Assez de barbarie contre le peuple palestinien spolié, humilié et massacré ! Front unique ouvrier pour la cessation immédiate de l’offensive militaire d’Israël contre les Territoires palestiniens et le Liban ! À bas l’Etat sioniste !

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La bourgeoisie israélienne déchaine une nouvelle fois le terrorisme à grande échelle avec le feu vert de l’Union européenne et des Etats-Unis

Le gouvernement israélien Olmert-Peres a déclenché une guerre dans les Territoires de l’Autorité palestinienne le 28 juin et au Liban le 12 juillet. Cette politique belliciste a été justifiée par toutes les puissances impérialistes qui ont appuyé la fondation de l’Etat colonial sioniste.

L’armée israélienne a déclenché des opérations militaires au Liban après l’enlèvement de deux soldats israéliens par le Hezbollah le 12 juillet. Á partir du 13, des commandos de l’armée de terre sont intervenus au sud du pays, la marine israélienne a bloqué l’accès maritime, l’aviation, la marine et l’armée de terre ont bombardé dans tout le pays des villages, les routes, les réservoirs de carburants, les ponts, les ports, les aéroports, les banlieues chiites (c’est-à-dire les plus pauvres), les camps de réfugiés palestiniens… Les medias en oublient l’agression parallèle dans les territoires de l’Autorité palestinienne.

L’armée israélienne s’était retirée de la Bande de Gaza voici un an. 1,5 million de Palestiniens y sont enfermés dans un gigantesque ghetto, la plus dense population de la planète, réduits à la dépendance envers les ONG occidentales et les officines cléricales financées par l’Iran et l’Arabie saoudite. Depuis janvier 2006, quand les électeurs des Territoires ont élu une majorité de députés du Hamas, l’Etat israélien bloque la Bande de Gaza. Le 9 juin, un obus tiré par la marine israélienne a tué 7 civils et blessé 35 autres sur une plage. Après l’enlèvement d’un soldat israélien par le Hamas le 25 juin, l’armée sioniste est intervenue à grande échelle à Gaza. Elle a détruit la plupart des ministères de l’Autorité palestinienne, elle s’est permis d’arrêter 8 ministres, soit un tiers du gouvernement, et 23 députés. Sa cible est surtout la population arabe de la Bande de Gaza, humiliée, paupérisée, étranglée. L’armée israélienne a détruit l’unique centrale électrique le 28 juin, ce qui prive les hôpitaux et une grande partie de la population d’électricité et d’eau potable ; elle a aussi bombardé des ponts, des routes et une université. Elle a étendu ses opérations à la Cisjordanie qu’elle a bouclée totalement le 20 juillet.

La diplomatie des puissances impérialistes européennes justifie le bellicisme de l’Etat sioniste :

Jacques Chirac est arrivé à la conviction qu’aucun gouvernement démocratique ne sera viable au Liban, ni capable d’exercer sa souveraineté sur tout le territoire, s’il n’est pas mis fin à la capacité de nuisance du Hezbollah. (Le Monde, 19 juillet 2006)

Celle des Etats-Unis soutient encore plus ouvertement Israël

La prise en otage de 3 soldats israéliens, opérée dans le but d’obtenir des libérations de prisonniers palestiniens, sert de prétexte au gouvernement israélien qui poursuit des buts définis bien avant. Lui-même enlève et assassine quotidiennement les militants et les cadres du mouvement palestinien. Á son échelle, Israël, armé et subventionné par les Etats-Unis, fait la même chose que son maître impérialiste en Afghanistan avec l’appui de la France et de l’Allemagne et en Irak en alliance avec la Grande-Bretagne. Il prend prétexte d’actes désespérés des opprimés pour réduire la lutte de classes dans le pays, pour consolider sa domination, mettre au pas les régimes qui le défient et installer des gouvernements à sa solde. Le gouvernement Olmert-Peres pense d’autant plus avoir les mains libres que l’administration Bush menace ouvertement depuis plusieurs mois l’Iran et la Syrie. L’offensive militaire d’Israël s’inscrit dans le plan de remaniement du « grand Proche Orient » de Bush-Rice, qui inclut un Liban à la botte de l’impérialisme.

L’administration Bush-Rice soutient ouvertement les opérations israéliennes. L’Union européenne met sur le même plan la puissance militaire qui détruit le Liban et Gaza avec quelques centaines de combattants mal armés. Chirac approuve lui aussi la liquidation du Hezbollah. Les travailleuses et les travailleurs du monde entier ne peuvent être neutres dans un tel conflit. Leur contribution la plus efficace serait d’affronter leurs propres gouvernements quand ils sont complices de l’agression sioniste.

Front unique de toutes les organisations ouvrières pour la fin immédiate des bombardements, des incursions militaires et du blocus de la bande de Gaza, de la Cisjordanie et du Liban ! Dans chaque pays, manifestation unie des syndicats et des partis ouvriers devant les ambassades d’Israël et surtout contre les gouvernements qui approuvent l’agression criminelle contre le peuple palestinien et le peuple libanais ! Suppression des listes noires des Etats-Unis et de l’Union Européenne et fin de toute criminalisation de la solidarité avec les organisations palestiniennes !

Libération des militants du FPLP enlevés en mars en Cisjordanie, des responsables du Hamas enlevés en juin à Gaza et de tous les combattants palestiniens détenus dans les geôles d’Israël ! Fin des exactions militaires et du blocus des Territoires de l’Autorité palestinienne et du Liban! Retrait immédiat de toutes les troupes impérialistes (américaines, britanniques, françaises, allemandes, etc.) d’Irak, d’Afghanistan et de tout le bassin méditerranéen ! Bas les pattes devant la Syrie et l’Iran !

Pour défendre ses intérêts et pour détruire l’Etat sioniste, le prolétariat doit rompre avec les bourgeoisies arabes et perse

Les opérations de guérilla contre l’armée coloniale sont légitimes. Israël est le résultat du projet des nationalistes bourgeois juifs, ceux qui négociaient après 1933 avec le régime d’Hitler et refusaient d’appeler les Juifs d’Europe à la résistance contre les nazis. Israël est né de la spoliation des Arabes de Palestine par les sionistes, avec le soutien de l’impérialisme américain, des impérialismes européens et de la bureaucratie du Kremlin. L’armée d’Israël est l’héritière des mouvements terroristes sionistes et de l’expulsion, par une minuscule minorité des Juifs du monde, des habitants arabes de la Palestine. C’est une armée coloniale qui a la même nature et qui emploie les mêmes méthodes que tout autre armée coloniale, quelle que soit la nation qui opprime : menaces, corruption, destruction des habitations et des infrastructures, punitions collectives, exécutions sommaires, tortures… Elle est dotée —réellement— d’armes de destruction massive, dont l’arme atomique.

N’en déplaise aux sionistes, il n’y a aucun avenir pour les Juifs qui veulent vivre en Palestine, sans la levée de l’hypothèque de l’Etat colonial et raciste. N’en déplaise à toutes les bourgeoisies impérialistes, à leurs agents réformistes dans le mouvement ouvrier, à tous les fossoyeurs arabes de la cause palestinienne, il n’y aura pas de solution à l’oppression des Palestiniens sans la destruction de l’Etat sioniste.

La logique coloniale du nationalisme bourgeois juif (le sionisme) et les interventions impérialistes plongent le Proche-Orient dans la guerre. La confiance des directions nationalistes bourgeoises du mouvement palestinien, tant du Fatah que du Hamas, dans les régimes arabes ou perse de la région, leur volonté de faire pression sur l’ONU et sur les Etats-Unis se révèlent une impasse pour le peuple opprimé. Israël a frappé le gouvernement bourgeois du Hamas au moment où il a commencé, sous le chantage de l’Union européenne et des Etats-Unis, sous la pression de la présidence Abbas et de ses forces policières Fatah à reconnaître Israël, comme l’OLP avant lui.

Le Fatah était la principale expression de la bourgeoisie palestinienne, mais ses capitulations répétées conduisant aux accords de Dayton et sa corruption notoire l’ont considérablement affaiblie. Une partie de la bourgeoisie palestinienne mise désormais sur le Hamas pour faire régner l’ordre. Le Hamas est un parti réactionnaire, clérical, antisémite, défenseur acharné de la propriété privée, propulsé au départ par Israël et toujours financé par le régime des mollahs iraniens et la monarchie saoudienne vendue aux Etats-Unis, qui étouffe la culture et l’enseignement, qui renforce l’oppression des homosexuels, des jeunes et des femmes, qui menace l’existence des militants laïques et des militants ouvriers.

La stratégie stalinienne de la « révolution par étapes » (d’abord l’émancipation nationale, plus tard la lutte sociale) et du « front uni anti-impérialiste » (la subordination à la bourgeoise nationale) s’est révélée pour les masses laborieuses palestiniennes un piège. Toutes les forces politiques bourgeoises palestiniennes ont capitulé ou capituleront devant l’ONU et l’impérialisme dominant, en acceptant un Etat croupion à la merci d’Israël. Toutes les bourgeoisies voisines ont massacré elles-mêmes les Palestiniens dans le passé (Jordanie, Syrie, Liban) ou répriment les nationalités opprimées, les femmes et les travailleurs (Iran). Le Hezbollah fait partie, aux côtés des massacreurs des Palestiniens, du gouvernement du Liban mis en place par la bourgeoisie libanaise avec l’aide des impérialismes français et américain.

Les travailleurs palestiniens doivent rompre avec leur propre bourgeoisie, avec tous ses représentants (OLP, Hamas), rejeter le nationalisme petit-bourgeois (FPLP, FDPLP…) pour s’engager dans la voie de la révolution permanente. Tout en gardant leur indépendance politique et organisationnelle, les travailleurs du Liban et des Territoires doivent combattre les armes à la main l’agression sioniste et s’efforcer de prendre la tête de la résistance. Pour s’ouvrir une issue ainsi qu’aux femmes travailleuses, à la jeunesse, aux petits paysans, aux travailleurs indépendants des villes, le prolétariat arabe d’origine palestinienne (en Israël, dans les Territoires et en exil) doit en appeler à la solidarité des prolétariats dont les prolétaires palestiniens sont une composante (Liban, Syrie, Jordanie, Irak, Egypte…) et à tous les travailleurs des pays dominés, en appeler aux travailleurs juifs eux-mêmes ainsi qu’aux travailleurs des Etats-Unis et des autres pays impérialistes.

Droit au retour des réfugiés palestiniens ! Pour une Palestine où puissent vivre les Arabes comme les Juifs, où puissent coexister les musulmans, les israélites, les chrétiens, les athées ! Pour des syndicats ouvriers unissant les travailleurs salariés juifs et les travailleurs salariés arabes, les travailleurs palestiniens et les travailleurs libanais, syriens, jordaniens… !

Pour une révolution conduite par le prolétariat qui renverse l’Etat sioniste et aussi les Etats croupions comme la Jordanie ! Pour des conseils de travailleurs et des milices armées sous leur contrôle ! Pour un parti ouvrier révolutionnaire de toute la Palestine ! Pour une Internationale ouvrière révolutionnaire ! Pour une Palestine socialiste au sein d’une Fédération socialiste du Proche-Orient !

21 juillet 2006
Bureau politique du Collectif Révolution permanente