en 2004 avec des sociaux-démocrates… et des islamistes. Les SR ont été actifs dans le soulèvement de la place Tahrir en 2011. Ils ont soutenu le candidat des FM au second tour de la présidentielle en 2012, ils ont adhéré au front populaire anti-Morsi (FSN) en 2012 et ont participé à la campagne Tamarrod en 2013. Refuse de caractériser la prise du pouvoir par l’armée de coup d’État et le présente comme un épiphénomène de la « seconde révolution ».</p>
<p><b>Tamarrod (Rébellion)</b>. Mouvement lancé en avril 2013 autour d’une pétition pour une élection présidentielle anticipée, soutenue par le FSN. Appelle ensuite aux manifestations monstres du 30 juin contre Morsi. Ses initiateurs se concertent avec le chef de la junte, le général Al-Sissi, le jour même du coup d’État.</p>
<p><b>Union socialiste arabe (USA)</b>. Parti bourgeois nationaliste panarabe fondé par Nasser en 1961. Parti unique jusqu’en 1976. Le général Sadate le transforme en PND en 1978.</p>
<p><b>Wafd (Délégation)</b>. Le plus vieux parti bourgeois nationaliste. Dès qu’il prend le pouvoir, en 1924, il se retourne contre le mouvement ouvrier. En 1936, le Wafd revient au pouvoir et réprime de nouveau les grèves (textile, sucre, transport). S’y retrouvent aujourd’hui nombre d&rsquo;anciens du PND.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Égypte : ni islamistes, ni généraux ! Gouvernement ouvrier et paysan !</title>
		<link>https://www.revolucionpermanente.com/francais/2013/07/07/egypte-ni-islamistes-ni-generaux-gouvernement-ouvrier-et-paysan/</link>
		
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		<pubDate>Sun, 07 Jul 2013 12:00:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Résolution]]></category>
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					<description><![CDATA[Après des jours de manifestations gigantesques, d’une ampleur encore jamais vue dans le pays, rassemblant plus de 20 millions de personnes, l&#8217;état-major a décidé de destituer le président Morsi avant... <a href="https://www.revolucionpermanente.com/francais/2013/07/07/egypte-ni-islamistes-ni-generaux-gouvernement-ouvrier-et-paysan/">Read more &#187;</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après des jours de manifestations gigantesques, d’une ampleur encore jamais vue dans le pays, rassemblant plus de 20 millions de personnes, l&rsquo;état-major a décidé de destituer le président Morsi avant que le peuple ne le fasse lui-même.<br />
Le conflit entre les forces politiques risque de conduire à l’effondrement de l’État», avait prévenu le ministre égyptien de la Défense Abdelfattah al-Sissi.</p>
<h3>L’armée, pilier de l’État bourgeois</h3>
<p>L’armée égyptienne est ouvertement l&rsquo;axe de l’État bourgeois depuis Nasser. Lorsque les masses ont engagé leur combat pour chasser Moubarak fin 2010, l’armée a participé à toutes les manœuvres pour tenter de le protéger, dont l’épisode sanglant dit de « la bataille des chameaux » contre les manifestants de la place Tahrir. Toutes ces tentatives étant restés vaines face à la montée révolutionnaire des masses, l’armée avait dû alors, probablement sur ordre de l’impérialisme américain, se résoudre à arrêter Moubarak pour préserver l’État bourgeois et tenter de calmer les masses. Après 17 mois de pouvoir assuré par le « Conseil suprême des forces armées », marqué par la répression et les arrestations, lors des élections que les généraux ont organisées, leur candidat  ancien ministre de l’aviation et dernier premier ministre de Moubarak fut battu. L’armée était alors contrainte,de céder la place à Morsi, candidat du parti des Frères musulmans, élu le 17 juin 2012 sous l&rsquo;étiquette de PLJ avec 51,7 % des voix mais plus de 50 % d’abstentions. </p>
<h3>Morsi, une solution de rechange pour la bourgeoisie</h3>
<p>Comme Khomeiny en 1979 en Iran, Morsi avait reçu le soutien de la quasi-totalité des organisations se réclamant de la démocratie, voire de la révolution, au nom d’un supposé anti-impérialisme ou du vote utile contre le retour de Moubarak. Il avait même été qualifié « d’aile droite de la révolution » par les soi-disant trotskystes des Socialistes révolutionnaires alors que les Frères musulmans avaient été les derniers à se rallierau mouvement contre Moubarak dans l&rsquo;intention d&#8217;empêcher toute tentative de poursuivre la révolution et d&rsquo;écraser la classe ouvrière et la jeunesse !<br />
Sous les félicitations et les encouragements de Washington, Morsi s’est aussitôt empressé de livrer les universités aux bigots, de persécuter les coptes, de réprimer les grèves, d&rsquo;arrêter les militants ouvriers. Il a dissous le Parlement, puis fait rédiger une constitution renforçant la domination des bourgeois islamistes, faisant de la charia la source du droit, tout en garantissant à l’armée son énorme budget et sa place significative dans l&rsquo;économie capitaliste.<br />
L&rsquo;opposition bourgeoise se regroupait dans le Front du salut national (FSN), un conglomérat allant d&rsquo;anciens ministres de Moubarak à des organisations se disant révolutionnaires (M6A) en passant par des nationalistes nassériens et des « démocrates » pro-impérialistes. Le FSN cherchait alors un terrain d’entente avec Morsi et les Frères musulmans, réclamant de partager le pouvoir avec eux dans un « gouvernement de salut national », signant le 31 janvier 2013 un accord « contre les violences »avec le parti des Frères musulmans, le PLJ, c&rsquo;est-à-dire avec ceux-là mêmes qui organisent et payent les bandes islamo-fascistes !<br />
Loin d&rsquo;émanciper l’Égypte de l’impérialisme, Morsi s&rsquo;est trouvé suspendu aux prêts du FMI qui exigeait des coupes sombres dans les subventions aux produits et services de base qui seuls permettent à une majorité de la population d’échapper à la famine. Face à la persistance de la crise économique, au chômage (15 % officiellement, en fait bien plus), à l&rsquo;inflation qui s&rsquo;abattent sur les masses paysannes et ouvrières, Morsi voulait réduire de moitié les subventions à l&rsquo;énergie et aux produits alimentaires tout en augmentant les taxes sur d&rsquo;autres marchandises (boissons, acier, ciment&#8230;). </p>
<h3>Un coup militaire préventif contre la révolution sociale</h3>
<p>Devant les manifestations et les grèves ouvrières massives de l’automne dernier, Morsi avait dû retirer le décret qui lui conférait les pleins pouvoirs, mais il parvenait à faire adopter en décembre 2012 sa constitution par référendum avec moins de 33 % de participation et nombre de fraudes.<br />
Au début 2013, de nombreuses révoltes spontanées à Port-Saïd et Alexandrie s&rsquo;en sont pris aux gouverneurs, à la police et même au siège des Frères musulmans. Les travailleurs du transport ferroviaire sont entrés en grève le 7 avril. L&rsquo;armée a réquisitionné les cheminots dès le 2e jour. Ceux-ci ont refusé la réquisition. L’armée a emprisonné 96 cadres de la grève au 3e jour et fait appel aux retraités et aux travailleurs du métro du Caire, lesquels ont refusé de briser la grève. Le 4e jour, les grévistes ont été libérés et le travail a repris, avec la promesse d’augmenter, en juillet, les salaires.<br />
A peine plus d’un an après l’élection de Morsi, les masses égyptiennes, dans un formidable élan révolutionnaire, se sont rassemblées pour le chasser. C’est contre cet élan révolutionnaire, pour préserver l’État bourgeois que les généraux égyptiens ont organisé leur coup d’État et arrêté le président. Ce putsch des généraux de Moubarak a le soutien tacite du gouvernement américain et ouvert du FSN.<br />
<i>Ce à quoi l’Égypte assiste en ce moment n&rsquo;est en aucun cas un coup d&rsquo;Etat militaire. C&rsquo;était une décision nécessaire que la direction des forces armées a prise pour protéger la démocratie, préserver l&rsquo;unité et l&rsquo;intégrité du pays et restaurer la stabilité.</i> (FSN, Communiqué, 4 juillet)</p>
<h3>Pour l&rsquo;armement du peuple, pour le gouvernement ouvrier et paysan</h3>
<p>Les puissances impérialistes et les États voisins, à commencer par le gouvernement bourgeois islamiste de Tunisie, tremblent devant la puissance des masses égyptiennes. Mais sans direction révolutionnaire, malgré leur formidable mobilisation, celles-ci restent prisonnières des forces attachées au maintien de l’ordre bourgeois.<br />
Malgré tous ceux qui leur conseillent de remettre leur sort aux mains des militaires ou des islamistes, les masses doivent organiser elles-mêmes leurs syndicats, leurs conseils, leurs comités, leurs milices d&rsquo;autodéfense dans les usines, les universités, les quartiers, les villages&#8230;<br />
Il faut bâtir un parti ouvrier révolutionnaire qui permette aux travailleurs d&rsquo;approfondir la révolution et d&rsquo;en tirer les fruits, qui combatte ouvertement pour le gouvernement des conseils ouvriers et populaires qui seul pourra satisfaire les revendications économiques et politiques en expropriant les grandes entreprises capitalistes, en remplaçant les grandes propriétés foncières par des coopératives agricoles, en désarmant les corps de répression de la bourgeoisie (armée, police, milices islamistes).<br />
<center><br />
7 juillet 2013<br />
Bureau international du Collectif révolution permanente</center></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Brésil : À bas la répression !</title>
		<link>https://www.revolucionpermanente.com/francais/2013/07/03/bresil-a-bas-la-repression/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jul 2013 12:00:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Résolution]]></category>
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					<description><![CDATA[À bas la répression ! Front unique des organisations ouvrières pour défendre les manifestations ! Grève générale pour défaire le gouvernement PT-PMDB ! Des manifestations massives contre l&#8217;augmentation des prix des transports Le... <a href="https://www.revolucionpermanente.com/francais/2013/07/03/bresil-a-bas-la-repression/">Read more &#187;</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2>À bas la répression !<br />
Front unique des organisations ouvrières pour défendre les manifestations !<br />
Grève générale pour défaire le gouvernement PT-PMDB !</h2>
<h3>Des manifestations massives contre l&rsquo;augmentation des prix des transports</h3>
<p>Le 6 juin à São Paulo, l&rsquo;augmentation du prix du ticket de bus de 3 à 3,2 reals (soit de 1,05 à 1,12 euro) a déclenché un rassemblement spontané de quelques centaines de manifestants. Il fut très brutalement réprimé et dispersé par la police militaire, causant plusieurs dizaines de blessés. Ce fut le départ d&rsquo;un mouvement de masses contre la misère et le corruption générées par le capitalisme.<br />
En solidarité et pour les mêmes raisons, dès le 16 juin, des centaines de milliers de jeunes et de travailleurs ont défilé dans les rues des principales villes pour s&rsquo;opposer à l&rsquo;augmentation du ticket de bus. Le 17 juin, les autres villes concernées par l&rsquo;augmentation des titres de transport publics voyaient naître des rassemblements puissants. Et malgré le recul des gouverneurs et des maires qui ont dès le 19 juin annulé l&rsquo;augmentation du ticket, notamment dans les villes dirigées par le Parti des travailleurs (PT) au pouvoir, le mouvement s&rsquo;est heurté violemment aux forces de police dès qu&rsquo;il s&rsquo;est rassemblé devant les édifices de l’État bourgeois (mairies, parlement, ministères&#8230;). La police militaire a procédé à des centaines d&rsquo;arrestations, fait des dizaines de blessés. Plusieurs manifestants ont été tués. Malgré la répression, le mouvement a pris un caractère de masse en rassemblant plus d&rsquo;un million de manifestants le jeudi 20 juin.<br />
C&rsquo;est une association, Movimento Passe Livre (Mouvement libre passage, MPL) qui est à l&rsquo;origine des manifestations à São Paulo. Lié au Forum social mondial, le MPL est né en 2003 pour la gratuité des transports publics. Il fonctionne sur le modèle des Indignés, qui rejettent les partis et syndicats et refusent de distinguer entre les classes sociales. Mais la lame de fond actuelle, si elle met sur le devant de la scène et sans distinction les étudiants, les travailleurs salariés, les chômeurs, les travailleurs indépendants appauvris par le capital, est, pour l&rsquo;instant, un mouvement sans perspective politique. Les fascistes en ont profité pour s&rsquo;attaquer aux militants ouvriers portant leurs banderoles dans les manifestations. Les fascistes et les partis bourgeois traditionnels en ont aussi profité pour donner une teinte nationaliste aux manifestations et pour avancer leurs slogans réactionnaires contre l&rsquo;avortement ou pour la peine de mort. Cela a fait le jeu de la police militaire (avec ses provocateurs en civil) qui matraque, tire des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Le MPL et son programme pacifico-démocratique sont incapables d&rsquo;assurer la satisfaction des revendications des exploités au Brésil et la protection de ceux qui manifestent.</p>
<h3>Dix ans de pouvoir capitaliste dirigé par le PT et ses alliés bourgeois</h3>
<p>Cette flambée de la mobilisation, une première à cette échelle depuis plus de 20 ans, s&rsquo;est faite sur des bases spontanées claires comme la lutte contre l&rsquo;augmentation des prix des transports publics et les investissements faramineux pour la Coupe du monde football de 2014. Mais en quelques jours, les revendications contre la corruption des parlementaires, contre la dégradation des services publics (santé, éducation&#8230;) et la hausse générale des prix sans que les salaires suivent ont entraîné de larges masses.<br />
Malgré les promesses faites depuis des années par le « président des pauvres » Lula, candidat du parti des Travailleurs élu en 2002 au premier tour, les inégalités sociales restent parmi les plus élevées du monde (indice de Gini de 0,57). Aucune réforme agraire n&rsquo;a remis les terres aux paysans pauvres, les salaires ont peu augmenté (le salaire minimum est de 675 reals, soit 240 euros) pendant que l’Assemblée nationale votait en 2011 une augmentation de 62 % des traitements des députés, l’Amazonie et ses populations indiennes restent livrées au pillage et à la destruction. En cédant sa place à sa dauphine du PT, Dilma Rousseff, élue en 2010, Lula laissait un État corrompu où le PT fut mêlé aux pots de vin les plus crapuleux. Rousseff, en s&rsquo;alliant à des partis bourgeois comme le PMDB, a poursuivi la même politique au service de la bourgeoisie brésilienne « émergente » qui affiche un train de vie fastueux et des prétentions impérialistes à l’échelle du continent En défendant sa bourgeoisie, la présidente Rousseff joue le même rôle que Kirchner, Mujica, Correa, Morales et Maduro, défenseurs du capitalisme en Amérique latine.<br />
En Afrique du Sud, comme le SACP et le COSATU qui forment avec l’ANC bourgeoise un gouvernement qui a fait tirer en août 2012 sur les mineurs en grève, le PT n&rsquo;a pas cessé de servir les exploiteurs et de conclure des alliances avec leurs partis. La direction de la principale centrale syndicale du pays, la CUT (Confédération unitaire des travailleurs), est directement liée au PT et a toujours accepté la collaboration aux plans des gouvernements de Lula et Rousseff, maintenant la classe ouvrière dans la collaboration de classe. C’est ainsi qu’elle vient de signer une lettre à la présidente Roussef pour engager des négociations. La politique de front populaire du PT et de la CUT a organisé la défaite des grèves et des luttes ouvrières et paysannes, pour le plus grand bien des grands patrons de la 7e puissance économique mondiale.</p>
<h3>Front unique ouvrier pour libérer tous les manifestants arrêtés et défendre les manifestants jeunes et salariés ! Partis et syndicats ouvriers doivent appeler à la grève générale illimitée jusqu’à satisfaction !</h3>
<p>Sous prétexte d&rsquo;« apolitisme », la direction initiale du mouvement favorise l&rsquo;interdiction des organisations ouvrières et rejette toute auto-organisation défensive sous la forme de service d&rsquo;ordre contre les attaques de la police. En prétendant rejeter tous les partis politiques, les organisateurs « indignés » des manifestations permettent aux directions syndicales et aux partis se réclamant des travailleurs (PT, PCB, PCdoB, PSOL, PSTU) d’esquiver leurs responsabilités.<br />
Il faut pourtant que les organisations ouvrières cessent leur soutien au pouvoir en place. C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;il est urgent que les travailleurs et la jeunesse en lutte exigent le front unique des partis et syndicats ouvriers pour défendre les revendications et que ces organisations appellent à la grève générale. Devant la puissance des manifestations qui ne cessent pas, les directions syndicales avancent aujourd’hui la perspective pour le 11 juillet d’une grève de 24 h pour tenter de reprendre le contrôle du mouvement, de l’enfermer dans la tactique des « journées d’action » pour sauver le gouvernement bourgeois : « ce n’est pas une grève générale » (Pereira da Silva, Força Sindical, Le Monde, 26 juin).<br />
Mais un risque existe pour la bourgeoisie comme pour tous ceux qui veulent la protéger, que les centaines de milliers de manifestants, les millions de travailleurs salariés imposent la grève de masse de toutes les branches d&rsquo;activité, de tous les États du pays, pour battre le gouvernement, sa politique capitaliste et sa police.<br />
Seules la classe ouvrière et la jeunesse, par les méthodes de la révolution prolétarienne, sont capables de défaire le gouvernement, d&rsquo;arracher les revendications et d&rsquo;ouvrir la perspective d&rsquo;un gouvernement ouvrier et paysan. L&rsquo;organisation d&rsquo;assemblées générales dans les quartiers, dans les universités et sur les lieux de travail est la tâche de l&rsquo;heure pour établir toutes les revendications et les milices d&rsquo;auto-défense des rassemblements contre le pouvoir, pour diriger la grève générale. De telles assemblées devront élire des délégués et se centraliser en une direction nationale. De telles assemblées et leurs délégués ne peuvent pas ignorer les syndicats et rejeter les partis se réclamant de la classe ouvrière. Au contraire, le mouvement doit s’organiser pour les mettre à son service ou les démasquer comme des traîtres en exigeant d&rsquo;eux qu&rsquo;ils rompent avec le gouvernement bourgeois de Rousseff, qu’ils reprennent les revendications de la classe ouvrière et de la jeunesse. Pour ces raisons, la grève générale de tous les salariés est à l&rsquo;ordre du jour. La grève illimitée, centralisée à travers ses délégués réunis dans une direction nationale, peut permettre de défaire le gouvernement responsable de la répression et de l&rsquo;exploitation capitalistes.</p>
<h3>Pour un gouvernement ouvrier et paysan ! Pour la construction d&rsquo;un parti révolutionnaire !</h3>
<p>L&rsquo;illusion que diffusent le MPL et toutes les organisations réformistes et centristes est que les revendications comme la gratuité des transports peuvent être durablement satisfaites dans le cadre du capitalisme. Pour le MPL, il suffirait de palabrer et de faire pression, pour les partis réformistes de voter pour eux puis de faire confiance à leurs élus dans le cadre du parlementarisme bourgeois. L&rsquo;échec de la direction des « indignés » en Espagne, en Grèce et aux États-Unis, l’échec des partis ouvriers bourgeois et des bureaucraties syndicales d’Europe doivent mettre en garde tous les travailleurs et les jeunes en lutte au Brésil. Il n&rsquo;y a aucune issue dans le cadre pourrissant du capitalisme. La classe sociale dominante, son État, sa police, son armée et sa justice, ne laisseront jamais la place de manière pacifique, de bonne foi. Il faut lui prendre le pouvoir.<br />
La lutte a permis d’annuler la hausse des prix des tickets. Pour arracher la gratuité des transports, le premier pas est d&rsquo;exproprier les capitalistes du secteur et d&rsquo;instaurer le contrôle ouvrier dans ces entreprises. La constitution de comités de quartier, de comités d&rsquo;usine, de comités de faculté… peut ouvrir la voie à l&rsquo;expropriation généralisée des grands capitalistes, étrangers et nationaux. Pour faire face à l&rsquo;inflation et obtenir la hausse des salaires, il faut que tous les exploités luttent pour l&rsquo;échelle mobile des salaires. Mais seul un pouvoir ouvrier et paysan, appuyés sur les comités et sur l’armement du peuple, peut satisfaire totalement ces revendications et ouvrir la voie de la fédération socialiste d’Amérique du Sud et de tout le continent.<br />
C&rsquo;est pour cela que la tâche de regrouper les militants d&rsquo;avant-garde dans un parti communiste révolutionnaire et une internationale ouvrière armée du programme de la révolution permanente, est une urgence.<br />
<center>3 juillet 2013</center><br />
 </p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Socialisme ou barbarie !</title>
		<link>https://www.revolucionpermanente.com/francais/2013/05/01/socialisme-ou-barbarie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 May 2013 12:00:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[1er mai]]></category>
		<category><![CDATA[Résolution]]></category>
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					<description><![CDATA[La crise économique et financière de 2008-2009 a été surmontée temporairement à l’échelle mondiale par les cadeaux des États capitalistes à leurs groupes bancaires et automobiles. Mais ces palliatifs préparent... <a href="https://www.revolucionpermanente.com/francais/2013/05/01/socialisme-ou-barbarie/">Read more &#187;</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La crise économique et financière de 2008-2009 a été surmontée temporairement à l’échelle mondiale par les cadeaux des États capitalistes à leurs groupes bancaires et automobiles. Mais ces palliatifs préparent de nouvelles crises. Aux États-Unis et en Chine, la croissance ralentit. Au Japon et en Europe, la récession se poursuit. Certains pays européens (Portugal, Espagne, Grèce…) continuent à s’effondrer.</p>
<p>La survie du capitalisme conduit aux pires régressions sociales. Pour préserver ses profits, chaque bourgeoisie s’attaque aux travailleurs, à la jeunesse, aux étrangers&#8230; Le processus est sans fin : dans la concurrence féroce des unes contre les autres, chaque pas en avant que fait une bourgeoisie contre les travailleurs salariés doit immédiatement être rattrapé et dépassé par les autres.</p>
<p>La survie du capitalisme, c’est l’aggravation des inégalités et le gaspillage, jusqu’à l’absurdité : d’un côté, on manque de tout, de l’autre on produit trop de marchandises au mépris des hommes et des ressources.</p>
<p>La survie du capitalisme, c‘est la course aux armements, des tensions en Asie de l’est, ce sont les interventions militaires des puissances impérialistes pour préserver leurs intérêts en Afrique et ailleurs. L’État sioniste poursuit la colonisation de Jérusalem et de la Cisjordanie, étouffe l’économie des territoires avec l’aide du gouvernement islamiste égyptien, frappe quand il veut à Gaza. L’armée israélienne menace même d’attaquer l’Iran avec la bénédiction du gouvernement du Parti démocrate des États-Unis, que les sociaux-démocrates et les débris du stalinisme font passer pour progressiste.</p>
<p>La survie du capitalisme, c’est l’exacerbation des nationalismes et de la xénophobie, la résurgence des partis fascisants et fascistes, des partis cléricaux qui, tous dressent les travailleurs les uns contre les autres pour protéger les possédants et les exploiteurs. En Grèce, les fascistes d’Aube dorée financés par les capitalistes et aidés par la police attaquent physiquement des travailleurs immigrés qui servent de boucs émissaires.</p>
<p>Partout, les travailleurs, la jeunesse, les femmes tentent de résister, mais le combat est rendu difficile par les trahisons des directions syndicales et des partis « réformistes ». Là où existent des partis « travaillistes », « socialistes » ou « communistes », ils font croire que des élections suffiraient à améliorer le capitalisme. Quand ils accèdent au pouvoir, ils mènent la même politique, tant dans le pays qu’à l’extérieur, que les partis bourgeois. Le gouvernement ANC-Parti communiste d’Afrique du Sud a fait tirer sur des mineurs en grève. Le gouvernement Parti socialiste-Parti radical-Verts mène une guerre impérialiste au Mali (et le PCF et le PdG n’ont pas voté contre).</p>
<p>En Chine, le PCC n’est que l’enveloppe des capitalistes depuis que la bureaucratie stalinienne a restauré le capitalisme. Le gouvernement du Parti « communiste » chinois tente de contenir, par son « syndicat » et par la répression policière, le gigantesque prolétariat qui a commencé à lutter pour limiter l’exploitation impitoyable et qui, sur cette voie, menace le régime totalitaire lui-même.</p>
<p>Dans le monde entier, les bureaucraties syndicales, au nom de l’intérêt national, acceptent de discuter des attaques des patrons et des gouvernements à leur service. Quand les rapports sociaux se tendent, elles canalisent le mécontentement dans des « journées d’action » et des « grèves reconductibles » site par site pour empêcher la grève générale qui dresserait la force du prolétariat contre le patronat et l’État bourgeois. En Grèce, il faut ajouter la division forcenée des rangs ouvriers par le parti stalinien KKE et son organisation syndicale PAME.</p>
<p>Le renouveau du nationalisme bourgeois en Amérique latine n’a nulle part, y compris au Venezuela et en Bolivie, réellement rompu avec l’impérialisme et encore moins touché à la propriété des capitalistes locaux ni des propriétaires fonciers. En Afrique du Nord et au Proche-Orient, les travailleurs et les jeunes se sont dressés contre le chômage, la corruption, la répression policière et la soumission aux puissances impérialistes tant des régimes issus du panarabisme bourgeois que des monarchies cléricales. En Tunisie et en Égypte, les masses ont réussi à jeter à bas des dictatures. Mais elles sont confrontées aux partis islamistes qui défendent la propriété privée, en s’appuyant sur l’armée et la police. Si les impérialismes russe et chinois défendent toujours le régime sanglant du Baas, les impérialismes étasunien et européens misent sur les islamistes en Syrie comme en Tunisie, en Égypte et en Libye, pour écraser la révolution sociale.</p>
<p>Les luttes spontanées montrent la bonne direction mais elles ne peuvent, par elles-mêmes, assurer le renversement du capitalisme et ouvrir la perspective du socialisme mondial. Cela exige des partis vraiment communistes, internationalistes, unis au sein d’une internationale ouvrière révolutionnaire. De tels partis seront basés sur le programme de l&rsquo;indépendance de la classe ouvrière par rapport aux autres classes de la société, de la lutte contre la classe capitaliste et de l’alliance avec la paysannerie et la jeunesse en formation.</p>
<p>Prolétaires de tous les pays, unissez vous pour les conseils ouvriers et populaires, pour des gouvernements ouvriers basés sur les conseils, pour la révolution socialiste, pour la destruction des États bourgeois, pour l’expropriation des groupes capitalistes et des grands propriétaires fonciers !</p>
<p><center>1er mai 2013<br />
Bureau du Collectif révolution permanente</center></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Plateforme du Groupe marxiste internationaliste</title>
		<link>https://www.revolucionpermanente.com/francais/2013/04/28/plateforme-du-groupe-marxiste-internationaliste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Apr 2013 12:00:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Résolution]]></category>
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					<description><![CDATA[Pour en finir avec le capitalisme, pour le communisme plateforme du Groupe marxiste internationaliste adoptée par sa 1e conférence Paris, 27 &#38; 28 avril 2013 La conférence d’avril 2013 des... <a href="https://www.revolucionpermanente.com/francais/2013/04/28/plateforme-du-groupe-marxiste-internationaliste/">Read more &#187;</a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h3>Pour en finir avec le capitalisme,<br />
pour le communisme<br />
plateforme du Groupe marxiste internationaliste<br />
adoptée par sa 1e conférence<br />
Paris, 27 &amp; 28 avril 2013</h3>
<p>La conférence d’avril 2013 des militants du comité CCI(T) et du GB, au terme d’une année de rapprochement et de travail en commun en France :</p>
<ul>
<li> protocole (avril 2012), assemblée commune (septembre 2012), réunion mensuelle d’une direction provisoire commune, publication d’un bulletin intérieur commun, articles communs dans les bulletins CPFC et RS</li>
<li> positions sur le « sommet social » (janvier 2012), sur l’élection présidentielle (mai 2012), sur les élections législatives (mai 2012), l’automobile (septembre 2012), le « pacte social » (novembre 2012), la sidérurgie (décembre 2012), l’immigration (décembre 2012), mariage homosexuel (décembre 2012, janvier 2013), l’accord de flexibilité (janvier 2013), l’enseignement primaire et secondaire (janvier, février 2013), l’enseignement supérieur et la recherche (février 2013)</li>
</ul>
<p>et internationalement avec le Collectif révolution permanente : </p>
<ul>
<li>sur la révolution au Maghreb (avril 2012, février 2013) </li>
<li>sur les grèves en Afrique du Sud (août 2012) </li>
<li>sur les élections au Venezuela (octobre 2012)</li>
<li>sur l’intervention israélienne à Gaza (novembre 2012) </li>
<li>sur l’intervention de notre impérialisme au Mali (janvier 2013) </li>
</ul>
<p>décide de constituer le Groupe marxiste internationaliste sur les bases suivantes.</p>
<p><b><u>Notre but est le communisme</u></b></p>
<p>Notre but est le communisme, c’est-à-dire un mode de production sans classe sociale et sans inégalité, sans État et sans frontière, articulant un haut niveau de forces productives, grâce à la science et à la technique, avec l’organisation de la production et de la vie sociale par tous les êtres humains, intégrant le souci de l’environnement de l’espèce humaine comme garantie de son avenir. L’abondance matérielle, la contribution de chacune et de chacun à la production en fonction de ses capacités, le temps libéré pour la vie collective et personnelle, la planification consciente sont les conditions de l’égalité réelle et de l’épanouissement des individus. </p>
<p><b><u>Le capitalisme jette les bases du communisme</u></b></p>
<p>Le capitalisme est un mode de production qui a eu pour mérite historique de créer les conditions de son propre dépassement en direction du mode de production communiste. D’une part, par l’industrie moderne et l’application de la science à la production, la mise en relation de toutes les sociétés autrefois isolées par le marché mondial, l’amélioration des moyens de transport et de communication et le brassage migratoire; d’autre part, par la destruction des rapports sociaux pré-capitalistes, la sape involontaire du patriarcat, l’engendrement d’une classe sociale mondiale potentiellement révolutionnaire en dépit du fétichisme et de l’aliénation dont sont victimes toutes les classes dans le capitalisme, en dépit de la domination économique, politique et idéologique par la bourgeoisie dont sont victimes toutes les autres classes et particulièrement le prolétariat moderne.<br />
Néanmoins, le capitalisme, même à sa période progressiste, quand la bourgeoisie ascendante se heurte aux anciennes classes dominantes, à la monarchie et à la religion, reste une société de classes, reposant sur l’exploitation, le pillage du monde, sur l’appauvrissement et la précarisation des producteurs, l’oppression des nations minoritaires et l’asservissement des peuples vaincus, la soumission des femmes et des jeunes…<br />
Avec le mode de production capitaliste, apparaissent déjà des crises économiques d’un nouveau type, qui sont caractérisées non par la sous-production (de valeurs d’usage), mais par la surproduction (de valeurs d’échange). Les facteurs de crise sont la thésaurisation, la disproportion des différents produits, l’insuffisance des débouchés, la spéculation, la suraccumulation de capital, la hausse de la composition organique du capital… Certaines crises économiques restent cantonnées à un pays ou plusieurs pays, mais les plus graves prennent une dimension mondiale. La cause immédiate qui la déclenche est variable, mais l’accumulation du capital et le taux de profit jouent un rôle central dans leur déclenchement comme dans leur résorption.</p>
<p><b><u>L’impasse du capitalisme au stade impérialiste</u></b></p>
<p>Depuis plus d’un siècle, le rôle progressiste du mode de production capitaliste est achevé, comme l’ont analysé à ce moment-là Luxemburg (1911), Boukharine (1915), Lénine (1916)… Les modes de production précapitalistes ont été disloqués dans le monde entier. Si les formes archaïques de propriété, d’exploitation et de répartition sont loin d’avoir disparues, elles ont perdu leur cohérence car toutes les formations sociales sont désormais soumises à la domination mondiale des rapports capitalistes de production.<br />
Désormais, les entreprises atteignent une taille telle qu’elles entretiennent des liens directs et intenses avec leur État bourgeois et qu’elles peuvent s’entendre entre elles pour partager les marchés. Elles deviennent « multinationales » en ce sens qu’elles exploitent les travailleurs de plusieurs pays et vendent au-delà de leur pays d’origine, voire de leur continent d’origine (c’est le cas de la fraction hégémonique de la bourgeoisie française symbolisée par le CAC 40 de la Bourse de Paris). Les grandes entreprises capitalistes prennent une dimension financière même quand elles sont d’origine industrielle ou commerciale (sociétés par actions, cotation en bourse, constitution de groupes et gestion d’un ensemble d’entreprises, placement de la trésorerie, spéculation, liens durables avec des banques et des compagnies d’assurances, fondation au sein des groupes industriels et commerciaux de filiales bancaires et de sociétés de crédit, etc.). Quand le capitalisme entre dans la phase impérialiste, il prend des traits parasitaires et rentiers.<br />
La décadence du capitalisme provient d’une contradiction grandissante entre les forces productives et les rapports de production capitalistes. Survivant grâce aux trahisons des bureaucraties ouvrières, le capitalisme poursuit sa tendance à l’internationalisation et à la socialisation de l’économie de manière inégale, incomplète, difforme et réversible : domination de la plupart des activités économiques par de gigantesques groupes capitalistes transnationaux, prise en charge de la formation et reproduction de la force de travail par l’État (ou des organismes de sécurité sociale à son initiative et sous son contrôle), accords régionaux entre États (UE, ALENA, MERCOSUR, ASEAN…), constitution d’organisations interétatiques à vocation mondiale (FMI, BM, OMC, BRI…). </p>
<p><b><u>Le capitalisme décadent entrave le développement des forces productives</u></b></p>
<p>Le capitalisme de l’époque impérialiste manifeste son caractère réactionnaire par la régression politique et idéologique de la bourgeoisie : multiplication des États nationaux alors qu’elle fut capable d’unifier l’Allemagne, l’Italie ou les États-Unis, cléricalisme et obscurantisme alors qu’elle mena la lutte pour la science et contre la religion, restriction des libertés démocratiques alors qu’elle lutta au nom du gouvernement du peuple contre la monarchie absolue.<br />
Le capitalisme en déclin entrave les forces productives par la subordination au profit, par le maintien de l’État national (particulièrement rétrograde dans un continent émietté comme l’Europe où les frontières se sont multipliées à la fin du 20e siècle), par les opérations de maintien de l’ordre impérialiste (avec ou sans l’aval de l’ONU, dont bon nombre avec la participation de l’armée française), par les rivalités entre les puissances impérialistes (dont font partie désormais la Russie et la Chine) qui ont alimenté les « conflits ethniques » ou « religieux » les plus barbares en Afrique, en Europe (éclatement de la Yougoslavie) et au Proche-Orient. La survie du capitalisme entraîne le gaspillage des forces productives par la mise à l’écart permanente d’une partie significative de la population, la publicité, l’hypertrophie des appareils de surveillance, de répression et d’incarcération, le militarisme, les guerres, les crises économiques, la pollution, le réchauffement climatique, la désertification, l’appauvrissement de la biodiversité…</p>
<p><b><u>La destruction périodique des forces productives est la condition des périodes d’accumulation du capital</u></b></p>
<p>Plus encore qu’à l’époque du capitalisme ascendant, les crises économiques et les conflits entre les bourgeoisies dominantes tendent à prendre un caractère mondial. Mais la crise historique du mode de production capitaliste ne signifie pas qu’aucun pays ne puisse se développer, ni que la croissance économique soit impossible. Par la destruction de capital sous toutes les formes (capital argent, capital constant, capital variable, capital marchandise), les grandes crises économiques mondiales (1873, 1929, 1973, 2008…) et les guerres impérialistes (1914, 1939…) repartagent le monde entre les principales bourgeoisies et créent les conditions des phases de croissance mondiale. Tant qu’il n’aura pas été renversé, l’humanité payera un prix de plus en plus exorbitant à la survie du capitalisme.<br />
La crise de 1929 n’a été surmontée que par les défaites du prolétariat (en Chine, en URSS, en Allemagne, en Espagne…), l’économie d’armement et la préparation de la guerre par l’Allemagne sous Hitler, le Japon sous Hirohito et les États-Unis sous Roosevelt, les destructions colossales dues à la guerre (en Europe et en Asie), puis, après la guerre, l’économie d’armement et la « guerre froide » des États-Unis contre l’État ouvrier et la révolution en Asie ou en Amérique latine.<br />
La période d’accumulation qui a accompagné l’hégémonie américaine d’après-guerre et son sauvetage, avec l’aide de la bureaucratie du Kremlin, du capitalisme en Europe occidentale et au Japon, a permis l’amélioration du niveau de vie de la classe ouvrière dans les centres impérialistes, car elle a reposé sur le mécanisme de la plus-value relative (l’augmentation de la productivité du travail) et l’exploitation des pays dominés. Ces gains ont pu servir pour légitimer le réformisme des partis et des syndicats corrompus par la bourgeoisie impérialiste (sous forme de « rêve américain » ou plus prosaïquement de « grain à moudre »).<br />
Cependant, les concessions aux prolétariats des pays impérialistes pour contenir la révolution et assurer la reproduction des rapports d’exploitation, la survie de l’URSS grâce à l’héroïsme de son prolétariat, l’expropriation du capital en Europe centrale, en Chine, au Vietnam et à Cuba, la renaissance des impérialismes allemand et japonais, la dislocation du système monétaire international fondé sur le dollar, l&rsquo;énorme accumulation de capitaux et la baisse du taux de profit ont abouti à la crise économique mondiale de 1973. Celle-ci n’a été surmontée que par des attaques victorieuses contre la classe ouvrière dans les pays impérialistes (par exemple, en France, c’est le gouvernement d’Union de la gauche -comprenant le PS et le PCF- qui a fait remonter le taux de profit à partir de 1982) et la défaite gigantesque des producteurs des États ouvriers dégénérés (avec la restauration du capitalisme en Allemagne de l’est en 1989, dans les pays d’Europe centrale, en Russie en 1991, en Chine en 1992… sous la pression de la bourgeoisie mondiale conduite par l’impérialisme américain).<br />
La crise de 2008 n’a été surmontée que par de nouveaux reculs infligés aux prolétariats du Japon, d’Europe occidentale et des États-Unis, par le sauvetage national, pays par pays, des groupes de la finance et de l’automobile par les mêmes gouvernements bourgeois (et les mêmes banques centrales) qui invoquaient auparavant le libéralisme pour justifier les privatisations, le démantèlement des services publics, par la baisse du salaire indirect voire du salaire direct.<br />
Si, dès 2010, le PIB mondial a remonté et si l’intervention publique a empêché l’effondrement du système financier et a limité la récession mondiale, la destruction du capital a été insuffisante pour assurer un redressement net du taux de profit. En outre, l&#8217;emprise de la finance et le parasitisme n’ont pas été jugulés mais démultipliés par les prêts gouvernementaux aux banques et les politiques monétaires « accommodantes » des banques centrales, ce qui jouera un rôle dans la prochaine crise mondiale. Déjà, les déficits et les dettes publiques causent l’affaissement de l’Union européenne, le maillon faible des puissances capitalistes, à cause de la contradiction entre d’une part ses accords d’unification partielle (marché unique, euro, mécanisme européen de stabilité…) et d’autre part la rivalité persistante entre les vieux États nationaux, particulièrement entre l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne (concurrence fiscale, diplomaties contradictoires, interventions militaires indépendantes voire opposées…). </p>
<p><b><u>La soumission des prolétaires au patriotisme les voue à la surexploitation et à la guerre</u></b></p>
<p>Les directions actuelles de la classe ouvrière ont toutes en commun de vouloir subordonner les exploités à leurs exploiteurs, quitte à se diviser sur la fraction de la bourgeoisie qu’elles courtisent. En France, bien que tous les réformistes défendent la « citoyenneté » (c’est-à-dire la collaboration de classe), « la nation » (c’est-à-dire leur bourgeoisie) et « la République » (c’est-à-dire l’État bourgeois), le PS mise sur la fraction du capital français le plus mondialisé et européen, tandis que le PCF et le PdG défendent plutôt celle du capital la moins concentrée et la plus nationale.<br />
Or, le prolétariat n’a pas à choisir entre les différentes fractions de la bourgeoisie nationale, ni entre les différentes bourgeoisies nationales, ni entre « keynésianisme » ou « néo-libéralisme ». Aucun changement de forme de l’État bourgeois (comme une « 6e République » en France ou le « bolivarisme » au Venezuela), aucune « politique économique » dans le cadre du capitalisme, pas plus l’austérité budgétaire que la relance inflationniste, n’améliore le sort des salariés.<br />
La soumission des producteurs à leurs exploiteurs, l’acceptation de la compétition avec les entreprises concurrentes et les autres pays, au moyen du « dumping fiscal », de la « guerre des monnaies », de la restrictions de l’immigration, de la course sans fin à la compétitivité nationale, du protectionnisme rétrograde (qu’il soit à l’échelle continentale comme le préconise par le PS ou qu’il soit à l’échelle française comme le préconisent le PCF et le PdG) ne sauraient rajeunir le capitalisme et empêcher les crises économiques. Plus que jamais, en temps de crise, les sociaux-traîtres aident les capitalistes et divisent les travailleurs. Ainsi, toute « politique de l’immigration », toute « politique économique » exige des sacrifices de la part des travailleurs, elle divise leurs rangs. La « guerre économique » est le prélude de la guerre tout court. </p>
<p><b><u>La classe ouvrière est la seule classe révolutionnaire</u></b></p>
<p>Il n’y aura pas de crise finale qui emportera le capitalisme sans intervention consciente de l’humanité. Seule la révolution socialiste peut mettre fin à l’impérialisme.<br />
La classe ouvrière est le produit du mode de production capitaliste. Contrairement à ce qu’affirment les partis réformistes pour justifier leur opportunisme, elle ne s’est pas réduite spectaculairement. La classe ouvrière ne se borne pas aux ouvriers de l’industrie manufacturière : elle est composée de tous les travailleurs salariés dont la force de travail est achetée par du capital, indépendamment de leur qualification, de l’objet du travail (matériel ou non) et de la spécialisation du capital qui l’emploie (industrie, commerce, finance…). La classe ouvrière croît numériquement à l’échelle mondiale avec l’accumulation mondiale du capital, même si son extension s’accompagne, à cause de la hausse de la composition organique du capital, d’une armée de réserve mondiale considérable et, à cause de la concentration et de la centralisation du capital, du développement d’une nouvelle petite bourgeoisie (salariée) qui sert à l’encadrement hiérarchique des prolétaires dans l’entreprise capitaliste et dans la fonction publique.<br />
La classe ouvrière est le seul fossoyeur possible du mode de production capitaliste, comme l’ont annoncé dès 1838 le mouvement chartiste en Grande-Bretagne et la révolution de 1848, puis la Commune de 1871 en France, comme l’a confirmé la révolution russe en octobre 1917. En effet, la bourgeoisie avait déjà renoncé à la révolution démocratique en 1848 en Allemagne, s’était révélée incapable d’émanciper les Noirs au sud des États-Unis en 1865 et avait failli dans la révolution russe de 1905. Plus encore, quand le capitalisme entre en déclin, la bourgeoisie devient pleinement réactionnaire.<br />
Désormais, la seule classe révolutionnaire est la classe ouvrière et non les paysans, les déclassés, les étudiants ou les cadres. D’une part, le prolétariat est la seule classe sociale vraiment mondiale au moment où l’État national devient un frein au développement des forces productives. Il a, seul, la capacité de renverser le capitalisme et de construire le socialisme par son nombre, sa place centrale dans la production, sa concentration dans des groupes capitalistes gigantesques, son opposition frontale au capital qui l’exploite. Les autres classes ou couches sociales ne peuvent jouer durablement un rôle indépendant, elles doivent, en dernière analyse, se rallier à l’une des deux classes fondamentales des formations sociales contemporaines : soit la bourgeoisie, soit le prolétariat. C’est pourquoi le parti révolutionnaire n’est pas le « parti des luttes », un mille-feuilles d’anticapitalisme, d’écologisme, de féminisme… </p>
<p><b><u>Notre stratégie est la révolution permanente</u></b></p>
<p>La révolution permanente (systématisée par Trotsky en 1928) est la stratégie qui correspond à la phase impérialiste. Elle part de la lutte des classes mondiale. Elle abandonne le « front unique anti-impérialiste » car elle établit que la révolution, même dans les pays qui n’ont pas connu de révolution démocratique, doit être dirigée par la classe ouvrière en alliance avec la paysannerie laborieuse, les étudiants des villes… Elle ne peut reposer en aucun cas sur la bourgeoisie nationale, pas plus sa fraction cléricale la plus réactionnaire que sa fraction prétendument démocratique. Il s’ensuit qu’il ne peut être question de soutenir électoralement des partis comme l’ANC en Afrique du Sud.<br />
La réalisation des tâches démocratiques dans les pays arriérés requiert une direction prolétarienne qui ne pourra se borner aux tâches démocratiques mais revêtira un aspect socialiste par la mise en cause de la propriété privée. À plus forte raison, il ne saurait y avoir d’alliance avec la bourgeoisie dans les pays impérialistes, même si certaines tâches démocratiques n’ont pas été accomplies par la bourgeoisie ou ont été annulées par le fascisme ou la dictature militaire.<br />
Le mot d’ordre d’Assemblée constituante peut certes rencontrer un large écho quand les masses qui ont été privées de tous les droits démocratiques, électoraux ou d’organisation, jettent à bas la dictature et cherchent par quoi la remplacer. Mais le mouvement vers l’Assemblée constituante, qui est avant tout initié par les fractions bourgeoises, petites bourgeoises et les appareils contre-révolutionnaires cherchant à reconstruire l’État bourgeois disloqué, ne peut être utilisé tactiquement par le parti révolutionnaire que pour défendre ouvertement la ligne des conseils ouvriers, de la prise du pouvoir et du gouvernement ouvrier. Sinon, l’Assemblée constituante se transforme inévitablement, comme en Italie et en France en 1944, comme en Tunisie en 2011 et en Libye en 2012, en un instrument pour empêcher l’apparition de soviets et pour reconstruire l’État bourgeois.<br />
S’il faut résumer notre programme, c’est la dictature du prolétariat.</p>
<p><b><u>Toute revendication transitoire mène à une conclusion, la conquête du pouvoir</u></b></p>
<p>Les sociaux-patriotes (en France, le PS, le PdG, le PCF, les directions de FO, de la CGT, de l’UNSA, de la FSU…), en défendant « l’intérêt national » et en présentant l’État comme un arbitre au-dessus des classes, désarment le prolétariat face aux restructurations des groupes capitalistes (qui n’ont rien de spécifiquement boursier), ce qui les conduit fatalement à accepter de négocier la flexibilité pour les uns et les licenciements pour les autres.<br />
La lutte pour le communisme nécessite d’avancer des revendications transitoires reliant les luttes quotidiennes à la révolution socialiste. Ces mots d’ordre doivent donc poser la question du contrôle ouvrier sur la production, de l’expropriation des grands capitalistes sans indemnité ni rachat, du gouvernement des travailleurs. Dans notre perspective, la lutte pour l’emploi, pour le logement, pour la santé, pour la formation, contre la répression de l’État bourgeois et des bandes patronales et fascistes qui lui sont liées, passe par l’auto-organisation des travailleurs, des jeunes sur les lieux de travail, de formation et de vie. Les soviets ou conseils recourront aux méthodes de la révolution prolétarienne : grève générale, piquets de grève, contrôle ouvrier et populaire sur la production et la répartition, désarmement de la contre-révolution, manifestations de masse, insurrection… pour instaurer le pouvoir des travailleurs sous la direction du parti ouvrier révolutionnaire.<br />
Mais les mots d’ordre démocratiques et même les mots d’ordre transitoires deviennent une mystification réformiste s’ils sont présentés, comme le font ouvertement LO, le NPA et le POI en France, comme possibles dans le cadre du capitalisme.<br />
En conséquence de la stratégie de la révolution permanente, les communistes s’opposent à tout gouvernement bourgeois, fût-il composé uniquement de partis ouvriers bourgeois, et à la collaboration de classes, en particulier sous la forme du front populaire qui, quel que soit le nom qu’il prend, est toujours un bloc politique des partis ouvriers avec la bourgeoisie sur le terrain des rapports d’exploitation et de l’État bourgeois. À la collaboration de classe, au gouvernement bourgeois, nous opposons la perspective d’un gouvernement ouvrier, comme appellation populaire de la dictature du prolétariat.<br />
En France, l’OCI et le PCI ont révisé le programme au nom de « l’indépendance des syndicats » transformée par Lambert en indépendance vis-à-vis des partis politiques, du « front unique » transformé par Lambert en stratégie, du « gouvernement ouvrier » transformé par Lambert en gouvernement des partis ouvriers bourgeois.<br />
Le gouvernement ouvrier n’est en aucun cas un gouvernement de sociaux-traîtres à la tête de l’État bourgeois La tactique du front unique ouvrier et l’adresse aux partis ouvriers bourgeois : « rompez avec la bourgeoisie, prenez le pouvoir » ne sont pas parlementaires, elles ne découlent pas d’une majorité dans une assemblée bourgeoise. Le front unique s’adresse aux organisations de masse des travailleurs pour lutter contre les capitalistes, leur État, leurs bandes armées, même si c’est, au départ, de manière défensive ou pour des revendications démocratiques ou économiques élémentaires. La lutte de classe menée sous la forme du front unique débouche, en pratique, vers la lutte révolutionnaire et l’affaiblissement des bureaucraties qui ne peuvent l’assumer jusqu’au bout. La forme suprême du front unique ouvrier est donc le conseil, le soviet.<br />
Cette tactique est toujours subordonnée à la révolution socialiste qui nécessite le renversement violent de l’ordre existant sous la direction du parti ouvrier révolutionnaire. </p>
<p><b><u>Pour la destruction de l’État bourgeois, pour la dictature du prolétariat</u></b></p>
<p>À l’époque du capitalisme en déclin et de l’hypertrophie de l’appareil répressif de l’État bourgeois, la transition au socialisme ne peut s’ouvrir que par la prise du pouvoir par le prolétariat, par l’armement du peuple, par l’insurrection, par la destruction de l’État bourgeois.<br />
Les élections ne peuvent défaire la bourgeoisie. Les travailleurs ne peuvent se fier à l’État bourgeois (stratégie trompeuse du PS, du PdG, du PCF), ils ne peuvent se contenter d’effrayer la bourgeoisie pour améliorer leur sort tout en restant exploités au sein du mode de production capitaliste (stratégie illusoire de LO et du NPA qui n’est qu’une variante du réformisme précédent). Ils doivent arracher le pouvoir à la bourgeoisie (stratégie de l’Internationale communiste et de la 4e Internationale). Tant que la bourgeoisie conserve son État, elle conserve sa liberté d&rsquo;agir, de comploter et de réprimer, elle limite la portée des conquêtes sociales, les détourne avant de les abolir une par une à la première occasion. En outre, si la bourgeoisie se sent menacée, elle recourt à des coups militaro-policiers comme en France en 1940 et en 1958, voire au fascisme.<br />
Par conséquent, le prolétariat ne saurait en appeler à l’État bourgeois contre les racistes et les fascistes. Dans le cadre du capitalisme en déclin faire confiance à l’appareil répressif de l’État bourgeois est une révision du programme révolutionnaire et une trahison du prolétariat qui s’y heurte et s’y heurtera plus encore s’il tente de s’émanciper. Or, LO a soutenu en 2001 les mouvements de policiers et de gendarmes dirigés par le RPR (aujourd’hui UMP) et le FN contre le gouvernement à participation PCF et PS. Puis LO a appelé en 2005 et 2008 à renforcer la « police de proximité ».<br />
Les tribunaux, les différentes polices, la gendarmerie, l’armée et les services secrets garantissent les rapports capitalistes d’exploitation, sont utilisés quotidiennement contre les grèves, contre les manifestations de travailleurs et de jeunes (en France, le GIGN et le GIPN, constitués officiellement contre le grand banditisme, ont déjà été utilisés contre des postiers et des marins en grève), contre les peuples opprimés dans les frontières actuelles (le GIGN a liquidé des militants kanaks sur ordre de Mitterrand en 1985), contre les pays dominés, contre l’avant-garde ouvrière organisée.<br />
En réalité, la classe ouvrière et ses alliées ont la force de bâillonner les racistes et d’écraser le fascisme dans l’œuf sur les lieux de travail et dans la rue. Les masses ont besoin de piquets de grève, de milices ouvrières, de gardes rouges pour se défendre et remporter l’insurrection qui mettra à bas l’État bourgeois.<br />
À la 5e République, nous opposons non une 6e République bourgeoise, mais la République ouvrière et socialiste sur le modèle de la Commune de Paris de 1871 et du congrès panrusse des soviets de 1917. La prise du pouvoir instaure l’État à bon marché, où chaque élu ou élue ne touche pas plus qu’un ouvrier qualifié. Le pouvoir des conseils est celui de l&rsquo;immense majorité, où tout(e) élu(e) sera révocable à tout instant. L’État ouvrier est ainsi un État qui commence à dépérir. Si les conseils dirigent l’économie et si la révolution prolétarienne s’étend au reste du monde, la dictature du prolétariat se dissout dans le mode de production socialiste-communiste. </p>
<p><b><u>La scission du mouvement ouvrier par les « réformistes »</u></b></p>
<p>Pour qu’il puisse accomplir ses tâches historiques, alors qu’il est une classe subalterne et exploitée, le prolétariat doit disposer de son parti. Le lien entre théorie communiste et classe ouvrière qui avait été établi par les efforts patients de la Ligue des communistes (1847-1852), de la fraction marxiste de l’Association internationale des travailleurs (1864-1872), des partis « collectivistes » et « sociaux-démocrates » de l’Internationale ouvrière (1889-1914), de la « Gauche de Zimmerwald » (1915-1919) et de l’Internationale communiste (1919-1923) a été dénoué par les bureaucraties syndicales, travaillistes, sociales-démocrates (au sens post-1914), staliniennes. Plus que jamais à l’époque de la décadence du capitalisme, le véritable parti ouvrier ne peut être que communiste.<br />
Le mérite historique de la 2e Internationale (IO) est de fournir un cadre sous hégémonie marxiste aux organisations de masse du prolétariat, forgées contre la bourgeoisie en Europe, en Amérique du Nord et en Océanie. Mais la période de progrès continuels du mouvement ouvrier a aussi son revers, la bureaucratisation du mouvement ouvrier sous la pression bourgeoise, dont la première affirmation s’est produite au sein même du parti phare de l’Internationale, le SPD allemand, sous la forme du « révisionnisme » (1897) en lien avec l’influence du Parti travailliste britannique dont le programme est ouvertement bourgeois : le socialisme à la Webb et à la Bernstein est pacifiste, électoraliste et étatiste.<br />
Les « partis ouvriers bourgeois » au sens de Lénine (1916) se sont constitués dans tous les pays impérialistes, à partir des confédérations syndicales, des partis travaillistes, des partis sociaux-démocrates (officiellement marxistes) de la 2e Internationale. Ils reflètent les aspirations d’une aristocratie ouvrière et surtout la mutation des appareils des organisations ouvrières de masse en bureaucraties qui sont autant d’agences politiques de la bourgeoisie au sein de la classe ouvrière.<br />
Cette subordination à la bourgeoisie, qui se manifeste avec éclat par le soutien à la guerre impérialiste en 1914, voire par l’entrée dans les gouvernements « d’union sacrée » de bureaucrates syndicaux et de chefs sociaux-impérialistes (en France ceux de la CGT « syndicaliste-révolutionnaire » comme ceux de la SFIO, qu’ils soient antimarxistes de toujours ou renégats du marxisme) conduit à la scission irréversible du mouvement ouvrier entre les internationalistes et les sociaux-patriotes, entre les révolutionnaires et les traîtres.<br />
Le « centrisme » est le courant politique qui prétend surmonter cette division ; en fait, tout en reprenant le vocabulaire de la révolution, le centrisme soumet en pratique le prolétariat au « réformisme », donc à la classe dominante.<br />
Le massacre généralisé et la révolution russe confèrent dans le monde entier un écho à la révolution socialiste mondiale et au programme communiste qu’incarnent le Parti bolchévik et l’Internationale communiste fondée en 1919. Malgré tout, la domination économique, idéologique, politique de la bourgeoisie sur le prolétariat ne disparait pas comme en témoignent la survie des directions syndicales et des partis politiques sociaux-patriotes à l’issue de la première guerre mondiale.<br />
Sous l’impulsion de Lénine et de Trotsky, l’Internationale communiste tient compte des échecs de la révolution prolétarienne en Europe causés par l’absence de parti communiste ou par son inexpérience, de la stabilisation temporaire du capitalisme, de la reconstruction d’une « 2e Internationale ». Elle exige des partis communistes le travail dans les syndicats de masse, la participation aux élections, des tactiques de font unique en direction des directions réformistes pour les démaquer par l’action et non seulement par la propagande.</p>
<p><b><u>La dégénérescence de l’URSS et le stalinisme</u></b></p>
<p>Mais l’isolement du pouvoir des soviets et les destructions opérées par la guerre interimpérialiste, les interventions étrangères, la guerre civile, le bas niveau économique et culturel du pays permettent la constitution d’une bureaucratie de l’État qui échappe au contrôle du parti révolutionnaire et à celui du prolétariat industriel. La défaite de l’Opposition de gauche du PCUS (1924) puis celle de l’Opposition unifiée (1927) ne sont pas une querelle d’héritiers à la mort de Lénine, mais une contre-révolution politique qui, tout en préservant temporairement certains acquis d’Octobre (propriété collective des principaux moyens de production, monopole du commerce extérieur…), donne le pouvoir à la couche privilégiée des fonctionnaires de l’État ouvrier. Celle-ci contrôle désormais le parti qui devient sa couverture, invente l’idéologie antimarxiste du « socialisme dans un seul pays », collectivise brutalement l’agriculture (1929) et instaure dans l’État ouvrier dégénéré un régime d’autant plus despotique (1934) qu’il s’exerce au nom du prolétariat. Car toute activité autonome de celui-ci représente pour la bureaucratie une menace intolérable. Les dirigeants bolcheviks eux-mêmes sont calomniés, emprisonnés, torturés et assassinés.<br />
Avec la contre-révolution politique en URSS, la bureaucratisation du mouvement ouvrier international atteint une dimension inédite. Aux bureaucraties travaillistes et sociales-démocrates s’ajoutent désormais les bureaucraties staliniennes, coiffées par celle de l’URSS à la tête d’un État. Toutes sont des organes de la bourgeoisie mondiale au sein des organisations issues du combat de la classe ouvrière (syndicats, partis ouvriers, État ouvrier). La bureaucratie russe combat la révolution prolétarienne dans le monde entier car celle-ci conduirait à la révolution politique en URSS et à sa liquidation violente par les travailleurs de l’URSS. Après avoir divisé le prolétariat allemand face à la menace fasciste avec la ligne gauchiste du « social-fascisme » qui aboutit à la défaite sans combat du prolétariat le plus puissant d’Europe (1933), le stalinisme détruit l’Internationale communiste comme organisation révolutionnaire. Ses sections sont subordonnées à la bourgeoisie, d’abord dans les pays dominés au nom du « front uni-anti-impérialiste », puis dans les pays impérialistes eux-mêmes au nom du « front populaire ». Dans chaque situation révolutionnaire, le parti stalinien joue un rôle décidé et décisif contre la révolution prolétarienne : France 1936, Espagne 1936-1938, Italie 1943-1945, Grèce 1944-1945… En 1944-1945, après avoir subordonné la classe ouvrière à sa propre bourgeoisie et au général réactionnaire De Gaulle, le PCF désarme les travailleurs, reconstruit l’État bourgeois, dénonce les grèves et participe à la reconstitution de l’empire colonial. Thorez est ministre d’État de 1945 à 1946. En 1968, le PCF sauve la 5e République contre le mouvement de la jeunesse et la grève générale. Il participe de nouveau au gouvernement bourgeois de 1981 à 1984, puis de 1997 à 2002.<br />
Par ailleurs, la dégénérescence de l’URSS et de l’Internationale communiste, les zigzags politiques des partis staliniens, leurs méthodes répugnantes, le comportement de « l’Armée rouge » en Allemagne, le sort des prolétaires russes, hongrois, allemands, polonais, chinois dans les régimes staliniens ont considérablement renforcé l’idéologie dominante et assuré la survie de leurs prédécesseurs et concurrents : le Parti travailliste et la direction du TUC en Grande-Bretagne, le SPD et la bureaucratie DGB en Allemagne, le PS-SFIO et les bureaucraties syndicales FO et FEN en France, voire le renouveau du PSOE et du PSP en Espagne et au Portugal dans les années 1970.</p>
<p><b><u>Le drapeau du communisme révolutionnaire, de l’internationalisme est relevé par la 4e Internationale</u></b></p>
<p>L’Opposition de gauche internationale de l’IC, après avoir tenté de redresser la 3e Internationale de 1930 à 1933, tire les leçons de la victoire du nazisme et du tournant vers les fronts populaires qui anéantit la délimitation des communistes internationalistes envers les sociaux-patriotes prosternés devant leur bourgeoisie. Les bolcheviks-léninistes proclament la 4e Internationale en 1938 pour résoudre le problème de la trahison de la 3e Internationale stalinisée, s’ajoutant à celle de la 2e Internationale, alors que les conditions objectives de la révolution socialiste sont réunies depuis longtemps.<br />
Si le marxisme n’est pas totalement prostitué en France par la sociale-démocratie à la Guesde et à la Mollet ou par le stalinisme à la Thorez et à la Marchais, si le communisme survit aujourd’hui comme combat pratique et comme programme à l’échelle mondiale, c’est grâce avant tout aux militants de la 4e Internationale qui l’ont incarné dans tous les continents, malgré les persécutions non seulement de la bourgeoisie mondiale, mais des bureaucraties contre-révolutionnaires à la tête des États ouvriers et des organisations de masse de la classe ouvrière.<br />
Le programme de la 4e Internationale (1933-1940) reprend le programme de l’Internationale communiste (impérialisme comme période de guerres et de révolutions, internationalisme, destruction de l’État bourgeois, nécessité des soviets et du parti révolutionnaire, intervention dans les organisations de masse, travail chez les conscrits, participation aux élections, lutte contre l’oppression nationale et la domination impérialiste, front unique ouvrier&#8230;). Pour tenir compte de la lutte des classes mondiales des années 1920 et 1930, elle écarte le « front uni anti-impérialiste » et enrichit le programme (révolution permanente à l’échelle mondiale, convergence du stalinisme avec la sociale-démocratie, URSS comme État ouvrier dégénéré, révolution politique contre la bureaucratie étatique, lutte contre le fascisme…).<br />
Le meilleur hommage à rendre à tous les révolutionnaires victimes de la bourgeoisie et de la bureaucratie complice, à Ignace Reiss, Ivan Smirnov, assassinés en 1936 par les staliniens ; à Evgueni Preobrajenski, à Gueorgui Piatakov, Ivar Smilga, assassinés en 1937 par les staliniens ; à Lev Sedov, Erwin Wolff, Rudolf Klement, assassinés en 1938 par les staliniens ; à Léon Trotsky, assassiné en 1940 par un agent de Staline ultérieurement hébergé par Castro ; à Christian Rakovsky, assassiné en 1941 par les staliniens ; à Jean Meichler, Pierre Guéguen et Marc Bourhis, assassinés en 1941 par les nazis ; à Léon Lesoil, Henrik Sneevliet, assassinés en 1942 par les fascistes ; à Marcel Hic, Pantelis Pouliopoulos, Joseph Jacobovic, Franz Kascha assassinés en 1943 par les fascistes ; à Pietro Tresso, Jean Reboul, Abram Sadek, Maurice Sieglman, assassinés en 1943 par les staliniens ; à Abraham Leon, assassiné en 1944 par les nazis ; à Tha-Thu-Thau, assassiné en 1946 par les staliniens ; à Joseph Kalandra, assassiné en 1950 par les staliniens&#8230; est de reprendre leur combat, de défendre fermement le programme de l’Internationale communiste du vivant de Lénine et de la 4e Internationale du vivant de Trotsky.</p>
<p><b><u>La 4e Internationale est liquidée sous la pression du stalinisme</u></b></p>
<p>Mais la 4e Internationale ne devient pas une organisation de masse, telles la 2e ou la 3e. L’assassinat, par la réaction, de Trotsky et de nombre de cadres et de militants aguerris de la 4e Internationale avant et pendant la deuxième guerre mondiale constitue un obstacle majeur à la compréhension de la situation d’après-guerre par la direction aguerrie de la section américaine et la jeune direction européenne de la 4e Internationale reconstituée. Elles nient toutes deux la stabilisation politique et la reprise de l’accumulation du capital à la fin des années 1940 car celles-ci leur semblent contredire le pronostic de l’impasse du capitalisme. La puissance internationale du stalinisme, auréolé à la fois de la victoire de la révolution russe, du combat victorieux contre le nazisme et de la résistance armée contre les fascistes, est un autre obstacle considérable.<br />
Dès lors, la bourgeoisie et ses projections dans le mouvement ouvrier constituées par les directions traîtres des partis politiques ouvriers bourgeois et des syndicats exercent sur la 4e Internationale une pression énorme qui conduit certains de ses cadres à abandonner le programme communiste et à chercher des raccourcis et des substituts à la construction de l’organisation révolutionnaire. Ainsi, la direction Pablo-Mandel-Frank-Maitan de la 4e Internationale, confrontée au reflux de la révolution en Europe occidentale et au Japon sous hégémonie américaine et aux expropriations du capital dans les pays d’Europe centrale, en Yougoslavie et en Chine sous direction stalinienne, rejette en 1951 le programme de révolution politique dans les États ouvriers bureaucratisés et de révolution permanente dans les pays dominés, régresse à la « réforme » utopique de la bureaucratie dans les États ouvriers dégénérés, aux « réformes de structure » dans les pays impérialistes et au « front unique anti-impérialiste » avec la bourgeoisie nationale dans les pays capitalistes dominés.<br />
Comme toute organisation révolutionnaire, la 4e Internationale ne se laisse pas liquider facilement. Le Secrétariat international pabliste expulse en 1952 la section française (PCI) qui résiste au cours pro-stalinien sous l’impulsion de Bleibtreu depuis 1950. La révolution bolivienne de 1952 et la révolution allemande de 1953 confirment entièrement le programme bolchevik-léniniste. Mais Pablo persiste et s’en prend aux sections américaine et britannique, ce qui entraîne la scission d’une fraction qui se baptise « orthodoxe » et qui constitue le Comité international de la 4e Internationale, en 1953.</p>
<p><b><u>La fraction « orthodoxe » du trotskysme échoue à reconstruire la 4e Internationale</u></b></p>
<p>Néanmoins, la pression exercée par la bourgeoisie et ses agences dans le mouvement ouvrier continue de s&rsquo;exercer sur les sections qui ont résisté au pablisme. Le CIQI, tout en réaffirmant la validité du programme de Lénine et de Trotsky, ne tire pas le bilan du « front unique anti-impérialiste » et de la révolution bolivienne, abandonne rapidement le combat contre le révisionnisme pabliste et le centre liquidateur, adopte le fédéralisme et couvre les cours opportunistes de ses membres aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Bolivie, en Argentine, en France…<br />
En ce qui concerne la France, Lambert prend la tête du PCI et exclut Bleibtreu malgré les protestations du CIQI, pour conduire ce qui reste de la section française à une capitulation envers le nationalisme algérien du MNA qui n’a rien à envier au pablisme. Il transforme La Vérité, fondé comme hebdomadaire de la Ligue communiste (bolchevik-léniniste) en 1929 en une « revue trotskyste » sans référence d’organisation et publie à sa place le journal Informations ouvrières comme « tribune libre de la lutte des classes ». Lambert s’adapte aux bureaucraties « socialistes » de la SFIO, de la FEN et de FO de manière symétrique à l’adaptation des pablistes français aux bureaucraties « communistes » du PCF et de la CGT.<br />
En 1963, le CIQI subit la scission du SWP dirigé par Hansen et du SLATO dirigé par Moreno qui fusionnent avec le SI de Mandel (avec la caution de Cannon) pour constituer le « secrétariat unifié ». Le SUQI soutient sans réserve Castro, la constitution d’une bureaucratie étatique à Cuba en lien avec celle de Moscou. Il va liquider les sections d’Amérique latine dans le castrisme et la guérilla rurale.<br />
La SLL britannique prend la tête de l’opposition au castrisme dans le CIQI mais prétend stérilement qu’il n’y a pas eu de révolution à Cuba, suivie en France par le groupe de Lambert (et VO de Hardy). En 1968, l’OCI se révèle incapable d’intervenir en son nom sur le programme de la révolution prolétarienne, laissant la place aux usurpateurs de la JCR et de VO. Le CIQI ne publie aucune déclaration lors de cet événement crucial, ni après.<br />
En 1971, la SLL britannique scissionne le CIQI avant de rejeter le front unique ouvrier et de pratiquer le front unique anti-impérialiste à son compte, recevant pour cela les subsides de Kadhafi, Hussein, Arafat…<br />
En 1981, le PCI, au lieu de présenter un/e candidat/e à l’élection présidentielle, soutient la candidature de Mitterrand au premier tour en prétendant que son élection constituera une défaite de la bourgeoisie. Après avoir déclaré qu’un gouvernement de front populaire pouvait choisir une autre voie que la collaboration de classe, le PCI embrasse ouvertement le réformisme (sous l’appellation de « ligne de la démocratie ») et son corollaire en termes de parti, l’unité organique avec les réformistes (la « transition dans le parti »). Lambert, Cambadélis et Gluckstein excluent Just qui, après s’être opposé au vote Mitterrand en 1981 (sans en appeler aux militants), a fait connaître en 1984 son hostilité au tournant ouvertement réformiste. Exclu, Stéphane Just fonde en 1984 avec une poignée de militants le Comité (d’où sont issus le CCI(T) et le GB, ainsi que le GCPOR et un pseudo « Comité » dont les dirigeants ont rejoint le PdG social-patriote, comme nombre d’anciens lambertistes). Lambert, Cambadelis et Gluckstein fondent en 1985 un MPPT qui dénonce « les solutions extrêmes ». Le PCI perd en 1986 le contrôle de l’UNEF au profit du PS. Le PCI entraîne l’essentiel de son regroupement international (QICIR) dans le révisionnisme et la liquidation. Par exemple, l’organisation canadienne se dissout dans le NPD, l’organisation brésilienne se rapproche de Lula au moment même où une aile du PT se rebiffe et l’organisation algérienne s’acoquine avec les islamistes du FIS.<br />
En outre, si le SU d’après 1963, sous la houlette de Mandel, présente un caractère éclectique et fédératif, de nombreuses organisations nationales, dont celles issues du CIQI, héritent quant à elles de l’exemple perverti des partis staliniens (et du mythe d’un Parti bolchévique monolithique). Leurs petits appareils échappent ainsi au contrôle de la base et le chef suprême échappe lui-même au contrôle de l’appareil. Cela leur permet d’entretenir des relations, dans le dos des militants et de la classe ouvrière, avec les bureaucrates, la franc-maçonnerie, les chefs nationalistes ; voire les dictateurs anti-ouvriers des pays dominés. La construction de l’internationale, au lieu d’être le premier moteur de l’orientation communiste, ne sert en général que d’appui mercenaire au plus gros groupe national. La calomnie et la violence sont utilisées systématiquement par Healy et par Lambert contre leurs opposants. </p>
<p><b><u>Les partis sociaux patriotes n’ont pas disparu</u></b></p>
<p>Les partis « réformistes » ne sont pas des partis qui font des réformes comme le prétendait Lambert (et comme le répète la tendance CLAIRE du NPA). Ce sont des partis qui, malgré leur origine ouvrière, mènent une politique capitaliste, ont un programme bourgeois. Ils n’ont aucun programme ni théorie qui leur soient propres. Comme il leur faut une idéologie pour habiller leur ralliement à la classe dominante, ils empruntent, suivant les circonstances, au keynésianisme du 20e siècle, au « socialisme » étatique et au libéralisme politique du 19e siècle, au républicanisme du 18e siècle, voire au christianisme…<br />
Les partis politiques « réformistes » de toutes les origines sont complétés par les bureaucraties sociales-patriotes des syndicats qui leur sont souvent liées. Dans certains cas, comme en Grande-Bretagne et au Brésil, ce sont même les syndicats qui sont à l’origine du parti politique ouvrier. Parfois, les appareils syndicaux sont liés à des partis politiques bourgeois, comme les appareils de l’AFL-CIO américaine, de la CGT argentine, de la GSEE grecque… (c’est partiellement le cas de la bureaucratie FO en France).<br />
Dans tous les cas, elles sont des agences de la bourgeoisie chez les travailleurs et les jeunes. Autrefois, elles s’attribuaient abusivement les concessions obtenues par la lutte de la classe ouvrière. Aujourd’hui, elles collaborent, au nom de l’intérêt national et de la menace étrangère, à la flexibilité et aux licenciements, aux baisses des salaires et des pensions. En contrepartie, elles réclament des subsides et des postes grassement rétribués dans la cogestion, ce que certaines fractions de la bourgeoisie envisagent d’économiser en recourant directement au bonapartisme, voire au fascisme.<br />
Depuis 1914, rien ne sépare le travaillisme bourgeois (qui domine en Grande-Bretagne ou en Australie) de la sociale-démocratie prétendument marxiste (qui domine en l’Allemagne ou en Autriche). À partir de Depuis 1933, la différence essentielle entre le réformisme travailliste ou social-démocrate et le « communisme » stalinien réside dans le fait que leur égale soumission à la bourgeoisie s’effectue de manière directe dans le premier cas tandis quelle passe par le relais de la bureaucratie de l’URSS dans le second cas. Cette dernière nuance est abolie avec le rétablissement du capitalisme en Russie et en Chine par les bureaucraties étatiques staliniennes, même si certains vestiges organisationnels de la galaxie stalinienne, totalement isolés et coupés des masses et de leurs luttes, continuent à faire allégeance aux impérialismes émergents de la Russie et de la Chine.<br />
Pourtant, la plupart des organisations et groupes qui se réclament du trotskysme en France font passer le PCF pour différent du PS et reprochent au premier de s’allier avec le second. Les communistes accusent les uns comme les autres de s’allier à la bourgeoisie au lieu de s’unir contre la bourgeoisie.<br />
À partir de 1989, l’appareil international du stalinisme se disloque. Certaines composantes disparaissent, d’autres rejoignent l’écologisme politique ou le fascisme, d’autres enfin tentent de monnayer leur expérience contre-révolutionnaire auprès de la classe dominante avec l’appui de fractions de la sociale-démocratie traditionnelle (comme celles d’Oskar Lafontaine et de Jean-Luc Mélenchon) ainsi que de centristes issus de la destruction de la 4e Internationale : c’est le cas du Synaspsismos-Syriza en Grèce, de Die Linke en Allemagne, du PCF en France, du PRC en Italie, du PCE-IU en Espagne&#8230;<br />
Alors que PS et PCF sont en partie discrédités auprès des masses, un ancien ministre de la 5e République, à la tête d’une fraction du PS, a constitué en 2009 le « Parti de gauche », avec le renfort d’anciens trotskystes défroqués de l’ex-PCI (et du Comité). Pour le PdG, le capitalisme n’est pas en cause. Un simple changement de politique française suffirait à résoudre la crise mondiale du capitalisme: en l’occurrence, comme pour le PCF, moins de libéralisme et de libre-échange, plus de nationalisation avec indemnités et de protectionnisme réactionnaire. Le PdG voue, comme le PS, la plus grande admiration au social-impérialiste Mitterrand et, comme le PCF, au général De Gaulle. Dans les faits, comme les autres partis sociaux-patriotes, le PdG défend totalement l’impérialisme français et ne cache même pas qu’il veut renforcer la police et l’armée bourgeoises. Le Front de gauche, le petit front populaire constitué par le PCF et le PdG avec des fractions du NPA, le PCOF maoïste, des « souverainistes » et des «écologistes », se présente à la bourgeoisie française comme « le recours » (Mélenchon, 1er mars 2013) en cas de situation révolutionnaire.<br />
L’appareil stalinien international, déjà ébranlé par les dissensions entre bureaucraties étatiques (Yougoslavie, Chine, Albanie…) a éclaté avec la disparition de la bureaucratie de l’URSS et de la Chine. Cependant, l’héritage chauvin et réactionnaire du stalinisme pèse toujours sur le mouvement ouvrier.<br />
À l’échelle mondiale, les partis qui survivent jouent un rôle crucial dans la division des rangs ouvriers et la collaboration de classes. Ainsi, en Grèce, tout en approuvant tous les « journées d’action » contre la grève générale et le gouvernement ouvrier et paysan, ils se partagent entre des concessions à l’UE et le chauvinisme grec exacerbé, faisant tous le jeu des fascistes. Ainsi, au Maghreb et au Machrek, si tous défendent l’armée et se rallient à l’assemblée constituante contre la révolution socialiste, ils oscillent entre la nostalgie du nationalisme panarabisme, le ralliement au nationalisme islamiste, la conversion en parti « démocrate » pro-impérialiste. Au Népal, ils ont tous participé au gouvernement d’union nationale quand la monarchie s’est effondrée sous la pression révolutionnaire des masses paysannes et citadines. Si l’un des partis maoïstes l’a quitté, c’est uniquement parce que l’armée bourgeoise n’intègre pas les troupes de la guérilla qu’elle conduisait.<br />
En France, le legs empoisonné du stalinisme se retrouve non seulement dans les groupes qui se réclament de Staline et de Thorez (PRCF, URCF, etc.) mais dans le PCF et le PdG, la bureaucratie FSU et CGT, et aussi, sous des formes diverses, dans la ligne ou le fonctionnement de LO, du NPA, du POI et de multiples sectes. </p>
<p><b><u>Démasquer le centrisme et les épigones de feue la 4e Internationale</u></b></p>
<p>Il n’y a plus de centre international trotskyste depuis longtemps, il n’y a plus aucune section qui ait survécu : par conséquent, la 4e Internationale est définitivement morte et ne saurait pas plus être reconstruite que les internationales antérieures. Le prolétariat est totalement privé de direction révolutionnaire et la voie est libre pour la restauration du capitalisme en RDA en 1989, en URSS en 1991, en Chine en 1992… qui vont aggraver le désarroi politique de la classe ouvrière mondiale et libérer la plupart des partis ouvriers bourgeois qui subsistent, comme le PCF et le PS en France, de toute référence au socialisme.<br />
Aujourd’hui, dans le monde entier, les révisionnistes renforcent les bureaucraties. En France, c’est par milliers que les « trotskystes » encadrent CGT, FO, Solidaires, FSU, UNSA, UNEF ainsi que PS et PdG.<br />
La LCR s’est liquidée en 2009 dans le NPA, abandonnant toute référence même formelle au trotskysme, prétendant réconcilier anarchistes, pacifistes, écologistes, féministes, apparaissant comme le parti « des luttes » tous azimuts. En fait, le NPA s’intègre aux bureaucraties de Solidaires, de la FSU et de la CGT. Par conséquent, il soutient leurs « journées d’action » contre la grève générale et fait comme elles confiance à l’ONU. La direction de la LCR, forte de succès médiatiques et électoraux, croyait le moment venu de prendre la place du PCF. Elle n’appréhendait pas que le lancement du PdG et la constitution du « Front de gauche » allaient accorder un sursis au PCF moribond. Le NPA a connu scission sur scission de fractions de l’ex-LCR qui rejoignent le Front de gauche.<br />
LO s’intègre de plus en plus à la bureaucratie de la CGT. La direction de LO continue à enfermer les travailleurs dans la lutte « boîte par boîte », soutient toutes les diversions des bureaucraties syndicales, combat la grève générale, renvoie aux calendes toute perspective politique centralisée. LO est entrée dans les fronts populaires municipaux du PCF avec les débris bourgeois PRG et MRC dès le premier tour des élections locales de 2008.<br />
Le POI (ex-PT), issu de la liquidation du PCI en 1991, est un minuscule parti qui prétend grotesquement réaliser l’unité en son sein des anarchistes, des staliniens, des sociaux-démocrates et des trotskystes. En fait, il est intégré à la bureaucratie syndicale de FO. C’est pourquoi le POI soutient toutes les initiatives de FO et a adopté le plus petit dénominateur commun de tous les bureaucrates : le crétinisme parlementaire et le chauvinisme. Ce qui le distingue est qu’il est encore plus hostile à l’UE que le PCF et le PdG. Pour le POI, l’ennemi principal n’est pas dans notre pays ; il est à Bruxelles et à Washington. Pour le POI, tous les problèmes proviennent non du capitalisme mondial et des exigences locales de la bourgeoisie française, mais de l’UE ou du FMI.<br />
Le POI, le NPA et LO vivent de plus en plus, comme le PCF, le PdG, le PS et toutes les organisations syndicales, des prébendes de l’État bourgeois.<br />
La caractéristique commune au PdG, à LO et au NPA est d’être des obstacles à la construction du parti ouvrier révolutionnaire et de l’internationale ouvrière révolutionnaire. Ils dévoient la recherche, par une fraction avancée de la classe ouvrière et de la jeunesse, d’une alternative au PS, d’une solution radicale, en couvrant sur leur gauche les appareils contre-révolutionnaires. Ils apportent, chacun à sa manière, un renfort aux directions traditionnelles (syndicales et politiques) qui, sans leur aide, auraient beaucoup plus de mal à contenir et contrôler les mouvements de la classe ouvrière et de la jeunesse.<br />
Prétendre rétablir l’unité avec le réformisme ou une partie du réformisme sans avoir liquidé les bureaucraties ouvrières revient à capituler devant les sociaux-patriotes, à renoncer à défendre le programme communiste, à s’opposer à la construction de l’internationale ouvrière révolutionnaire. C’est ce qu’ont fait le « centrisme » de 1914-1923 incarné par Kautsky puis d’innombrables courants finissant eux aussi par se rallier au réformisme comme la Gauche révolutionnaire de Pivert en France dans les années 1930. C’est ce qu’a fait, à son échelle, la direction Lambert de l’OCI-PCI, en lien avec la bureaucratie sociale-démocrate européenne et les bureaucraties syndicales de la FEN et de FO, contribuant dans les années 1970 à construire le PT au Brésil, reconstruire le PS en France, le PSP au Portugal, le PSOE en Espagne, en tentant de reconstruire le PSP en Pologne, puis en liquidant dans les années 1980 le PCI au profit du MPPT-PT-POI. C’est ce que font aussi tous les centristes qui prétendent qu’il faut construire des partis fourre-tout comme le NPA ou le POI, non délimités du réformisme, du social-patriotisme et du social-impérialisme. C’est ce que font les sectes maoïstes et néostaliniennes nostalgiques du temps où Staline et son adjoint Thorez pouvaient faire avaler le front populaire et le soutien à De Gaulle aux travailleurs, mais aussi les opportunistes de La Riposte et de LO qui veulent sauver le PCF et faire revivre à l’ancien parti stalinien un âge d’or jamais précisé et de toute façon révolu. </p>
<p><b><u>Préparer la révolution socialiste</u></b></p>
<p>Nous construisons le parti ouvrier révolutionnaire à l’échelle mondiale. Intervenant dans un pays impérialiste, nous avons pour tâche particulière de défendre avec vigueur la partie étrangère de notre classe et la responsabilité de nous opposer à toute intervention militaire contre un pays dominé, quelque soit son gouvernement. Nous condamnons fermement la neutralité du « Comité » dirigé par Lombard et Mélusine (membres aujourd’hui du PdG) lors de l’attaque de la Serbie par l’OTAN en 1999. Notre ligne est : avec les pays dominés contre l’impérialisme, quel que soit leur régime ; avec les masses des pays dominés contre leurs régimes bourgeois.<br />
Avec le développement de la crise actuelle du capitalisme, d&rsquo;importantes mobilisations se produisent et se produiront. Le mouvement des masses a montré au cours de l&rsquo;histoire sa capacité à s&rsquo;organiser par lui-même (commune de Paris de 1871, soviets russes de 1905 et 1917, conseils ouvriers et de soldats allemands de 1918, conseils d’usine italiens de 1919, conseils ouvriers hongrois de 1956, cordons chiliens de 1973, shoras iraniens de 1979, assemblée populaire bolivienne d’El Alto de 2005, commune mexicaine d&rsquo;Oaxaca de 2006&#8230;). Mais pour que ses potentialités se réalisent pleinement, l&rsquo;action du parti révolutionnaire est indispensable.<br />
Nous ne sommes pas le parti qui réconcilie réformisme et révolution, nous construisons le parti communiste révolutionnaire. Nous ne sommes pas le parti « des luttes », nous mènerons la lutte de classe du prolétariat jusqu’au bout.<br />
Contre la dispersion et la confusion, nous poursuivrons le regroupement sur la base du programme communiste que nous avons initié à l’échelle internationale et nationale, en nous adressant aux militants, fractions et organisations qui cherchent la voie de la révolution prolétarienne mondiale.<br />
<center>Vivent les conseils des travailleurs !<br />
Vive la dictature du prolétariat !<br />
Vivent les États-Unis Socialistes d&rsquo;Europe !<br />
Vive la révolution socialiste mondiale !<br />
Vive le communisme !</center></p>
<p><b><u>Notre organisation communiste sera démocratique et internationaliste</u></b></p>
<p>Le Groupe marxiste internationaliste est membre à l’échelle internationale du Collectif révolution permanente. Il regroupe en France les militants communistes qui combattent à la mesure de leurs moyens sur son orientation et sous sa discipline. Les militants contribuent financièrement à son fonctionnement en fonction de leurs ressources financières (25 % des cotisations sont versées à l’organisation internationale).<br />
Paradoxalement, alors que le niveau culturel et technique du prolétariat de ce pays n’a jamais aussi été élevé, le niveau politique et théorique du mouvement ouvrier s’est effondré. Cela redouble la responsabilité d’éducation marxiste de l’organisation communiste. La formation initiale des militants a lieu dans le cadre d’un « groupe d’études révolutionnaires » dont le programme est national et qui combine exposés, lectures personnelles et intervention militante. La formation continue est assurée par des rapports dans les cellules et par des « journées d’études » régionales, nationales ou internationales.<br />
Les militants déterminent l’orientation de l’organisation par scrutin majoritaire en votant à main levée lors des conférences qui se tiennent au plus tous les deux ans (si possible, chaque année). Ils élisent à cette occasion à bulletin secret la direction nationale qui anime l’organisation entre deux conférences.<br />
La cellule locale de l’organisation désigne sa/son secrétaire, décide de l’intervention de ses membres et la contrôle (mais l’intervention dans les instances nationales des syndicats ou d’autres organisations est aussi soumise au contrôle de la direction nationale), recrute de nouveaux membres (en outre, l’adhésion individuelle d’anciens responsables d’autres organisations et l’adhésion collective en provenance d’autres organisations est soumise à l’approbation de la direction nationale).<br />
Les militants rejoignent, sous le contrôle de leur cellule, le syndicat le plus important de leur profession ou de leur site de travail. Aucune responsabilité nationale ne peut être prise dans un syndicat ou une autre organisation de masse sans une fraction ou un regroupement significatif préalable.<br />
Dès que le recrutement de jeunes sera suffisant, nous créerons une organisation de jeunesse communiste qui sera dotée d’une réelle autonomie.<br />
L’organisation communiste n’est, au mieux, que tolérée par l’État bourgeois. Par conséquent, notre fonctionnement doit tenir compte de la sécurité de l’organisation et de ses membres face à la police et aux fascistes.<br />
Les militants disposent en permanence d’un bulletin interne. Ils ont le droit de se rencontrer et aussi de constituer une tendance ou une fraction à tout moment sur une base politique explicite. Une tendance ou fraction peut faire appel d’une décision d’orientation ou d’organisation de la direction nationale au Collectif révolution permanente.<br />
L’organe de l’organisation est Révolution communiste, qui est publié, si possible, 5 fois par an. Il est avant tout un outil de construction du GMI, exprimant son analyse et son orientation sous des formes variées : éditorial de la direction, déclarations internationales et nationales, articles divers, résolutions et interventions syndicales, comptes-rendus de luttes, témoignages, entrevues… L’organe est placé sous le contrôle de la direction nationale qui est donc aussi un comité de rédaction. Il est systématiquement vendu par les militants sur leur lieu de travail ou d’études, dans les manifestations, lors des interventions dans d’autres organisations. Il est complété par un site Internet et la publication de brochures, sous le contrôle de la direction nationale.</p>
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